L’analyse des larmes au microscope révèle un fait étonnant. Tristesse, déception, joie, compassion… elles peuvent être provoquées par un large panel d’émotions. Et si elles semblent toutes identiques, formées des mêmes composants (chlorure de sodium, enzymes, ou encore des lipides) leur topographie diffère en réalité selon la raison qui les a fait couler. C’est la photographe américaine Rose-Lynn Fisher qui a démontré cela après les avoir longuement examinées au microscope. Ce qui n’est pas sans rappeler les travaux de Masaru Emoto avec ses cristaux d’eau.
Crédit: Rose-Lynn Fisher is an artist from Los Angeles Her series,The Topography of Tears is a study of human tears that she photographed through an optical microscope, and has been published as a book.http://rose-lynnfisher.com/tears.html
Il s'agit de commencer par faire des comptes justes. Comptabiliser tout ce que le jour, l'année, les années écoulées nous ont donné. A commencer par cette précieuse incarnation humaine comme disent les tibétains, la possibilité de faire l'expérience. Au fond, elle n'était pas certaine, cette possibilité, ni la mienne, ni la vôtre, ni celle du monde. Elle n'était pas certaine à notre naissance, elle est une sorte de miracle instant après instant. Quelques uns d'entre nous se sont arrêtés en chemin récemment. Les avons nous remerciés assez de leur présence dans nos vies ? C'est peut-être le moment de le faire.
Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien s'interrogeait Douglas ? Pour cette incarnation, donc, merci. L'expérience est parfois rude, sans pitié ? Oui. Généralement nous comptabilisons les expériences dans deux colonnes parfois invisibles mais qui existent bel et bien : la colonne positive de ce que je considère comme un cadeau de la vie et la colonne négative, de ce que je considère au mieux comme un sale tour au pire comme une injustice scandaleuse. Et même à ce niveau de "comptabilité" sommes nous clairvoyants ? N'y a-t-il pas dans la colonne crédit tout un ensemble de choses que nous ne pensons pas à nommer ?
Mais il est une autre manière de calculer, non plus en deux colonnes mais en prenant chaque expérience et en observant TOUT ce qu'elle nous a donné. Toute expérience ordinaire est dans le monde du deux, de la double face, du concave et du convexe, de l'ombre et de la lumière. " Plus large la face, plus large le dos". On emploie souvent cette expression pour rappeler que tout ce qui existe a une face, ce qui apparaît, ce qui est dans la lumière, et un dos, ce que nous ne voyons pas, qui est dans l'ombre. Avons-nous soin d'observer chaque expérience sous ce double aspect ? Avons-nous soin de bénir la face et le dos ? D'honorer la face visible et souriante de nos réussites, de nos chances et leur dos sombre et douloureux ? De reconnaître la face grimaçante et torturée de nos souffrances et d'accueillir la lumière qui derrière elle, se cache ? Et si certaines souffrances sont trop à vif pour que nous puissions voir leur dos de bonté, pouvons-nous seulement humblement nous incliner devant la loi du deux à laquelle rien n'échappe dans la manifestation ? Quoi, dit une voix assourdie peut-être mais véhémente, quoi, où est la bonté dans cette épreuve que la vie m'envoie, où est l'amour dans ce que je vois comme un déchaînement de haine? Eh, oui, humblement, je ne vois pas... Je ne vois pas toujours, à la Source de tout manifesté l'Éternité infiniment bienveillante, l'Infini éternellement aimant. Je ne LE reconnais pas dans la variété éblouissante de la Vie.
"Rien ne nous est dû" nous rappelle Christiane Singer. Est-ce une manière de nous dire que nous n'avons droit à rien et que nous devrions nous contenter de ce que nous avons ? Non, bien sûr. C'est l'inverse. Nous avons droit à TOUT. Toute la palette de l'expérience humaine. Et pouvons nous, là, maintenant envisager de cesser de qualifier, de juger, de bénir ou maudire l'expérience ? D'entrer dans la folie du OUI ?
