samedi 23 février 2019

Discernement




"Lorsque vous allez au supermarché, vous voyez tellement de choses - certaines que vous voulez et d'autres que vous ne voulez pas. Malgré cela, vous ne pourchassez pas le patron pour lui demander pourquoi il stocke des choses que vous ne souhaitez pas acheter. Vous vous concentrez simplement sur ce que vous êtes venu acheter. De la même façon, lorsque les différentes pensées arrivent, vous devez être alerte et conscient et utiliser votre discernement pour décider lesquelles sont utiles par rapport à la réalisation de votre objectif et lesquelles ne le sont pas." 

Extrait d'une réponse d'Amma à une question relative aux émotions négatives.

vendredi 22 février 2019

Un seul événement...


"La méditation zen est quelque chose de simple et de complexe à la fois, car elle consiste à regarder simplement tout ce qui se passe, y compris vos propres pensées et votre respiration sans faire aucun commentaire. Au bout d'un certain temps, toute pensée ou dialogue intérieur sur vous-même diminuent et finissent par disparaître ; vous découvrez alors qu'il n'existe pas d'autre "vous-même" qui soit distinct de tout ce qui se passe à la fois à l'extérieur et à l'intérieure de votre peau. Votre conscience, votre respiration et vos sentiments font partie du même processus que le vent, la croissance des arbres, le vrombissement des insectes, le flux de l'eau et la rumeur lointaine de la ville. Tout cela est un seul et unique "événement" aux multiples facettes, un instant présent perpétuel, sans passé ni futur, et vous en prenez conscience, fasciné et ravi comme un enfant qui jette des galets dans un ruisseau."

Allan Watts, Mémoire 


-------------------

jeudi 21 février 2019

mercredi 20 février 2019

Racines vivantes !




La vie de la terre est notre passé, et psychologiquement le serpent représente notre connexion avec le passé. Ce qui nous relie historiquement aux existences passées, aux forêts et aux cavernes primordiales, c'est une longue traîne, comme une queue psychique. D'une certaine façon, tout ça est magique, et mystérieux... Je ne connais pratiquement personne qui, ayant eu affaire à l'inconscient, n'ait pas croisé le chemin de ce serpent.

C.G. Jung. L'analyse des visions. Séminaire 1930-1934.
Peinture de C.G. Jung dans Le Livre Rouge.

mardi 19 février 2019

Le bug humain

Une chronique intéressante qui parle des hommes de cette planète... et aussi des femmes !
 
Le journaliste et docteur en neurosciences Sébastien Bolher nous explique pourquoi notre cerveau risque aujourd'hui de causer notre perte. Dans son essai, le Bug humain, publié chez Robert Laffont, il explique que les neurones en charge d'assurer notre survie ne sont jamais rassasiés et réclament toujours plus de nourriture, de sexe et de pouvoir. Ainsi, nous sommes 8 milliards d'êtres humains sur Terre à rechercher encore et toujours la croissance dans tous les domaines. 
Pour ce faire, notre espèce hyper-consommatrice surexploite la planète, modifie son écosystème... et se met gravement en péril. Comment se fait-il que, ayant conscience de ce danger, nous ne parvenions pas à réagir ? Peut-on résoudre ce bug et redevenir maîtres de notre destin ? 

Extrait de l'émission "La Tête au carré" (12 min.)

lundi 18 février 2019

Un exercice pour prendre contact...


 Je vous propose cette semaine de vous mettre en contact avec votre creux poplité !

Voici, tiré de mon livre-jeu "Les trois cheveux d'or", publié aux éditions du Souffle d'or, un exercice que je vous propose de pratiquer toute cette semaine. Laissez monter les sensations et les images... 



Pour en savoir plus sur ce point
**************

dimanche 17 février 2019

Couleurs intérieures

 La vie, c'est ce que nous en faisons, par ce que nous créons.
Et chaque création en nous demeure
----


--------

vendredi 15 février 2019

Matthieu Ricard en clown


Juste un recentrage à la télévision, c'est bon !



