mercredi 27 mars 2019

Emotions et Corps


Pouvez-vous prendre appui sur votre tête et sur vos pensées? Non. Quand on est tant soit peu ému, on ne contrôle plus ses pensées. L’émotion vous impose certaines chaînes de pensées. Et si vous essayez de faire silence pour méditer, vous voyez immédiatement que toutes sortes d’associations d’idées vous harcèlent. Votre pouvoir sur vos pensées devient pratiquement inexistant dès qu’il s’agit de l’exercer. Oh! quand tout va bien, que vous êtes calmes, vous pouvez à peu près diriger vos pensées. Mais quand vous êtes affectés – et pendant des années vous le serez encore – vous ne pouvez même plus vous concentrer sur la lettre que vous tentez d’écrire ou le livre que vous essayez de lire. 

Vos pensées vous emportent dans le sens de l’émotion du moment. Certains soirs, on ne peut pas s’endormir parce que des pensées tournent et tournent encore dans notre tête, soit des pensées très enthousiasmantes ou excitantes, si nous prévoyons pour le lendemain un rendez-vous professionnel décisif ou un rendez-vous d’amour longtemps attendu, soit des pensées douloureuses, pénibles dont nous nous passerions volontiers. Dans les deux cas, ces pensées ont pouvoir sur vous. Les pensées, vous en avez tous l’expérience, se succèdent d’elles-mêmes sans que vous y puissiez grand-chose. Plus tard, plus tard seulement, vous aurez le pouvoir d’arrêter les pensées comme vous pouvez arrêter un magnétophone en pressant un simple bouton. Mais ce sera le fruit d’une longue ascèse bien menée. 

Quelle confiance pouvez-vous faire à votre cœur alors qu’il suffit d’une mauvaise nouvelle, d’une parole blessante, d’une situation qui vous déroute, pour que celui-ci vous trahisse, c’est-à-dire que vous ressentiez une émotion? Dans cette instabilité, cette dépendance à l’égard des chocs extérieurs, donc cette vulnérabilité et cette faiblesse, sur quoi pouvez-vous un peu compter? 
Sur votre corps physique, même si ce corps change et ne cesse pas de changer...

Extrait de Approches de la méditation
Arnaud Desjardins

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lundi 25 mars 2019

Le mort vivant...


 "Ce n'est pas parce qu'un arbre est mort que la Vie le déserte.." 
Extrait de "Grandir avec les arbres" de Catherine Davau 🍀🌳🌲🍁🍂




Conservez vos arbres morts, faites y pousser des végétaux grimpants ... Ainsi vous créerez une belle niche écologique.

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Épanouissement


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dimanche 24 mars 2019

Fragile liberté

 Écrivain et poète, chroniqueur dans La Vie depuis bien des années, Philippe Mac Leod est décédé le 25 février. Nous lui rendons hommage en publiant ce texte inédit.
 Le dépressif pourrait dire : « Je ne désire rien, mais j'ai besoin de tout. » Le jouissif ne cesse de clamer : « Je n'ai besoin de rien mais je désire tout. » Le sage, d'un ton plus bas : « Je ne désire qu'à la mesure de mes besoins. » Le mystique : « Je n'ai qu'un seul besoin : désirer. » Désirer, brûler d'une flamme toujours plus haute. Là où n'est pas le désir, la vie n'est pas là non plus, ni celui qui la donne. Le Vivant ne peut se communiquer que par notre vie et c'est par le désir qu'il y entre, ce désir qui fait notre béance, notre vivance.

