vendredi 4 octobre 2013

Souffrance et coopération avec Matthieu Ricard


4. Chercher le remède à la souffrance
Aimer un oppresseur n'est pas excuser ses comportements ni faciliter ses actes funestes, c'est souhaiter du fond du cœur que la haine, l'indifférence, la cruauté qui font de lui un dictateur cessent d'être. On peut prendre comme repère l'oeil du médecin. Face à un patient fou et dangereux, il ne va pas le tabasser mais chercher les remèdes les plus puissants et les plus appropriés pour, d'abord, l'empêcher de nuire et ensuite commencer à le soigner. La compassion consiste à remédier aux causes de la souffrance, quelles qu'elles soient et où qu'elles soient.


5. Développer la coopération
Nous sommes arrivés à l'âge de la coopération où la croissance de l'altruisme devient une nécessité, dans notre vie personnelle comme pour la société ou l'environnement. Pour que la vie soit harmonieuse en ville comme dans une entreprise, rien ne peut fonctionner sans coopération. L’altruisme est ce fil d'ariane qui permet de relier le court terme de la prospérité, le moyen terme de l'épanouissement d'une vie et le long terme de l'environnement et, sur un plan plus profond et spirituel, de se relier à Dieu ou à la nature de Bouddha. Avec l’égoïsme, nous perdons tous alors qu'avec la coopération bienveillante, au final, tout le monde est gagnant !


« A l'école, l'éducation coopérative consiste à former des groupes composés d'enfants de niveaux différents, de sorte que les plus avancés puissent aider ceux qui sont en difficulté. Dans ce cas, on observe que les enfants qui apprennent facilement, au lieu de se sentir supérieurs aux autres (comme c'est le cas dans un système d'évaluation constante au moyen d'interrogations écrites notées) se sentent investis de la responsabilité d'aider ceux qui ont plus de mal à comprendre. De plus, l'esprit de camaraderie du groupe et l'absence de jugements intimidants de la part des autres inspirent confiance aux enfants et les incitent à donner le meilleur d'eux-mêmes. ( Plaidoyer pour l'altruisme p.612)


Il faut oser dire qu'on doit enseigner l'altruisme dans les écoles, de façon purement laïque, qu'on peut l'introduire dans l'économie, qu'il ne s'agit pas d'une utopie naïve.






jeudi 3 octobre 2013

Dépasser l'émotion et développer la bienveillance avec Matthieu Ricard

2. Dépasser l'émotion
L'empathie sans le discernement et la connaissance, est comme une pompe électrique à eau... sans eau : elle brûle. Livrée à elle-même, elle peut même avoir des conséquences néfastes. Ainsi des chercheurs se sont intéressés à l'épuisement émotionnel, le burn out des travailleurs sociaux ou des soignants, ces personnes qui prennent constamment soin de ceux qui souffrent. Etre quotidiennement en résonance affective avec des malades peut conduire à l'épuisement. Mais considérer ses malades comme des « clients » et s'endurcir pour ne pas craquer n'est pas non plus une solution. En cultivant l'amour, on peut sortir de l'émotion qui fait mal, être une personne au grand cœur sans souffrir. Pour cela, il faut faire la distinction en soi entre altruisme, compassion et empathie. Lorsque la bienveillance inconditionnelle est confrontée à la souffrance, donc alertée par l'empathie, cela devient de la compassion.

3. Développer bienveillance et sagesse
La première chose est de travailler à développer en soi une bienveillance et une sagesse qui ne se troublent pas parce que l'autre ne se comporte pas selon vos plans ou que le projet n'avance pas assez vite. Sans amour et sans sagesse, l'action humanitaire ne mène à rien. Et nous voyons très bien les grains de sable qui l'enrayent, comme les conflits d'ego. Si vous vous lancez dans une action humanitaire de manière prématurée, vous risquez de succomber à des émotions destructrices - la haine devant des massacres par exemple - et vous ne contribuerez alors que très peu à résoudre les maux qui ont suscité en vous l'indignation initiale.

