mercredi 22 novembre 2023
mardi 21 novembre 2023
"Demande sincère et demande de bonne foi sur la voie"
"Ne dites jamais rien à personne sauf si la personne vous le demande et vous le demande de bonne foi …" Swami Prajnanpad
Un des défis et non des moindres posé par l’exercice du LDI (lien à durée indéterminée) en tant qu’instructeur consiste précisément à entendre ce que la personne demande et demande de bonne foi, au delà de ce qu’elle parait demander ou demande explicitement.
Pas facile …
D’abord, ne pas confondre sincérité et bonne foi.
Tout le monde, sauf rare exception, est sincère, la question n’est pas là.
Si la sincérité suffisait à authentiquement pratiquer la voie, cela se saurait et surtout se verrait …
Ainsi, certains demandent sincèrement et pourtant, sans en être conscient, ne veulent surtout pas que l’on accède à leur demande. Ou ils ne se rendent pas du tout compte de ce qu’ils demandent et de ce que cela implique, ce qui revient au même. Il s’agit donc de ne pas juste les prendre au mot en se fiant à leur bonne mine.
Dans mes débuts en tant que transmetteur de la voie (heureusement dans un contexte d’ensemble où j’étais encadré par des enseignants bien plus aguerris et mûrs que moi) je considérais que quasiment toute personne venue séjourner en ce lieu où nous officions était animée d’une demande du même ordre que celle qui m’avait moi même tout jeune encore conduit à frapper à la porte du Bost (le premier ashram d’Arnaud Desjardins).
C’est peu dire que ma naïveté était abyssale. Cela donna lieu en son temps à plus d’un malentendu et autres échanges qui tournaient vite au vinaigre, sachant que si l’ego se délecte à prétendre, notamment spirituellement, il ne redoute rien tant qu’une intervention propre à exposer sa prétention … A moins que derrière la prétention il y ait une demande de bonne foi, ce qui est loin d’être toujours le cas.
Mes « interventions » pouvaient donc souvent s’avérer dans les faits inappropriées même si le « diagnostic » posé était presque toujours juste.
J’ai mis longtemps à émerger de cette naiveté qui participait aussi, au final, d’une manière de prétention chez moi. Qui étais je, qui suis je pour dire à quelqu’un ce qu’il ne veut surtout pas entendre - même s’il le prétend- montrer à quelqu’un ce qu’il ne veut surtout pas voir ?
Aujourd’hui, et d’autant plus dans le contexte serré et continu du LDI, je veille à faire très attention, me montre souvent très précautionneux. Je m’efforce de capter le contexte intérieur de la personne et aussi le contexte extérieur, le moment, les circonstances. Ce qui peut être abordé à un moment donné ne pourra pas l’être utilement à un autre moment. Bref, je fais mon possible pour être à l’écoute de la demande réelle, la demande de bonne foi.
Reste que, souvent, l’exercice du LDI consiste quand même à dire à quelqu’un, même si la demande de bonne foi est là, ce qu’il ou elle paradoxalement redoute qu’on lui dise…
Ne pas confondre non plus la bonne foi avec l’absence de résistance comme je le sais fort bien d’après ma propre expérience en tant qu’élève, moi qui par moments ait considérablement résisté tout en demeurant autant que je puisse l’appréhender toujours de bonne foi.
D’où le côté ingrat de la chose qui peut parfois amener à se poser la question : pourquoi diable s’échiner à dire à quelqu’un ce qu’il ou elle ne veut pas . ( L’Evangile : « quand tu étais jeune , tu mettais toi même ta ceinture et tu allais où tu voulais ; quand tu seras vieux (c’est à dire plus mûr) un autre te mettra ta ceinture et te mènera là où tu ne voudras pas »)
Pourquoi se donner tant de mal à mener quelqu’un là où il ne veut pas, où plutôt si la demande de bonne foi est bien là, là où son être essentiel veut aller mais où sa personnalité de surface ne veut pas aller et de ce fait freine des quatre fers ?
