mercredi 3 décembre 2014

Tristesse et joie avec Christian Bobin

Il y a quelque chose de terrible dans chaque vie.
Il y a, dans le fond de chaque vie, une chose terriblement lourde, dure et âpre.
Comme un dépôt, un plomb, une tache.

Un dépôt de tristesse, un plomb de tristesse, une tache de tristesse.
À part les saints et quelques chiens errants, nous sommes tous plus ou moins contaminés par la maladie de la tristesse. Plus ou moins. Même dans nos fêtes elle peut se voir.

La joie est la matière la plus rare dans ce monde. Elle n’a rien à voir avec l’euphorie, l’optimisme ou l’enthousiasme. Elle n’est pas un sentiment. Tous nos sentiments sont soupçonnables.
La joie ne vient pas du dedans, elle surgit du dehors — une chose de rien, circulante, aérienne, volante.

On lui accorde beaucoup moins de crédit qu’à la tristesse qui, elle, fait valoir ses antécédents, son poids, sa profondeur. La joie n’a aucun antécédent, aucun poids, aucune profondeur.
Elle est toute en commencements, en envols, en vibrations d’alouette.

C’est la chose la plus précieuse et la plus pauvre du monde.
Il n’y a guère que les enfants pour la voir. Les enfants, les saints, les chiens errants.
Et toi. Tu l’attrapes au vol, tu la redonnes aussitôt, il n’y a rien d’autre à en faire.
Et tu ris, tu ne sais que rire devant tant de richesse donnée, reçue.

Tu as pourtant affaire, comme chacun, à cette chose terrible dans ta vie, à cette ombre terriblement lourde, dure, âpre.
Tu lui fais place comme au reste. Tu ouvres la porte à la tristesse si aimablement qu’elle en est perdue, qu’elle en perd ses manières sombres et qu’on ne la reconnaît plus.

La grâce se paie toujours au prix fort. Une joie infinie ne va pas sans un courage également infini.
Dans tes rires c’est ton courage que j’entendais: un amour de la vie si puissant que même la vie ne pouvait plus l’assombrir.

extrait de "La plus que vive "
Christian Bobin


mardi 2 décembre 2014

lundi 1 décembre 2014

Une petite tisane... sans pesticide pour l'hiver...


Les bienfaits des tisanes...



Moi qui prend des tisanes "yogi Tea"...
(tests suisses qui seraient bienvenus en France)



dimanche 30 novembre 2014

En Avent !



L’Avent ? C’est l’un des rares moments de l’année où l’on prend le temps… d’attendre.
Du latin adventus (avènement), ces quatre semaines, ponctuées de quatre dimanches qui préparent à la venue du Christ, à la naissance du Messie, offrent une période privilégiée pour transmettre aux enfants (et aux parents !) les vertus de la patience.

Décorer, emballer, cuisiner, préparer en imaginant la joie de ceux que l’on va gâter, régaler, recevoir pour célébrer cet « avènement » de Noël, c’est tout un art ! Mais il est sans doute plus facile d’attendre en rythmant le temps de rendez-vous et de rituels.

C’est ce qu’imaginèrent au XIXe siècle des familles protestantes allemandes en lançant l’usage, durant l’Avent, de donner chaque matin aux enfants des images pieuses pour tempérer leur impatience. En 1908, un éditeur eut l’idée de lancer un calendrier avec des dessins sur un support en carton, bientôt s’y ajoutèrent des fenêtres à ouvrir sur une phrase d’Évangile, puis des biscuits et, en 1958, des chocolats ! Le calendrier ne cessa plus ensuite de se réinventer en forme de maison, de sapin… Et même en Père Noël.



Homélie du Père Gourrier


Un temps pour se recentrer...



samedi 29 novembre 2014

Les mots du bonheur avec Christophe André

Merci maman
À la question « Mais vous n’en avez pas assez d’être toujours dans l’ombre de votre mère ? », la fille de Françoise Dolto répondit : « C’est drôle, je me suis toujours vécue comme étant dans sa lumière. » Au lieu de nous sentir parfois écrasés par ce que nous devons aux autres, réjouissons-nous-en. C’est ce qu’on appelle la gratitude.

Culpabilité 
On critique souvent la culpabilité judéo-chrétienne. Mais imaginez un monde sans culpabilité ! Un monde où les vacheries faites aux autres seraient absolument indolores, ne seraient suivies d’aucun inconfort, d’aucun regret, d’aucune remise en question. Où on abuserait des faibles sans états d’âme… La culpabilité nous pousse à réfléchir à la souffrance que nous infligeons, volontairement ou non, à autrui.

Paix du Christ
J’aime bien ce moment de la messe où les paroissiens se tournent vers les autres pour se souhaiter « la paix du Christ ». Proches, voisins ou inconnus, on tente alors au travers d’un regard et d’un sourire, d’une poignée de main, d’une accolade, de faire passer un peu d’amour inconditionnel à son prochain. J’aime ce geste qui renforce et incarne le discours, qui concrétise l’intention.