(source : La Vie 2013)

mercredi 2 octobre 2013

1. Cultiver l'amour altruiste... avec Matthieu Ricard


J'ai rencontré Matthieu Ricard en compagnie d'autres êtres de coeur, samedi dernier et il m'a signé son livre : Plaidoyer pour l'altruisme, la force de la bienveillance (Editions du Nil). 


Matthieu Ricard y explore les différentes facettes de l'amour, de l'empathie à la compassion, de l'oubli de ses propres intérêts au don de soi. D'après le moine bouddhiste, nous avons tous ce potentiel d'amour altruiste en nous, telle « une pépite d'or » enfouie et parfois ignorée. 

Voici ses conseils pour la faire fructifier. 



1. Cultiver l'amour altruiste 

Nous avons tous ce potentiel altruiste en nous, comme un pauvre qui a une pépite d'or enfouie juste là sous sa cabane et qui l'ignore. Les dernières connaissances en neuroplasticité du cerveau ont montré comment l'activité neuronale se réorganise quand on développe l'attention ou la compassion. L'amour et la compassion se cultivent. On devrait l'enseigner dans les écoles de médecine ! 

« Il est plus facile de commencer à nous entraîner en pensant à quelqu'un qui nous est cher, imaginons un jeune enfant qui s'approche de nous et nous regarde joyeux, confiant et plein d'innocence... Nous le contemplons avec tendresse et le prenons dans nos bras (...) Demeurons quelques instants dans la pleine conscience de cet amour, sans autre forme de pensée. Etendons ensuite ces pensées bienveillantes à ceux que nous connaissons moins (...) allons plus loin, incluons dans cette bienveillance ceux qui nous ont fait du tort et ceux qui nuisent à l'humanité en général (...) Portons sur eux le regard d'un médecin sur ses patients les plus gravement atteints. Enfin embrassons la totalité des êtres sensibles dans un sentiment d'amour illimité (...) Nous pouvons à tout moment, souhaiter intérieurement à ceux que nous croisons dans la vie quotidienne d'être heureux et libérés de toute souffrance. Ainsi, graduellement, l'amour altruiste, la compassion... seront pleinement intégrées à notre manière d'être. » 

(Plaidoyer pour l'altruisme, p.300)

source : La Vie

mardi 1 octobre 2013

Pour tous avoir le droit de cité ! avec Yazid Kherfi

Dans mon dossier, c'était marqué irrécupérable. Ils voulaient à tout prix m'expulser du territoire français. C'est alors que des gens ont bougé pour moi : ma famille, l'ancien maire de Mantes, des habitants. Ils sont allés à la Commission des expulsions et ont dit au juge que j'étais intelligent. Ça a produit un déclic chez moi : c'était la première fois de ma vie qu'on disait que j'étais un mec intelligent.»

Pour les remercier, j'ai décidé de changer de vie. Pas par conviction, j'ai même été tenté de redevenir délinquant mais j'ai été honnête avec moi-même : je devais tout faire pour devenir quelqu'un de bien. 

Ce n'est pas par plus de flics, plus de prisons, plus de caméras qu'on résoudra les problèmes mais en apprenant le vivre ensemble.

J'aimerais ouvrir un centre de formation en prison. Il préparerait des gens à aller, à leur sortie, à la rencontre des jeunes des quartiers difficiles pour faire de la médiation, tenir un discours non-violent... il n'y a pas de gens irrécupérables. Des gens en prison sont en recherche d'un projet et ont envie de s'occuper des autres. Il y a plein d'exemples comme moi. Il faut mettre des guerriers non-violents sans les quartiers.

