Affichage des articles dont le libellé est jeûne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est jeûne. Afficher tous les articles

dimanche 10 mars 2019

Quarante jours de joie et de grâce

 Avec Jésus poussé par l'Esprit au désert, entrons dans le temps du carême, le cœur joyeux, mais prêts à partir au combat, les yeux rivés sur le feu de Pâques.







Tu es une poussière aimée !
Illustration Juliette Léveillé
Mercredi dernier, le prêtre a tracé sur toi une petite croix avec des cendres. Par ce signe pénitentiel, tu t'es reconnu poussière, mais une poussière aimée. Pécheur, mais un pécheur pardonné. « Miséricordié » ! Te voici donc disposé à entrer dans l'itinéraire du carême. Et tu peux le faire le cœur joyeux et non pas affligé, car c'est un temps de grâce pour que, au bout de ta marche, tu puisses recevoir le feu de Pâques, en brûler et en rayonner autour de toi. Ne perds jamais de vue cet horizon !
Prépare-toi au combat
Entre dans le carême le cœur léger donc, confiant en la miséricorde divine, mais prêt à partir au combat. Regarde Jésus : après son baptême, le voici « conduit par l'Esprit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut mis à l'épreuve par le démon » (Luc 4, 1-2). Suivre Jésus pas à pas - et c'est bien l'idée du carême - implique de lutter personnellement contre le diable, qui ne manquera jamais de mettre des embûches sur ta route. Dans ces moments, saisis, avec Dieu, les armes de la foi : la prière, le partage et le jeûne.
Le meilleur jeûne
Quel est donc ce jeûne qui plaît à Dieu ? Écoute le pape François : « Jeûnez de mots offensants et transmettez seulement des mots doux et tendres. Jeûnez de colère et remplissez-vous de douceur et de patience. Jeûnez de soucis et ayez confiance en Dieu. Jeûnez d'égoïsme et équipez-vous de compassion pour les autres. Jeûnez de mots et équipez-vous de silence et de la disponibilité à écouter les autres. » À toi de jouer !
************

vendredi 18 mai 2018

"nous avons tous à revoir notre définition de la paix"

Mercredi 16 mai a été célébré la première journée internationale du vivre-ensemble en paix, une journée décrétée par l’ONU à l’initiative de la confrérie soufi Alawiyya

A l’approche du Ramadan, c’est également l’occasion d’évoquer la foi des musulmans et leur place dans la société française. Une place qu’occupe également le soufisme. "Le soufisme est une école ésotérique, qui enseigne l’intériorité. Comment vivre la religion en harmonie par la pratique extérieurement, mais aussi par une quête spirituelle à l’intérieur. Le soufi, c’est celui qui cherche le sens" explique le cheikh Khaled Bentounès, responsable spirituel de la confrérie soufi Alawiyya.

(interview par RCF :14 min.)

