jeudi 10 mai 2018

Les rivages de l'Ascension

...Ce courant ascendant de l'Ascension, je le ressens pour ma part avec une grande force sur les rivages en bord de mer. C'est assise en haut ou au pied des falaises, mes yeux contemplant l'horizon, que je ressens le plus vivement l'appel de l'infini. Comme si la terre ferme et la mer vague ne se rencontraient pas seulement pour faire rivage, mais qu'elles ouvraient, à leur point de rencontre et d'épousailles, le Ciel. Comme si elles s'épousaient toutes deux pour ouvrir une troisième dimension, celle du ciel infini.
Et s'il suffisait à chacun d'entre nous de trouver son rivage, sa montagne, sa pleine mer, son désert où « élever son cœur et le tourner vers le Seigneur » ? Notre monde, qui ne connaît plus que des bouts de ciel à des coins de rues, nous demande tellement de marcher à l'horizontal au fond des vallées sans chercher les sommets. Il nous demande tellement de faire, comme les hirondelles, rase-mottes, pour nous nourrir au ras du sol. Mais, comme les hirondelles, nous pouvons aussi, dès ici bas, nous laisser attirer par une nourriture céleste. Nous pouvons prendre goût au Ciel et laisser grandir en nous ce désir de nous élever un jour, pour vivre l'Ascension en toute plénitude.

Charlotte Jousseaume
 (source : La Vie)
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mercredi 9 mai 2018

Destin ou libre-arbitre ?

Cliquez sur les images pour les voir en plus grand (et avec la roulette pour les faire défiler):




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lundi 7 mai 2018

Dansez ! de Poumi Lescaut


Chaque page de ce livre est un trésor. Poumi Lescaut nous met en mouvement pour intéger la vie dans notre corps.

 Extrait :

... Si les pieds sont très ancrés dans la terre, cela permet un contact avec le centre vibratoire au-dessus de la tête. C’est le lien entre les deux qui met en unité. L’appui du talon injecte un courant jusqu au sommet du crâne et au delà vers l’infini, c’est une clé en danse pour donner force et précision à ce qui est exprimé. Appuyer dans les talons permettra d’ouvrir les bras, comme on ouvre le ciel. Si les pieds sont vifs, forts et conscients, cela change toute la façon de voir le monde. Tout passe par des pieds éveillés. Car tout part des pieds, le reste du corps est guidé par les pieds et 1'on va rechercher un envol enraciné...

Le fait de s’ancrer élève car cet ancrage donne l’impulsion au mouvement...

S ’enfoncer dans la terre comme les arbres pour y plonger nos racines très profondément permet d’y puiser la force tellurique. Si les jambes et les pieds sont puissamment ancrés dans le sol, la profondeur des racines accroît la stabilité intérieure qui rejoint celle de 1'arbre. Si l'on prend de la force dans la terre et dans le ciel, on est nourri de ces forces et on les laisse agir en nous. C’est une façon de danser qui recharge l’énergie au lieu de l’épuiser.

Le geste devient véritablement magique lorsque ce n’est plus toi qui fais mais la chose qui se fait à travers toi, te traverse, te porte, te soulève et tout cela part des pieds. C’est l’appui des pieds qui repousse le sol, un appui qui élance le corps vers le ciel et se laisse aspirer par la lumière - processus des végétaux et de tout le monde du vivant. Si les pieds sont comme des ventouses épousant le sol en une poussée vers le ciel, cela déclenche une ouverture vers le haut qui met tout le corps en vie.

Les pieds sont liés au bassin qui contrôle l’équilibre général : tout est lié, interdépendant. 
La confiance est restaurée par les pieds qui se posent comme des empreintes ancestrales, dans un sol plus sûr et en même temps relié aux étoiles. Les sensations de confiance et de stabilité sont salvatrices, elles génèrent une joie intérieure sans cause extérieure car ce sont tes pieds qui indiquent que tu sais ou tu vas...

Une poussée au-dedans comme une plante qui reçoit de l’eau fraîche et retrouve le chemin de l’élévation vers la lumière par les racines. Un mouvement se déroule depuis les pieds pour s’élever en une spirale d’énergie. La vivacité du pied dynamise tout le corps. Si les appuis ne sont pas suffisamment forts dans la terre, tout le reste du corps sera instable et le mouvement incertain. Un appui net des pieds donne une impulsion dans le haut du corps et les bras vidés de matière s’élèvent comme une gerbe... Pour déployer le corps, on appuie dans les racines. La qualité de présence des pieds est déterminante dans la présence à tout ce que l’on fait, un pied posé pleinement le sol peut même modifier notre façon d’être au monde, notre manière de l’appréhender. La vie qui est dans les pieds fait monter la vie jusqu’au delà de la tête, amenant en même temps détente et vivacité. Pas de vélocité sans détente.