Rendre grâce 
Nos ancêtres rendaient grâce bien plus volontiers que nous : pour eux, avoir à manger, vivre en paix, rester en bonne santé ou même tout simplement en vie, tout cela relevait d’une grande chance, ou plutôt de la bienveillance divine… Chez les chrétiens, chaque repas était précédé d’une courte prière nommée Bénédicité : le mot vient du latin benedicite et signifie « bénissez ». Notre vie est moins dure aujourd’hui, mais il est possible tout de même de s’émerveiller de notre chance de vivre et de rendre des grâces laïques : s’arrêter, respirer, prendre conscience, sourire, remercier qui nous voulons pour la chance que nous avons de nous trouver là.



extrait du livre de Christophe André : Et n’oublie pas d’être heureux.

vendredi 28 novembre 2014

A propos de la maladie avec Thierry Janssen


Thierry Janssen nous parle d'une autre approche de l'homme et de la maladie...
(une sélection de moments de l'émission)






jeudi 27 novembre 2014

Vigilance avec Arnaud Desjardins

«La vigilance me permet de voir ce qui est au-dehors de moi, la circonstance que je rencontre, les conditions dans lesquelles je me trouve, et de voir la façon dont je réagis. Je vois une émotion qui se lève en moi, je vois une crainte, je vois un refus, je le vois… 
Et ce JE qui voit n’est plus l’ego. C’est une vision tellement honnête et désintéressée qu’elle ne peut plus être une fonction de l’ego. Si nous sommes vigilants nous ne pouvons plus « penser », au sens péjoratif du mot penser. Nous éliminons tous les fonctionnements de l’ego qui nous coupent de la réalité. 

Cette réalité vient à nous et nous en prenons connaissance directement, par une communion, avec toutes nos facultés de perception, avec notre sensation, notre sentiment et notre intellect, de façon objective, impersonnelle, silencieuse. Si la vigilance est active, le mental fait place à la buddhi, c’est-à-dire la vraie intelligence qui voit quel acte doit être accompli, quelle décision doit être prise. C’est la nécessité même des circonstances qui vous dicte la réponse, qui décide à votre place. Sans vigilance les prétendues actions ne sont que des réactions et, comme le disait Gurdjieff, l’homme n’est qu’une machine.» 

 Extrait de: Au-delà du Moi


mercredi 26 novembre 2014

Un modèle de spontanéité...


La danse, n'est-elle pas la marche dans son apothéose ; 
marche noble, dépouillée d'un but utilitaire, et libre comme un jeu d'enfant ? 

Anne Hébert





mardi 25 novembre 2014

Mauvais regard sur les bonnes herbes...

Le célèbre botaniste a écrit une cinquantaine de livres, dont une quinzaine spécifiquement sur les plantes. Aujourd’hui âgé de 81 ans, il est toujours à la tête de l’Institut européen d’Écologie.

En un demi-siècle, le regard de la société sur les plantes a-t-il changé ?
Oui, complètement. Je me souviens qu’en 1961, lorsque j’ai passé mon agrégation sur les plantes médicinales à la faculté de Paris, on m’avait dit que ce serait la dernière année. Et que tout cela serait remplacé par l’enseignement des molécules de synthèse. Fort heureusement, les plantes ont bien résisté. Non seulement, leur usage médicinal n’a pas diminué – il n’est qu’à voir le développement de la phytothérapie ou de l’homéopathie – mais elles tiennent aussi le choc face au puissant courant technologique qui veut imposer les OGM et le brevetage du vivant.

Comment réagissez-vous à l’expression « mauvaises herbes » ?
Les jardiniers qui s’évertuent à arracher le petit chénopode blanc qui pousse au milieu de leurs salades devraient se rappeler qu’on le mangeait au Moyen Âge, précisément en salade, et qu’il est toujours délicieusement comestible. Pareil au XIXe siècle quand les impressionnistes comme Cézanne ou Monet peignaient leurs tableaux, il y avait toujours au milieu des champs des taches rouges ou bleues, celles des coquelicots ou des bleuets. Aussi, même si on a voulu les chasser à coups de pesticides, je suis content quand j’en aperçois au bord des routes et des chemins.

Quel est le livre que vous avez écrit sur les plantes qui vous tient le plus à cœur ?
Celui sur la Vie sociale des plantes (Fayard, 1984). J’y montre que même si elles sont parfois en compétition, elles se mélangent aussi et s’entraident. C’est une leçon de vie pour les hommes et ceux qui comme moi, croient à la fois à la Création et à la théorie de l’évolution.

Le site de Jean-Marie Pelt

source : La vie 2014

lundi 24 novembre 2014

Un livre précieux sur la Bible et les évangiles par Yannick David


C'est avec une grande joie que j'annonce la sortie de ce livre . C'est aussi un honneur d'avoir eu l'autorisation de Mooji d'utiliser une de ses peintures, "Le Prophète", en page de couverture. 