C’est fatiguant, exigeant, parfois pénible humainement, cela mobilise une énergie considérable et des trésors d’habileté…
Il arrive que me vienne la pensée fugace : « mais qu’est ce que je suis en train de faire ? Pourquoi est ce que je me fourre dans ce guêpier ? Pourquoi est ce que je fais tout pour qu’une personne se mette à m’en vouloir et commence à me regarder d’un œil nettement moins ravi ? Pourquoi est ce que je chante pas pour mon souper comme on dit en anglais (sing for your supper), pourquoi est ce que je n’anime pas des séminaires où je prêcherais le dharma de manière générale à un auditoire enchanté de mon éloquence ? Ce serait même sans doute encore mieux si je disais à chacun qu’il ou elle est déjà « éveillé » , qu’il n’y a rien à faire , rien à chercher et que nous sommes tous au top, comme c’est cool, merci de bien laisser votre donation ou participation en chèque ou espèces … »
Et, en vérité, je sais parfaitement pourquoi et au nom de quoi, de qui, au service de quoi je persiste dans l’exercice du LDI. Et j’en suis parfaitement heureux. Alors …
Gilles Farcet
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lundi 20 novembre 2023
Vers la diminution des illusions
Aujourd'hui, je vous propose la note de lecture que j'ai rédigée à propos du dernier livre de Jean-Marc Mantel, "L’immédiateté d’être", paru aux éditions Accarias-L’Originel en 2023 (190 pages, 18 euros). Un ouvrage réellement vivifiant.
Ouvrir un livre de Jean-Marc Mantel, c’est être immédiatement immergé dans une clarté concise. Disciple de Jean Klein, cet instructeur se situe dans la perspective d’un enseignement non duel. En dépit de mes (vives) réticences vis-à-vis des facilités et de la superficialité qui caractérisent souvent ce mouvement spirituel en vogue, il me semble pouvoir reconnaître l’authenticité de certains enseignants. Tel est, à mes yeux, le cas de Jean-Marc Mantel, dont les livres ne sont pas des objets à consommer intellectuellement mais des bains revigorants, à tenir près de soi pour s’y replonger régulièrement.
Cet ouvrage est composé d’une note aux lecteurs qui en précise le contexte (des discussions présentes dans le forum du site de cet instructeur), de dédicaces, au premier rang desquels apparaît le nom de Jean Klein, d'une introduction précise, rédigée par Bernard Seghezzi, puis de trois grandes « parties », respectivement intitulées « Le monde en soi », « La réalisation spirituelle » et « La grâce ». Chacune de ces sections est divisée en chapitres numérotés (une dizaine environ) et titrés, ce qui permet aussi d’entrer dans le livre d’une manière non linéaire. Le livre s’achève sur un choix de citations de Jean-Marc Mantel.
Dans son introduction, Bernard Seghezzi met en lumière les points saillants de cet enseignement : « l’accent est mis, en priorité, sur l’écoute du corps et du souffle. » L’« ancrage au corps énergétique », ajoute-t-il, « mérite d’être maintenu non seulement lors de méditations formelles, mais également au cours des activités de la journée ». Il insiste sur l’importance de « l’accueil vigilant de l’activité projective des pensées et des mémoires » et sur la nécessité d’un « apprentissage » et d’une « écoute sans relâche »… À ce sujet, Jean-Marc Mantel précise dans le livre qu’il est question d’ « apprendre à vous libérer de ce que vous n’êtes pas » et non d’apprendre « à être ce que vous êtes » : il n’y a pas d’« effort » à fournir, mais un « total abandon ». Le paradoxe réside donc dans le fait que cet apprentissage se fait sans « objet » ni « chemin », précise encore Bernard Seghezzi, si l’on veut voir s’accomplir « le retournement de perspective » qui permet de revenir à « notre identité sans forme ».
Dans la première grande partie, Jean-Marc Mantel répond à des questions liées à notre incarnation. Il évoque la « sincérité » et la « détermination » nécessaires à la remise en cause des « habitudes d’identification au spectacle objectif ». Il définit le critère de reconnaissance du « bien » comme le « ressenti indéniable de ce qu’est la justesse dans l’action », contrairement au fait de « répéter mécaniquement ce qui est dit ». Notons au passage que ce ressenti n’est pas de nature émotionnelle puisque l’enseignant le compare à celui d’un « musicien averti », qui « reconnaît instantanément la fausse note qui jaillit de son instrument ». Il importe que toute action soit « vue dans sa totalité, incluant les fruits dont elle porteuse » et qu’il y ait des « ajustements » en direction d’une « cohérence entre la conscience, l’action et ses fruits ». Jean-Marc Mantel s’inscrit volontiers dans le cadre de nos expériences quotidiennes en répondant à des questions sur l’éducation des enfants, sur l’intérêt de la physique moderne, sur la méditation, notamment en tant que travail sur les pensées, ou sur la béatitude du sommeil profond. Il redéfinit aussi certains concepts et incite à la prudence lorsque l’on utilise le terme de « réincarnation ».