Les pieds doivent devenir vifs et souples, aussi habiles que des mains. Les pieds conscients et fermes donnent une sorte d’autorité, de qualité d’affirmation au mouvement. C est en quelque sorte un antidote aux façons de marcher incertaines, comme marcher sur des œufs. Nous avons dit que ce sont les pieds qui indiquent que l'on sait où l'on va : c'est en appuyant nettement sur les pieds que  l'espace intérieur va se libérer.

La puissance de l’enracinement détermine toute la force de la présence.

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dimanche 6 mai 2018

4 conseils pour regarder du bon côté

1. Concentrez-vous sur la bonne part

Quand on traverse un accident, un drame, une épreuve, il y a toujours ce qu'on perd, mais aussi ce qu'on garde. Et même ce qu'on gagne. Allez voir de ce côté-là, sans pour autant occulter ce qui ne va pas et dont il faut prendre conscience au risque d'être dans le déni. Mais j'insiste : concentrez-vous sur l'autre part, la bonne part, et faites-la fructifier. Car de toute manière, vous ne pouvez pas changer le passé ni rembobiner la pellicule. Accueillez votre présent puis allez de l'avant !

2. Allez voir derrière les apparences

Cette attitude, qui devrait devenir réflexe, d'aller chercher les belles choses derrière les apparences parfois déroutantes ou sombres pour les faire fructifier ou les mettre en valeur s'applique aussi bien aux événements de notre vie qu'aux personnes que nous rencontrons. La grâce de mon métier est justement d'aller au-delà des apparences sociales, de langage, de culture ou de niveau de vie pour entrer en relation avec la personne en ce qu'elle a d'unique et de beau. Ce que Jésus fait dans l'Évangile !

3. Ne perdez pas votre part d'enfant

Je crois, finalement, que pour regarder du bon côté, il faut garder comme un trésor sa capacité d'émerveillement. Et comment s'émerveiller devant un paysage, un animal, un évènement ou, a fortiori, une personne si nous ne prenons pas le temps de contempler ? S'émerveiller et contempler : deux attitudes si naturelles à l'enfant que les adultes sont appelés à redécouvrir et à préserver.

4. Soyez attentif à l'amour

Dans la vie de tous les jours, tout est une question d'attention et d'amour, d'attention à l'amour. Le jour de mon accident, j'ai reçu de Dieu et de la vie un don extraordinaire, une grâce dont je vivais déjà, mais qui s'est comme démultipliée : le désir d'aimer les gens et d'oser leur faire partager, d'abondance de cœur, mon amour. Et ça change tout !
 Caroline Puig-Grenetier
(source : La Vie)
Vivre est un cadeau extraordinaire qui engage une grande responsabilité : celle d'aimer. Cette réalisatrice stéphanoise l'a compris dans sa chair, à 51 ans, à la suite d'un grave accident de cheval.

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vendredi 4 mai 2018

Pourquoi cet intérêt croissant pour la méditation ?


Il est vrai que le mot méditation séduit de plus en plus de personnes. La plupart se disent poussées par un malaise intérieur. L'homme occidental est enchaîné à une forme de vie dont le caractère effréné débouche sur ce qu'on appelle le « stress ». Suis-je né pour vivre stressé ?
De nombreux thérapeutes reconnaissent que cette maladie n'a pas pour cause une somme de conditions extérieures, mais l'absence ou le manque de contact de l'homme avec son propre être intérieur ; ce que les bouddhistes désignent comme étant la vraie nature de l'être humain. Le fait que l'être humain n'est plus en contact avec ce qu'il y a d'essentiel en lui est la cause de nombreux maux tels que l'agitation intérieure, un état d'être soucieux, l'insomnie, l'inquiétude latente, une peur souterraine.
L'individu est reconnu dans ce qu'il sait, ce qu'il peut et ce qu'il a, mais il est méconnu dans ce qu'il' EST.
Ce qu'il « est », c'est « l'homme-sujet » qui, afin de s'adapter aux exigences de la mondialisation, de l'augmentation du pouvoir d'achat, de la croissance est transformé en « homme-objet » dont la raison d'être (aux yeux de beaucoup de responsables d'entités de production et des actionnaires) est de fabriquer des objets, de les vendre et d'en acheter ! Aussi bien, l'homme-sujet étouffe, il suffoque.