"Rien ne nous est dû" ! Est-ce que vous sentez le poids de conditionnement psychologique, social, égotique que cette vérité vient transpercer ? Est-ce que vous sentez à quel point elle va à contre courant de notre fermeture revendicatrice ? Et comme elle vient toucher le cœur de l'enfant libre, le cœur vibrant de notre cœur qui a tellement envie de prendre la vie comme un cadeau, TOUTE la vie - même le pire - et qui n'ose pas ?
L'amour que tu cherches partout est déjà en toi. Il peut être évoqué par nombre de personnes ou d'évènements. Mais finalement, tu dois réaliser que tu es cet amour. La source de tout amour est en toi.
Par Claudine Gérez, musicienne, chanteuse, danseuse, créatrice de spectacle... À 45 ans, cette artiste spirituelle foisonnante a de nombreuses cordes à son art. Son secret : réconcilier corps et esprit pour faire jaillir la source qui est en soi.
1. Respirez
Accordez-vous une pause quotidienne ! La respiration consciente est le
secret de la réconciliation de l'esprit et de la matière. Cet exercice
vous aidera à réaliser votre unité. Il permet d'entrer en méditation, en
oraison, dans un exercice de saint Ignace, afin de nourrir votre
relation à Dieu.
2. Osez exprimer vos émotions
Nos débordements émotionnels nous parlent. Plus vous les accueillerez,
plus vous serez ouverts à ceux des autres, plus vous vivrez en paix. Car
alors vous ne prendrez plus sur vous la colère de votre mari ou la
frustration de votre enfant. Vous ne culpabiliserez ni n'accuserez.
3. Réconciliez-vous
Qui peut se prévaloir de n'avoir pas été blessé et de n'être pas
blessant ? Prenez conscience que chacun hérite de cette brisure
originelle qui rend auteur d'actes inconscients parfois destructeurs.
Reconnaissez vos propres dysfonctionnements. Pardonnez-vous... En
prendre conscience ne suffit pas : il faut se rééduquer afin de réagir
désormais de manière appropriée. Quand on est réconcilié avec soi, on
n'a plus peur des tombeaux de l'autre. Pardonnez... à vos parents, à vos
proches.
4. Dansez maintenant !
Chacun porte en soi un pouvoir créateur. Qu'est-ce qui crie en vous ?
Dessin, poterie, chant, photographie... Retrouvez votre sève, ce souffle
divin en vous. Accueillez cette musique intérieure dont vous êtes le
seul dépositaire. Laissez votre talent se déployer et offrez-le. Vibrez,
dansez, donnez !
5. Aimez
Notre vocation est de vivre... vivants ! Or, si souvent, nous sommes
morts. Lorsque nous rabaissons, lorsque nous condamnons, nous faisons œuvre de mort. Au lieu de prendre l'autre dans nos bras, par
compassion, de poser sur lui ce regard qui relève. Aimez, là où le
désespoir pourrait l'emporter. Aussi vrai que Dieu est présent au plus
intime de vous, vous ne pouvez continuer de vivre sans que cela change
tout !
Musicienne, chanteuse, danseuse, créatrice de spectacle... À 45 ans, cette artiste spirituelle foisonnante a de nombreuses cordes à son art. Son secret : réconcilier corps et esprit pour faire jaillir la source qui est en soi.
Je veille davantage à écouter parler mon corps, à ne plus lui imposer de se coucher à minuit pour finir un travail ou à manger n'importe quoi, à être connectée à mon ressenti. Si j'ai demandé 10 fois à mon fils de ranger sa chambre et que je sens la moutarde me chatouiller le nez... j'accueille l'énervement qui monte en moi. Au lieu de crier, j'essaie de sortir de mes réflexes et de trouver un nouveau mode de relation, qui nous respecte l'un et l'autre, comme la communication non violente nous y engage. C'est un chantier que je suis loin d'avoir terminé ! Être à l'écoute de nos vrais besoins relève d'une conversion. Alors tout change : la relation à soi, aux autres, à la terre. À mon sens, c'est ça l'écologie intégrale et c'est la condition de la paix.
