mercredi 11 septembre 2019
mardi 10 septembre 2019
Paix... ici.
Interview de Douglas Harding de 1983
"Richard Lang : Est-ce que tu trouves que dans ta propre vie tu as atteint un sentiment de paix profonde à travers cette conscience ?
Cela ne pourrait pas être plus disponible, et ça ne pourrait pas être plus naturel ou familier pour nous. C’est là depuis toujours, et ça ne peut jamais être accompli, amélioré ou cultivé.
C’est simplement ici pour être contemplé.
Cette paix est notre véritable nature, ce n’est pas quelque chose que nous rencontrons.
C’est là où nous sommes, plus près que quoi que ce soit d’autre.
Nous ne venons pas à elle, nous venons d’elle. Pour la trouver nous devons nous permettre de revenir à l’endroit que nous n’avons jamais quitté."
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lundi 9 septembre 2019
Celui qui garde ses rêves...
J’ai passé quelques jours tout seul au bord d’une longue rivière. Il n’y avait ni TV, ni radio, ni littérature, ni beaux-arts, ni musique. Tout ce qui existait là était vivant. La musique vivait entre l’eau et le rocher, sur les lèvres d’une autre rosée rencontrant une rosée d’herbe vivaient les beaux-arts. La poésie vivait sur les antennes d’un insecte tâtant le sol. Le roman vivait dans le long voyage tranquille de cet insecte.
Tout ce qui existait là bougeait. L’eau, des feuilles d’arbre, des nuages, des oiseaux et de petits animaux bougeaient sans cesse et l’eau de pluie, les cris des insectes nocturnes, la lumière du jour et le clair de lune de la nuit et la lumière d’eau de la rivière et l’ombre de toutes ces choses bougeaient. Ce monde qui bougeait autour de moi faisait mouvoir mon corps en me repoussant. Tout mon corps exposé, je me mis à respirer en imitant la respiration des feuillages épais des arbres.
Enfin, j’ai pu savoir que même ma chair, étant vivante, respirait. Le corps qui respirait, dés qu’il se fut échappé des ordres compliqués de ma tête inquiète, se mit à être à l’aise. Mes épaules devenaient légères ; mes yeux devenant vifs, je pouvais voir des fruits d’arbre se cacher dans la toile d’araignée ainsi que le chant d’amour que créent les insectes en agitant leurs ailes. J’ai enfin compris que toutes les choses du monde bougeaient en une seule chose.
Toutes les choses du monde n’en formaient qu’une. Elles ne pouvaient être différentes. Alors je me suis décidé à rejeter la différence entre le grand et le petit. Je me suis décidé à rejeter la différence entre le visible et l’invisible, entre vivre et mourir. C’était une décision difficile pour moi-même. Quelques jours après, alors que je disais au-revoir à la rivière en quittant le rivage désert, elle s’est approchée de moi sans mot dire pour mettre quelques rivières claires et longues dans mon cœur. Alors je suis devenu rivière
Celui qui garde ses rêves - Mah Chong-gi
Peinture Marthe Brilman
« Alors qui suis-je maintenant ?
Un cornouiller à la peau crevassée
par le vent d’hiver sourit sans répondre.
Celui qui garde ses rêves est heureux. »
*****
Un cornouiller à la peau crevassée
par le vent d’hiver sourit sans répondre.
Celui qui garde ses rêves est heureux. »
*****
dimanche 8 septembre 2019
Talents...
samedi 7 septembre 2019
Vie...
jeudi 5 septembre 2019
Un peu d'écologie en extérieur
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mercredi 4 septembre 2019
Zazen : le pouvoir salutaire de la respiration naturelle !
Il existe quantité
d’exercices respiratoires inventés par l’homme et utiles à des objectifs
divers. On peut diverger d’opinions quant à leur justesse. Mais il
n’existe qu’un exercice indiscutable de ce qu’on appelle la respiration.
Cet exercice n’a pas été inventé par l’homme ; il lui est inné.
On l’appelle le Souffle; action vitale, infaisable, qui n’est pas du
ressort du Moi (qui fait mille choses) mais du ressort de l’être, de
l’acte être.
Toute personne qui pratique l’exercice appelé « zazen » est invitée à porter une pleine attention au va-et-vient qu’est le Souffle. Pourquoi ?
L’anecdote suivante me semble répondre, on ne peut mieux, à ce questionnement :
Peu de temps après son arrivée au Japon (1938) Graf Dürckheim s’est plongé dans le monde du Zen en pratiquant résolument deux exercices : zazen et le tir à l’arc traditionnel, le Kyudo. Pratiquant régulièrement zazen à côté d’un moine zen d’un certain âge, il lui demande: « Vous qui pratiquez zazen depuis plus de cinquante ans, que faites-vous au cours de cette assise en silence ? ». Le vieil homme sourit et lui dit « Oh vous savez, c’est toujours un peu difficile. J’essaie d’arriver à ce point où je laisse le souffle aller et venir, sans intervenir. Et ce qui n’arrête pas de m’étonner est que, lorsque j’y arrive … tout en moi se calme ! ».
