lundi 16 mars 2015

Révérente couronne avec Christiane Singer


Quand j’étais enfant, je pratiquais régulièrement deux exercices. 
Il y en avait un qui consistait à m’incliner. J’apprenais à faire une révérence profonde. Je passais des heures à m’incliner et je me souviens de la joie que j’éprouvais quand vraiment j’étais entière dans cette révérence. Il se passait alors quelque chose qui était comme un spasme, un bonheur complet…

Le deuxième exercice consistait à sentir le poids d’une couronne sur ma tête. A Marseille, on dit de quelqu’un d’un peu prétentieux qu’ « il s’en croit ». Et moi, qui avais la sensation de porter une couronne invisible ! J’étais obligée de la porter même à l’école et je me disais que, si un jour quelqu’un la remarquait, je pourrais toujours la ranger dans mon cartable…

Cette sensation de royauté qui m’habitait n’avait vraiment rien à voir avec « s’en croire » ; c’était seulement le secret bien sûr, gardé de ma naissance, et c’est aussi le secret de la vôtre !
Ces deux sensations vont ensemble : la révérence et le port de la couronne, et elles sont restées dans la mémoire de mon corps. Je les retrouve en vieillissant… 
Ce secret qui nous est commun et qui est celui de notre royauté. 

Christiane Singer
Où cours-tu, ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?


Guide de Carême (7)

Du lundi 16 au mercredi 18 mars 


Choisissez de percevoir différemment les moments les plus difficiles aujourd'hui. Les journées comprennent parfois des situations tendues. En quoi suscitent-elles des découvertes et des avancées ? Que pourrait-elles laisser entrevoir ? Que pourraient-elles mettre à votre disposition comme ressources nouvelles ? Il ne s'agit pas de nier les difficultés ni de renoncer à faire valoir ses droits, mais de s'entraîner à voir aussi les conflits comme des occasions d'élargir son regard, de le renouveler. Nous vous invitons à cultiver de la gratitude pour les dons qui viennent des moments de combat. Le deuxième et troisième jour, vous pouvez aussi prendre un temps pour réfléchir sur cette attitude par rapport aux situations difficiles au début et à la fin de la journée.


dimanche 15 mars 2015

Pour cultiver la compassion... avec le prêtre Bernard Ugeux

La compassion est-elle une réponse à la violence ? L'expérience de Bernard Ugeux, prêtre, père blanc, anthropologue et théologien en mission en République démocratique du Congo (il vient de publier la Compassion, j'y crois, chez Bayard), engagé auprès des victimes de la guerre, nous éclaire.


Se laisser toucher, mais travailler sur ses émotions
« Je distingue trois façons de réagir. La contagion émotionnelle, ce sont les larmes qui nous viennent spontanément aux yeux face à quelqu'un qui pleure. Je pleure parce que l'autre pleure. Dans l'empathie, il y a déjà une première distance : je suis bien conscient que si je pleure, ce n'est pas sur moi, mais c'est parce que l'autre souffre. Dans la compassion, je vais plus loin : je ne me contente pas de plaindre la personne qui souffre, de m'apitoyer ou d'imaginer ce qu'elle a pu vivre, mais je suis dans un mouvement intérieur de tendresse et de bonté, un élan gratuit qui va vers l'autre et me fait agir. »

Rester dans une posture d'écoute aimante
« Au début, j'étais horrifié et déprimé devant ce que j'entendais, puis j'ai compris que je devais être capable de résonner à la souffrance de l'autre tout en gardant une distance. J'ai franchi une étape en acceptant de ne pas être le sauveur. Aujourd'hui, je comprends que celui qui souffre n'a pas tant besoin qu'on s'apitoie sur son sort ni même qu'on cherche une solution. La posture la plus juste, c'est une écoute aimante, qui montre à l'autre qu'il n'est pas souillé, pas coupable en dépit de ce qu'il ou elle a vécu. Un regard aimant qui libère de la honte, voilà l'attitude qui me paraît la plus compassionnelle. »

Croire que l'Esprit est à l'oeuvre aussi en l'autre
« Dans ma démarche chrétienne, je sais que l'Esprit est à l'oeuvre en moi et aussi dans la personne que je rencontre. Le soir, je dépose les choses les plus lourdes "dans le coeur de Dieu". Cela m'apaise. Ce n'est pas moi qui vais résoudre tous les problèmes. J'ai par contre à trouver l'attitude juste et à demander la lumière pour y arriver. À croire aussi que mon interlocuteur va recevoir une force de son côté. Chrétien ou non, c'est la gratuité qui est commune. Vouloir le bien de l'autre pour l'autre... simplement. »