Claudine Gérez
(source : La Vie)
Si vous souhaitez lire l'article en entier :
Mon appétence pour les arts a été encouragée par ma mère, artiste peintre devenue art-thérapeute. À 5 ans, en Écosse où je suis née, de parents français ayant une lointaine origine espagnole, je prenais des cours de danses écossaises. À 6 ans, j'ai commencé le piano. Je n'ai cessé de poursuivre mon exploration au fil des ans : chants grégorien et byzantin, danse contemporaine, flamenco, théâtre, sont autant de facettes épanouissant une dimension qui m'habite.
Ce fut aussi un cheminement intérieur, car le travail artistique est une porte d'entrée vers l'inconscient. Chaque discipline touche un sens en particulier. Le chant, par exemple, avec son travail de la boucle audio-phonatoire, affine la perception, apprend à donner et à recevoir, à s'écouter soi-même. L'art favorise une meilleure connexion à soi et à l'Autre, il conduit à découvrir cette Présence au plus intime de l'être. Socrate en a eu l'intuition : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les dieux. »
Or le monde actuel émousse nos sens. Nous sommes agressés dans notre sensorialité, saturés d'images trop rapides, de sons trop bruyants, d'une cuisine industrielle qui a recours à des exhausteurs de goût pour masquer sa fadeur. Le remède ? Se reconnecter à la nature. J'ai eu cette chance d'y être immergée pendant toute mon enfance, de ma campagne écossaise à la ferme de mes grands-parents agriculteurs dans la Loire, en passant par l'Indonésie où nous avons habité dans une maison sur pilotis, avec un orang-outan comme meilleur ami !
À 11 ans, j'ai vécu une conversion profonde, une rencontre intime avec Jésus qui m'a ouverte à cette double quête de compréhension de mon humanité et du divin. Cette soif, c'est le fil rouge de ma vie. Journées mondiales de la jeunesse, rencontres de Taizé, études de philosophie et de théologie, jusqu'à aujourd'hui où je suis la formation Seve de Frédéric Lenoir pour aider les enfants à développer leur intériorité.
Ma vie n'est pas indemne de bleus, de larmes et d'inconnu. On peut vivre mort en se disant chrétien. Et cela, Jésus ne le veut pas ! Au fil des années, j'ai découvert l'urgence de réconcilier le corps et l'esprit. Si souvent nous sommes coupés de ces deux dimensions, survalorisant l'une et niant l'autre ! Qu'est-ce qui brise l'unité que Dieu crée à chaque instant ? J'aime la lecture éclairante du péché originel par la théologienne orthodoxe Annick de Souzenelle. D'après moi, l'histoire de la pomme n'est pas une condamnation de la sexualité, mais elle symbolise ce fruit de la connaissance du bien et du mal. C'est notre orgueil qui juge, cloisonne et accuse, quand tout ce que crée Dieu est bon.
Le purgatoire n'est pas absent de nos vies ; nous avons tous des purifications à vivre. L'enfer revient à rester dans mon déni, mon mensonge, alors que nous sommes faits pour le bonheur, qui devrait être notre état normal ! J'ai le choix de l'amour ou de l'accusation, là est ma liberté. Est-ce que je veux me relier à ma peur, qui engendre division et destruction, ou à mon unité qui me rend artisan de paix ? Mais choisir l'amour, depuis le péché originel qui est comme un bug dans notre information originelle, nécessite de descendre dans notre matière, afin de nous réconcilier avec ce qui est blessé.
J'ai appris à ouvrir la porte à mon inconscient, pour découvrir de quoi est pétrie ma chair, avec ses violences, ses sentiments d'injustice, les abandons et les abus subis... En cas de traumatisme, le cerveau limbique fait un reset : par un réflexe de survie, il supprime de la mémoire pour éviter la souffrance, mais il refoule les événements douloureux dans l'inconscient, ce qui peut susciter un mal-être, des maladies. Différents outils thérapeutiques peuvent aider : la relation d'aide telle que proposée par Personnalité et relations humaines (PRH) de Carl Rogers, l'hypnose, la programmation neurolinguistique (PNL), la psychogénéalogie.