***

mardi 3 avril 2018

Après le carême, un bonheur renouvelé




© Julia Spiers pour La Vie



  • Envoyer par email
  • Version imprimable
« Le bonheur n'est pas le but mais le moyen de la vie », écrivait Paul Claudel. Ainsi, le bonheur n'est pas, ou pas seulement, un simple objectif existentiel, mais avant tout une ressource : une force pour affronter les adversités d'une vie humaine, et une intelligence pour en savourer les beautés. Nos capacités au bonheur se trouvent-elles accrues après le temps du carême ? Oui, si l'on réfléchit attentivement aux trois piliers qui constituent ce dernier – jeûne, don et prière –, tous trois de nature à profondément enrichir notre bonheur. 
Le jeûne, dont nous avons vu qu'il n'était pas une simple privation (de nourriture, d'alcool, de sucre, de temps d'écran...), mais une clarification de nos habitudes. Il nous permet de mieux comprendre comment certaines dépendances ont pu s'installer en nous, alors qu'elles ne correspondent ni à des besoins fondamentaux, ni à des aspirations spirituelles. Et de mieux comprendre ce dont nous avons vraiment besoin, ce qui nous nourrit véritablement. C'est ce que racontent toutes les personnes qui ont conduit un jeûne radical sur plusieurs jours : on découvre que la sensation de faim n'est pas si compliquée à surmonter, mais surtout qu'ensuite, on savoure beaucoup mieux le goût des aliments, et qu'on sait mieux ce qu'est la faim, parce qu'on s'est débarrassé de toutes ses fausses faims (manger parce que c'est l'heure, parce que ça sent bon, parce qu'on ne se sent pas en forme...). Le carême peut nous aider à choisir nos sources de bonheur : acheter et consommer ou savourer et partager ? Facilité ou exigence ? 
Car le bonheur ne rend pas mou et soumis, comme le croient les impuissants. Il est, au contraire, le constructeur de fortes charpentes, des bonnes révolutions, des progrès de l’âme. – Jean Giono, La chasse au bonheur
Le don, second pilier du carême, a été l'objet de nombreuses études scientifiques, qui aboutissent toutes aux mêmes conclusions : donner rend heureux, tout simplement. Cette vérité, qui échappe aux égoïstes inquiets, est une évidence pour les chercheurs et les altruistes. Et fonctionne d'ailleurs à double sens : se sentir heureux augmente aussi la tendance à aider, à donner, à partager, à se rapprocher d'autrui. Enfin, les théories de la neuroplasticité nous disent ceci : plus nous pratiquons un comportement, plus il a tendance à s'installer dans la durée. Avoir fait « l'effort » de donner davantage durant le carême va laisser une trace en nous, et nous aider à donner encore plus facilement et joyeusement à l'avenir. Et donc nous rendre plus profondément et authentiquement heureux. 
La prière, troisième pilier du carême, a également été étudiée dans ses rapports avec le bien-être psychologique : prier fait du bien à nos esprits et à nos corps. Bien évidemment, on ne prie pas pour cela : la prière est d'abord un acte de foi. Mais il est réconfortant et touchant de savoir, au-delà du lien qu'elle nous permet d'établir avec notre Dieu, combien elle nous est bénéfique. Parce qu'elle apaise nos angoisses, parce qu'elle donne du sens à nos souffrances, parce qu'elle nous aide à ouvrir les yeux sur les grâces du quotidien, parce qu'elle nous amène à cultiver l'espérance et la gratitude, la prière nous apporte davantage de bonheur, et un bonheur d'une qualité profonde, loin de toute forme de matérialisme ou d'égoïsme, mais ouvert sur l'humain, l'infini, et le divin. 
On parle parfois en psychologie de rémanence pour décrire la persistance de phénomènes dont les causes se sont interrompues. Il existe clairement un effet de rémanence aux efforts du carême : outre la persistance des habitudes modifiées, retrouvées, figure le renouveau de nos capacités au bonheur. Ainsi, le temps du carême peut nous aider non seulement à mieux vivre notre foi, mais aussi à mieux vivre notre vie. Qui s'en plaindra ?

Deux chemins

La philosophie grecque comme la science considèrent qu'il y a deux voies vers le bonheur : l'hédonisme et l'eudémonisme. L'hédonisme, c'est le bonheur par la répétition et la fréquence des émotions agréables. Cultiver des ressentis de bienveillance, de gratitude, de sérénité, savourer les petits plaisirs du quotidien, tout cela va accroître notre sentiment d'avoir une vie heureuse. L'eudémonisme, c'est le bonheur par le sens donné à nos actes et à nos choix existentiels : nos engagements religieux, caritatifs, associatifs, voire professionnels ou politiques, ne nous procurent pas forcément des émotions agréables. Mais sur la durée, ils sont indispensables au sentiment d'une vie heureuse. Nos engagements donnent un sens à notre bonheur et nos plaisirs lui offrent de l'énergie. Ne renonçons pas aux seconds, nous avons besoin d'eux. Mais n'oublions pas les premiers, pour que notre bonheur ne tourne pas à vide !


****

dimanche 25 février 2018

Jeûner, se remettre à l'écoute de son corps


Pendant le carême, Christophe André nous livre sa chronique sur la vie intérieure. Cette semaine, il nous explique comment, en s’abstenant de manger, on peut redécouvrir le plaisir de se nourrir.