Garder sa capacité d'indignation
« Depuis mon enfance, j'ai toujours eu ce sentiment d'injustice devant la réalité du tiers-monde. Je pensais : j'ai tout et ils n'ont rien, il faut partager. Aujourd'hui, lorsque je viens en Europe, j'essaye d'informer auprès des médias, de sensibiliser à ces guerres oubliées et à leurs vraies causes, en évoquant entre autres ces multinationales qui veulent s'approprier les terres et les richesses minières et utilisent des milices armées pour perpétrer la terreur et les assassinats. On ne peut en rester à l'empathie. La véritable compassion doit déboucher sur l'action : consoler et dénoncer. Pas seulement donner de l'argent pour soigner les victimes, mais agir pour qu'il n'y en ait plus, plus aucune jeune fille qui se fasse enlever en forêt comme esclave sexuelle... Tout petit, on peut déjà apprendre à respecter l'autre. En commençant par prêter son jouet à un autre, c'est le b.a.-ba de la compassion : partager ce à quoi l'on tient. »

Agir au-delà des règles
« Le Jésus ému aux entrailles devant la veuve qui pleure, ou pris aux tripes devant la foule affamée, n'a pas seulement pitié, il agit. Il s'adresse aux pharisiens et aux scribes, à tous les docteurs de la loi, en dénonçant leur attitude insupportable, le poids qu'ils font peser sur les gens. Il rompt les règles de la pureté, touche la femme qui perd son sang, mais en plus il dénonce ceux qui, en imposant ces règles, excluent les pauvres, les femmes, les lépreux. Il est prophétique dans la compassion comme dans la dénonciation. »


vendredi 13 mars 2015

Le cheminement vers soi avec Annick de Souzenelle



Extrait choisi de l'interview d'Annick de Souzenelle par Frédéric Lenoir
Prière et Vie
(13 min.)




jeudi 12 mars 2015

Guide de Carême (6)


Du jeudi 12 au samedi 14 mars 

Envoyer un courriel ou une carte postale à quelqu'un pour lui faire savoir que vous pensez à lui aujourd'hui. Commencez par vous arrêter deux minutes en vous demandant à qui vous aimeriez adresser ce message. Si aucun nom n’apparait, allez-vous promener cinq minutes, sans réfléchir, juste en demeurant disponible à ce qui se présente : l'air sur votre visage, les couleurs autour, le contact de vos pas sur le sol. Et maintenant à qui pensez-vous ? 

Rédigez votre courrier, sans vous sentir obligé d'écrire un texte long. Puis poursuivez votre journée sans rien attendre en retour, simplement contribuer à apporter de la reconnaissance autour de vous.


mercredi 11 mars 2015

Une nouvelle traversée... pour Florence Arthaud

30 ans de courses et de vie tumultueuse, de joies immenses, de terribles déceptions aussi, des naufrages, des victoires, de la passion, des joies, des rêves, de belles émotions, des images magnifiques dans la tête.

Dès l'âge de 17 ans, j'ai eu cet accident et j'ai été confrontée à tous ces jeunes quand j'étais à l'hôpital. Tous ces jeunes qui étaient beaucoup plus touchés que moi, ça fait prendre conscience de la précarité de la vie. Et la vie, je l'ai bien vécue. Par les deux bouts !

Je suis croyante et cela vaut mieux quand on navigue en solitaire… À qui d’autre parler dans les moments difficiles à la barre d’un bateau ? Je n’ai pas assez de courage ou de raison pour ne pas être croyante. Mon idole, c’est Jésus…




A voir aussi la vidéo interview de Florence Arthaud

mardi 10 mars 2015

lundi 9 mars 2015

Guide de Carême (5)


Du lundi 9 au mercredi 11 mars 

 Réfléchissez sur une chose importante que vous avez apprise en ce jour. Tout d'abord, prenez le temps de vous arrêter une minute en vous demandant quelle découverte vous avez réalisée depuis que vous vous êtes levé ce matin. Au choix : une petite ou une grande prise de conscience. Lorsque vous l'avez identifiée, prenez le temps de l'écrire sur un cahier ou simplement sur un post it que vous mettez ensuite dans une poche. Essayez de pratiquer cet exercice une fois en fin de matinée et une autre fois le soir. Le troisième jour, prenez le temps de relire vos découvertes et éprouver de la reconnaissance pour ce que la vie vous permet d’apprendre.


dimanche 8 mars 2015

La pauvreté évangélique selon François d'Assise

Pour le Poverello, la quête du dénuement vise à se dessaisir de soi pour mieux recevoir du Père. Extrait du message et de l'héritage du saint qui a inspiré le nouveau pape.