Si j'ai pu descendre en moi-même, c'est par la puissance de la vie chevillée en moi par la foi. Parce que j'étais reliée à un amour inconditionnel, main dans la main avec Jésus sauveur. La noirceur de notre matière, de notre inconscient, peut nous engloutir. Jésus est la clé, lui qui a accepté la kénose, c'est-à-dire l'abaissement, le dépouillement, lui qui a consenti à la vulnérabilité, lui le Ressuscité qui a déjà réalisé ce passage. Dans le regard de Dieu, nous existons dans notre pureté originelle. Ce regard divin révèle la plénitude de notre être, cette étincelle de vie divine ancrée dans notre matière. Elle ne transparaît pas toujours, car elle peut être enfouie sous des strates de charbon opaque. Notre mission consiste donc à devenir un diamant et à laisser passer la lumière... Ma foi dans le Ressuscité m'a permis de traverser mes tombeaux et de réinsuffler la vie, là où tout était mort.
Je veille davantage à écouter parler mon corps, à ne plus lui imposer de se coucher à minuit pour finir un travail ou à manger n'importe quoi, à être connectée à mon ressenti. Si j'ai demandé 10 fois à mon fils de ranger sa chambre et que je sens la moutarde me chatouiller le nez... j'accueille l'énervement qui monte en moi. Au lieu de crier, j'essaie de sortir de mes réflexes et de trouver un nouveau mode de relation, qui nous respecte l'un et l'autre, comme la communication non violente nous y engage. C'est un chantier que je suis loin d'avoir terminé ! Être à l'écoute de nos vrais besoins relève d'une conversion. Alors tout change : la relation à soi, aux autres, à la terre. À mon sens, c'est ça l'écologie intégrale et c'est la condition de la paix.
Retrouver sa force créatrice suppose de sortir des cadres établis, de lever les abus de pouvoir, d'avoir confiance dans ses intuitions, d'être à l'écoute de l'Esprit saint. Une joie communicative s'installe en nous, je peux en témoigner. « La fontaine de vie, c'est l'Esprit de Dieu qu'il répand dans toutes ses œuvres, écrit Hildegarde dans le Livre des œuvres divines.De même que l'eau jaillit et fait couler tout ce qui est en elle, de même l'âme, souffle de vie, n'abandonne jamais l'homme et le fait s'épancher, en quelque sorte, par la connaissance, la pensée, le langage et l'action ». Comme la Samaritaine, nous sommes appelés à devenir ces sources jaillissantes, des icônes de la victoire de la vie sur la mort, qui se donnent à voir. Sur scène, j'annonce ce que j'ai touché du Verbe de Dieu. Le chant comme la danse nourrit et unifie mon énergie vitale. Tout mon être vibre. Ma chair jubile de la présence de Dieu, elle est portée par la plénitude de vie. Ainsi, je vis le paradis dès ici-bas, puisqu'il n'est pas un lieu mais un état, qui consiste à louer Dieu en tout temps et à laisser jaillir la vie qui est en soi.
Les étapes de sa vie
12 février 1974 Naissance à Aberdeen, en Écosse.
1991-1995 Études supérieures d'art, de philosophie et de théologie.
1993 Professeure de piano.
2004 Spectacle Lorca y la música, poète espagnol fusillé en 1938.
2006 Professeure de danse flamenco.
2012 Animation de stages de développement personnel et de retraites spirituelles.
2014 Spectacle Hildegarde de Bingen, messagère de l'invisible.
2015 Diplômée de la Fédération nationale de yoga du son (FNYS).
2018 Création de la compagnie l'Incandescente.
« Et repassez demain, il y aura un cageot de salades ! » Chargée de deux boîtes d'oeufs et de trois paniers de courgettes grosses comme des potirons, j'essaye de discuter : « Merci ! Mais vous nous en avez déjà donné plein... »
Mais salades il y aura et poireaux et carottes, sans oublier des kilos,
des monceaux de haricots verts, fins et tendres à déguster, ou plus
rustiques pour les conserves, parce qu'il est comme ça notre voisin,
nous mangeons tous les ans la moitié de son potager. Notre voisin a la
générosité pour habitude et un coeur plus grand que tous les potagers de
l'Ardèche.