...on peut imaginer un camping-car allant de quartiers en quartiers. Mon rêve, c'est qu'à Clichy, on expérimente la non-violence en banlieue mais je manque de personnes qui me soutiennent, on n'a pas d'argent. La Fondation Abbé Pierre finance déjà mon travail, elle ne peut pas tout faire.
Il faut réfléchir plus vite que ceux qui ne pensent que sécurité. Quand il y a des problèmes, les gens ne disent pas "il faut plus d'éducateurs" mais "il faut plus de flics." Réoccuper vite, déjà, l'espace public. Si on ne le fait pas, plein d'autres, les extrémistes religieux, les voyous, les caïds, vont prendre la place, ils ont une autoroute devant eux. Les gens vont mal, ils en profitent. Les jeunes peuvent écouter n'importe qui venant les voir. Où sont les gens bien pensants ? » 

Yazid Kherfi

(source : Histoires ordinaires)




lundi 30 septembre 2013

Amma a eu 60 ans

"L'amour est notre véritable essence. Cet amour n'a pas de limites de caste, de croyance, de couleur ou de religion. Nous sommes tous des perles enfilées sur le même fil de l'amour."
Amma



"Tant qu'il y aura assez de force pour tendre la main à ceux qui viennent à moi, à passer ma main sur l'épaule d'une personne qui pleure, Amma va continuer à donner le darshan, 
pour amoureusement caresser les gens, les consoler et essuyer leurs larmes jusqu'à la fin de la forme de ce corps.
 c'est le souhait d'Amma. "
Amma



dimanche 29 septembre 2013

Un fil lumineux et fragile de vérité...avec Emily Loizeau

"Il y a une fêlure dans chaque chose, c'est par là que la lumière passe" Léonard Cohen 


 «C'est tellement plus beau en anglais, et surtout écrit par Leonard Cohen. Mais, en dehors de la beauté renversante de cette chanson, ces mots sont pour moi des mots de résistance. Je les garde au fond de moi. Ils m'indiquent une quête fondamentale dans le rapport à soi-même, à la création et au monde. Apprendre à protéger la beauté de notre fragilité. de ce qui nous rend ou rend une oeuvre rare. Chérir cela comme un trésor. 

L'oeuvre parfaite ne m'a jamais fascinée. J'aime ce qui est sur le fil, ce qui donne à penser sur notre solitude absolue. Ce qui me touche, c'est ce qui reste d'humain et de faillible, et non le bluff du tour de force ou du record battu. Pour moi, le vrai dépassement de soi se trouve là. C'est si difficile de toucher à cette vérité sensible, d'assumer ce que l'on a de plus fragile. Tenter d'y parvenir me semble le plus passionnant des défis.» 

Emily Loizeau, (cliquer pour aller sur son site)
auteure, compositrice et interprète, est actuellement en tournée en France avec son album Mothers and Tygers .

 1. Leonard Cohen, romancier, auteur, compositeur et interprète canadien (né en 1934 à Montréal).
2. La phrase complète est "Ring the bells that still can ring/Forget your perfect offering/There is a crack in everything/That's how the light gets in» (in Anthem, chanson tirée de l'album The Future,1992). 

(source : psychologies magazine)


samedi 28 septembre 2013

"En ouvrant la porte du monde, on ouvre toujours plus grand..." Eve Ricard

"parler de la maladie n’est pas témoigner d’un malheur, mais dire qu’elle n’est pas un malheur serait une tromperie.
La nuit, je souffre, mais, au petit matin, je suis encore là. Ma vie est sauve. Chaque nuit me fait accoucher de la vie. "
(Parkinson Blues)

Face à la peur vient l'abandon de la peur !

Je suis dans la joie... A chaque instant, je bénis l'instant. Cela fait 23 ans que j'ai cette maladie (parkinson) et j'ai envie de continuer la fête de la vie.

N'avoir plus de peur de quoique ce soit donne une liberté à l'esprit extraordinaire.

(conférence émergences septembre 2013)

Eve Ricard




A la dame des mots !



jeudi 26 septembre 2013

Des poètes en temps de détresse par Michel Séonnet

Regardant tout ce monde aller et venir place Saint-­Sulpice, à Paris, à l’occasion du marché de la Poésie, me revenait la vieille question du poète allemand Friedrich Hölderlin : « Pourquoi des poètes en temps de détresse ? » Oui : à quoi bon des poètes dans le brouhaha des informations quotidiennes qui se succèdent et s’effacent l’une l’autre sans que l’on ait eu le temps d’en prendre vraiment la mesure ? Que vaut un poème face aux unes des journaux, à la vie difficile, aux violences subies, chômage, séparations ? Que vaut un poème au royaume des valeurs boursières ?

