* Voir la différence entre Rein et Rien 😉 car le rein ce n'est pas rien !
* Ici, c'est l'obscurité qui gagne (d'où le proverbe de ne pas prendre des vessies pour des lanternes)
Que l'eau vous porte !
* Voir la différence entre Rein et Rien 😉 car le rein ce n'est pas rien !
* Ici, c'est l'obscurité qui gagne (d'où le proverbe de ne pas prendre des vessies pour des lanternes)
Extraits de "Une théorie de tout" de Ken Wilber
Ce Soi profondément intérieur est témoin du monde extérieur, et il est également témoin de toutes vos pensées intérieures. Ce Regard est témoin de l'ego, est témoin du corps et est témoin du monde naturel. Tout cela défile « devant » ce Regard. Mais ce Regard ne peut pas lui-même être vu. Si vous voyez quelque chose, c'est seulement encore davantage d'objets. Ces objets sont précisément ce que n'est pas ce Regard, ce que n'est pas le Témoin.
Alors vous poursuivez votre examen : « Qui suis-je ? » « Qui est ou quel est ce Regard qui voit et qui ne peut pas lui-même être vu ? » Vous « reculez » simplement plus loin dans votre conscience et vous vous dés-identifiez de tous et chacun des objets que vous voyez ou pouvez voir.
Il en va de même du temps. L'Absolu peut être présent dans son intégralité en chaque point du temps à condition expresse qu'Il soit intemporel. (...)
Au vu de tout ce qui précède, il n'est pas difficile de comprendre que toutes les traditions métaphysiques aient proclamé universellement que l'Absolu est littéralement inaccessible. S'il était possible à une personne d'atteindre l'Absolu, cela signifierait qu'il y a eu déplacement d'un endroit où l'Absolu n'est pas jusqu’à un endroit ou Il est - or il n'est aucun point où Il n'est pas.
Essayez de vous ressentir vous-même maintenant – ayez vraiment l'impression d'être vous-même – et remarquez, ce moi est juste un autre objet dans la conscience. Ce n'est même pas un véritable sujet, même pas un véritable soi, ce n'est qu'un autre objet dans la conscience. Ce petit moi et ses pensées défilent devant vous exactement comme des nuages flottent et traversent le ciel. Et quel est le véritable vous qui est témoin de tout cela ? Qui observe votre petit moi objectif ? Qui est ou quel est cela ?
À mesure que vous remontez dans cette pure Subjectivité, ce pur Regard, vous ne le verrez plus comme un objet – vous ne pouvez pas le voir en tant qu'objet, parce que ce n'est pas un objet ! Ce n'est rien que vous puissiez voir. À la place, tandis que vous reposez calmement dans cette conscience qui observe – regardant le mental, le corps et la nature flotter devant vous –, vous pourriez commencer à remarquer que ce que vous ressentez en réalité est simplement une impression de liberté, une impression de libération, une impression de n'être liée à aucun des objets dont vous êtes le calme témoin. Vous ne voyez rien, vous reposez simplement dans cette vaste liberté.
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Désorientée par ces jours qui se font de plus en plus courts, j’attends patiemment l’arrivée de l’Avent qui m’orientera, en décembre, vers la lumière de Noël. En attendant de me laisser guider par ce phare, je suis invitée à vivre sans boussole le mystère de la mer, tantôt calme tantôt démontée, de la nuit. Elle vient me rappeler que ma vie est tissée de fils de toutes couleurs, du plus sombre au plus lumineux.
Croître en vérité
Si je parle de mer calme ou démontée, c’est que la nuit, pour moi, n’est pas faite d’air, de feu ou de terre, mais bien d’eau ! La nuit est froide et humide, comme l’est l’atmosphère pluvieuse de novembre. Elle m’offre la profondeur et l’obscurité de ses eaux, où je n’ai plus qu’à embarquer, à voguer, à plonger, à marcher, selon la visibilité des jours. Ces eaux ne conduisent pas à la mort ; au contraire, elles sont matricielles. Elles retiennent, pour façonner en elles, tout ce dont j’ai à faire le deuil : ce qui a disparu à tout jamais de ma vie, comme ce qui n’y est jamais apparu, faute d’avoir été attendu, désiré et accueilli.
