dimanche 10 août 2025

Réduire le sauvage

 


« Seul dans le silence, je comprends un instant l’effroi que beaucoup éprouvent en présence du désert primordial, la peur inconsciente qui les pousse à domestiquer, altérer ou détruire ce qu’ils ne peuvent pas comprendre, à réduire le sauvage et le préhumain à des dimensions humaines.

Tout plutôt que d’affronter directement le préhumain, l’autre monde qui n’effraie pas par le danger ni l’hostilité, mais par quelque chose de pire : son implacable indifférence »

Edward Abbey, Désert solitaire.

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samedi 9 août 2025

Choix libre

 

"Il dépend de vous de progresser toujours plus avant dans la voie du bien. Même si votre route est semée d'obstacles qui vous font trébucher, vous pouvez vous relever. Évidemment, il vaut mieux ne pas tomber, et pour cela vous devez sans cesse prêter l'oreille à votre voix intérieure afin de ne pas faire un mauvais choix car, une fois le choix fait, vous devrez en assumer les conséquences jusqu'au bout.

Une image : si vous êtes monté sur le toit d'une maison, vous êtes libre de redescendre par l'échelle ou de vous jeter dans le vide. Si vous décidez de sauter, vous êtes immédiatement saisi par la loi de la pesanteur et vous allez vous écraser sur le sol. Vous n'êtes libre qu'avant de vous jeter dans le vide ; ensuite, c'est fini, vous tombez. Bien sûr, si vous avez pris une mauvaise décision et que vous dégringolez, vous pourrez vous relever. Mais combien d'efforts devrez-vous faire à nouveau ! Alors, prenez bien conscience que votre liberté est d'abord dans votre choix."

Omraam Mikhaël Aïvanhov

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vendredi 8 août 2025

Pourquoi

 

pourquoi
suis je impuissant
à le nourrir
de ma besace
gorgée de merveilles
pourquoi
mord il ma main ouverte
je n’en sais rien
n’en saurai jamais rien
et le sais
pourtant
chaque soir
je dresse la table
enfile
mon habit de réception
prêt à régaler mes convives
car il en est qui parfois viennent
il en est
qui parfois s’assoient
et prennent part
aux agapes
pourquoi eux
et pas les autres ?
(extrait d'un poème du recueil"Dernière Pluie" )
Gilles Farcet

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jeudi 7 août 2025

L'essentiel noyau

 L’essentiel est là où nous l’avons laissé !

Si nous ne savions pas ce que sont les tragédies propres à l'être humain, il nous suffit d'écouter — entre deux publicités — les informations proposées en boucle par les médias.

De quoi nourrir l'angoisse et les états qui l'accompagnent pour le reste de la journée. Il y a de quoi se demander si notre existence a un sens ? À cette question, Graf Dürckheim répond ainsi : « Autres que les tragédies humaines du passé, du présent ou de l'avenir qui nous émeuvent, nombreuses sont aujourd'hui les personnes qui ont l'intuition ou pressentent par-delà l'espace et le temps un noyau secret. Un noyau secret qui peut donner sens à notre existence dans le monde tel qu'il est sans attendre qu'il change. Ce noyau secret est ce que le maître Zen désigne comme étant notre vraie nature et que j'appelle notre être essentiel. »

L'essentiel ! Qu'est-ce que c'est ça ? Les réponses, lorsqu'elles sont proposées par un philosophe, un psychanalyste, un scientifique ou un membre du clergé, divergent grandement.

Si l'essentiel est invisible je ne le verrai jamais ; si l'essentiel est indicible, incommunicable, à quoi bon chercher à le décrire ; si l'essentiel est métaphysique, transcendant et donc abstrait du réel, il va prendre place dans un credo que chacun est en droit de renier.

…Où trouver notre être essentiel ?

« Là où nous l'avons laissé... là où il nous attend. » répond Graf Dürckheim.

La voie qui prépare les conditions qui permettent et favorisent la dé-couverte de notre être essentiel est un chemin d'expérience et d'exercice. L'exercice qui vous est proposé au Centre Dürckheim s'appelle "zazen".

Zazen c'est attendre ... sans rien attendre ... ce qui en réalité nous attend !

C'est en pratiquant l'exercice appelé zazen qu'un beau jour, assis dans l'absolue immobilité et ne faisant rien d'autre que faire face à ce à quoi je fais face, c'est dévoilé une vérité inéluctable : Je inspire et moi je n'y suis pour rien ; je expire et moi je n'y suis pour rien!

Une évidence éclatait sous mes yeux : Je suis et moi je n'y suis pour rien ! L'essentiel se révélait dans la présence de l'INFAISABLE.