Dans le mot méditation, il y a comme une promesse : r e s p i r e r !
N'est-il pas vrai que « Je respire, donc je suis ; je suis donc je respire ». A celui qui nie cette évidence je propose d'arrêter de respirer. Quant à cette évidence elle nous permet de concevoir pourquoi l'attention à l'acte de respirer est le fondement de l'exercice qu'est méditer.


La méditation, que j'enseigne et que je pratique depuis plus de quarante ans, donne au corps la place qui est la sienne : la première.
Quoi qu'un homme fasse ou sente, il le sent et le fait en tant que corps vivant (Leib, dans la langue allemande). Voici ce que dit Dürckheim : « Le corps n'est, sur le plan de la personne, ni un organisme physique détachable du sujet ni un instrument fonctionnant plus ou moins bien au service du moi profane. Il est la manière dont l'homme, en tant qu'être (Je suis), est là, dans le monde. Le corps que l'homme "est", est l'unité des attitudes et des gestes dans lesquels l'homme prend forme, et en tant que telle, se réalise ou se manque ».


Je suis corps ! Le tout corps vivant dans son unité est en deçà et au-delà des opposés corps et esprit, corps et âme. Le corps, c'est l'homme entier dans sa manière d'être au monde.

C'est sans doute la découverte le plus importante qu'il m'est arrivé de faire au cours de cette pratique régulière de la méditation de pleine attention : « Le tout corps vivant dans son unité est le domaine du calme, de la sérénité, de la paix intérieure. Alors que le mental est le domaine de l'agitation, du stress, de l'angoisse ».


Jacques Castermane

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jeudi 3 mai 2018

Philosophie du Yin Yang


Raphaël Enthoven explore le vaste continent de la sagesse chinoise 
avec le chercheur Alexis Lavis, et Chen Yi Rhe, maître d’art martial.


"Le monde est un vase sacré qui ne supporte pas qu'on s'en empare et qu'on s'en serve. Qui s'en sert le détruit ; qui s'en empare le perd", 
explique dans le Tao te king, Lao Tseu, le père du taoïsme.

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mercredi 2 mai 2018

Aie, mes Aïeux !


« Notre vie à chacun est un roman. Vous, moi, nous vivons prisonniers d’une invisible toile d’araignée dont nous sommes aussi l’un des maîtres d’œuvre. Si nous apprenions à notre troisième oreille, à notre troisième œil, à saisir, à mieux comprendre, à entendre, à voir ces répétitions et ces coïncidences, l’existence de chacun deviendrait plus claire, plus sensible à ce que nous sommes, à ce que nous devrions être. Ne pouvons-nous échapper à ces fils invisibles, à ces “triangulations”, à ces répétitions ?

Nous sommes finalement, d'une certaine façon, moins libres que nous le croyons. Pourtant, nous pouvons reconquérir notre liberté et sortir de la répétition, en comprenant ce qui se passe, en saisissant ces fils dans leur contexte et dans leur complexité. Nous pouvons enfin vivre ainsi " notre " vie, et non celle de nos parents ou grands-parents, ou d'un frère décédé, par exemple, et que nous " remplaçons ", à notre su ou insu... Ces liens complexes peuvent être vus, sentis ou pressentis, du moins partiellement, mais généralement on n'en parle pas : ils sont vécus dans l'indicible, l'impensé, le non-dit ou le secret.»

Anne Ancelin Schützenberger


Anne Ancelin Schützenberger, née le 29 mars 1919 à Moscou, et morte le 23 mars 2018 est une psychologue française, également psychothérapeute et professeur émérite à l'université Nice-Sophia-Antipolis, où elle a dirigé pendant une vingtaine d'années le laboratoire de psychologie sociale et clinique.

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mardi 1 mai 2018

L'amour... de soi.

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L’amour commence par nous. Ici, à notre propre égard. Posez ce livre. Éteignez la musique ou la télé, arrêtez-vous. Net. Stoppez tout à l’instant et, après quelques respirations profondes, demandez-vous à voix haute : « Que suis-je ? » Et observez. Soudainement vous allez vous rendre compte d’un mouvement de votre esprit qui va être de plus en plus fort ; c’est un besoin, un mouvement fondamental : celui de vous connaître. Ce mouvement est le début de l’amour. Il est là, dans cette envie de se connaître. Tout commence ici. Ensuite viendra l’envie de se réconcilier avec ce que vous êtes en vérité. Se réconcilier, c’est-à-dire comprendre : «Je suis  juste ainsi ; » Puis dans cette révélation, lâcher prise, ouvrir les mains. Dans une main ouverte, tout peut se poser. Tout peut advenir.