Ce travail du deuil est vital : c’est lui qui me garde vivante, marchant éveillée et confiante sur mon chemin. Comme nous l’a dit Jésus, « tout ce qui n’est pas assumé n’est pas sauvé » : tout ce qui n’est pas aimé, pardonné, traversé, honoré n’est pas sauvé. Consacrer symboliquement un mois de l’année à la mer calme ou démontée de la nuit est donc essentiel pour croître en vérité. J’accepte alors de naviguer entre disparition et apparition. J’apprends à laisser partir dans les profondeurs ce qui est mort, et à faire remonter à la surface ce qui désire vivre et venir au jour pour connaître la pleine lumière.
Comment naviguer ainsi entre disparition et apparition ? En dansant dans la nuit ! Chaque novembre, je pose sur ma table de travail une photographie d’aurore boréale. Pour les Inuits, ces lumières du Grand Nord sont en effet les âmes des enfants non nés qui dansent dans la nuit polaire. N’ayant jamais quitté le ventre de leur mère, ils ne savent pas quitter celui de la Terre, et tambourinent ainsi à la porte du Ciel. Contempler cette image m’incite à ouvrir le ventre de la nuit pour délivrer ce qui cherche à mourir ou à naître. Elle me dit que je souffre moins du manque de lumière, que d’un manque de danse.
Assembler ce qui a disparu
Cette année, j’ai joint à la danse et à la musique, une eau florale de rose. J’ai appris en effet que les Mexicains répandent dans leur maison, lors de la fête des morts, des pétales de fleurs pour que leur parfum balise un chemin et guide ceux qui sont morts jusqu’à la table commune. Il est vrai que les vivants et les morts s’assemblent dans une même communion des saints.
Et n’est-ce pas cela la vocation vespérale de novembre ? Assembler à la nuit tombée ce qui a disparu à tout jamais et ce qui n’est jamais apparu, pour que ce mot « jamais » ne fasse plus obstacle au désir de vivre et à la joie du cœur. Un désir et une joie qui auront tout le temps de l’Avent pour dissiper la nuit et laisser naître le jour.
Charlotte Jousseaume est écrivaine. Elle anime des ateliers d’écriture et a publié Le silence est ma joie (Albin Michel), Quatuor mystique (Cerf), Et le miroir brûla (Cerf) et J’ai marché sur l’écume du ciel (Salvator).
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source : La vie novembre 2022
Aujourd'hui je n'ai rien fait.
Des oiseaux qui n'existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré le silence.
Ne rien faire
sauve parfois l'équilibre du monde,
en obtenant que quelque chose pèse
sur le plateau vide de la balance.
Roberto Juarroz - Treizième poésie verticale
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Henri Gougaud - Les sept plumes de l'aigle
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L'amour n'a pas de limites. Nos seules limites sont nos peurs.
As-tu peur d'aimer ? Qu'est-ce que l'amour pour toi ?![]() |
| Peinture de Maria Amaral |
![]() |
| Photo : Brook Peterson / Ocean Photographer de l'année 2022 |
Le marin doit traverser l'océan tant qu'il possède un bateau ; le général doit vaincre l'ennemi tant qu'il dispose d'une armée ; le pauvre doit traire la ‟ vache d'abondance ” tant qu'elle est à sa portée ; le voyageur qui veut atteindre des contrées lointaines doit poursuivre sa route tant qu'il dispose d'un excellent cheval.
Quant à vous, qui possédez temporairement une précieuse existence humaine et recevez les instructions d'un maître spirituel, incarnation de tous les bouddhas des trois temps, pensez avec joie et enthousiasme à parcourir la grande voie du Dharma suprême en vous rapprochant toujours plus du but ultime : l'Éveil et la libération.
Shabkar Tsogdruk Rangdrol
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Il y a par exemple certains courants de pensées qui causent une perte d'énergie et cela pourra vous prendre quelques années avant de le comprendre. Et il arrive souvent que des choses que vous considérez comme assez inoffensives, voire admirables, causent une perte d'énergie.
Maintenant, revenons-en brièvement à cet autre angle d'approche : ce qui crée de la force. C'est l'acte du rappel de soi qui crée de la force. L'ouverture de l'esprit à l’acte comme au sens du rappel de soi ; et avec cette ouverture , la distanciation qui prend place vis-à-vis des idées habituelles que nous nous faisons sur nous-mêmes, de nos petites émotions et considérations courantes. Voilà ce qui de fait crée de l'énergie. Donc, on économise de l'énergie par le moindre acte de non identification, parce que par la même on en prévient la perte, et on crée de l'énergie par le rappel de soi.
Et c'est seulement graduellement qu'on commence à voir. Comme certaines personnes sont impatientes en ce qui concerne le Travail ! Je suis parfois étonné de voir des gens s'attendre à atteindre rapidement des états qui demandent toute une vie de Travail.
