mercredi 6 juillet 2016
mardi 5 juillet 2016
Le simple est inépuisable... avec Christian Bobin
Le
Christ sort au matin de la vieille maison fatiguée du monde. Il a une
trentaine d’années. Il
n’emporte rien avec lui. Il commence sa vie buissonnière dont, après
sa disparition, ses amis recueillent des lambeaux. La joie de l’air
contre ses tempes, les confidences de l’eau entre ses
mains, les éblouissements des renards qui croisaient son chemin- de
tout cela rien ne nous est parvenu. Quelques paroles dont la plupart
empruntent leur beauté à l’univers patient des bergers,
des pêcheurs, des viticulteurs : voilà tout ce qui reste du passage
sur terre du plus grand des poètes. Car c’est être poète que regarder la
vie et la mort en face, et réveiller les étoiles
dans le néant des cœurs.
Les commentateurs ont usé jusqu’à la corde
ces paroles de l’errant. Elles résistent. Le simple est inépuisable.
Comme des frelons sur une poire tombée dans l’herbe, ainsi
s’agitent les théologiens, agglutinés autour des larmes d’un visage
si humain qu’il en devenait divin. « Mon dieu, mon dieu, pourquoi
m’as-tu abandonné ? » Cette parole du Christ
est la parole la plus amoureuse qui soit. Chacun en connaît la
vibration intime. Aucune vie ne peut faire l’économie de ce cri. Cette
parole est le cœur de l’amour, sa flamme qui tremble, se
couche et ne s’éteint pas. Elle est aussi bien la seule preuve de
l’existence de Dieu : on ne s’adresse pas ainsi au néant. On ne fait pas
de reproches au vide.
Après,
plus rien- l’arrachement du souffle, l’énergie qui déserte ce qui n’est
plus que chair
pourrissante. Cette dernière flambée de la parole fait du Christ
mieux qu’un ange : notre frère angoissé et fragile ; « Mon dieu, mon
dieu pourquoi m’as-tu
abandonné ? » Ce cri qui s’en va exploser contre la gueule de marbre
d’un Dieu muet, fait de celui qui le jette notre intime, le plus proche
d’entre les proches : nous –mêmes quand
la confiance s’en va de nous comme le sang par une veine coupée et
que nous continuons à parler amoureusement à ce qui nous tue.
Il faut que le noir s’accentue pour que la première étoile apparaisse.
Christian Bobin , « l’Homme
Joie ».
.......................
lundi 4 juillet 2016
« Je n'ai jamais cessé de prier » avec Elie Wiesel
Prix Nobel de la paix, l'écrivain Elie Wiesel est décédé le 2 juillet 2016. Enfant, il ne vivait que pour Dieu et rêvait de devenir talmudiste. Déporté à 15 ans dans l’enfer d’Auschwitz puis de Buchenwald, où Dieu semblait absent, il n’a pourtant jamais renié sa foi. La Vie avait recueilli son témoignage de foi en 2012 ; nous le republions aujourd'hui pour lui rendre hommage.
« J’avais 15 ans. Hagard, désorienté, ombre parmi les ombres, j’étais parqué dans le wagon à bestiaux où régnait une odeur fétide. Tenaillé par la faim, je scrutais le visage de mes parents, mon cœur battait à se rompre. J’entends encore la respiration saccadée de ma petite sœur Tzipora et les hurlements hystériques d’une femme devenue folle. Après quatre jours, le train ralentit. Par la lucarne, j’aperçus des barbelés à l’infini. Nous étions à Auschwitz. Les cris des SS retentissaient de toutes parts. « Restons ensemble », dit ma mère. Nous nous tenions fermement par le bras. Un ordre bref fut lancé : hommes d’un côté, femmes de l’autre. Je restai avec mon père, tandis que ma mère et mes sœurs partaient dans une autre direction. Je les vois encore s’éloigner vers les immenses cheminées alimentées par des êtres vivants, ignorant que je ne les reverrais jamais.
L’ombre de ces trains nocturnes, qui traversèrent le continent dévasté, continue de me hanter. Ils symbolisent la progression inexorable vers l’agonie et la mort des multitudes juives. Aujourd’hui encore, chaque fois que j’entends un train siffler, quelque chose en moi se fige.
« Je n'ai jamais cessé de prier »
J’ai grandi à Sighet, petite ville de Transylvanie où mes parents tenaient une épicerie. Dès mon jeune âge, j’ai appris l’hébreu classique, je me suis plongé dans la Torah, le Talmud et le Midrash. À 13 ans, j’écrivais des commentaires bibliques. Je me souviens de mes premières extases religieuses quand, avec mes amis de la yeshiva, nous recevions de nos maîtres les clés pour ouvrir les portes secrètes des vérités mystiques. À cette époque, je rêvais d’enseigner et d’éclaircir les textes sacrés. Si je n’avais pas été déporté, je serais sans doute devenu un talmudiste sans histoire. Depuis l’éveil de ma conscience, je ne vivais que pour Dieu. C’était Lui, mon ancre, qui faisait et défaisait les choses, les événements et les êtres. Il était le sens de ma vie, la justification de tout.