Aimer, c’est avant tout se recevoir tels que nous sommes. C’est en ce sens que l’amour commence par nous. Ouvrir grand les yeux sur ce que nous sommes et nous chérir comme une mère pourrait chérir son unique enfant. D’un amour qui n’est ni niais, ni superficiel, ni émotionnel. Une mère est douce, parfois dure. Mais aucune de ces formes ne manque d’amour.

L’amour recentre et donne un sens profond à notre existence ; il la leste en quelque sorte. Comment pourriez-vous vous épanouir dans une maison que vous ne connaissez ni n’aimez ? Impossible si vous ne connaissez pas le moindre de ses recoins. Et puis vous n’y inviteriez pas vos proches à séjourner ; vous tenteriez d’en masquer toutes les imperfections.


What Lies Between by Grazyna Perl
Se connaître, se percevoir tel que l’on est, chaque instant changeant, et se porter une attention aimante sont indispensables à notre existence. Sans cela, tout ce qui découle de nous est approximatif, superflu et, qui plus est, trompeur. L’acte le plus extraordinaire, l’action humanitaire la plus épatante peut être un leurre si nous ne sommes pas profondément ancré dans la connaissance - l’amour - de nous-même.

Qu’a-t-on à donner si l’on ne connaît ni ne vit pas cet amour en nous ? Qui ne s’aime pas profondément ne peut aimer tout court. S’il ne ressent pas ses fragilités, ses doutes, ses peurs tout aussi bien que sa beauté, sa grandeur et son immense complétude, comment pourrait-il percevoir l’autre tel qu’il est, sans le juger ni le réduire à une image, une projection, une apparence ? C’est pour cela que la quasi-totalité de nos mouvements vers les autres est maladroite et insuffisante. C’est pour cela aussi que tous nos efforts sont reçus de façon maladroite et insuffisante. 

Sans cet amour de soi, honnête et naturel, se creuse en nous un vide immense. Si ce vide s’installe en notre existence, les autres ne seront qu’un moyen de le combler, de meubler notre solitude et notre manque d’amour. Mais nous n’avons pas conscience de tout cela; nous croyons vraiment aimer. Nous croyons être altruistes et généreux, ouverts aux émotions sincères et à l’amour. Le plus souvent, nous ressemblons pourtant à des trapézistes maladroits ou peureux qui se suspendent au trapèze tout en gardant les pieds au sol. On sautille, on meut ses jambes : on croit danser... et l’on se contente de cette pâle imitation. Comme lorsque l’on affronte la question « que suis-je ? », aimer demande de se lancer dans l’inconnu, de se jeter dans le vide sans filet. Il s’agit d’ouvrir l’espace de l’expérience ; d’être capable de recevoir tout ce qui advient, sachant que tout peut advenir. De croire en soi, de se laisser grandir. De laisser l’amour s’exprimer.

Grazyna Perl 
"Quand la fleur se fane, où s'en va son parfum ?" 

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lundi 30 avril 2018

Rencontre avec Annick de Souzenelle


Le corps a un langage par lequel il exprime sa jouissance et ses souffrances, mais il est aussi lui-même un langage en soi, un "livre de chair". Apprendre à lire le corps, c'est être attentif à son dessin, savoir décrypter les formes du labyrinthe anatomique ; c'est aussi entendre ce que nous disent les grands mythes de l'humanité sur la nature et la fonction subtile de chacun des organes ; c'est enfin, nous dit Annick de Souzenelle, redécouvrir l'Arbre des kabbalistes, car si l'homme est "créé à l'image de Dieu", l'image de son corps doit être lue comme le reflet terrestre de cet "Arbre de Vie" dont nous parle la tradition de la Kabbale. 

Dans ses ouvrages, la théologienne Annick de Souzenelle met l'accent sur la vocation divine de l'homme, inscrit dans une voie spirituelle exigeante et joyeuse.


 
Bio express
Ancienne infirmière et psychothérapeute, Annick de Souzenelle est l'auteure d'une œuvre inspirée qui repose sur sa foi chrétienne orthodoxe et sur la lecture de la Bible à partir de la symbolique des lettres hébraïques et de la psychologie jungienne. Elle a également fondé, avec Agnès Desanges, l'Institut d'anthropologie spirituelle, à Angers, où elle transmet son enseignement.



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