L'infaisable ? Ce n'est pas une vérité conceptuelle, c'est la vérité vraie.

L'infaisable s'offre à la sensation. Aussi vraie que celle qu'on éprouve lorsque on plonge malencontreusement la main dans l'eau bouillante. Personne ne pourra vous dire que ce que vous sentez n'est que subjectif. C'est une expérience qui s'impose à vous en tant que sujet.

Je réalisais que c'est en se glissant de la logique de l’entendement dans la logique du sensible que l'homme s’éveille au fondement de lui-même : sa propre essence.

Ce qui m'a bouleversé est qu'au moment même où j'épouse l'infaisable, ma manière d'être au monde se transforme instantanément.

"Si vous pratiquez vraiment zazen le corps prend la forme du calme".

Le calme ! Il ne s'agit pas d'un calme qui n'est que le contraire de l'agitation. Il s'agit du grand calme inné, qui atteste et confirme l'absence de la moindre agitation.

Ce grand calme est le symptôme de notre état de santé fondamental. Où trouver ce grand calme apaisant ? Là où nous l'avons laissé... là où il nous attend. Dans le corps que nous sommes – dès ce moment mystérieux qu'est la fécondation – et que nous devenons tout au long de la gestation et au cours des premiers mois qui suivent la naissance physiologique.

« La métaphysique des bébés est la seule qui ne trahisse ni la terre, ni le ciel » écrit Christian Bobin. Et il ajoute : « Les bébés sont les grands sages. Le vrai savoir est dans leurs yeux. (...) C'est le visage même de la sagesse qui n'est pas un visage de savoir. (...)

Une de leurs grandes vertus est de ne pas être aveuglés par un savoir. Ils regardent sans morale, sans philosophie, sans religion, sans aucune précaution. Il n'y a aucune distance entre leurs yeux et Dieu ou les anges. Ou les atomes de l'air si l'on ne croit pas en Dieu ou aux anges. Les bébés sont à une cloison de riz de la vérité. »

Michiko Nojiri, maître dans l'art qu'est la cérémonie du thé commençait ses leçons par le pratique de zazen. Son introduction à l'exercice était toujours le même « Pratiquer zazen c'est être assis comme un bébé est allongé dans son berceau. »

Jacques Castermane

* Christian Bobin : Le plâtrier siffleur, p. 11-12 – éd. Poesis

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mercredi 6 août 2025

Les portes...

 


Qu’est-ce que la vie, si ce n’est une succession de portes à franchir?

D’abord celles de l’enfance, des multiples étapes de la croissance physique, celles de l’empilage successif et programmé des connaissances, celles de la découverte des émotions, chaque année d’âge marquant la validation d’une porte franchie.

Jeune adulte, nous croyons avoir triomphé de toutes les portes et nous voilà prêts à conquérir le monde ou au contraire, à nous ranger sagement dans le moule que la société dans laquelle nous vivons nous propose...ou nous impose.

Pourtant encore de nombreuses portes à passer, celles de l’amour partagé, celles du choix d’être parent ou pas, celles de la réussite dite professionnelle et bien d’autres.

Les années passent, d’autres étapes et d’autres portes se franchissent dans la joie ou la douleur et le plus souvent dans la joie et la douleur.

Alors nous réalisons que, certes nous avons servi notre famille, la société, le formatage en vigueur, nos personnalités exacerbées, mais que souvent nous avons laissé l’essentiel sur le bord de nos chemins, ce germe précieux et sacré qui trouvait encore son expression dans nos rêves d’enfants.

Ainsi commence une nouvelle succession de portes à franchir pour détricoter ces cottes de mailles que la vie nous a fait endosser pour nous protéger de tout et de rien et nous éloigner de l’Être précieux et invulnérable que nous sommes véritablement.

Ces portes sont variées, de plus en plus petites et mystérieuses jusqu’à devenir de pures allégories, car derrière, ce n’est plus un être tangible que nous découvrons, mais l’écrin de la Vie sacrée et infinie...

Elisabeth Kuhn

peinture: Claude Monet 1840-1926 - Les portes du jardin 1881

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mardi 5 août 2025

Nature véritable !

 "Lorsque les vagues des pensées

N'affectent pas plus la sérénité de l'esprit

Que les nuages n'altèrent le ciel,

Advient alors la libération des pensées

dans leur nature véritable."

- Mipham Rinpotché, Un demi-siècle dans l'Himalaya. 


Un moine tibétain contemple la vallée du Khumbu depuis un rocher surplombant le monastère de Thangboche.