Partie de zéro, j'ai fait des progrès dans la culture potagère : je
suis née à Paris, près de la Bastille, et le géranium en pot était mon
maximum de connaissance de la terre. Les autres n'en savaient guère
plus, et je me souviens encore du jour où je suis arrivée chez eux avec
un paquet de graines : comment est-ce que ça se plante exactement ?
Rires devant nos bévues, nos maladresses, rires pleins de gentillesse,
toujours, rires étonnés aussi lorsqu'ils ont pris conscience qu'eux
savaient des choses que moi, qui ai fait tant d'études, je ne
connaissais pas. « Vous apprenez, hein, il faut bien apprendre », nous encourageaient-ils. Nos voisins ont la générosité en partage et la patience de la terre.
Hiver comme été, nous nous retrouvons dans la cuisine, entre poêle à bois et buffet. Sur la toile cirée, il y a toujours une tasse de thé, « pfff, juste de l'eau chaude »
et des petits gâteaux qu'on sort à notre arrivée. Ma voisine a une
façon très habile de nous les faire accepter : si, par politesse, nous
refusons, « merci, ne vous dérangez pas », elle regarde le paquet d'un air songeur, tête penchée, et conclut : « Oui, ils ne sont pas très bons ! »
Que faire d'autre alors que de laisser libre cours à notre gourmandise
et manger la moitié du paquet... Nos voisins ont la générosité
chaleureuse et une cuisine pleine de soleil.
« Et le bois ? Pas encore rentré, ce bois ? »Nous nous
confondons en (mauvaises) raisons et en promesses, oui aujourd'hui,
enfin au plus tard demain, et les choux aussi, nous allons les ramasser,
et les pommes de terre, et retourner la terre, et... et... Tout ce que
nous essayons de repousser car trop d'e-mails, trop de courrier en
retard... Notre voisin est un maître exigeant, mais il nous fait
comprendre où sont les vraies urgences, à nous qui nous enfermons devant
l'ordinateur : notre voisin a la générosité rugueuse et la sagesse d'un
pin centenaire.
Et nous parlons : du potager, d'abord,des rats taupiers qui le grignotent, des chevreuils qui aiment les salades ; du temps : « Les sources vont se tarir », « la neige, c'est sûr, c'est pour demain »,
des chemins abîmés par la pluie, et de la forêt toute proche dont on
revient toujours les mains pleines, de pommes de pin pour le feu, de
champignons ou de myrtilles... Nous parlons de tout ce qui nous entoure,
et je m'émerveille que l'amitié puisse ainsi se construire au fil des
petits riens du quotidien, de ceux qui disent : « Nous vous accueillons là où nous vivons, voilà la vie que nous partageons avec vous, vous êtes bienvenues... » Nos voisins ont la générosité bienveillante et des paroles qui éclairent les jours.
Alors, puisque je ne doute pas que le journal La Vie arrive jusqu'au paradispour y être lu assidûment, j'en profite pour vous dire, mon voisin, ce
que je n'aurais pas osé de votre vivant : ma gratitude pour tout ce que
vous nous avez appris, pour tout ce que vous nous avez donné. De tout cœur, merci.
Une lecture incontournable pour ceux et celles qui s'approchent de leur éternité : "Derniers fragments d'un long voyage" (Christiane Singer, éd. Albin Michel).
Les cinq derniers mois de sa vie, Christiane se sait "condamnée". Elle ne prononce pas ce mot. "On peut monter en maladie comme vers un chemin d'initiation, à l’affût des fractures qu'elle opère dans les murs qui nous entourent. Elle devient alors l'une des plus hautes aventures de la vie, les parois cèdent, l'amour véritable envahit tout... la vie est une école de métamorphose" (p.136). Christiane est partie, non pas en fin de vie mais en aurore d'éternité, en la Pâque de l'an 2007, après avoir écrit pendant les cinq derniers mois son plus beau livre, Un hymne à la vie. J'ai donné plusieurs conférences, à deux voix, à ses cotés. Une fois, à Lyon, nous nous retrouvons au restaurant après deux heures de conférence. Christiane me dit : – "Prends ta Bible et ouvre n'importe où et mets ton doigt au hasard. Le verset sur lequel tu tomberas me définira." Je m'exécute aussitôt avec ma petite bible de poche et je lui tends le livre ouvert au hasard, mon doigt appliqué au milieu d'une page. Elle lit avec émotion : "Les grandes eaux ne pourront éteindre l'amour, aucun fleuve le submerger"... – "Tu as fait exprès?" – "Non !...Tu vois, le hasard, c'est Dieu qui s'exprime incognito"....... Ce qui est merveilleux avec ceux qui ont songé à partager leurs pensées dans des écrits, c'est qu'ils nous laissent le meilleur d'eux mêmes. Christiane est pour tous ses amis, toutes ses amies, plus vivante que jamais. Je relis sans me lasser les pages étonnantes de cette femme de passion et de lumière. Mon préféré : "Une passion".... Heureux les jeunes qui la découvrent à 16 ou 20 ans. Ils aimeront la vie avec bien plus de gratitude et d'audace. Un des meilleurs chapitres de mon livre "La passion de la rencontre" (Le Relié) est un hommage vers cette amie incomparable.