La semaine précédente, dans un autre de ces hauts lieux de la poésie, à Coaraze, près de Nice, j’avais animé une rencontre avec le poète marocain Mohammed Bennis. Dans son recueil Lieu païen, qu’il vient de publier (L’Amourier), il écrit :

Les poètes peuvent-ils exister
sans une fraternité qui les réchauffe
le long des sentiers perdus
Que peuvent-ils protéger
sinon la sève du chant

Il s’en était expliqué en disant qu’au-delà de toute recherche de beauté ou de sens, le poème est le lieu où la langue joue sa propre survie. Partout, la langue est bafouée, ramenée à la portion congrue d’un vocabulaire limité, d’expressions banalisées facilement commercialisables. Le poème est le lieu où la langue résiste. Il est tout à la fois un conservatoire de langue et un laboratoire d’inventions, de propositions. De la même manière que les recherches les plus pointues dans les sciences physiques mettent en évidence des éléments qui serviront à la vie commune dans 30 ou 50 ans, de même le poète, aussi discret qu’il soit, quel que soit le peu de cas qu’en font les médias, concocte les modulations d’une langue qui conditionnent la vie future de notre langue commune.

L’homme et la langue, c’est tout un. La Bible regorge de paroles qui mettent en avant la force de la parole dite. L’univers est né d’un poème, suggèrent certains sages du judaïsme. C’est en tout cas ce que je crois entendre à la lecture du magnifique psaume 17, où les mystères de la Création sont intimement liés à la magie des mots qui le disent.

À la liste de bonnes intentions que nous nous formulons au fil de l’année, il conviendrait, je crois, d’ajouter celle de lire régulièrement un poème. À chaque fois, nous en reviendrons plus riches d’un peu de langue, nous ­en serons un peu plus humains.

Michel Séonnet
http://petitspointscardinaux.net/
(source : La Vie)


mercredi 25 septembre 2013

Sur les empreintes de Pierre Rabhi (3)

"De ses propres mains, Pierre Rabhi a transmis la Vie au sable du désert... Cet homme très simplement saint, d'un esprit net et clair, dont la beauté poétique du langage révèle une ardente passion, a fécondé des terres poussiéreuses avec sa sueur, par un travail qui rétablit la chaîne de vie que nous interrompons continuellement".

Yehudi Menuhin


http://www.colibris-lemouvement.org/

mardi 24 septembre 2013

Sur les pas de Pierre Rabhi (2)

Deuxième épisode 

Pour que les arbres et les plantes s'épanouissent, pour que les animaux qui s'en nourrissent 
prospèrent, pour que les hommes vivent, il faut que la terre soit honorée.




lundi 23 septembre 2013

Sur les traces de Pierre Rabhi (1)


Retour sur le parcours de Pierre Rabhi, agriculteur, philosophe et essayiste français d'origine algérienne. Ce dernier est l'inventeur du concept de «sobriété heureuse». A travers le monde, il est reconnu comme l'un des experts internationaux de référence en matière de sécurité alimentaire. 

En Ardèche, dans son refuge, l'homme se confie sur son enfance passée en Algérie et à Paris. Il revient sur la décision la plus importante de sa vie : quitter avec sa femme le monde industriel de la banlieue parisienne pour l'univers rural de l'Ardèche. De cette expérience, il en tire un nouveau modèle de société basé sur «l'agro-écologie». Ce nouveau paradigme propose une société plus généreuse pour l'Homme et la Terre.