Dans la deuxième partie (la plus longue), Jean-Marc Mantel aborde l’inépuisable domaine de « l’absolu », qu’il nomme « conscience » ou « essence de la manifestation » : « L’absolu est aussi indissociable de la conscience que l’air pour le vent. » Il indique que cette conscience se distingue à la fois de la « pensée » et de l’« absence de pensée », qui sont toutes deux des objets de conscience. Il prend soin de définir ce que nous nommons « réalité » : « Lorsque vous percevez un arbre, vous n’en percevez que la perception qui émerge en vous : forme, couleur, sensation. » En d’autres endroits du livre, l’enseignant rend synonymes les termes « témoin », « attention», « présence », « écoute absolue », « regard d'arrière-plan », « sans-forme », « vigilance », « Soi sans attribut », « amour » (c’est-à-dire qui « ne connaît pas la division ») ou encore « liberté véritable », celle-ci ne concernant nullement les actions « conditionnées » dont nous croyons être les auteurs : « le libre choix n’est qu’un concept inventé par l’ego pour faire croire que c’est lui qui détient les rênes du pouvoir ». Quant au monde relatif, loin de le renier, Jean-Marc Mantel le remet simplement à la place qui est la sienne, puisqu’il est « l’expression restreinte de l’absolu » ; il n’y a rien d’autre que l’absolu, oui, mais seulement « sur le plan ultime » : « le relatif est nécessairement pris en compte dans le fonctionnement spatio-temporel. Si vous ne savez pas conduire votre voiture, se répéter « je suis le Soi » ne suffira pas à éviter qu’elle ne rentre dans le mur. » Il compare notre mental à un « bavard impénitent » face auquel le mieux est d’« ignorer le contenu de ses paroles »… Tout comme Daniel Morin dans « Je, ne sait pas », publié chez le même éditeur, il affirme : « Le mental ne peut alors qu’abdiquer sa prétention au savoir. Lorsqu’il dit : « Je sais », il ne sait pas. Lorsqu’il dit : « Je ne sais pas », il sait. » Jean-Marc Mantel me semble rejoindre également Swâmi Prajnanpad lorsque celui-ci précisait qu’il s’agit d’être « activement passif » : « Le « laisser-faire » n’est pas une posture passive. » J’aime qu’il réhabilite par ailleurs la notion de « vérité », si discréditée de nos jours : « On ne peut donc pas dire que la vérité n’existe pas, car c’est elle qui fait le constat du faux. Comment le faux pourrait-il se constater lui-même ? »
La troisième partie associe la « grâce » à la « joie propre à la dissolution du moi », à la « gratitude » (comme l’indique l’étymologie) ou encore à la « sainte ivresse ». Pour s’y ouvrir, l’« humilité » du non savoir est nécessaire, l’ « émerveillement » aussi, ainsi que « l’amour purifié de l’objet » : « l’amour est votre nature ».
Les réponses de Jean-Marc Mantel sont brèves, la plupart du temps. Elles vont toujours droit au but, empêchant notre mental de s’égarer, de se complaire dans les voies sinueuses qu’il affectionne. Nous avons beau avoir entendu maintes fois (et donc penser déjà connaître) le fond de tout ce qui se dit ici, en réalité, nous ne l’écoutons pas vraiment. Il est donc utile de se replonger, encore et encore, dans la vitalité de la parole qui se déploie dans cet ouvrage, afin que ce que nous sommes vraiment se rappelle à nous et que l’épaisseur de nos illusions diminue toujours davantage.