On parle sans doute trop de volonté en matière de spiritualité, trop de cette prétendue liberté qui ferait de nous des êtres clairvoyants maîtres de tous leurs choix. Je ne pense pas qu'on puisse croire en Dieu par choix. On ne décide pas d'aimer ou de ne pas aimer. L'espérance ne sera jamais une question de préférences. On n'avance à la suite du Christ que par le désir ardent de s'approcher davantage de lui et de mieux le connaître, parce qu'un jour on a fait une rencontre qui ne nous laisse aucun repos. Le désir devient alors notre souffle et l'Esprit saint s'y engouffre avec bonheur.
Il y a d'ailleurs toujours un peu de suffisance à croire l'homme libre de ses choix. En ignorant en chaque individu la force et la complexité d'une histoire qui le possède en même temps qu'elle le modèle, on risque de se tromper sur l'adversaire, qui n'est autre que lui-même. Dieu n'a pas créé l'homme libre. Nous sortons à peine de l'animalité, captifs d'un moi obscur, au fonctionnement incroyablement confus, et façonné par une histoire qu'on n'a pas choisie, pas plus qu'on ne choisit ses impuissances, ses infirmités.
Incapable d'aimer comme je le devrais, comme je le pourrais, comment croire en ma liberté ? Dieu n'a pas créé l'homme libre : il l'a voulu libre - il le veut libre - il nous conduit à la liberté. Il nous fait sortir de la maison d'esclavage. Pas de liberté, donc, seulement une succession de libérations toujours à reprendre ou à porter plus loin. La liberté dessine notre horizon. Elle nous oriente, et c'est toujours de nous-mêmes que nous sommes délivrés, sauvés. La liberté que nous invoquons tant n'existe qu'en Dieu, elle nomme l'infini de sa vie à laquelle nous aspirons.
Aussi n'est-il pas très juste de se référer au respect de Dieu à l'égard de notre prétendue liberté. C'est notre nature qu'il respecte, simplement, la lenteur de nos apprentissages, de nos assimilations. L'homme en son libre arbitre sait combien sa liberté est mince, entravé par ses faiblesses, ses pesanteurs, retenu par tout ce qui de sa nature est caduc et lui colle encore à l'âme. Libre, il ne l'est pas, mais investi de tant de possibles que le ciel tout entier lui semble promis. Il n'est de liberté qu'infinie, dans le dépassement, l'arrachement, dans la découverte d'un plus grand que soi. Ce n'est pas en choisissant que je suis libre, mais en me laissant porter toujours plus avant, et le plus souvent où je ne voudrais pas.
« Tu m'as saisi et je me suis laissé saisir », s'écrie le prophète. Dieu a créé l'homme ouvert : non point libre, mais ouvert, la seule créature qui soit perfectible, essentiellement vouée au changement, à la métamorphose. Et c'est bien là que je puise le souffle, l'élan me donnant ce sentiment de liberté qui n'apparaît que dans l'espace que m'ouvre la grâce, vaste comme un fiat, un oui spacieux, lumineux. Oui, Seigneur : ne me lâche pas, sois ma liberté et ne m'abandonne pas à la pauvre illusion de la mienne.
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samedi 23 mars 2019

Energie nouvelle...

Perdre son énergie, son tonus, sa forme, est un phénomène qui nous semble normal. Même si nous la déplorons, la fatigue est une compagne habituelle depuis si longtemps. Et quand l’âge commence à se faire sentir, l’évidence redouble : toutes sortes d’activités nous deviennent désormais difficiles, sinon impossibles d’accès. Mais si la modération est certainement une sœur de la sagesse, sommes-nous certains que nous ne laissons pas une certaine croyance de la « fatigue obligatoire » nous paralyser à notre insu bien avant qu’elle ne soit objectivement là ? Car enfin, les vagues de la mer, les nuages poussés par le vent, la lave des volcans se fatiguent-ils jamais ? Les arbres cessent-ils de fleurir au printemps parce qu’ils sont fatigués ? Les sangliers cessent-ils de fouiller la terre parce que leur tonus baisse ? Et les oiseaux s’arrêtent-ils de voler sous prétexte qu’ils sont devenus vieux ? 


 Certes, tous meurent un jour, et parfois le trépas survient après une phase d’épuisement, mais lorsque vous contemplez la nature, vous le sentez bien : elle ne se fatigue jamais ! Et nous humains, ne sommes-nous pas ses enfants ? Si donc nous étions vraiment nous-mêmes, il y a aucun doute : l’énergie coulerait en nous à flot ! Comme tous les êtres vivants, nous observerions des phases de repos à intervalles réguliers, mais sitôt réveillés, nous serions prêts à repartir hardiment pour une nouvelle journée. 

 Ainsi donc, quelle que soit la méthode que vous choisissez pour vous remettre en forme– il y en a des centaines ! –, une certitude doit vous habiter : le but à atteindre est tout simplement de revenir à l’état naturel qui ne devrait jamais cesser d’être le vôtre. De retrouver l’état des vagues de la mer, des nuages poussés par le vent, de la lave crachée par les volcans, des sangliers qui fouillent inlassablement le sol, des oiseaux qui chantent et volent toute leur vie durant. Choisissez juste l’exemple qui vous parle le plus – c’est bien plus qu’une métaphore. 


source: Nouvelles Clés
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vendredi 22 mars 2019

Les anges, derrière ton épaule


C’est dans le dernier livre de Christian Bobin, La Nuit du cœur, une merveille comme d’habitude. Dès le chapitre 3, ceci : « J’écoute le bruit que fait l’araignée d’eau courant sur l’étang. Je frissonne au passage d’un ange pressé de rentrer chez lui. » Christian voit des anges partout ; c’est une des sources de sa grâce.

Il y a des gens comme ça, qui croient aux anges. Longtemps, j’ai eu du mal avec ce truc, vraiment. Peut-être était-ce dû à une patiente, croisée lorsque j’étais jeune interne. Elle se promenait dans les couloirs de l’hôpital en écartant de ses mains des mouches qui volaient tout autour d’elle. Mais il n’y avait pas de mouches. Et quand je lui demandai pourquoi ces gestes de la main, elle m’expliqua, l’air préoccupé : « ce sont les anges, qui volent trop près de moi ; ne les voyez- vous pas ? » Non, je ne les voyais pas ; et je ne les vois toujours pas aujourd’hui.