La suite, je l’ai racontée dans la Nuit. Les mots ont-ils cependant assez de force pour décrire cet univers dément et froid où des enfants ahuris et des vieillards épuisés venaient pour mourir ? Et la disparition de ma petite sœur, tuée avec sa mère la nuit même de leur arrivée ? Et cette odeur de chair brûlée qui empestait l’air ? Et les nourrissons jetés vivants dans des brasiers brûlants ? Et les râles d’agonie, venus d’outre-tombe, s’élevant des baraques où les corps s’entassaient ?
Comment ne suis-je pas devenu fou, dans cette antichambre de l’enfer, plongé dans la peur et les coups, les hurlements des kapos, les aboiements de leurs chiens ? Malgré l’horreur, je n’ai jamais cessé de prier. Le samedi, tout en portant des pierres, je fredonnais les cantiques du sabbat. Était-ce pour plaire à mon père, lui montrer que je restais juif même dans ce royaume maudit voué à leur disparition ? Je n’avais alors pas la force de me plonger dans des méditations théologiques : la ration quotidienne de pain – sera-t-elle d’un centimètre plus mince ou plus épaisse ? – était le centre de mes soucis. La peur des coups dépassait celle du ciel. Sur ce plan, l’ennemi avait emporté une victoire : c’était autour des SS, non de Dieu, que s’ordonnait notre univers.
« Aimer Dieu, l'interroger, le plaindre... »
Ma révolte est venue après la guerre quand j’étudiais la philosophie à Paris. Pour mon ami Primo Levi, le problème de la foi après Auschwitz se pose en termes simples : ou Dieu est Dieu, donc tout-puissant, donc coupable d’avoir laissé faire les assassins ; ou sa puissance est limitée, et alors, il n’est pas Dieu. Ce raisonnement m’interpellait. Tout mon être protestait : puisque Dieu est partout, où était-Il pendant l’Holocauste ? Enfant, je Le situais uniquement dans le bien, le sacré, dans ce qui rend l’homme digne de salut. Après avoir vécu le mal absolu, pourquoi continuer à sanctifier Son nom ? Parce qu’Il avait fait brûler des milliers d’enfants dans des fosses ? Parce que, dans Sa grande puissance, Il avait créé Auschwitz et tant d’autres usines de la mort ?
Si je me suis élevé contre la justice de Dieu, je ne L’ai jamais renié. Ma colère s’est toujours élevée à l’intérieur de la foi. En revanche, je n’ai cessé de chercher des raisons à Son silence. La mystique juive parle ainsi des éclipses de Dieu, qui se retire pour laisser sa création s’affirmer. L’un de mes maîtres talmudistes m’indiqua un jour une autre perspective : s’il faut aimer Dieu, L’interroger même, on peut aussi Le plaindre. "Sais-tu, me demanda-t-il, quel personnage biblique est le plus tragique ? C’est Dieu, dit-il, Lui que ses créatures déçoivent et accablent si souvent." Il me montra alors un passage midrashique qui traite de la première guerre civile de l’histoire juive causée par une banale querelle de ménage ; et Dieu, là-haut, pleure sur son peuple, comme pour dire : "Qu’avez-vous donc fait de mon œuvre ?" Alors, au temps de Treblinka et d’Auschwitz, les larmes de Dieu ont peut-être redoublé – et on peut L’invoquer non seulement avec indignation, mais aussi avec tristesse et compassion. Toutes ces questions restent ouvertes. S’il y a une réponse, je ne la connais pas. Bien plus : je refuse de la connaître. Six millions d’humains morts dans les camps, cela doit rester à jamais une question ! »
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« J’avais 15 ans. Hagard, désorienté, ombre parmi les ombres, j’étais parqué dans le wagon à bestiaux où régnait une odeur fétide. Tenaillé par la faim, je scrutais le visage de mes parents, mon cœur battait à se rompre. J’entends encore la respiration saccadée de ma petite sœur Tzipora et les hurlements hystériques d’une femme devenue folle. Après quatre jours, le train ralentit. Par la lucarne, j’aperçus des barbelés à l’infini. Nous étions à Auschwitz. Les cris des SS retentissaient de toutes parts. « Restons ensemble », dit ma mère. Nous nous tenions fermement par le bras. Un ordre bref fut lancé : hommes d’un côté, femmes de l’autre. Je restai avec mon père, tandis que ma mère et mes sœurs partaient dans une autre direction. Je les vois encore s’éloigner vers les immenses cheminées alimentées par des êtres vivants, ignorant que je ne les reverrais jamais.