Pour terminer, voici quelques citations qui m'ont paru particulièrement incisives :
« Un fait constaté n’est pas un problème. Un fait interprété le devient. »
« La diversité est dans l’expression, mais non dans l’essence. »
« Le regard du Soi surplombe le moi, tout comme le sommet de la montagne surplombe la vallée. »
« L’action surgit comme la foudre dans le ciel, ne laissant ni doute, ni regret. »
« La lucidité est une fonction de la nature autolumineuse de la conscience pure. C’est elle qui reconnaît le faux. »
« Voyez que ce qui perçoit vos sensations, émotions et pensées ne dort pas. »
« Lorsque le sucre est plongé dans l’eau, il peut croire encore, pour quelque temps, à son autonomie, tant que la dissolution n’est pas complète. Une fois dissous, il n’y pas de sucre, juste de l’eau. Il en est de même pour la distance qui sépare le moi du Soi. »
« L’objet agit comme un miroir qui renvoie la conscience à elle-même. »
« C’est l’écoute elle-même qui est la plénitude silencieuse, à partir de laquelle le bruit et l’absence de bruit sont connus. »
« La lenteur est ce qui s’approche le plus de l’immuable. »
« La tristesse est l’ombre de la joie. »
« Voyez si c’est le moi qui cherche la plénitude, ou bien si c’est la plénitude qui se cherche elle-même. »
« La présence transcende la souffrance et son absence. »
« Le silence est le rire ultime. »
« La vie active est votre autel d’adoration. Elle est l’espace-temps qui permet l’expression de l’amour que vous êtes. »
Sabine Dewulf (docteur ès lettres, écrivain et psychanalyste)dimanche 19 novembre 2023
Porter le vivant
— Je dois vraiment travailler sur moi, et sur mes blessures.
— Ce que tu appelles « travail sur soi » est davantage une affaire d’exploration que de travail. Il est davantage question de douceur et de présence à soi, que de quantité et de dureté. Cette présence à soi d’où tout peut émerger et être enfin reçu, permet d’atteindre une profondeur de conscience qu’aucune fermeté, détermination, ou quantité de travail n’effleurera jamais.
Une immense main te porte, non pas vers ce que tu demandes, mais ce que tu as besoin de traverser pour parvenir à ta souveraineté. Ce chemin est un chemin de présence, car c’est dans la capacité à être pleinement présent avec tes émotions que le « travail » se fait. Il ne se fait pas en construisant des chemins de traverse ou des raccourcis, mais en apprenant à s’assoir droit dans le feu des émotions. Afin de devenir à ton tour la main qui porte le vivant.
🙏 Stephan Schillinger©️
Extrait des livres « Par un Curieux Hasard »
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samedi 18 novembre 2023
Busy ?
Trop occupé pour regarder cette vidéo ?
Besoin de s'occuper de son esprit...
vendredi 17 novembre 2023
Laisser la Vie vivre
jeudi 16 novembre 2023
Lumière sans confusion
Si dans une grotte plongée dans les ténèbres depuis des millions d'années on allume une bougie, immédiatement, sans aucune latence, les ténèbres disparaissent pour faire place à la lumière.
Les ténèbres n'ont pas d'existence, elles ne sont qu'une absence de lumière.
Il en est de même de notre confusion, aussi ancienne soit-elle, elle n'a pas d'existence en soi, c'est juste une absence de sagesse, une absence de connaissance transcendante. Ce que nous sommes fondamentalement, notre vraie nature est lumière, est sagesse, est connaissance. Mais cela ne peut être saisi, c'est insubstantiel.
Méditer c'est s'arrêter et laisser la lumière que nous sommes prendre place au sein des ténèbres de notre confusion. Sans aucune attente, sans aucun espoir et sans crainte, sans aucune volonté, laisser la lumière de notre sagesse inhérente éclairer notre ignorance. L'ignorance ne pourra pas résister à la bienveillance de notre sagesse, pas plus que les ténèbres ne peuvent résister à la lumière, aussi profonds et anciennes soient-elles. La lumière de la sagesse pourra alors dévoiler toutes les qualités d'amour, de compassion, de compréhension, de joie qui nous sont inhérentes et qui ne demandent qu'à fleurir si vous les arrosez de vigilance et d'attention.
Philippe Fabri
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mercredi 15 novembre 2023
La porte de la beauté
mardi 14 novembre 2023
Que signifie vraiment accepter ce qui est ?