"J’ai commencé à écrire quelques commentaires, puis j’ai découvert le sens hébraïque de certains mots, y ai pris gout, pour finalement étudier de près les passages les plus connus, que je n’avais jamais compris tant le sens paraissait caché. Sentant que cela commençait à prendre de la consistance, je me suis interdit tout appui sur des livres de commentaires quelconques. Je voulais que cela vienne de ma propre compréhension, de  mon interprétation, afin de rester authentique.


Certains symboles étaient clairs, connus, d’autres obscurs, peut être expliqués mais pas lus pour ma part."...


Je vous conseille vivement la lecture de ce livre très riche... comme l'est intérieurement son auteur !

Voir le post sur le site de Yannick pour le commander...




dimanche 23 novembre 2014

La poésie est prophétie avec Lydie Dattas

Il n’y a pas de séparation entre la vie et le sacré. Tout est spirituel. Je ne veux pas porter la couronne de la spiritualité ou de la religiosité. Je me méfie de tous les mots qui finissent par « ité ». Cela me paraît prétentieux de dire que je vais parler de ma spiritualité, d’appartenir à une caste de spirituels. J’essaie juste de vivre le plus profondément, sincèrement possible avec les autres en Dieu, qui est l’abîme intérieur. 

Je suis née dans une famille d’artistes. Mon père était organiste titulaire de l’orgue de chœur de Notre-Dame. Ma mère était actrice de théâtre. Elle souhaitait que je suive le même chemin qu’elle. J’ai pris des cours de théâtre, mais je ne voulais pas être actrice. J’ai très vite compris que le seul rôle que je souhaitais jouer était le mien. J’ai été élevée dans la religion chrétienne, mais je m’en suis émancipée rapidement.

Inapte à m’intégrer dans les cadres scolaires, j’ai cherché dès mes 13 ans ma propre voie dans la poésie. Je me suis fabriqué un monde pour échapper à l’enfer de la récréation, un monde où l’on est consolé par un poème, ressuscité par une phrase. Très tôt, j’ai été marquée par des figures de contes, telles que Neige-Blanche et Rose-Rouge, Shéhérazade. J’ai senti à travers elles qu’il y avait un équilibre à trouver entre le charnel et le spirituel. Shéhérazade a un physique plaisant et en même temps elle raconte des histoires, elle est dans le verbe. C’est la femme qui essaie de combattre le tyran. L’écriture m’a sauvée de la cour de récréation comme du moule de la société.

Mon premier recueil de poèmes, Noone, fut remarqué et publié par Jean Grosjean. Quand j’ai lu cet auteur, tout s’est éclairé. Ses livres m’ont réconciliée avec les Écritures saintes. Ils m’ont révélé un mode de pensée inchangé depuis Abraham, où la valeur suprême est la vie ordinaire et autrui. J’y ai trouvé une pensée de la rencontre et de la personne répondant à ma propre quête. Le but est d’aller vers l’autre et d’établir avec lui un lien de vérité qui ne se confond pas avec les rôles sociaux. Pour Jean Grosjean, Dieu est une personne, et le hasard n’existe pas, puisqu’il est un des visages de Dieu.


... En 1968, je suis allée à Paris pour étudier la philosophie. Puis je suis entrée au Cirque d’hiver. J’y ai rencontré mon futur mari, le dompteur Alexandre Bouglione, et les Gitans, ma famille d’âme. Des gens en chair et en os, plus incarnés que les idées ou les concepts philosophiques que j’avais étudiés, qui réconciliaient la pensée et l’instinct. L’instinct est capital ; la pensée est limitée. L’instinct traverse tout, il voit beaucoup plus loin que les idées. Avec mon mari, nous rêvions de créer un cirque qui serait un lieu de vie sauvage et de pensée vitale à la fois, rappelant un mode de vie biblique. Un cirque dépouillé de tous les numéros spectaculaires habituels, où le sacré reprendrait sa place. Où la joie et la vie seraient présentes. Chez les Gitans, un repas est une messe ; la nourriture partagée, une communion ; le quotidien, une liturgie. Nous avons alors créé le cirque Lydia Bouglione, qui est devenu plus tard le cirque Romanès. 

Ma spiritualité est inclassable. Elle est inédite. Je ne prie pas au sens commun du terme, je ne vais pas à la messe. Néanmoins, je fréquente les églises, qui sont des « maisons » silencieuses où l’on peut réfléchir et méditer. Je lis des auteurs de toutes confessions. Je peux trouver dans des textes profanes des illuminations aussi spirituelles que chez les grands mystiques. Car toutes les pensées intériorisées sont des prières. Jean Genet disait qu’un certain temps de vie nous est donné et qu’il s’agit d’en faire quelque chose. Selon moi, il faut retrouver le sens du sacré, aimer, ce qui consiste d’après Jean Grosjean non pas à regarder dans la même direction, mais être dos à dos pour voir d’où vient l’ennemi, celui qui détruit la vie, hisser la vie à son niveau le plus haut.



source : La Vie