Nous avons la douleur de vous faire part du décès de :
Monsieur Philippe MAC LEOD survenu à l'âge de 64 ans.
La cérémonie aura lieu le vendredi 01 mars 2019 à 11h00 en l'Église Saint Jean Baptiste de Lézardrieux (22740).
Voici la dernière chronique de Philippe dans le magazine La Vie
Seul à nouveau, dans le silence j'écoute le murmure d'une vie qui ruisselle entre mes membres, à l'intérieur d'un corps devenu immense, avec celle du monde à l'entour, celle de tous mes semblables, qui circule d'un même flux dans mes veines. Loin, paisible toujours, étrangère aux événements, que cette pluie me soit lumière, Seigneur, qu'elle devienne tout mon esprit, la substance de mes pensées, la couleur de mes sentiments les plus ordinaires. Fais-moi déborder de cette eau pure, chantante, traversée de reflets, afin que les hommes d'aujourd'hui reconnaissent en elle l'éclat de ton nom.
Le monde semblait se liquéfierou s'évaporer en s'allégeant : les mers et les plaines, toute l'étendue du ciel, et moi-même, dans mes yeux fermés, comme une vapeur qui se déliait en s'élevant. Tout avait disparu : dissous, atomisé en fines particules découvrant un espace toujours plus vaste et plus lumineux. Dans un creux profond de ma chair, je recueillis la poignée de cristaux brillants que la prière avait laissés. Je les mis sur ma langue : sans me brûler, je goûtai le sel de la terre, vif, mordant comme l'étincelle.
Que je me lève ou que je m'endorme, le Seigneur est là, dans cette vie qui est la lumière du monde, et le monde ne l'a pas connue, la chair qui la porte ne s'est jamais risquée à s'embraser à son contact : elle serait devenue tout entière une torche, un phare pour éclairer loin, un grand brasier nourri des riens qui l'encombrent.
Des oiseaux me réveillent, des oiseaux qui ne sont pas un rêve et qui m'éveillent à une vie du monde. L'obscurité trouée d'une lueur intérieure à mon sommeil. À nous qui ne vivons que d'images, qui n'habitons que l'écorce des choses, comme un anneau qui nous sépare à la fois du monde et de nous-mêmes, tout cela peut paraître sans grande importance : le mince fil d'or d'un chant d'oiseau dans le silence. J'entends, j'écoute, immobile dans la grande pièce au parquet luisant, comme un cristal en équilibre.
C'est bien toi, mon Dieu, dans la mandorle de mon cœur battant, dans ce sanctuaire intérieur que nous obscurcissons de notre seule personne. Cœur de mon cœur, tu demeures une présence sensible : au-dedans de moi, je puis t'atteindre. Plus rien désormais ne saurait te limiter, aucune forme, aucun visage : tu nous contiens et nous habites à la fois. Nous oublions que c'est toi qui appuies parfois, tout contre notre cœur, mais nous nous tournons si rarement de ce côté-là.