« Jésus jeûna 40 jours et 40 nuits, après quoi il eut faim », nous raconte saint Matthieu dans son Évangile (4, 2). Mais cette fois, ce n’est pas un miracle : la plupart des êtres humains peuvent survivre à 40 jours de jeûne (à l’expresse condition de boire suffisamment). Toutes les traditions religieuses ont recommandé des périodes de jeûne. Et le jeûne est récemment revenu à la mode, à la fois pour des raisons médicales (il semble être bénéfique pour la santé) et psychologiques (dans nos sociétés de pléthore, il est un acte de résistance libérateur).
Le temps du carême est souvent associé à l’idée de jeûne. Mais de quel type de jeûne parle-t-on ? Et surtout dans quel esprit ? Le jeûne ne doit pas consister seulement en une restriction et une privation, mais doit plutôt représenter une manière de développer un nouveau rapport à la nourriture. Il ne s’agit pas, ou pas seulement, de se priver mais aussi de se recentrer, de moins manger, peut-être, mais surtout de mieux manger : savourer le bonheur que représente le pain quotidien, s’émerveiller et rendre grâce. On se propose alors d’habiter nos gestes différemment. Par exemple en prenant ses repas en pleine conscience, c’est-à-dire en se rendant vraiment présent à notre nourriture.
Souvent, nous ne ­nous mettons pas à table parce que nous avons vraiment faim, mais parce que c’est l’heure, parce que ça sent bon, parce qu’on s’ennuie...
Cela consiste à ne rien faire d’autre que se consacrer à son repas : ne pas lire, ni regarder la télé, ni écouter la radio, mais se centrer sur ce que nous mangeons. Bien mâcher, savourer, finir chaque bouchée avant de remplir à nouveau sa cuillère, prendre le temps d’écouter le message de notre estomac : “Stop” ou “encore” ? En prenant cette habitude, nous allons découvrir des tas de choses dans notre rapport à l’alimentation : souvent, nous ne ­nous mettons pas à table parce que nous avons vraiment faim, mais parce que c’est l’heure, parce que ça sent bon, parce qu’on s’ennuie, parce que cela nous permet de retrouver les autres... Nous pouvons aussi mieux comprendre pourquoi nous ingérons parfois trop : c’est le cas si nous prêtons trop attention au contenu de notre assiette (parce que c’est très bon ou parce qu’on se dit qu’il faut tout finir) et pas suffisamment à ce que ressent notre corps (il nous signale souvent qu’il est rassasié mais nous ne l’écoutons pas). Bien sûr, nous ne pouvons pas prendre tous nos repas ainsi… mais nous pouvons, de temps à autres, nous apercevoir que nous ingurgitons des quantités sans même nous en rendre compte.
Du coup, nous pouvons décider de régulièrement déguster un aliment, un plat ou tout un repas en pleine conscience : bouchée après bouchée, seul, sans distractions, sans discussion, en silence… Juste ressentir le goût des mets et aussi l’état de faim ou de satiété de notre corps, au fur et à mesure que le repas avance… C’est toute la différence qui existe entre simplement manger – avaler des aliments – et se nourrir : prendre conscience de toutes les grâces présentes derrière chacun des aliments qui nous sont offerts à chacun de nos repas.
En procédant ainsi, chaque jour du carême, ou lors de certains d’entre eux, nous allons redécouvrir le plaisir lié à la nourriture, redécouvrir la grâce que représentent le fait d’en disposer et le fait de se nourrir. Redécouvrir, finalement, les fondements simples pressentis par l’Ecclésiaste (9, 7) : « Va, mange ton pain dans la joie, et bois de bon cœur ton vin… »
Comment faire ?
Sur un plan « technique », il existe toutes sortes de jeûnes. Le jeûne total, dans lequel on ne mange rien, et l’on ne fait que boire des liquides, est réalisable par tout le monde, par exemple un jour par semaine. Le jeûne partiel consiste à manger moins, à s’assurer que l’on sort de table avec le sentiment qu’on aurait pu manger davantage : il s’avère plus adapté aux personnes inexpérimentées en la matière, et il peut être mené sur une durée plus longue. Enfin, le jeûne sélectif consiste en l’exclusion de certains aliments (viande, desserts, vin) : il peut être mis en place pour un temps plus long, par exemple le carême.
Sans danger pour la santé, au contraire, chacun de ces types de jeûne présente un intérêt sur le plan personnel et spirituel : on se débarrasse de certaines mauvaises habitudes liées à la nourriture (trop manger, trop vite), on retrouve une forme de liberté qui nous permet d’orienter nos pensées et nos énergies vers d’autres actions que les repas (les dialogues, le don, la prière).
source : La Vie
*****

samedi 17 février 2018

Jeûner pour s'ouvrir à l'Esprit

Pour préparer Pâques, le mensuel Prier vous ouvre chaque semaine à l'art de la prière. Première expérience spirituelle, le jeûne.