Recevez tout, ne possédez rien : c’est ainsi que l’on pourrait résumer la règle de saint François. Et surtout n’ayez pas la tentation de posséder ce que vous avez reçu. Sans cesse, reprenez ce travail de dépouillement. Né riche, François a appris la pauvreté des pauvres eux-mêmes. Des enfants, qui ne peuvent vivre sans leurs parents ; des lépreux, ces parias absolus qui, ne pouvant travailler, ne se nourrissent que de ce qu’on leur laisse. La leçon est simple : il n’est pas bon d’être pauvre ou malade - la maladie provoque la souffrance, et François lui-même n’a pas caché à la fin de sa vie qu’il souffrait beaucoup -, mais lorsqu'on est pauvre ou malade, on devient dépendant de l’amour d’autrui. La pauvreté a donc une valeur pédagogique : elle aide à réaliser que l’homme n’est pas autosuffisant, tentation de l’orgueil et de l’égoïsme, mais qu’au contraire il est fait pour aimer et pour être aimé.

La pauvreté de François est donc une pauvreté volontaire ou, tout au moins, acceptée. La pauvreté qui n’est pas volontaire est une grande souffrance ; elle peut détruire ; c’est pour cette raison qu’il faut libérer ceux qui s’en trouvent en quelque sorte les esclaves. François fait toujours passer les « vrais » pauvres, c’est-à-dire les victimes de la misère ou de la maladie, avant lui-même. Et s’il jeûne, c’est d’abord pour partager son pain. Chez le disciple de François, le souci des pauvres est constant. La charité a toujours fait partie de la vie des franciscains, religieux ou laïcs. Dans le malade, victime par excellence puisqu’on est toujours innocent de la maladie que l’on subit, le franciscain reconnaît le Christ souffrant, victime lui aussi.

Mais, pour être volontaire, cette pauvreté ne doit pas non plus devenir une course à la misère dont on voudrait se faire le champion. Saint Bonaventure a dénoncé cette sorte d’expertise de la pauvreté chez certains de ses frères. Dans son testament, François mentionne précisément l’habit qu’il assigne aux frères, un habit rustique, rapiécé autant qu’il le faudra, une tunique de travailleur ou de paysan. Humble, mais suffisante néanmoins. Car la véritable pauvreté n’est pas dans les extrêmes ; la pauvreté du corps n’est qu’un instrument ; la véritable pauvreté est dans l’attitude intérieure qui consiste à recevoir de Dieu, au fil des jours, ce qu’il donne ou ne donne pas, même l’inattendu. Accueilli un jour, rejeté le lendemain. Et ne pas se regarder soi-même, ni regarder ce que l’on a donné. Que donne donc la pauvreté ? Rien, sinon la confiance totale en Dieu. Et la confiance totale en Dieu donne la joie. 

Yves Combeau, dominicain, historien de formation et conseiller éditorial de l'émission le Jour du Seigneur


samedi 7 mars 2015

Interconnexions humaines


Quelques amis de Montréal ont voulu montrer, à quel point ‘une réelle connexion’ entre les êtres humains est importante. Ils ont donc organisé une expérience sociale : ils ont demandé à des inconnus de se regarder dans les yeux pendant une minute et ils ont filmé leurs réactions.
Les individus semblent vivre un moment assez fort, entre l'introspection, la création d'un lien unique, et l'envie de sourire face à cette situation amusante mais inhabituelle. 

« Quand on regarde quelqu'un dans les yeux, et que cette personne se trouve dans notre bulle, c'est très inconfortable comme situation. On se retrouve confronté à soi-même et la vulnérabilité ressort »




De nos jours, nous ne prenons jamais le temps de rentrer en relation avec les autres, ne serait-ce que par le regard. Sortons de notre monde virtuel, pour communiquer et s’apprécier RÉELLEMENT !



Source : Marc Guevremont via Huffingtonpost

vendredi 6 mars 2015

Guide de Carême (4)

Du jeudi 5 au samedi 7 mars

 Portez à votre esprit une personne pour qui vous éprouvez de la gratitude. Ce peut être un homme ou une femme que vous côtoyez régulièrement ou bien que vous n'avez pas vu depuis longtemps. Peut-être même ne l'avez-vous rencontré qu'une seule fois ? Vous pouvez aussi choisir une personnalité, mais pour laquelle vous ressentez de la reconnaissance pour son action, pour ce qu'elle est. Qu'importe, prenez le premier visage, le premier nom qui apparaît. Laissez remonter des propos qu'elle a pu prononcer. Essayez de la visualiser aussi comme si elle se trouvait près de vous. Notez ce qui se passe en vous lorsque vous agissez ainsi. Renouvelez cette attention plusieurs fois dans la journée.


Débarcadères