L’ombre de ces trains nocturnes, qui traversèrent le continent dévasté, continue de me hanter. Ils symbolisent la progression inexorable vers l’agonie et la mort des multitudes juives. Aujourd’hui encore, chaque fois que j’entends un train siffler, quelque chose en moi se fige.
« Je n'ai jamais cessé de prier »
J’ai grandi à Sighet, petite ville de Transylvanie où mes parents tenaient une épicerie. Dès mon jeune âge, j’ai appris l’hébreu classique, je me suis plongé dans la Torah, le Talmud et le Midrash. À 13 ans, j’écrivais des commentaires bibliques. Je me souviens de mes premières extases religieuses quand, avec mes amis de la yeshiva, nous recevions de nos maîtres les clés pour ouvrir les portes secrètes des vérités mystiques. À cette époque, je rêvais d’enseigner et d’éclaircir les textes sacrés. Si je n’avais pas été déporté, je serais sans doute devenu un talmudiste sans histoire. Depuis l’éveil de ma conscience, je ne vivais que pour Dieu. C’était Lui, mon ancre, qui faisait et défaisait les choses, les événements et les êtres. Il était le sens de ma vie, la justification de tout.
La suite, je l’ai racontée dans la Nuit. Les mots ont-ils cependant assez de force pour décrire cet univers dément et froid où des enfants ahuris et des vieillards épuisés venaient pour mourir ? Et la disparition de ma petite sœur, tuée avec sa mère la nuit même de leur arrivée ? Et cette odeur de chair brûlée qui empestait l’air ? Et les nourrissons jetés vivants dans des brasiers brûlants ? Et les râles d’agonie, venus d’outre-tombe, s’élevant des baraques où les corps s’entassaient ?
Comment ne suis-je pas devenu fou, dans cette antichambre de l’enfer, plongé dans la peur et les coups, les hurlements des kapos, les aboiements de leurs chiens ? Malgré l’horreur, je n’ai jamais cessé de prier. Le samedi, tout en portant des pierres, je fredonnais les cantiques du sabbat. Était-ce pour plaire à mon père, lui montrer que je restais juif même dans ce royaume maudit voué à leur disparition ? Je n’avais alors pas la force de me plonger dans des méditations théologiques : la ration quotidienne de pain – sera-t-elle d’un centimètre plus mince ou plus épaisse ? – était le centre de mes soucis. La peur des coups dépassait celle du ciel. Sur ce plan, l’ennemi avait emporté une victoire : c’était autour des SS, non de Dieu, que s’ordonnait notre univers.
« Aimer Dieu, l'interroger, le plaindre... »
Ma révolte est venue après la guerre quand j’étudiais la philosophie à Paris. Pour mon ami Primo Levi, le problème de la foi après Auschwitz se pose en termes simples : ou Dieu est Dieu, donc tout-puissant, donc coupable d’avoir laissé faire les assassins ; ou sa puissance est limitée, et alors, il n’est pas Dieu. Ce raisonnement m’interpellait. Tout mon être protestait : puisque Dieu est partout, où était-Il pendant l’Holocauste ? Enfant, je Le situais uniquement dans le bien, le sacré, dans ce qui rend l’homme digne de salut. Après avoir vécu le mal absolu, pourquoi continuer à sanctifier Son nom ? Parce qu’Il avait fait brûler des milliers d’enfants dans des fosses ? Parce que, dans Sa grande puissance, Il avait créé Auschwitz et tant d’autres usines de la mort ?
Si je me suis élevé contre la justice de Dieu, je ne L’ai jamais renié. Ma colère s’est toujours élevée à l’intérieur de la foi. En revanche, je n’ai cessé de chercher des raisons à Son silence. La mystique juive parle ainsi des éclipses de Dieu, qui se retire pour laisser sa création s’affirmer. L’un de mes maîtres talmudistes m’indiqua un jour une autre perspective : s’il faut aimer Dieu, L’interroger même, on peut aussi Le plaindre. "Sais-tu, me demanda-t-il, quel personnage biblique est le plus tragique ? C’est Dieu, dit-il, Lui que ses créatures déçoivent et accablent si souvent." Il me montra alors un passage midrashique qui traite de la première guerre civile de l’histoire juive causée par une banale querelle de ménage ; et Dieu, là-haut, pleure sur son peuple, comme pour dire : "Qu’avez-vous donc fait de mon œuvre ?" Alors, au temps de Treblinka et d’Auschwitz, les larmes de Dieu ont peut-être redoublé – et on peut L’invoquer non seulement avec indignation, mais aussi avec tristesse et compassion. Toutes ces questions restent ouvertes. S’il y a une réponse, je ne la connais pas. Bien plus : je refuse de la connaître. Six millions d’humains morts dans les camps, cela doit rester à jamais une question ! »
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samedi 2 juillet 2016
Une Voix... qui disparaît : Yves Bonnefoy
Une voix
Écoute-moi revivre dans ces forêts
sous les frondaisons de mémoire
où je passe verte,
sourire calciné d’anciennes plantes sur la terre,
race charbonneuse du jour.