Il y a à l'extérieur comme à l'intérieur quelque chose dont une personne doit tenter de se distancier. Qu'est-ce que cela veut dire, se distancier ? Si la vie nous prend notre énergie et nous maintient endormi, il est nécessaire de nous distancier d'au moins certains de ses pouvoirs sur nous.
Certaines personnes sont toujours énervées à propos d'une chose ou d'une autre, quelque chose qu'elles considèrent comme très mauvais. Mettons qu'elle soit énervées sur des sujets politiques, ou moraux, ou religieux, ou sanitaires, ou tout simplement toujours énervées à propos de quelque chose. Ces personnes perdent de l’énergie. C'est ainsi que la vie leur enlève de la force pour s'éveiller. Eux, cependant , pensent agir de manière juste. Or, ce n'est pas une bonne chose de penser mécaniquement. Quand vous avez l'impression que vous avez raison, vous pouvez être sûr que vous dormez.
Bien sûr, la vie nous vole de l'énergie de bien d'autres manières. Nous ne sommes pas importants dans le rayon de la création. Nous vivons sur ce qui n'est qu'un petit point dans la voie lactée … Oui nous sommes très petits. Mais nous avons une chance.
Il existe beaucoup de formes de rappel de soi. Mais toutes dépendent du sentiment qu'il y a autre chose, que cette vie sur cette planète assez catastrophique n'est pas explicable par elle-même. Il y a autre chose.
Il y a parfois des moments où nous sentons que l'avenir sera sûrement meilleur. Mais il y a deux sortes d'avenir : un avenir dans le temps et un avenir en terme d'échelle ; un avenir horizontal et un avenir vertical qui est toujours présent, juste au-dessus de notre état actuel.
Il y a bien des formes de rappel de soi. Il vous faut sortir de vos habitudes, sortir de votre perspective habituelle. Comme nous sommes différents à différents moments, le rappel de soi diffère selon les moments. Cela, « l’homme rusé » le sait. Il ne pratique pas toujours la même méthode. Agir ainsi serait encore mécanique. Or ce qui est mécanique est inutile du point de vue du Travail
L'homme rusé, pour ainsi dire, avance, puis recule , puis avances de nouveau etc. En tout cas; il expérimente. Il prend note de ce qui a pu être utile mais ne l'est plus et il invente de nouvelles manières.
Avant tout il nous faut réfléchir à la manière de pratiquer quotidiennement. Cherchez à sortir de vos habitudes. Chercher à laisser entrer en vous quelque chose qui ne peut pas pénétrer tant que vous lui faites obstacle. Pouvez-vous arrêter le bruit en vous-même ne serait-ce qu'un instant ? Pouvez-vous sortir du ressenti ordinaire que vous avez de vous-même ? Pouvez-vous, pour un instant devenir personne à vos propres yeux ? Ou, par contraste pouvez-vous éprouver l'intense réalité de ce que vous êtes ? Pouvez-vous ressentir le je dans tout ce que vous avez à faire, pendant un certain temps ?
Voilà différentes manières de vous rappeler vous-même. Il existe bien d'autres manières, mais essayer d'en découvrir une pour vous-même et habituez vous à son goût. Alors ,vous saurez plus distinctement quand vous êtes endormi.
Nous essayons de nous éveiller un autre niveau de l'existence. Nous croyons que là réside le véritable sens de notre existence. Mais pour nous éveiller, il nous faut avoir de la force. Tout ce que nous faisons consciemment demeure ; tout ce que nous faisons mécaniquement est perdu.
Aussi nous faut-il apprendre à vivre notre vie sans être dévoré par elle. Si vous vous identifiez à la vie et que vous lui donnez toute votre force ; vous ne pouvez pas vous éveiller ; tout comme cela vous est impossible si vous vous identifiez à vous-même.
Comme il se sentait riche, le jeune homme de l’Evangile, comme il s'identifiait à ce qu'il était , avec toutes ses vertus, ses talents, son excellence … Il lui a été dit qu'il devait aller vendre tout ce qu'il possédait avant de pouvoir s'éveiller. Il en a été très triste.
Réfléchissez à ce que cela signifierait pour vous de cesser de vous approprier tout ce que vous faites , tout ce que vous pensez être ; autrement dit, de vendre toutes vos possessions. Qui peut se représenter ce que cela signifie vraiment ?