************

Nous... Ensemble


💕💓cliquez sur l'image pour l'agrandir 💓💕

Extrait des gardiens du fleuve - Livre d'artiste de Géry Lamarre et poème de Zéno Bianu

**********

mercredi 13 février 2019

HARA (fin)


Étant dans la pleine attention au souffle qui, de lui-même, va et vient, je suis dans l’attention au tout corps vivant dans son unité (Leib ; IchLeib) qui est le domaine du calme, du grand calme."

Je crois que c’est une des grandes erreurs de l’homme occidental lorsqu’il s’engage sur ce qu’on appelle en Orient et en Extrême-Orient une voie, un chemin de transformation : projeter et espérer la transformation légitimement souhaitée dans le futur. Il s’agit de reconnaître, dans l’immédiat, ce qui se présente à travers le senti et le ressenti sans nécessiter d’intervention intermédiaire. Et lorsqu’on reconnaît ces qualités d’être, le calme intérieur, la paix intérieure, qui ne sont pas dues au fait qu’on serait bouddhiste, chrétien ou athée, mais au simple fait que nous sommes tous des être humains, on a une bonne raison pour reprendre, le lendemain, l’exercice qui permet et favorise l’éveil à notre nature essentielle. 
Aujourd’hui, avec Graf Dürckheim, je peux dire que ce qui m’intéresse dans le zen est ce que cette tradition recèle d’universellement humain. 

Jacques Castermane a été élève et disciple de Graf Dürckheim de 1967 à sa mort en 1988. 
Il a fondé et enseigne au Centre Dürckheim, dans la Drôme.www.centre-dürckheim.com


"Lorsque l’ego est mis entre parenthèse, notre rapport au monde et à nous-même ne s’appuie plus sur un point de vue dualiste."

 Par notre égo la voie est barrée
 Nous voyons l’homme tendu entre deux pôles : son essence et son moi mondain. D’un côté se dresse son moi conditionné par l’espace et le temps, préoccupé de son bonheur et de sa sérénité. Face à cela s’érige l’essence, modalité par la-quelle une vie plus grande est présente en nous et nous cherche. Par notre moi, la voie vers cette essence est barrée. D’où l’exigence de lâcher prise des contre-actions qui s’opposent à cette essence vivante et l’entravent ; lâcher prise, à commencer par le corps (Leib). Le mouvement originel est toujours le lâcher-prise dans les épaules, se glisser en son bassin, se laisser devenir un avec le sol. Lâcher prise, des pieds à la tête, et parcourir ainsi le corps entier. Chaque fois que nous découvrons une tension restante, qui signifie une protection contre le monde, il importe de tout reprendre à zéro : se détendre et s’ouvrir, en coïncidence avec le don qu’est la respiration. 

Karlfried Graf Dürckheim

source : Regard bouddhiste (septembre 2018)

****

mardi 12 février 2019

HARA (4)


Un jour j’accompagne Graf Dürckheim lors d’une promenade dans la forêt qui jouxte sa petite maison. Marche en silence à l’écoute des sons, de l’eau du ruisseau qui coule, du vent dans les feuilles... Et voilà qu’il s’arrête, il brise le silence, il tend le bras et me pose la question « Jacques, qu’est-ce que vous voyez là ? » J’ai le temps de me dire « Mon Dieu, il voit de moins en moins, ce n’est pas possible... », et je réponds « Là, Graf Dürckheim, je vois un arbre ». En souriant, il me dit : « c’est curieux, là ou vous voyez un arbre, je vois un geste de la vie. » Quelle réponse ! Là où je voyais un objet, bien inscrit dans les catégories de la rai-son, de la pensée, le vieux sage de la Forêt-Noire voyait l’être de l’arbre ; ce que nous ne voyons pas habituellement. À l’instant même, je percevais ce qu’il nous disait régulièrement dans l’accompa-gnement de la méditation : « La vie n’est pas dans le vivant. Le vivant est la vie qui en ce moment se réalise selon l’ordre des choses ; Tao, Do ». 