Écoute-moi revivre, je te conduis
au jardin de présence,
l’abandonné du soir et que des ombres couvrent,
l’habitable pour toi dans le nouvel amour.
Hier régnant désert, j’étais feuille sauvage
et libre de mourir,
mais le temps mûrissait, plainte noire des combes,
la blessure de l’eau dans les pierres du jour.
Yves Bonnefoy,
extrait de Hier régnant désert, Mercure de France, 1958
vendredi 1 juillet 2016
Ne cherchez pas de bonnes raisons pour méditer... avec Jacques Castermane
Je suis à l’unisson avec les propos de Dominique.
Lorsque en 1967, je demande à Graf Dürckheim « Y-a-t-il une bonne raison pour méditer ? » il me répond : « Oui, parce que c’est l’heure ! ».
Insatisfaisant, n’est-ce pas ? C’est bien entendu ce que j’ai ressenti. Mais aujourd’hui, cinquante ans plus tard, je suis convaincu qu’il n’est pas de meilleure réponse pour se rappeler que la méditation de pleine attention ne se justifie pas mentalement. Ne cherchez pas de bonnes raisons pour méditer. Méditez ! La réponse à la question « Pourquoi méditer ? » va sourdre du plus profond de vous-même parce que vous pratiquez.
Par contre, la question « Comment méditer ? » doit être réitérée chaque jour. Non pas dans le but de faire autre chose ou autrement que la veille, mais pour apprendre ce que la méditation m’apprend et que je n’avais jusque-là pas encore perçu.
Comment méditer ? Voici la réponse donnée à cette question par Siddhartha Gautama, le Bouddha, il y a plus de vingt-cinq siècles : « Un méditant va dans la forêt, ou dans un endroit solitaire, s'assied, les jambes croisées et le corps droit, —attentif— il inspire et expire. »
Il y a 2500 ans … ? Cette interrogation apparaît dans des ouvrages récents qui ont pour thème la méditation. Quelques auteurs évoquent, avec une certaine condescendance, ce qu’ils qualifient comme étant la méditation ancestrale. Méditation ancestrale à laquelle ils opposent une méditation moderne. Moderne, parce que validée par des travaux et expérimentations scientifiques récents et parce que garantie par des mesures quantitatives !
Après un moment d’étonnement, cette présomption m’encourage et m’invite à exprimer clairement que la méditation que j’ai apprise, que j’apprends chaque jour encore et que j’enseigne est la méditation ancestrale !
Il est clair que, aujourd’hui, le principe quantitatif ne cesse de jouer un rôle de plus en plus important dans le domaine des sciences humaines, de la médecine expérimentale et les sciences cognitives. Cependant nous pouvons nous demander si des données quantitatives sont à même de révéler ce qui concerne en propre la personne individuelle, son vécu intime ?
Pour ce qui est du domaine de la vie intérieure de l’être humain, compte - bien plus que les chiffres, les représentations graphiques et l’exploration cérébrale au moyen d’électrodes - le « ressenti » qui reste la fonction témoin de la perception.
Perception ! Ce qui est en jeu dans la méditation est l’expérience de notre vraie nature, de notre être propre, voilé par un ego soucieux, inquiet, méfiant, stressé. Cette expérience se révèle dans un vécu intérieur qui a un effet libérateur. Libération du silence intérieur, du calme intérieur, d’une confiance inconditionnelle ; ces qualités d’être qui sont les symptômes de l’état de santé fondamental de l’être humain.
Il y a très certainement des causes modernes au stress, au burn-out, à la dépression. Mais y a-t’il une santé moderne qui pourrait remplacer cet état de santé fondamental et ancestral : la paix intérieure ?
L’ataraxie ! « Le plus grand bien auquel l’homme puisse accéder au cours de sa vie », écrit Epictète au premier siècle de notre ère et il ajoute, - ce qui donne sens à la pratique de la méditation ancestrale -, que « Afin d’accéder à ce plus grand bien, l’homme doit s’exercer ! ».
Lorsque en 1967, je demande à Graf Dürckheim « Y-a-t-il une bonne raison pour méditer ? » il me répond : « Oui, parce que c’est l’heure ! ».