Je voudrais sans cesse te sentir tout contre moi, en dedans, de sorte que pour ceux qui m'approchent plus rien ne fasse obstacle à ta ressemblance, sans autre titre, sans autre signe de reconnaissance que la clarté d'un regard où ton nom puisse se lire en filigrane. Que nos visages, désormais, se découpent sur cette seule transparence. Fais de chacun de nous, Seigneur, l'éclat mystérieux d'un lointain toujours proche, qu'on peut voir, entendre, toucher, notre face comme une couronne, l'auréole d'une parole plus intérieure.
Apprends-nous à aimer le dépouillement silencieux de ta croix, au pied de laquelle, comme jadis, se rencontrent les moqueurs et les amis. Fais-nous la grâce de persévérer dans la faiblesse, dans la pauvreté des moyens que tu nous laisses. Ne permets pas que nous succombions à la tentation de la revanche, du triomphe, mais pousse-nous, pousse-nous toujours plus loin en ce monde, avec pour seul étendard la nudité de ton visage.
C’est ce que dit Hui-Neng (1)en parlant de sa méthode : le Ch’an (devenu le Zen lors de son introduction au japon au 12ème siècle).
Reprenant cette citation à l’occasion d’une conférence, une personne
dans l’assistance me dit : « Monsieur, à vous entendre, j’ai
l’impression que vous ne vivez pas dans le monde dans lequel nous
vivons. Pour nous proposer d’être calme, dans la complexité du monde
actuel … il faut être réac. »
Prôner un retour à l’état de santé fondamental de l’être humain a
certainement un côté révolutionnaire, parce qu’il s’agit de proposer une
voie de guérison autre que l’hyper consommation d’anxiolytiques et
autres psychotropes afin d’éliminer la cause de l’angoisse et des états
qui l’accompagnent avec un cortège de symptômes, parmi lesquels, un état
d’être soucieux, une inquiétude latente, une peur souterraine, le
burn-out ou la dépression.
La méthode proposée par Hui-Neng est la pratique de la méditation
appelée zazen. Il ne s’agit pas d’une invitation à se couper du monde ou
à se retirer dans un monastère ou sur une île déserte afin de fuir les
bruits du monde.
Visitant les nombreux temples Zen dans la région de Kamakura, j’ai
rencontré un maître d’Aïkido. Il m’a expliqué que les guerriers
samouraï, pendant plusieurs générations (13ème siècle) pratiquaient la
méditation Zazen dans les temples. Pourquoi ? Parce que cet exercice se
rapprochait de leur entrainement quotidien aux arts martiaux quant à la
nécessité et à la possibilité d’accéder au calme intérieur qui garantit
l’efficacité au cours d’un combat !
Le mot samouraï désigne un homme d’action.
Tout homme - ou femme - d’action, aujourd’hui, qu’il soit médecin,
entrepreneur, artisan, professeur (n’hésitez pas à ajouter votre
profession), n’aurait-il pas avantage, à engager son activité en
s’appuyant sur cette qualité d’être qui manque cruellement à l’homme
actuel : le calme intérieur ? La méditation Zazen est un exercice de transformation, sur un chemin de
maturation qui a pour sens le passage de l’adulte à l’homme mûr.
L’adulte ? C’est l’homme identifié au niveau d’être qu’on appelle l’ego.
Le maître Zen Seki Yuho Roshi (2)
répondait, en souriant, à une personne qui lui demandait ce qu’est l’ego
: « L’ego ? C’est un sac de réactions mentales, un sac de réactions
physiques, un sac de réactions affectives. »
L’homme mûr ? « C’est la personne qui embrasse calmement la situation qui se présente à elle à l’instant ». (K.G.Dürckheim)
Quant au calme, on ne peut pas le fabriquer à coup d’exercices; la
méditation n’a rien à faire avec le développement personnel; méthode qui
semble avoir pour but primordial le passage d’un ego de taille XXL à la
taille XXXL.
Le calme, le grand calme intérieur est toujours là, présent au plus
profond de chacun. Le découvrir exige un travail de déségocentration.
Zazen, c’est se rendre disponible afin de laisser agir notre vraie
nature d’être humain; source d’une manière d’être et d’une manière
d’agir inhabituelle désignée aussi bien en Orient qu’en Occident
(Philosophie Hellénistique) comme étant celle du sage.