Obtenir du beurre à partir du lait n'est possible que parce que le lait contient déjà de la crème, mais personne n'a jamais fait du beurre en barattant de l'eau. L'orpailleur cherche l'or parmi les minéraux et non parmi des copeaux de bois. De même, s'efforcer d'atteindre le pur et parfait Éveil n'a de sens que parce que la nature éveillée est déjà présente en chaque être. Sans cette nature, tout effort serait futile.


JAMGÖN KONGTRUL LODRÖ THAYE (1813-1899)


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lundi 4 août 2025

Ressources

 Voici des citations tirées de la BD "Ressources - un défi pour l'humanité " de Philippe Bihouix et Vincent Perriot.


"Qu'est-ce que la vie ?

C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit, c'est le souffle d'un bison en hiver. C'est la petite ombre qui court dans I'herbe et se perd au coucher du soleil."

Dernières paroles d'Issapoomahksika (Crowfoot, 1830-1890), chef amérindien de la nation siksika

"Ôtez à la vie les joies naturelles pour les remplacer par des joies artificielles et l'avenir ne sera plus qu'un écran vide ." 

Gina Lombroso (1872 - 1944)


"Nous payons tous cette nouvelle folie de l'homme, la publicité, avec ses bruits haïssables, ses lumières dévergondées, ses proportions insolentes, ses injonctions cyniques, ses intrusions et ses obsessions...
Georges Duhamel (1884 -1966)

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dimanche 3 août 2025

Aveugle du coeur


 Un homme, brave et impétueux comme un lion, fut épris d’une femme durant cinq années. Cette belle portait pourtant une légère taie à l’œil, perceptible à quiconque l’observait attentivement. Mais cet homme, bien qu’il contemplât souvent sa bien-aimée, ne s’en apercevait pas.

Comment, en effet, aurait-il pu distinguer ce défaut, lui dont l’âme était entièrement absorbée par un amour aussi ardent ?

Cependant, son amour finit par s’éteindre — un remède avait guéri cette passion.

Lorsque les flammes de l’amour s’affaiblirent en son cœur, il retrouva la maîtrise de lui-même. C’est alors qu’il remarqua la tache à l’œil de sa compagne, et lui demanda :

— D’où vient cette blancheur ? Était-elle là auparavant ?

Elle répondit avec douceur et lucidité :

— Dès l’instant où ton amour a diminué, mon œil a commencé à révéler son défaut.

Lorsque ton regard est devenu défaillant d’amour, mon œil est devenu imparfait à tes yeux.

Tu as troublé ton cœur par l’aversion qui t’habite désormais. Mais regarde donc, ô aveugle du cœur, tes propres manquements !

Jusqu’à quand continueras-tu à scruter les défauts des autres ? Préoccupe-toi plutôt de ceux que tu caches soigneusement.

Lorsque tes fautes te pèseront véritablement, tu ne prêteras plus attention à celles d’autrui.

— Farîd-ud-dîn ‘Attâr

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samedi 2 août 2025

Arbre de lumière

 

" Sans doute l'avez-vous remarqué : notre attente - d'un amour, d'un printemps, d'un repos - est toujours comblée par surprise. comme si ce que nous espérions était toujours inespéré. Comme si la vraie formule d'attendre était celle-ci : ne rien prévoir - sinon l'imprévisible. Ne rien attendre sinon l'inattendu.

Ce savoir là me vient de loin. Ce savoir qui n'est pas un savoir, mais une confiance, un murmure, une chanson. Il me vient du seul maître que j'aie jamais eu : un arbre. Tous les arbres dans le soir frémissant. Ils m'instruisent par leur manière d'accueillir chaque instant comme une bonne fortune. L'amertume d'une pluie, la démence d'un soleil : tout leur est nourriture. Ils n'ont souci de rien et surtout pas d'un sens. Ils attendent d'une attente radieuse et tremblée. Infinie. Le monde entier repose sur eux. Le monde entier repose sur nous . Il dépend de nous qu'il s'éteigne, qu'il s'enflamme . Il dépend d'un grain de silence, d'une poussière d'or - de la ferveur de notre attente. Une arbre éblouissant de vert, un visage inondé de lumière.

Cela suffit bien pour chaque jour. c'est même beaucoup."

Christian Bobin - Éloge du rien

peinture: Cuno Amiet 1868-1961

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vendredi 1 août 2025

Aimer


aimer ceux que l’on aime les aimer
comme on les aime
ne suffit pas
car notre amour cet amour si sincère cet amour-là
regorge de trous de recoins négligés de zones mortes
c’est pourquoi il faut les aimer d’un tout autre amour
d’un amour implacable qui ne fait pas de quartiers
d’un amour terrible
qui ne fait pas de sentiments
d’un amour inconnu
de cet amour parfait
dont nous sommes incapables
Gilles Farcet (un poème entre deux concerts ...)