Insatisfaisant, n’est-ce pas ? C’est bien entendu ce que j’ai ressenti. Mais aujourd’hui, cinquante ans plus tard, je suis convaincu qu’il n’est pas de meilleure réponse pour se rappeler que la méditation de pleine attention ne se justifie pas mentalement. Ne cherchez pas de bonnes raisons pour méditer. Méditez ! La réponse à la question « Pourquoi méditer ? » va sourdre du plus profond de vous-même parce que vous pratiquez.
Par contre, la question « Comment méditer ? » doit être réitérée chaque jour. Non pas dans le but de faire autre chose ou autrement que la veille, mais pour apprendre ce que la méditation m’apprend et que je n’avais jusque-là pas encore perçu.
Comment méditer ? Voici la réponse donnée à cette question par Siddhartha Gautama, le Bouddha, il y a plus de vingt-cinq siècles : « Un méditant va dans la forêt, ou dans un endroit solitaire, s'assied, les jambes croisées et le corps droit, —attentif— il inspire et expire. »
Il y a 2500 ans … ? Cette interrogation apparaît dans des ouvrages récents qui ont pour thème la méditation. Quelques auteurs évoquent, avec une certaine condescendance, ce qu’ils qualifient comme étant la méditation ancestrale. Méditation ancestrale à laquelle ils opposent une méditation moderne. Moderne, parce que validée par des travaux et expérimentations scientifiques récents et parce que garantie par des mesures quantitatives !
Après un moment d’étonnement, cette présomption m’encourage et m’invite à exprimer clairement que la méditation que j’ai apprise, que j’apprends chaque jour encore et que j’enseigne est la méditation ancestrale !
Il est clair que, aujourd’hui, le principe quantitatif ne cesse de jouer un rôle de plus en plus important dans le domaine des sciences humaines, de la médecine expérimentale et les sciences cognitives. Cependant nous pouvons nous demander si des données quantitatives sont à même de révéler ce qui concerne en propre la personne individuelle, son vécu intime ?
Pour ce qui est du domaine de la vie intérieure de l’être humain, compte - bien plus que les chiffres, les représentations graphiques et l’exploration cérébrale au moyen d’électrodes - le « ressenti » qui reste la fonction témoin de la perception.
Perception ! Ce qui est en jeu dans la méditation est l’expérience de notre vraie nature, de notre être propre, voilé par un ego soucieux, inquiet, méfiant, stressé. Cette expérience se révèle dans un vécu intérieur qui a un effet libérateur. Libération du silence intérieur, du calme intérieur, d’une confiance inconditionnelle ; ces qualités d’être qui sont les symptômes de l’état de santé fondamental de l’être humain.
Il y a très certainement des causes modernes au stress, au burn-out, à la dépression. Mais y a-t’il une santé moderne qui pourrait remplacer cet état de santé fondamental et ancestral : la paix intérieure ?
L’ataraxie ! « Le plus grand bien auquel l’homme puisse accéder au cours de sa vie », écrit Epictète au premier siècle de notre ère et il ajoute, - ce qui donne sens à la pratique de la méditation ancestrale -, que « Afin d’accéder à ce plus grand bien, l’homme doit s’exercer ! ».
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jeudi 30 juin 2016
La méditation : "une activité désintéressée" par Dominique Durand
La méditation est devenue un sujet qui occupe le devant de l'actualité, offrant à chacun la promesse d'un soulagement du mal dont il souffre, au même titre que le robot-marie pouvait prétendre soulager la ménagère des années 50.
Cela engage certains à faire usage de la méditation comme ils le feraient d'un outil ou de n'importe quel moyen. Or, la méditation n'est ni un moyen ni un outil. On ne médite pas comme on prend un médicament. Nous devons aborder cette pratique selon un autre point de vue.
La méditation ne fait pas disparaître le stress, les émotions fortes, la tension artérielle, elle ne prévient les maladies graves. Elle est une autre manière de considérer le trouble et de l'expérimenter.
Lorsque nous sommes possédés par un état émotionnel envahissant, dévastateur, deux options s'offrent à
nous : celle de renoncer à s'assoir (à quoi bon pratiquer dans un tel état) ou celle de s'assoir en imaginant
que la méditation viendra à bout du problème. Si tel n'est pas le cas, cela donnera lieu à un ensemble de
commentaires qui auront pour objet de dévaloriser soit la pratique, soit la personne elle-même.Dans la pratique du zen, l'importance donnée à la tenue (la tenue n'étant pas assimilable à une posture, mais à une manière d'être plus en accord avec les lois de la vie, c'est-à-dire un juste rapport tension/détente), bouleverse la dichotomie habituelle qui s'installe entre cette apparente tranquillité que traduit l'immobilité et le désordre émotionnel qui peut être vécu intérieurement.