« Le jeûne est pour moi une expérience bouleversante. L'expérience que le Christ nous rejoint dans notre quotidien, d'une intimité qui change tout ce que l'on fait et la manière dont on voit le monde. Je marche moins vite. Je vis plus simplement. Plusieurs fois, j'ai vécu des réconciliations dans ma famille », témoigne Élisabeth Siewert, 50 ans, enseignante, qui vit chaque année durant le carême une expérience de jeûne au sein de sa paroisse du Chesnay. 

D'où cela vient-il ?

Cette pratique enracinée dans l'Ancien Testament est illustrée par Jésus durant ses 40 jours au désert (Matthieu 4, 2). Il invite par la suite ses disciples à jeûner « lorsque l'Époux leur aura été enlevé » (Matthieu 9, 15). Les premiers chrétiens s'abstenaient ainsi de nourriture le mercredi et le vendredi (en souvenir de la trahison de Juda et de la Passion du Christ), durant le carême et avant chaque eucharistie.

Pourquoi se priver ?

Si s'abstenir de télévision, par exemple, a un sens, cela vient après le jeûne alimentaire, avance Jean-Luc Souveton, prêtre à Saint-Étienne. « Vaincre la faim nous montre que "l'homme ne vit pas que de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu" (Matthieu 4, 4). On comprend que notre énergie vient aussi de l'intérieur. Physiquement, nous faisons appel aux réserves graisseuses pour que le corps fonctionne. Spirituellement, cela remet en cause notre quête inquiète de combler un vide intérieur. On découvre en soi non pas le vide, mais la vie. »

Ce que demande l'Église

L'Église catholique prescrit aux personnes en bonne santé de s'abstenir de viande tous les vendredis de carême et de jeûner le mercredi des Cendres ainsi que le Vendredi saint, c'est-à-dire de ne prendre qu'un seul repas sans viande ni alcool et une simple collation le soir. Elle demande également de se préparer à l'eucharistie en s'abstenant de nourriture, au moins une heure avant de communier. Pourquoi ne pas insister sur ce point cette année ? C'est une façon simple et puissante d'éveiller notre faim de Dieu et notre conscience de Celui qu'on va recevoir.

Quelle attitude intérieure ?

Dans la tradition chrétienne, jeûner n'est pas une fin en soi, mais un moyen spirituel de devenir « disciples et fils de Dieu ». Pour Jean-Luc Souveton : « De même que le Christ est tenté au désert, jeûner nous révèle les combats que nous devons mener pour nous libérer de notre soif de pouvoir, de notre orgueil... » Le jeûne est là pour favoriser une prière plus intense et un souci des autres qui se traduit notamment par l'aumône.

Une expérience paroissiale

Durant le carême, la paroisse organise un jeûne. Chaque soir pendant une semaine, les paroissiens se retrouvent pour un temps d'adoration suivi d'une tisane. Ils rapportent chez eux la miche de pain complet qui fera leur unique repas du lendemain. Durant toute la semaine, ils prient à partir de l'Évangile et des psaumes. « Cette expérience a rendu la paroisse plus fraternelle, témoigne Élisabeth Siewert. On prie les uns pour les autres, on découvre de nouveaux visages, qui osent témoigner de ce qu'ils vivent. Et le dernier soir, chacun apporte de quoi préparer la fête ! »

*****

lundi 12 février 2018

Christophe André : “Se dépouiller permet de se rapprocher de l’essentiel“ (2)