En réalité, «l'acceptation de ce qui est» n'est pas une action, c'est l'état naturel et spontané de l'être qui est uni aux formes que prend la Vie en lui et autour de lui. Lorsque l’on parle d'accepter ce qui est, c'est avant tout en référence à un état de refus. Pour notre cheminement, «accepter» signifie donc «cesser de refuser». Mais creusons encore et définissons clairement ce qu’est un refus.
Parfois le cœur dit «oui, j'aime», parfois il dit «non, je n'aime pas». Ce n'est pas un problème en soi. Si le cœur est fluide et souple, ses mouvements subtils ne sont pas un problème. Le problème survient lorsque le «non, je n'aime pas» engendre un état de fermeture et de blocage : le cœur s'enfonce dans le non et la fermeture, des tensions internes se manifestent, des pensées stériles apparaissent en lien avec la situation et hypnotisent notre attention ; nous nous enfonçons alors dans la fermeture et la souffrance.
Le refus dont nous parlons est donc une sorte de dérapage et de dégringolade à partir d un "non, je n’aime pas" du cœur, qui aboutit à un amas de tension et de pensées, ces pensées exprimant un rejet de la situation présente.
lundi 13 novembre 2023
Espace de silence
On ne peut que vivre ce qui nous est donné de vivre, ne pas diriger, ne pas choisir. La seule possibilité est de faire confiance à ce silence qui nous guide. La méditation est dans cette ouverture à la vie qui se déroule. Les émotions peuvent encore traverser, la peur, la terreur, si présents dans la vie de la personnalité d'autrefois, mais une paix illimitée constitue l'arrière-plan de cette existence.
Il n'y a plus personne pour ressentir la peur ou l'enthousiasme, c'est ressenti. Tout est vécu à sa juste place, la souffrance, la compassion pour toute la création dans ses formes les plus terribles, dans ce grand cœur qui bat éternellement et qui est capable d'accueillir toute cette souffrance.
Cet espace, cette disparition de la personne, est la réalité de base, la toile de fond sur laquelle se déroule le film de l'existence.
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Yolande Duran, Amoureuse du Silence
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dimanche 12 novembre 2023
Arbre d'amour
"Hier après-midi, je suis tombé amoureux d'un arbre.
Il passe ses jours au bord d'une route départementale, à une dizaine de kilomètres d'ici. Son feuillage surplombe une partie de la route. En traversant l'ombre qu'il donne, j'ai levé la tête, regardé ses branches.
Comme à l'entrée d'une église, les yeux se portent d'instinct vers la voûte. Son ombre était plus chaude que celle des églises. Une des plus fines expériences de la vie est de cheminer avec quelqu'un dans la nature, parlant de tout et de rien.
La conversation retient les promeneurs auprès d'eux-mêmes, et parfois quelque chose du paysage impose le silence, impose sans contraindre.
L'apparition de cet arbre a fait surgir en moi un silence de toute beauté. Pendant quelques instants je n'avais plus rien à penser, à dire, à écrire et même, oui, plus rien à vivre. J'étais soulevé à quelques mètres au-dessus du sol, porté comme un enfant dans des bras vert sombre, éclaircis par les taches de rousseur du soleil.
Cela a duré quelques secondes et ces secondes ont été longues, si longues qu'un jour après elles durent encore. Je ne retournerai pas voir cet arbre - ou bien dans longtemps.
Ce qui a eu lieu hier m'a comblé. Il me semblerait vain d'en vouloir la répétition.
Vain et inutile : en une poignée de secondes, cet arbre m'a donné assez de joie pour les vingt années à venir - au moins."
Christian Bobin, Autoportrait au radiateur, 1997
samedi 11 novembre 2023
Bernard Campan et Denise Desjardins
"Plébiscité par le public français, Bernard Campan est acteur, scénariste, réalisateur et producteur.
Quand on lui a demandé de choisir deux femmes à nous présenter, cet ancien Inconnu nous a avoué avoir du beaucoup chercher. Et cela n’a rien à voir avec sa mémoire à lui, mais plutôt avec l’oubli dans lequel notre Histoire laisse sombrer des femmes extraordinaires.
Au micro de Donne-moi des Elles ce mois-ci, il a choisi d’évoquer la mémoire d’Olympe de Gouges et de Denise Desjardins, deux personnalités libres et engagées, l’une sur la voie révolutionnaire et l’autre sur la voie spirituelle. "
Je vous propose la partie sur Denise Desjardins en cliquant sur cette phrase.
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