S'assoir dans une tourmente extrême (que ce soit de la colère, de la peur, de l'abattement) n'a pas pour but de voir se dissoudre le vécu émotionnel comme par miracle. Il s'agit de laisser le corps (et quand on parle du corps, ce n'est pas le corps que l'on a, mais cette présence mystérieuse qui se révèle à travers la tenue tout à la fois souple et exigeante) s'ériger dans une sorte d'arrière-plan qui se place en témoin de ce qui se passe, non pour voir disparaître ce qui est éprouvé, mais pour le vivre autrement dans un espace plus vaste, plus détendu ; il se pourrait que cela ressemble à une forme de compassion. On ne chasse pas, on ne dénie pas, on s'associe à cette vie tumultueuse sur un autre mode. La tenue est là, elle épouse le tumulte, jusqu'à ce que ce dernier, las de lancer ses attaques, s'épuise et consente à une autre forme.
La juste tenue permet de faire alliance avec cette part agitée et de réaliser que le tumulte de l'ego ne s'oppose en rien à cet arrière-plan.
C'est peut-être ce que veut dire Dürckheim lorsqu'il tient ce propos : « Le zen n'abandonne pas la conscience mentale, mais l'entraîne dans son évolution ». L'expérience psychique se fond dans ce que lui-même nomme un « arrière-plan ».
Les soucis quotidiens et les préoccupations dérapent sur la juste tenue et à force de déraper, prennent une autre forme.
Il est regrettable que nous prenions la méditation comme un moment pour prendre le contrepied d'une humeur ou d'une situation. Il ne s'agit pas de rentrer dans l'opposition du silence au bruit, du détachement au désir, il importe d'être dans cet au-delà des contraires, et c'est la tenue qui y contribue. La méditation ne rompt pas avec la vie, c'est un retour à la vraie vie, là où tout est présent, là où le calme et le chaos ne s'opposent pas. Ce n'est pas une fonction en vue d'un devenir, c'est une présence qui inclut tout. S'assoir chaque jour, c'est ne pas laisser l'empreinte des soucis quotidiens et des préoccupations s'installer dans la tenue. Le fait de tout simplement élargir l'espace entre le bassin et les dernières côtes, de rentrer légèrement le menton pour libérer la nuque, ouvre un espace qui immédiatement éclaire le vécu d'une autre manière. Curieusement, la tenue en vient à s'étonner d'elle-même et à se nourrir d'elle-même, si bien qu'elle finit par se réaliser naturellement sans effort.
Notre principale difficulté avec la méditation, est d'en attendre quelque chose. L'aborder ainsi, c'est la vivre alors sous le registre de la frustration et donner lieu à des appréciations égocentrées : le zen ne me convient pas... C'est trop difficile pour moi...
Il faut surtout éviter de vouloir en finir avec l'ego. C'est de la tenue que le méditant apprend la souplesse nécessaire pour accueillir le tumulte, c'est de cet « arrière-plan » que nous vient cette autre manière d'expérimenter le monde et nous-mêmes. Réaliser chaque jour que cet arrière-plan est la racine de chacune de nos actions, de chacun de nos états psychiques et qu'il n'y a pas lieu de les opposer.
C'est cela que nous apprend zazen, et cette qualité de « soin » dépasse largement tout ce qui peut être imaginé sur les qualités curatives de la méditation, puisque le zen s'intéresse à la totalité de l'être humain. Alors, optons plutôt pour une « pratique désintéressée ».
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mercredi 29 juin 2016
Entrons dans le silence avec Ramana Maharhi
mardi 28 juin 2016
L'autre est un autre...
« AimerFaire sans cesse l'effort de penser
à qui est devant toi,
lui porter une attention réelle, soutenue,
ne pas oublier une seconde
que celui ou celle avec qui tu parles vient d'ailleurs,
que ses goûts, ses pensées et ses gestes
ont été façonnés par une longue histoire,
peuplée de beaucoup de choses et
d'autres gens que tu ne connaîtras jamais.
Te rappeler sans arrêt que celui ou celle
que tu regardes ne te doit rien,
ce n’est pas une partie de ton monde,
il n’y a personne dans ton monde, pas même toi.
que tu regardes ne te doit rien,
ce n’est pas une partie de ton monde,
il n’y a personne dans ton monde, pas même toi.
Cet exercice mental
- qui mobilise la pensée et aussi l’imagination –
Est un peu austère, mais il te conduit
à la plus grande jouissance qui soit :
aimer celui ou celle qui est devant toi,
l'aimer d'être ce qu'il est, une énigme.
Et non pas d'être ce que tu crois,
ce que tu crains, ce que tu espères,
ce que tu attends, ce que tu cherches,
ce que tu veux. »
- qui mobilise la pensée et aussi l’imagination –
Est un peu austère, mais il te conduit
à la plus grande jouissance qui soit :
aimer celui ou celle qui est devant toi,
l'aimer d'être ce qu'il est, une énigme.