Tout en moi se calme !
Rappel : Za signifie s’asseoir; zen signifie calme. Que fait la personne qui pratique zazen ? Rien !
Au cours de mes études à l’université, on m’a appris que la respiration - "fonction physiologique exclusivement corporelle" - peut favoriser une bonne santé et améliorer nos facultés et nos capacités dans le domaine du travail ou du sport; les exercices respiratoires, inventés par l’homme, contribuent à atteindre ces objectifs.
Une fois chez Graf Dürckheim, cet entendement a été rapidement bousculé : « Zazen ? C’est un exercice de métamorphose. Si on traduit cet idéogramme japonais par le mot méditation il faut ajouter qu’il s’agit de la méditation sans objet. Son sens est l’éveil de l’être humain à sa vraie nature, ce que j’appelle son être essentiel; il s’agit en fait de l’éveil à une réalité que nous sommes et qui est malheureusement trop souvent ignorée: notre propre essence ». Malheureusement ? « Oui. Parce que cette ignorance est la cause de la plupart de nos névroses. Zazen est donc un exercice de transformation de l’homme entier. Ce mouvement de métamorphose, c’est dans la respiration que nous l’expérimentons. Ce qu’on appelle la respiration est davantage qu’une alimentation de l’homme en oxygène; c’est l’action vitale absolue ».
L’éveil à notre vraie nature, à notre propre essence ?
Ni la pleine conscience de la respiration diaphragmatique ni la pratique d’un exercice respiratoire inventé par l’homme ne peuvent donner accès à notre vraie nature. Sans aucun doute ces pratiques permettent parfois de constater un certain apaisement, mais c’est le plus souvent une amélioration temporaire. Tant que la personne n’arrive pas à cette expérience mystérieuse — En ce moment "je inspire" et moi je n’y suis pour rien; en ce moment "je expire" et moi je n’y suis pour rien — il lui sera difficile et même impossible de faire l’expérience du grand calme intérieur. Un calme qui n’est pas que le contraire de l’agitation.
Toute personne qui pratique l’exercice appelé « zazen » est invitée à porter une pleine attention au va-et-vient qu’est le Souffle. Pourquoi ?
L’anecdote suivante me semble répondre, on ne peut mieux, à ce questionnement :
Peu de temps après son arrivée au Japon (1938) Graf Dürckheim s’est plongé dans le monde du Zen en pratiquant résolument deux exercices : zazen et le tir à l’arc traditionnel, le Kyudo. Pratiquant régulièrement zazen à côté d’un moine zen d’un certain âge, il lui demande: « Vous qui pratiquez zazen depuis plus de cinquante ans, que faites-vous au cours de cette assise en silence ? ». Le vieil homme sourit et lui dit « Oh vous savez, c’est toujours un peu difficile. J’essaie d’arriver à ce point où je laisse le souffle aller et venir, sans intervenir. Et ce qui n’arrête pas de m’étonner est que, lorsque j’y arrive … tout en moi se calme ! ».
Tout en moi se calme !
Rappel : Za signifie s’asseoir; zen signifie calme. Que fait la personne qui pratique zazen ? Rien !
Au cours de mes études à l’université, on m’a appris que la respiration - "fonction physiologique exclusivement corporelle" - peut favoriser une bonne santé et améliorer nos facultés et nos capacités dans le domaine du travail ou du sport; les exercices respiratoires, inventés par l’homme, contribuent à atteindre ces objectifs.
Une fois chez Graf Dürckheim, cet entendement a été rapidement bousculé : « Zazen ? C’est un exercice de métamorphose. Si on traduit cet idéogramme japonais par le mot méditation il faut ajouter qu’il s’agit de la méditation sans objet. Son sens est l’éveil de l’être humain à sa vraie nature, ce que j’appelle son être essentiel; il s’agit en fait de l’éveil à une réalité que nous sommes et qui est malheureusement trop souvent ignorée: notre propre essence ». Malheureusement ? « Oui. Parce que cette ignorance est la cause de la plupart de nos névroses. Zazen est donc un exercice de transformation de l’homme entier. Ce mouvement de métamorphose, c’est dans la respiration que nous l’expérimentons. Ce qu’on appelle la respiration est davantage qu’une alimentation de l’homme en oxygène; c’est l’action vitale absolue ».
L’éveil à notre vraie nature, à notre propre essence ?
Ni la pleine conscience de la respiration diaphragmatique ni la pratique d’un exercice respiratoire inventé par l’homme ne peuvent donner accès à notre vraie nature. Sans aucun doute ces pratiques permettent parfois de constater un certain apaisement, mais c’est le plus souvent une amélioration temporaire. Tant que la personne n’arrive pas à cette expérience mystérieuse — En ce moment "je inspire" et moi je n’y suis pour rien; en ce moment "je expire" et moi je n’y suis pour rien — il lui sera difficile et même impossible de faire l’expérience du grand calme intérieur. Un calme qui n’est pas que le contraire de l’agitation.