Mais beaucoup de mes proches les voient, ou les sentent. C’est mon cousin François, qui nous raconte qu’il a perçu leur présence, au soir d’une journée d’été où l’amitié a soufflé sur notre groupe, et réconforté un de ses frères, déprimé. C’est mon épouse, après la lecture d’un petit livre offert par une amie, qui se met, dès le lendemain, à voir la main des anges derrière toutes les joies de la journée.

À leur contact, je me mets parfois à croire, moi aussi, aux anges, à chercher leurs traces dans nos vies. Cela m’aide à mieux voir tous ces copeaux de bonheurs minuscules qui nous tombent du ciel, chaque jour. Ils sont vraiment là, eux ; ils ne sont pas une illusion. Croire aux anges me fait du bien. Un bien fou.

Je pense souvent à la phrase de Claude Nougaro, dans sa chanson Plume d’Ange : « La foi est plus belle que Dieu. » Même si Dieu n’existe pas, la foi est belle et réconfortante. Même si les anges n’existent pas, songer à leur présence à nos côtés nous soutient, nous ouvre les yeux sur ce que nous oublions : la chance d’être là, vivants.

Croire aux anges nous rend humbles : tout ne dépend pas de nous, de nos efforts, de nos qualités ; pour que la vie soit belle et bonne, il y a aussi des choses et des chances qui doivent nous tomber du ciel.

Croire aux anges, c’est penser qu’une présence aimante veille sur nous. Parfois imprévisible dans ses actions, dans ses absences, dans ses violences aussi, que nous ne comprenons pas, ou seulement des années plus tard.

Pas besoin d’y croire à 100%. On peut juste se contenter d’une demi-croyance. On en a beaucoup, de ces demi-croyances, de ces confiances dont nous ne sommes pas sûrs qu’elles soient fondées ni garanties, mais dont nous percevons obscurément que nous ne pourrions vivre sans elles.

Maintenant, arrêtez-vous de lire. Arrêtez-vous de tout. Respirez. Écoutez. Ressentez. Je suis sûr qu’il y en a un, là, penché sur votre épaule, juste à cet instant… 

 Christophe André
 cet article a été initialement publié dans Psychologies Magazine en décembre 2018.


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mercredi 20 mars 2019

Terre à terre



Ne pas oublier l'importance des racines !




"A gauche un terrain sain qui stocke le CO2 en quantité, qui agit comme éponge en cas de pluies, qui ne nécessite pas d’engrais ni de pesticides. À droite un terrain classique à soigner: dur comme pierre, le CO2 ne peut s’y maintenir, en cas de pluie le ruissellement provoque inondation et destructions, nécessite de grandes quantités d’engrais et de pesticides pour maintenir en vie la plante malade. " 

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mardi 19 mars 2019

Obligation de conscience pour se comprendre


"Ce qui pousse chaque être à retrouver le sens de sa propre existence, est un besoin essentiel. Lorsque nous détournons cette aspiration de son intention d'origine, nous passons notre temps à gratifier des besoins sur le plan physique, des envies sur le plan émotionnel et des volontés sur le plan mental. Le processus de gratification sur ces plans-là se révèle, à l'expérience, toujours habité par la peur et la souffrance. Pourquoi ? Parce qu'il y a toujours l'envie, le désir ou la volonté à satisfaire et, en même temps, le besoin de combler un manque incessant. 
A travers l'obligation de conscience vécue quotidiennement nous restons par contre en contact avec le besoin fondamental de notre être qui est de se comprendre soi-même."



Un rendez-vous pour les amis d'Yvan Amar




Commémoration Yvan Amar 15 - 18 Juin 2019

Publié le par lesamisdelami

Photo extraite de l'album de  Sylvia Reichenbach
---Plus de renseignements

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lundi 18 mars 2019

La foi d'écrire avec Christian Bobin


Claude Clorennec retranscrit dans ce documentaire l’extrême délicatesse de l’écrivain Christian Bobin. Fils d’un père dessinateur à l’usine Schneider du Creusot et d’une mère calqueuse, son œuvre puise dans les souvenirs de son enfance, marquée par la solitude et l’atmosphère des hauts fourneaux. Les bruits des vélos des ouvriers à la sortie de l’usine, le rythme des marteaux pilons, nourrissent l’imaginaire de Christian Bobin, qui porte sur le travail un regard distancié. « Ivrognes de l’efficacité », les hommes justifient leur existence par le travail et demeurent prisonniers des apparences, niant leur pudeur, leur sensibilité.  

Christian Bobin écrit pour cette « majorité taciturne qui mange sa vie en silence, qui traverse sa vie sur la pointe des pieds ».



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