Et non pas d'être ce que tu crois,
ce que tu crains, ce que tu espères,
ce que tu attends, ce que tu cherches,
ce que tu veux. »
Christian Bobin
Extrait de "Autoportrait au radiateur"
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lundi 27 juin 2016
samedi 25 juin 2016
Le cœur avec Philippe Mac Leod
Par Philippe Mac Leod, écrivain auteur de plusieurs livres et recueils de poésie, dont Habiter les mots, chez Ad Solem.
Une longue tradition considère que nos cinq sens possèdent chacun leur double intérieur : un toucher spirituel, un odorat spirituel, une vision spirituelle, une ouïe spirituelle et, surtout, un goût spirituel, s'appuyant en cela sur une lecture subtile du Cantique des cantiques. Mais la réalité de l'expérience intérieure nous montre qu'il n'est pas nécessaire de suivre ce parallélisme scrupuleux et qu'il n'y a au fond qu'un seul organe correspondant à cette perception sans frontières bien définies : le cœur.
C'est avec le cœur qu'on voit intérieurement, et cette vision diffère de la représentation en ce qu'elle donne à percevoir un réel d'un autre ordre, s'imposant par la force de sa présence plus que par la netteté de son empreinte. C'est encore par et dans le cœur qu'on entend en profondeur, qu'on touche littéralement, embrasse l'invisible, comme la caisse de résonance d'un instrument donne tout son volume aux vibrations d'une corde. Dans le silence de l'oraison, on se trouve par miracle à l'intérieur de ce caisson d'un bois précieux, tout au fond, dans un creux qui n'a d'autre raison d'être que la résonance qu'il engendre.
Nous sommes pour ainsi dire privés de l'usage de nos sens habituels, qui se tiennent comme en retrait, dans un reflux momentané. Il ne nous reste plus alors que le coeur pour entrer en contact avec la présence invisible, impalpable, mais ô combien vivante et proche - si proche qu'elle se confond avec nous-mêmes.
Et il s'agit bien de cela : on ne va pas se regarder, s'écouter, se sentir, se palper. On va entrer, descendre - par un seul acte de conscience, neutre, sans effort, sans jugement - dans l'être que nous sommes, ici et maintenant, en ce qu'il a d'universel, de simplement vivant, en écho à la vie du monde à cette heure : le mouvement des marées, le chant de la pluie dans les chéneaux, le déplacement du jour dans le ciel, la lenteur du temps qui me porte et me soutient.
Et cela peut répondre à une question qui souvent revient : comment aller à Dieu, lui l'Au-delà de tout ? L'Évangile y répond : « Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu. » Le cœur, nous le retrouvons. Et qu'est-ce qu'un cœur pur ? Un cœur simple, sans mélange, sans interférences, sans parasites, sans ce trouble du mental, ce grésillement incessant de préoccupations dépourvues de consistance, qui n'ont d'autre importance que nos fixations obsessionnelles. Un cœur rendu à sa sensibilité intérieure, un cœur fait pour retendre le lien avec la Vie, pour l'accueillir, la recevoir et la répandre.
Il y a véritablement un sens intérieur, une sensibilité de l'âme, qu'il nous faut apprendre à développer, qui donne à percevoir des réalités plus profondes que les sentiments superficiels, les impressions du moment aussitôt recouvertes, les affects, les émotions qui parfois nous tourmentent en nous repliant plus qu'ils nous ouvrent. Un sentir qui n'est pas non plus l'imagination, toujours prête à s'emballer dès qu'on ferme les yeux : un sentir hors de toute image ou symbole, qui ne voit, ne goûte, n'entend que la Présence, dans une sorte de relation directe, âme à âme, vie à vie, cœur à cœur, sans médiation, dans la plénitude d'un moment d'être.
Nous pourrions chaque jour aller réveiller ce sens intérieur, avec ce que nous sommes, ce que nous portons en nous comme des vases d'argile : nous centrer, nous recueillir en ce lieu du cœur, non plus pour « parler » à Dieu, mais pour être, sentir avec lui, en lui, par lui, être comme lui-même est, d'une pureté absolue.
Une longue tradition considère que nos cinq sens possèdent chacun leur double intérieur : un toucher spirituel, un odorat spirituel, une vision spirituelle, une ouïe spirituelle et, surtout, un goût spirituel, s'appuyant en cela sur une lecture subtile du Cantique des cantiques. Mais la réalité de l'expérience intérieure nous montre qu'il n'est pas nécessaire de suivre ce parallélisme scrupuleux et qu'il n'y a au fond qu'un seul organe correspondant à cette perception sans frontières bien définies : le cœur.