Jacques Castermane
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mardi 3 septembre 2019
Samadhi...
Prenez une corde avec une pierre attachée au bout et faites-la tourner. Que voyez-vous'? Un cercle. Mais c'est une pierre et un morceau de corde. C'est la pierre qui en tournant crée l'illusion du cercle. La grossièreté de votre vision vous empêche de percevoir les différentes positions de la pierre. D'où l'apparence du cercle. C'est une illusion, un phénomène non une substance. La pierre et la corde sont réelles. Le cercle est irréel. De même au cinéma, notre vue est grossière. Nous ne pouvons distinguer entre les différentes images qui sont projetées sur l'écran, une à une. En apparence, un homme lève les bras, frappe son ennemi etc... Mais l'action que nous voyons n'a pas lieu. C'est seulement une impression, une apparence, personne ne frappe personne. Des images différentes apparaissent sur un écran. La grossièreté de notre vision nous empêche de percevoir les images séparées. Nous voyons une action là où il n'y en a pas.
De même dans le monde. On l'appelle Jagrat: ce qui bouge bouge.
C'est le samsara fuyant et éphémère. Il n'y a pas de rivière, il y a seulement un écoulement. Bien que rien ne se passe, vous avez l'illusion d'un monde: parce que tout change, il n'y a jamais d'entité. Tout ce que nous voyons est pure impression, apparence, phénomène, nom et forme. Il y a un changement continuel dans le monde extérieur : bonheur d'un côté, malheur de l'autre, plaisir et souffrance, chaleur et froid, douceur et brutalité, amour et haine etc... Partout la dualité. Rien n'est monotone. Observer la nature est extrêmement intéressant et ce n'est pas peine perdue. A chaque seconde tout est nouveau. Si tout dans ce monde est nom et forme et évanescent y a-t-il une base au moins à ces apparences? Y a-t-il quelque chose de réel et de permanent, quelque chose qui ne change pas? Oui.
C'est l'arrière plan, sur lequel se produisent ces changements, qui est réel. Le cercle est une illusion. La pierre est réelle. Les images sont vraies, mais l'action déployée est irréelle. L'observateur perçoit ce changement. La vision qui perçoit le changement ne change pas. Ceci est permanent, c'est la substance. Aussi faites en sorte de percevoir et ressentir le changement dans chaque chose. Alors rien ne vous affectera, ne vous bouleversera, parce que vous savez que tout est simple phénomène et apparence. Quelle que soit l'apparence, vous demeurez calme, serein et désintéressé. C'est cela le samadhi: vous êtes lucide mais non affecté.
Entretiens avec S. Prajnanpad publiés par R. Srinivasan, L’originel, p. 62-63. Jacques Martin
C'est le samsara fuyant et éphémère. Il n'y a pas de rivière, il y a seulement un écoulement. Bien que rien ne se passe, vous avez l'illusion d'un monde: parce que tout change, il n'y a jamais d'entité. Tout ce que nous voyons est pure impression, apparence, phénomène, nom et forme. Il y a un changement continuel dans le monde extérieur : bonheur d'un côté, malheur de l'autre, plaisir et souffrance, chaleur et froid, douceur et brutalité, amour et haine etc... Partout la dualité. Rien n'est monotone. Observer la nature est extrêmement intéressant et ce n'est pas peine perdue. A chaque seconde tout est nouveau. Si tout dans ce monde est nom et forme et évanescent y a-t-il une base au moins à ces apparences? Y a-t-il quelque chose de réel et de permanent, quelque chose qui ne change pas? Oui.
C'est l'arrière plan, sur lequel se produisent ces changements, qui est réel. Le cercle est une illusion. La pierre est réelle. Les images sont vraies, mais l'action déployée est irréelle. L'observateur perçoit ce changement. La vision qui perçoit le changement ne change pas. Ceci est permanent, c'est la substance. Aussi faites en sorte de percevoir et ressentir le changement dans chaque chose. Alors rien ne vous affectera, ne vous bouleversera, parce que vous savez que tout est simple phénomène et apparence. Quelle que soit l'apparence, vous demeurez calme, serein et désintéressé. C'est cela le samadhi: vous êtes lucide mais non affecté.
Entretiens avec S. Prajnanpad publiés par R. Srinivasan, L’originel, p. 62-63. Jacques Martin
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lundi 2 septembre 2019
Pour commencer la semaine
Un morceau à deux pieds pour la rentrée de demain...
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dimanche 1 septembre 2019
Espace de respiration
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samedi 31 août 2019
L'espace de la réponse...
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vendredi 30 août 2019
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