"Plutôt que proclamer des vérités interprétables de mille manières selon les convenances de chacun, je préfère nous inviter mutuellement à nous unir pour servir et promouvoir des valeurs simples telles que la bienveillance à l'égard de ceux qui nous entourent, une vie sobre pour que d'autres puissent vivre, la compassion, la solidarité, le respect et sauvegarde de la Vie sous toutes ses formes."
Manifeste pour la Terre et l'humanisme : Pour une insurrection des consciences 

de Pierre Rabhi


dimanche 22 septembre 2013

Conversion du regard par Alexandre Jollien


Spinoza lance dans son Éthique une phrase qui m'aide, chaque jour, à vivre le handicap. L'assumer, c'est l'œuvre d'une vie. Ici, nul acte définitif, tout reste provisoire. Constamment, je m'interroge : « Comment puis-je assumer mon infirmité ici et maintenant ? » En osant écrire « Par réalité et perfection, j'entends la même chose », Spinoza m'apprend que c'est la comparaison avec d'autres réalités que la mienne qui crée chez moi un sentiment de privation. Prenons un exemple assez fidèle à la tradition spinoziste. Lorsque je contemple un moineau virevolter de branche en branche, je ne regrette absolument pas de ne pas avoir d'ailes. Imaginons cependant qu'autour de moi tout le monde en ait. Il y a fort à parier que j'en voudrais aussi et que subitement elles me feraient cruellement défaut ! Sans les créer tout à fait, la comparaison accentue nos faiblesses. Souvent, sur le handicap physique, mental ou psychique, peut se greffer un handicap social : être handicapé sous le regard d'autrui, être ainsi pour l'autre. 

Je ne me sens nullement infirme quand je me promène avec mes enfants dans la rue. Certes, je suis un peu lent, facilement sujet à la fatigue, mais, à leurs yeux, je n'apparais pas comme « le handicapé », je suis simplement « papa ». Parfois, un rire bref, un doigt tendu, des coups de coude viennent me rappeler la différence qui choque, perturbe. Mais soyons précis, je préfère le mot « singularité ». Il nous aide à considérer chaque personne comme un individu à part entière et à refuser les étiquettes. Il nous empêche de nous installer sur le terrain de la comparaison : je suis différent par rapport aux autres. Ainsi, le handicap, comme toute autre fragilité, peut être une porte ouverte sur notre condition. En effet, l'envisager, c'est parler de l'être humain. Méfions-nous des ghettos et ne nous trompons pas de combat. Nous mobiliser pour les droits de la personne handicapée, c'est lutter contre chaque forme d'exclusion, c'est faire la promotion de l'humanité tout entière et de chacun de ses membres. 

Vivre cette réalité nous montre également que l'homme est irréductible à une définition, qu'il échappe aux normes et que sa dignité ne se réduit pas tout à fait à son efficacité. La société considère souvent ce qu'elle peut apporter aux « plus fragiles ». Cependant, si elle lui prêtait davantage l'oreille, elle pourrait en tirer mille enseignements. D'abord, l'extrême nécessité de la solidarité, qui n'est pas seulement une valeur éthique mais un instrument de joie. Nous sommes des animaux sociaux, nous pouvons compter sur nos semblables pour exister et pour nous créer dans la joie. Tous les jours, je fais l'expérience de l'aide qui, loin de m'aliéner, me grandit. L'autre m'est nécessaire pour m'épanouir, pour être. À l'heure où l'on glorifie sans vergogne le self-made man, celui qui a plus manifestement besoin de soutien vient nous rappeler ce qui nous constitue : la relation, l'ouverture et la disponibilité. 
Mais gardons-nous de tout paternalisme ! Être handicapé, c'est aussi et surtout faire l'expérience du don, de l'échange. Il n'y a pas d'un côté celui qui reçoit et de l'autre celui qui donne. Précisément, la richesse de la société, c'est cette communion de la faiblesse. Et pour qui convertit son regard, celle-ci n'est pas toujours où nous la croyons. En ce sens, les médias peuvent permettre ce changement de regard, tenter de congédier la pitié et la commisération pour inviter au respect, à l'audace de la rencontre authentique.

ALEXANDRE JOLLIEN 
(source La Vie)