Est-ce qu’il y a des exercices spécifiques pour ressentir cela ?

Oui. Se détendre ! On pourrait dire que le pre-mier geste, sur le chemin du hara, se résume à l’action de « se » détendre. Ce n’est pas de la relaxation. La relaxation concerne une part de notre anatomie « J’ai mal aux épaules, alors je vais essayer de détendre quelque chose : mes épaules. » Pour Dürckheim, c’était insupportable d’entendre ça. « Lorsque vous méditez, par exemple, il ne s’agit pas de chercher comment détendre les épaules ; il s’agit, en tant que personne, de se détendre dans les épaules. » Il ajoutait : « La moindre tension dans les épaules est l’expression du manque de confiance de l’homme entier. » Conséquence immédiate ? Cette manière de voir et de pratiquer l’exercice de la détente ouvre l’homme entier, et est perçu comme étant un geste de confiance de tout soi-même. 

Quel est le rapport entre la respiration et le hara ? 

L’exercice de base ici au centre Dürckheim est la méditation de pleine attention : Achtsamkeit meditation (qui est différente de la méditation de pleine conscience). Le premier exercice que je propose, n’est pas de se concentrer sur quelque chose, la respiration, mais de porter attention à cette expérience bouleversante : « Tiens, en ce moment — je inspire — et moi je n’y suis pour rien. Ah tiens, en ce moment — je expire — et moi je n’y suis pour rien ». Dans cette approche de l’acte de respirer, il n’y a plus de dualité sujet-objet (moi, n°1, et quelque chose, n°2, la respiration).
Expérience immédiate du tout UN ; expérience de l’unité primordiale. Je me retrouve comme l’enfant au berceau qui respire mais ne sait pas qu’il respire. On dit du maître de tir à l’arc qu’il ne sait pas qu’il tire... il tire ! Lorsque l’ego est mis entre parenthèse, notre rapport au monde et à nous-même ne s’appuie plus sur un point de vue dualiste. La culture du hara est un travail de déségocentration. Nous sommes conditionnés à opposer tout à tout ! Le corps à l’esprit, le jour à la nuit, la santé à la maladie, l’inspiration à l’expiration et, comme dans un art martial, l’attaquant à l’attaqué. 


La pratique de la méditation, la culture de hara, me permet de ne plus rester cristallisé dans ces illusions. Le jour et la nuit sont une seule et même réalité : un événement qui se présente dans cette apparence qu’on appelle le jour et dans cette apparence qu’on appelle la nuit. De même pour ce qu’on appelle le sou e vital, qui se présente dans cette apparence appelé l’inspiration et dans cette apparence appelée l’expiration.Arrêté par la beauté d’un arc en ciel, sortant d’un long silence, Graf Dürckheim me dit :« C’est curieux, nous parlons du rouge, du bleu, du jaune comme étant des couleurs différentes. Ce n’est pas faux, mais il importe de voir que ce qu’on appelle le bleu n’est pas 10% de la lumière ; le bleu est TOUTE la lumière, dans le langage du bleu ! » Il en est de même pour le corps que nous avons disséqué, fragmenté, en de multiples éléments et fonctions. Mais, l’acte de respirer n’est pas 10% de l’acte de vivre ; c’est le TOUT UN qu’est l’être, dans le langage de cet événement appelé le souffle. Étant dans la pleine attention au sou ffle qui, de lui-même, va et vient, je suis dans l’attention au tout corps vivant dans son unité (Leib ; IchLeib) qui est le domaine du calme, du grand calme ; expérience immédiate de la paix intérieure. 