Comment être attentif à soi sans être autocentré ?
Par beaucoup d’aspects, notre société a tendance à nous rendre trop narcissiques. Les messages diffusés incitent les personnes à s’occuper d’elles, à être centrées sur elles, à se comparer aux autres pour rester dans la course. Ils leur susurrent aussi qu’elles ont beaucoup d’importance, de droits, que tout leur est dû. Or plus on est centré sur soi, sur ce que l’on nous doit, au détriment de ce que nous devons aux autres, plus on est malheureux. Sauf que la vie intérieure, ce n’est pas ça. L’intérêt pour soi relève plutôt de l’autobienveillance. Quand je suis en échec, plutôt que de tomber dans la dévalorisation de moi-même et l’autocritique, je gagne à me traiter comme je -traiterais mon meilleur ami. Je ne vais pas lui dire qu’il est minable et qu’il doit renoncer, mais : « Tu es malheureux, prends soin de toi, restaure-toi, essaie de comprendre ce qu’il s’est passé… » Ce regard sur soi bienveillant et exigeant amène à la prise de conscience que tout seul on n’est rien. La grande illusion serait en effet d’attribuer nos réussites à notre unique personne. Le déficit de vie intérieure peut ainsi aboutir à des égarements, où l’on va soit se surévaluer et négliger les autres, soit s’épuiser dans un altruisme névrotique et ne pas assez s’écouter. La fréquentation régulière de soi permet en somme de savoir où l’on en est dans sa vie.
Quels sont les signaux d’alarme ?
La culpabilité, l’inconfort émotionnel, la tristesse latente… Soit je me plonge en dedans de moi et m’interroge en profondeur sur ces maux et ma conduite de vie, soit je fuis davantage à l’extérieur, en buvant davantage, en me noyant dans le travail, en m’engouffrant dans les cinémas, en m’occupant toujours plus des autres… Prendre soin de sa vie intérieure permet de se maintenir en bon état de marche et d’être assez lucide sur ce que nous sommes.
Pour les chrétiens, le carême peut être le moment de s’interroger sur leur manière de vivre et d’agir, en cohérence avec leur foi. 
Cette entrée dans le carême 
est-elle justement un moment propice ?
Je vois cette période de 40 jours comme l’occasion d’un réajustement de nos valeurs, de notre foi, de nos convictions, dont le quotidien nous éloigne régulièrement. Le carême est l’occasion de faire un bilan assez prolongé, de resserrer un peu les boulons, de faire le choix de certaines contraintes fécondes ou résolutions, sans aller jusqu’à la souffrance. Pour les chrétiens, cela peut être le moment de s’interroger sur leur manière de vivre et d’agir, en cohérence avec leur foi. De prendre conscience de leurs petites et grandes dépendances qui les détournent de choses plus fondamentales.
Justement, peut-on être chrétien 
et passer à côté de sa vie intérieure ?
Si on n’est pas attentif à la cultiver, on passe à côté d’une partie du trésor de la foi. Un chrétien peut avoir de bonnes règles de vie et appartenir à une communauté tout en négligeant une vie de prière personnelle, laquelle ne consiste pas seulement à répéter des formules consacrées. À mes yeux, la prière doit commencer par un acte de présence à soi : on se pose, on prend conscience de l’état dans lequel on se trouve. Le carême peut être l’occasion de prier différemment : pas seulement plus, mais mieux, en essayant de voir plus fortement en nous ce qui nous éloigne de nos idéaux, mais aussi en prenant conscience de toutes les grâces reçues. Donnons-nous le temps, à l’exemple des moines et des moniales, qui, avant ou après les offices, goûtent au recueillement et à l’oraison. Cet ajustement entre vie intérieure et rituels nous mènera à une rencontre plus sincère et dépouillée à Dieu.
Et vous, comment vivez-vous le carême ?
Cela ne fait pas longtemps que ces questions m’interpellent. Je suis un chrétien sur le tard. Né dans une famille laïcarde et communiste, je suis arrivé à la religion par mon épouse et sa famille. Depuis quelques années, je les interroge sur la façon dont ils vivent le carême et j’essaie de m’y appliquer, très simplement. Cette année, par exemple, je vais essayer de ne pas boire d’alcool. J’espère que je ne serai pas invité chez des copains trop insistants ! Parfois aussi, j’ai la flemme de donner de l’argent aux SDF, mon porte-monnaie est au fond de mon sac, je n’ai pas envie de m’arrêter car il pleut… Alors je me dis que, durant cette période, je pourrais chaque matin mettre des pièces dans ma poche pour ne pas me dérober. Pour le chrétien que je suis, qui n’est pas dans une prière quotidienne, le carême pourra être l’occasion de prier quelques minutes après mon temps de méditation quotidien, auquel je suis pour le coup assidu. Ces 40 jours sont l’occasion de rectifier le cap et d’être, années après années, je l’espère, bonifié par les carêmes successifs. C’est d’ailleurs la découverte de la méditation qui m’a rapproché de la prière et c’est le jeûne laïc que je pratique qui m’a amené à mieux comprendre le jeûne chrétien : au-delà de la privation, il nous faire prendre conscience de notre chance de pouvoir nous nourrir chaque jour, mais nous aide aussi à nous dépouiller pour nous rapprocher de l’essentiel.
Pour le chrétien que je suis, qui n’est pas dans une prière quotidienne, le carême pourra être l’occasion de prier quelques minutes après mon temps de méditation quotidien.