Avez-vous déjà eu ne serait-ce qu'un aperçu de ce que cela signifierait dans votre rapport à vous-même ? Si oui, vous commencerez à réaliser où va votre énergie à chaque instant, comment elle est utilisée et pourquoi les gens sont endormis sans même le savoir.
Suite du feuilleton Maurice Nicoll …
Nicoll utilise en anglais le terme « force » que je choisis ici de traduire le plus souvent par « énergie," parfois par « force ». Comme pour les extraits précédents, j’effectue quelques coupes. Ce passage se trouve dans le volume 2 des Psychological Commentaires, pp 373-375)
La notion de force est une idée essentielle dans le Travail. Pour s'éveiller un être humain doit avoir de l'énergie : sans énergie (ou force) il ne peut pas s'éveiller. La notion de force peut-être mieux comprise si on l’étudie sous deux angles. Le Travail dit que l'être humain perd de l'énergie de bien des manières, qu'il mentionne ; qu'il gagne de l'énergie en travaillant sur lui-même ; et qu'il crée de l'énergie par l'acte du rappel de soi.
Considérons la perte d'énergie. Il nous est dit que nous ne pouvons commencer à nous éveiller qu’après beaucoup d'efforts et un long labeur, et que cela est dû au faite que la vie veut que nous demeurions endormis. Elle a ses propres raisons pour cela. Cela signifie que la vie nous empêche de conserver notre énergie, ou, pour le dire autrement, que la vie nous prend notre énergie.
Comme nous ne sommes rien d'autre qu'une masse d’habitudes, la vie forme très tôt en nous différentes habitudes, parfois très complexes, par lesquelles nous perdons de l’énergie. Ainsi, nous perdons de l'énergie mécaniquement , tout comme nous faisons tout mécaniquement.
C'est très difficile de voir comment nous perdons de l'énergie. Il nous faut nous considérer nous-mêmes à la lumière de cette nouvelle connaissance, échanger nos vieilles idées contre de nouvelles afin de réaliser ce qui se produit continuellement. Une personne peut perdre de l’énergie en un éclair simplement parce qu'elle éprouve une émotion négative.
Dans le travail, qui s'étend sur la durée, nous commençons à comprendre que nous faisons face a une masse d'habitude et que ces habitudes ne sont pas nous. C'est une expérience douloureuse et il est inutile de la tenter si nous ne sommes pas convaincus qu'il y a quelque chose à atteindre.
Maintenant, pour s'éveiller, tout ce qui va à l'encontre de la mécanicité peut aider. L'observation de soi est anti mécanique et doit prévaloir sur tout le reste.
Mais c'est dans la non identification que réside la clé principale pour prévenir la perte d'énergie. Tout acte de non identification économise de l'énergie. Je parle bien de l'énergie nécessaire à l’éveil.
Si nous nous identifions à tout, à l'extérieur comme à l’intérieur, nous ne pouvons pas avoir l'énergie nécessaire pour mettre en œuvre le travail ou le comprendre. Le travail demeure lointain tel un vague nuage. Au bout d'un moment on commence à remarquer qu'on est endormi. Autrement dit, on commence à remarquer qu'on a perdu de l'énergie. En même temps, on remarque que le travail et ses notions paraissent très éloignés. Quand on commence à disposer d'un tel baromètre, il devient possible d'étudier de manière plus détaillée ce qui précisément cause une perte d'énergie.
Bien que les causes de la perte d'énergie puissent être classées en catégories générales qui s'appliquent à tous, comme par exemple les états négatifs, chaque personne a en elle-même des causes particulières, lesquelles doivent être observées individuellement dans le plus grand détail et sur lesquelles il convient de réfléchir avec le plus grand soin à la lumière de la nouvelle compréhension donnée par le Travail. Faute de quoi il n'y a pas de sincérité vis-à-vis de soi-même. Or c'est seulement sur le fondement de la sincérité vis-à-vis de soi-même qu'il est possible d'édifier quoi que ce soit en nous-mêmes. Sans cette sincérité il ne ne saurait y avoir de centre de gravité établi par l'influence du travail, si bien que rien de ce qui procède du je réel ne nous atteindra.
Tout cela participe de la nécessité d'attribuer une valeur au Travail, nécessité dont il est souvent question. Si nous n'attribuons pas une réelle valeur au Travail, nous ne pouvons pas faire preuve de sincérité vis-à-vis de lui, pas plus que nous ne pouvons percevoir précisément la perte d'énergie en nous-mêmes. Une personne ne remarquera pas clairement qu'elle est endormie même si elle pourra remarquer que le Travail semble bien loin.
A suivre...