Notre plus grande erreur est de pratiquer un exercice pour après. L’espérance que, après trois ans de pratique de la méditation, du tai chi, de l’aïkido ou du yoga... je ne serai plus le même, n’a pas de sens. Dogen, fondateur de l’école Soto Zen au 13e siècle, combattait cette illusion en posant régulièrement à ses moines cette question : « Si tu ne trouves pas le grand calme ici et en ce moment, tu le trouveras où, et tu le trouveras quand ? »
  
'On pourrait dire que le premier geste, sur le chemin du hara, se résume à l’action de « se » détendre.'

**********


lundi 11 février 2019

HARA (3)


Est-ce quelque chose qui est toujours là, et auquel on doit se reconnecter, en quelque sorte, ou bien est-ce quelque chose qu’il faut développer, comme on développerait un muscle par exemple ? 


Ce n’est pas un travail de construction de quoi que ce soit. Je peux me construire un biceps plus puissant que celui que j’ai en m’exerçant avec des haltères. J’agis sur cet objet qu’on appelle le bras, le muscle gonfle, et j’ai à ma dis-position une force que je ne possédais pas. Mais hara ce n’est pas une force de cet ordre-là, c’est la force qu’on est.
Hara, n’est pas de l’ordre du faire. L’acte de respirer n’est pas à faire. Chaque jour, au cours de la pratique de la méditation de pleine attention, je suis saisi par l’étonnement : En ce moment je inspire et « moi » je n’y suis pour rien ; en ce moment je expire et « moi » je n’y suis pour rien. C’est dans ce « je n’y suis pour rien » que je fais l’expérience d’être centré (hara). Expérience momentanée du calme intérieur, du silence intérieur. S’impose alors la question : comment faire, ou quoi faire, pour devenir celui que je découvre dans cette expérience. Je ne peux donner qu’une réponse à cette question : c’est une bonne raison pour reprendre l’exercice demain. 


Ce sont donc principalement les pensées qui font obstruction à l’expression de cette vitalité ? 

Je crois que les pensées ne font obstacle à rien. Au cours d’une sesshin, j’avais dit à un roshi, un maître japonais : « Comment puis-je faire pour ne plus penser ? J’ai l’impression que dans la pratique de la méditation, ou les autres exercices, la pensée est tellement souvent présente, obsédante... » Il m’a dit « Soyez heureux que vous pensiez encore. Si vous ne pensez plus, c’est que vous êtes mort. Mais ne vous attachez pas à vos pensées. » Il ne s’agit pas de crier haro sur les pensées, mais de se glisser dans le sentir. Le corps vivant est un champ de conscience à travers le sentir. Tout ce qui se présente à l’être humain, comme à l’animal, se présente à travers les sens. Il n’y a pas de sensation qui serait possible il y a 10 minutes ou dans 10 ans, c’est donc une plongée dans le moment présent, et hara c’est aussi ça : vivre le moment présent. Se glisser dans le sentir ! Pour Graf Dürckheim c’était vraiment un travail fondamental. Un jour il m’avait dit « vous savez, il y a deux approches du réel : notre approche habituelle du réel, c’est le concept, la pensée. L’homme occidental pense le réel comme étant un ensemble d’objets. » Entre parenthèses, l’homme occidental fait du hara un objet de la pensée, ou un objet qui serait quelque part dans le corps vivant.
Et il poursuit « Ce que j’ai appris pendant mon séjour au Japon, pendant une dizaine d’années dans le monde du zen, c’est que l’homme oriental voit le réel comme un ensemble de proces-sus, un événement. Tous les exercices que vous pratiquez ont pour but, au fond, de ne pas rester enfermé dans cette seule approche du réel, « la pensée », et de découvrir l’autre approche du réel, à travers « le sentir ».


'Tous les exercices que vous pratiquez ont pour but, au fond, de ne pas rester enfermé dans cette seule approche du réel, « la pensée », et de découvrir l’autre approche du réel, à travers « le sentir ».'

**********