*****

mardi 17 février 2015

Jeunons ensemble avec Matthieu Ricard


« Le bouddhisme a plutôt tendance à privilégier au jeûne – "Nyoung-Né", en tibétain –, la frugalité et le non-attachement à la nourriture, aux vêtements et aux biens matériels, en général. Il existe cependant une tradition, assez répandue chez les laïcs, mais aussi chez les moines et surtout chez les nonnes, qui consiste à jeûner en groupe pendant deux jours et à se placer dans une attitude de compassion envers tous les êtres en chantant des mantras. 
Cette pratique spirituelle a été initiée au XIe siècle par la nonne bouddhiste du Cachemire, Lakshmi. C'est après avoir eu une vision du bouddha de la compassion, Avalokiteshvara, doté de 1000 bras, 1000 yeux et 11 têtes, que l'ancienne lépreuse en formalisa les principes par écrit.

Beaucoup plus rare, la pratique yogique durant laquelle les méditants très avancés renoncent à la nourriture classique pour "se nourrir", dans leurs visualisations, de l'essence des éléments et de la nature : des fleurs, du ciel, des pierres... Personnellement, je n'ai fait cette expérience que deux fois, dont une en Thaïlande, pour accompagner un de mes frères malades. Mais après la tragédie de Charlie Hebdo, il me semble plus que jamais utile de rassembler toutes les religions autour d’une même cause, celle du respect mutuel, de la tolérance et de la bienveillance. 

En jeûnant collectivement, on met en exergue l'impérieuse nécessité de remédier aux inégalités sociales et d'instiller davantage de solidarité entre les populations, au-delà de l'émotion du moment. Une déclaration par l'action en faveur d'un altruisme durable. »


lundi 16 février 2015

Appel interreligieux au jeûne, à la prière et au partage contre la violence et la division

Du 7 au 14 mars.

Deux mois après les attentats survenus à Charlie Hebdo et à l’Hyper Casher de la porte de Vincennes, aux côtés des réponses nécessaires sur la sécurité, l’éducation, la prévention…, nous croyons qu’il y a un indispensable combat spirituel à mener contre toutes les divisions, qu’elles soient collectives, comme le terrorisme et le radicalisme, ou individuelles, au cœur même de notre être. Les religions, dans le cadre de l’espace laïc, peuvent apporter ces réponses particulières que sont le jeûne, la prière, le partage. Et ce, tous ensemble, ceux qui croient au ciel (chrétiens, musulmans, juifs, bouddhistes…), et ceux qui n’y croient pas.
Nous avons choisi le jeûne, la prière et le partage non seulement parce que ce sont des pratiques communes aux religions, mais aussi parce qu’elles peuvent unir tous les individus de bonne volonté.
Vous pouvez vous associer du 7 au 14 mars à cet appel :
● Individuellement, en vous engageant à jeûner chez vous le temps d’un repas le jour que vous aurez choisi (par exemple le mercredi ou le vendredi pour un chrétien ; le lundi ou le jeudi pour un musulman…).
● Collectivement, en organisant une rencontre interreligieuse (repas, prière…) dans votre communauté ou association, avec vos voisins (de toutes confessions), vos amis, en famille… en osant inviter des personnes de confessions différentes. Une manière de créer ensemble de nouveaux réseaux contre la violence et la division. 

Père Patrice Gourrier,
Mohammed Chirani,
Rabbin Avraham Weill,
Matthieu Ricard.

> Pour nous rejoindre :

Si vous acceptez de vous associer à cette initiative, votre nom sera inscrit sur une carte de France qui paraîtra dans La Vie.
Merci pour cela de répondre d'ici le 25 février, en précisant bien votre nom et votre ville, en écrivant à v.durand [arobase] lavie.fr

Voir l'article en entier


jeudi 17 juillet 2014

un jour où je me nourris de la relation aux autres et au monde...