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jeudi 31 juillet 2025

Soleil et Lune, Clarté...

 LA SIGNIFICATION SPIRITUELLE DES CARACTÈRES CHINOIS — LE SOLEIL「日」ET LA LUNE「月」— LUMIÈRE「明」— CHANGEMENT「易」— YANG「陽」

Le caractère ming「明」 est composé des symboles du soleil「日」, à gauche, et de la lune「月」, à droite. Le dicton chinois « Soleil et lune, clarté » désigne précisément le caractère ming「明」. Ming signifie clarté, brillance. Le caractère guang「光」 désigne la luminosité d’une lumière. Ming indique la clarté ou la brillance de l’esprit, l’intelligence et la vertu d’une personne, et se rapporte également à la compréhension.
— Alfred Huang, commentaire de l’hexagramme #36 L’Obscurcissement de la Lumière「明夷」
> L’être humain a tout en lui. J’ai en moi le soleil, la lune, Dieu. Je suis — toute la vie dans sa totalité.
— Gurdjieff, maître du Quatrième Chemin, XXe siècle
L’un des noms du Singe, personnage principal du roman chinois du XVIe siècle Le Voyage en Occident, est Sun Wukong「孙悟空」, ce qui signifie « Singe Éveillé au Vide ». Dans le chapitre 86, il déclare :
> « Ma naissance ne fut pas celle d’un être ordinaire — mon corps fut formé lorsque le soleil et la lune s’unirent. »
Cela montre que le Singe est un symbole de l’esprit du Tao, l’esprit qui applique la conscience tournée vers l’intérieur.
> Le Singe dit : « Tournant mon regard vers l’intérieur, je m’assis pour calmer mon esprit,
Tandis que le Soleil et la Lune, l’Eau ☵ et le Feu ☲, s’unissaient en moi. »
— Le Voyage en Occident, ch.17
Lorsque la conscience「明」 est dirigée vers l’extérieur, sa lumière ne retourne pas à la racine ; des émotions arbitraires surgissent et le sens véritable s’obscurcit. Mais lorsque la conscience 「明」 est tournée vers l’intérieur, sa lumière retourne à la racine ; l’artificiel devient réel, le tempérament se dissout et la nature véritable apparaît.
— Liu Yiming, commentaire de l’hexagramme #38 La Discorde
La signification spirituelle du caractère ming「明」 est liée à la compréhension qui naît de la conscience de soi. Ordinairement, l’esprit humain est plongé dans l’obscurité, privé de lumière intérieure. Mais lorsque la lumière de la conscience de soi émane de l’esprit originel, on commence à voir le monde sous un nouveau jour, découvrant des vérités auparavant cachées.
> Une fois que le yang primordial s’est manifesté chez une personne, le yin conditionné apparaît ; l’esprit originel est obscurci, et l’esprit discriminant agit.
On abandonne le réel pour s’attacher au faux, on utilise l’intellect de manière erronée, ce qui produit toutes sortes d’ingéniosités ;
bien qu’à l’extérieur il y ait de la lumière, à l’intérieur, c’est réellement l’obscurité.
— Liu Yiming, commentaire de l’hexagramme #4 L’Obscurité
Revenir au Tao, c’est d’abord que sa lune intérieure「月」, l’esprit du Tao, commence à s’éveiller, en imitant la lumière de son soleil intérieur「日」, son esprit originel. Lorsqu’on réussit, la lumière de l’esprit originel réapparaît d’elle-même.
> Le Soi en l’homme et dans le soleil ne font qu’un. Ceux qui comprennent cela voient à travers le monde.
— Upanishads



Images : Carte de Tarot #11 La Force — Nikko「日光菩薩」et Gekko「月光菩薩」, Bodhisattvas du Soleil et de la Lune — Plaque murale du jardin Soleil & Lune

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mercredi 30 juillet 2025

Parler


 Parler comme si je n'étais pas encore né mais que je pressentais l'imminence de la naissance, que dans un instant j'allais naître, inexorablement naître.

Parler, oui, puisque c'est cela qui allait me faire naître, naître vraiment, en bondissant, en me donnant sans arrière-pensée à ce qui vient et n'est pas moi, à ce qui n'était ni pressenti ni voulu, à cela dont à jamais le nom est tu. 

Parler en allant au-devant de la voix qui naît de moi et qui n'est pas de moi. 

Jean Marc Sourdillon - N'est pas là - Gallimard


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