C'est avec le cœur qu'on voit intérieurement, et cette vision diffère de la représentation en ce qu'elle donne à percevoir un réel d'un autre ordre, s'imposant par la force de sa présence plus que par la netteté de son empreinte. C'est encore par et dans le cœur qu'on entend en profondeur, qu'on touche littéralement, embrasse l'invisible, comme la caisse de résonance d'un instrument donne tout son volume aux vibrations d'une corde. Dans le silence de l'oraison, on se trouve par miracle à l'intérieur de ce caisson d'un bois précieux, tout au fond, dans un creux qui n'a d'autre raison d'être que la résonance qu'il engendre.
Nous sommes pour ainsi dire privés de l'usage de nos sens habituels, qui se tiennent comme en retrait, dans un reflux momentané. Il ne nous reste plus alors que le coeur pour entrer en contact avec la présence invisible, impalpable, mais ô combien vivante et proche - si proche qu'elle se confond avec nous-mêmes.
Et il s'agit bien de cela : on ne va pas se regarder, s'écouter, se sentir, se palper. On va entrer, descendre - par un seul acte de conscience, neutre, sans effort, sans jugement - dans l'être que nous sommes, ici et maintenant, en ce qu'il a d'universel, de simplement vivant, en écho à la vie du monde à cette heure : le mouvement des marées, le chant de la pluie dans les chéneaux, le déplacement du jour dans le ciel, la lenteur du temps qui me porte et me soutient.
Et cela peut répondre à une question qui souvent revient : comment aller à Dieu, lui l'Au-delà de tout ? L'Évangile y répond : « Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu. » Le cœur, nous le retrouvons. Et qu'est-ce qu'un cœur pur ? Un cœur simple, sans mélange, sans interférences, sans parasites, sans ce trouble du mental, ce grésillement incessant de préoccupations dépourvues de consistance, qui n'ont d'autre importance que nos fixations obsessionnelles. Un cœur rendu à sa sensibilité intérieure, un cœur fait pour retendre le lien avec la Vie, pour l'accueillir, la recevoir et la répandre.
Il y a véritablement un sens intérieur, une sensibilité de l'âme, qu'il nous faut apprendre à développer, qui donne à percevoir des réalités plus profondes que les sentiments superficiels, les impressions du moment aussitôt recouvertes, les affects, les émotions qui parfois nous tourmentent en nous repliant plus qu'ils nous ouvrent. Un sentir qui n'est pas non plus l'imagination, toujours prête à s'emballer dès qu'on ferme les yeux : un sentir hors de toute image ou symbole, qui ne voit, ne goûte, n'entend que la Présence, dans une sorte de relation directe, âme à âme, vie à vie, cœur à cœur, sans médiation, dans la plénitude d'un moment d'être.
Nous pourrions chaque jour aller réveiller ce sens intérieur, avec ce que nous sommes, ce que nous portons en nous comme des vases d'argile : nous centrer, nous recueillir en ce lieu du cœur, non plus pour « parler » à Dieu, mais pour être, sentir avec lui, en lui, par lui, être comme lui-même est, d'une pureté absolue.
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vendredi 24 juin 2016
Un arc-en-ciel dans vos pensées...
"La vie est fragile, à l'image de la rosée délicatement suspendue aux herbes, en gouttes de cristal qu'emporte la première brise du matin."
"Ce que l'on perçoit n'est en soi ni beau ni laid. Laideur et beauté ne sont que des projections mentales. Aucun être ou objet ne possède par lui-même la faculté de nous rendre joyeux ou triste. C'est ainsi qu'une même personne peut plaire à certains et déplaire à d'autres. À nouveau, c'est l'esprit, et lui seul, qui en est la cause."
"Lorsqu’un arc-en-ciel apparaît, lumineux dans le ciel, vous pouvez contempler ses belles couleurs, mais vous ne pouvez l’attraper et le porter comme un vêtement. L’arc-en-ciel naît de la conjonction de différents facteurs, mais rien en lui ne peut être saisi. Il en va de même pour les pensées. Elles se manifestent dans l’esprit, mais elles sont dépourvues de réalité tangible ou de solidité intrinsèque. Aucune raison logique ne justifie donc que les pensées, qui sont insubstantielles, disposent de tant de pouvoir sur vous, aucune raison pour que vous en soyez l’esclave."
Dilgo Khyentsé Rinpoché
(photo Matthieu Ricard)
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Prémonitions...avec Christiane Singer

Comment ne pas voir que chaque subside retiré à la culture et à l'éducation devra être multiplié par cent pour renflouer les services médicaux, l'aide sociale et la sécurité policière ?
Car sans connaissances, sans vision et sans fertilité imaginaire, toute société sombre tôt ou tard dans le non-sens et l'agression.
N'oublie pas les chevaux écumants du passé
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