Jacques Castermane
(1) Hui-Neng : 6ème
patriarche du Chan en Chine (638-713 ap. J.C.). Dans le sutra de
l’estrade il indique que l’esprit de l’être humain n’est pas la pensée
mais le vide et le calme qui sont le fondement et la source de la
parole-événement à ne pas confondre avec la parole-idée.
(ce qui sera le thème d’une lettre ultérieure)
(2) Seki Juho Roshi (1900-1982)
abbé du monastère rinzai-zen de Eigen-ji (Kobe)l est venu chaque année
en Forêt-Noire pour animer des sesshin dans le village où vivait Graf
Dürckheim (1973-1982).
Il commençait chaque sesshin en nous disant : « Le Dharma est né en Inde
il y a deux mille cinq cents ans. Cet Enseignement est ensuite passé en
Chine sous le nom de Ch’an. Il y a sept cens ans, il est arrivé au
Japon où il est appelé Zen. Mais les Japonais n’ont pas imité les
Chinois; ils ont créé un Zen japonais. Aujourd’hui, le Zen intéresse
l’Occident. N’imitez pas les Japonais ! Vous devez mettre en place un
Zen qui puisse prendre place dans la tradition occidentale. »
Lorsque je lui ai demandé comment entreprendre cette transformation, il
m’a répondu, en éclatant de rire « IMITEZ les Japonais pendant trois
générations… ! »
"Ce ne sont pas des contenus qu’il faut transmettre. Les Dieux se rient de nos théories. C’est une manière intense d’être. Ce qui manque le plus à notre vie d’aujourd’hui, c’est cette intensité surgie de l’intérieur. C’est dans la rencontre de personnes vivantes qu’on en donne le goût. Chacun est dans une telle richesse! Mais il faut que cette richesse soit réveillée. La transmission, c’est cette attention portée à un autre qui fait qu’en lui surgit le meilleur de lui-même".
Extrait du livre "La Fraîcheur de l'instant"
L'observateur vigilant
Depuis quelque mois, un grand lâcher prise s’est installé en moi. Je ne résiste plus aux évènements qui surgissent dans l’instant. J’accueille la précision du moment présent, j’accueille le fait que les évènements qui se peignent devant moi sont le reflet de qui je crois être. Plus que tout au monde je veux savoir où est la vérité. Malgré le rythme effréné de mes activités quotidiennes, je suis immobile à l’intérieur et je regarde ma vie se dérouler. Une attention vigilante pour maintenir ce regard frais et vivant prend toute la place, poussée par un attrait irrésistible de la vérité. Auparavant, je détournais cet élan pour satisfaire mes désirs personnels.
Je me ramène constamment à l’instant et je me regarde de seconde en seconde. J’ai l’impression que je suis un personnage dans une bande dessinée, personnage auquel je m’identifie de moins en moins.
Je vois clairement le personnage qui agit, réfléchit, pense, pleure, rit, espère et parle dans sa tête. Il entretient une conversation avec lui-même, un monologue. Il ne parle que de lui, il ne rêve que de lui. Il s’évalue. Il rêve d’arrêter la souffrance, la sienne et celle des autres. Il rêve d’amour, de pouvoir, d’alliance. Il rêve d’éliminer la peur. Se croyant emmuré dans une prison de chair, il rêve de stabilité. Je ne fais aucun mouvement pour l’arrêter, pour le changer. Je veux juste voir comment il fonctionne.
J’écoute attentivement le monologue dans la tête de Betty : « J’ai peur d’avoir manqué le rendez-vous avec le grand amour; peur que la mort de ma mère m’ait fragilisée au point de ne plus être fonctionnelle; peur que Dieu existe et que je ne l’aie pas trouvé, moi qui l’ai renié cent fois; peur d’avoir manqué le bateau existentiel, d’être malade, déséquilibrée, seule, de mourir abandonnée. »
Ce personnage qui rêve est désormais laissé à lui-même. Il rêve librement sous le regard d’un observateur vigilant.
Qu’est-ce qui, en vous, a besoin d’être guéri ? Quelles forces divines endormies dans le corps, le coeur et l’esprit désirez-vous réveiller ? Le livre jeu avec les lettres et les dieux est à découvrir !