La revue REFLETS adhère au « jeûne pour le climat» dont le but est de sensibiliser au changement climatique jusqu’au congrès mondial en décembre 2015. Pour –je cite- pousser les négociations onusiennes sur le climat à l’adoption d’un traité global, contraignant, ambitieux et juste lors de
«  Paris Climat 2015 ».  http://fastfortheclimate.org/fr/ 

Ce « jeûne pour le climat» est bien différant  des autres.
Jusqu’à présent, j’ai expérimenté le jeune occasionnellement dans un but de repos de la fonction digestive.  Pourquoi l’ai-je mis en veille ? – Pour découvrir qui je suis quand l’habitude alimentaire est bousculée. Qu’est-ce que cet apparent besoin de manger si ce n’est la peur de manquer ? Bien sûr,l’ego déploie des stratégies diverses pour faire croire que manger est indispensable. Cela va de la sensation de constriction de l’estomac, déclenchée au moment des heures de repas, à la tentative de mal de tête ou à une faiblesse physique parfaitement imaginaire.
L’amusement tendre devant cette inquiétude du petit moi suffit pour désamorcer ces processus. Quel plaisir de démasquer ce faux manque ! Quel bonheur d’être libre par rapport à cette obligation ronronnant !

Le ventre léger en nourriture matérielle laisse de la place pour la nourriture de lumière. Le dialogue intérieur, cette forme ultime de prière, où la question appelle une  réponse au-delà de l’intelligence, celle-ci est une nourriture immatérielle de réjouissance.
A digérer et à transformer en acte de re-union.

Mais le « jeûne pour le climat » est d’une autre nature. Ce n’est pas pour mon corps, ce n’est pas pour mon esprit, c’est pour les autres, C’est pour la terre. C’est pour la vie.
Que me dit « ce qui répond dedans » quand je lui demande qu’est-ce ce dérèglement climatique ?
C’est la somme de nos dérèglements intérieurs qui se manifeste au dehors.
Evidemment il faut faire attention à nos déchets, à notre empreinte carbone, à nos consommations alimentaires ou autres. Mais protéger la vie, c’est promouvoir l’être magnifique que tu peux être à la place de celui qui se contente de sous-vivre. Rempli de déchets d’aigreur,  pollué par les colères,ravalant ses jugements destructeurs, se noircissant comme le carbone de ses pensées malsaines, ne se supportant pas. Chacun pense du mal, se veut du mal,se fait du mal. Chacun n’a de cesse de se détruire entrainant dans ce désastre les autres qui ne me comprennent pas, la terre qui m’a mal accueilli et le ciel qui ne m’a pas aidé. Le monde est mon image. A l’image de chacun.

« Ce qui répond au-dedans »me dit que qu’en accueillant l’enfant omniprésent qui souffre et qui s’agite comme un pauvre diable mes yeux sur le monde changent. Un autre monde apparait,que nous souhaitons au fond nos poitrines. Le monde que nous voyons, le monde que nous habitons,  c’est le monde produit par nos cœurs.

Le « jeûne pour le climat » n’est ni une privation, ni une manifestation plus ou moins spectaculaire, c’est  l’occasion d’aller puiser à la source renouvelant toute chose.

http://fastfortheclimate.org/fr/ et aussi
http://chretiensunispourlaterre.wordpress.com/



mercredi 5 mars 2014

Une méthode de santé : le jeûne (2)... pour descendre en soi...



On l'appelle " mercredi des cendres " parce que l'on fait ce jour là le rite de l'imposition des cendres Les cendres que l'on utilise pour la célébration sont faites en brûlant les rameaux bénis au Dimanche des rameaux de l'année précédente. Le feu qui brûle les rameaux suggère le feu de l'amour qui doit réduire en cendre tout ce qui est péché. 

Le prêtre impose les cendres sur le front de ceux qui s'approchent de lui en disant "Convertis toi et crois à l'Évangile" ou bien "Souviens toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière". 
Le rite des cendres est un geste symbolique riche de significations. Il nous rappelle d'une part notre condition humaine : sur cette terre nous ne sommes que de passage. D'autre part, il exprime que nous sommes pécheurs, appelés à nous convertir et à distinguer dans notre vie ce qui est important et ce qui n'est que cendre et poussière. Beaucoup de chrétiens, même non pratiquants régulièrement, viennent recevoir les cendres car c'est un rite qui touche les cœurs.




Pour les catholiques, le mercredi des Cendres, lendemain du Mardi gras, est un jour de pénitence qui marque le début du Carême. Le terme pénitence peut se résumer en trois actions : la prière, l'aumône et le jeûne...



mardi 4 mars 2014

Une méthode de santé : le jeûne (1)


La période de carême approche.
Alors voici un documentaire pour bien traverser le désert du "surplus" par le jeûne.
Bon mardi gras !