Après cette Saint Valentin, je voulais vous dire que j'aime...
les arbres !
Après cette Saint Valentin, je voulais vous dire que j'aime...
les arbres !
Mythe de la liberté et voie de la méditation - Chogyam Trungpa
-------------
Du coup la malheureuse bête émet des miaulements pathétiques tout en tentant des amorces de descente pour le moment infructueuses. Ce spectacle me frappe comme une métaphore de notre condition. Emportés par nos aveuglements émotionnels, nous sommes très prompts à nous mettre dans des situations dont nous sommes ensuite bien en peine de nous extirper. Nous sommes toujours prêts à monter à toute blinde sur l’arbre en haut duquel nous nous retrouvons coincés, ne sachant plus comment parcourir le chemin inverse sans nous faire très mal. La réaction selon Swamiji : des actions que nous posons à toute vitesse , sans réfléchir aux conséquences dont nous ne voulons pas et qui nous laissent dans la posture d’une misérable bête miaulant dans le vide en haut de son arbre, sous les regards à la fois apitoyés et au final assez indifférents - à moins que englués dans la posture romantique du sauveur - des passants qui ont autre chose à faire, leurs propres arbres à escalader…
Gilles Farcet
-----------------
photo personnelle.
Personne ne parvient au sommet
de la plus haute montagne.
Personne ne comprend ce lieu mystérieux.
Ni Bouddha, ni Dieu,
Aucun saint, aucun sage ne peut l’exprimer
Par la vertu de l’éloquence,
Ni même par le silence.
Etudiant profondément et poussant loin nos recherches
Que nous arrivions en ce lieu,
Même si nous regardons tout le jour,
C’est comme si nous n’avions pas d’yeux.
Même si nous écoutons toute la nuit,
C’est comme si nous n’avions pas d’oreilles.
Mélodie d’une harpe sans corde,
Ou d’une flûte sans trou,
Cette musique émeut les cœur les plus froids,
Son harmonie bouleverse l’esprit le plus ironique.
Le sujet et l’objet disparaissent tous deux,
L’activité des phénomènes et la profondeur de la sagesse
S’assoupissent.
Il n’y a plus d’anxiété, de projet, de calcul,
On ne pense plus.
Le vent tombe, les vagues disparaissent,
L’océan se calme.
Avec le soir, la fleur se referme, les gens s’en vont,
Alors la paix de la montagne devient profonde.
extrait de : La pratique du Zen par Taisen Deshimaru
--------------
Le rôle du poète et du poème, c'est aider l'autre à trouver sa poésie, à faire en sorte de vivre sa vie dans cette présence à soi et aux choses au cours des actes les plus quotidiens : préparer son café, seul le matin dans une cuisine, aller au travail, regarder un pigeon qui passe, une pierre qui roule... Trouver à la vie - sa vie - une certaine tonalité, un certain prolongement, une certaine exaltation ; vivre tout évènement quotidien dans les coordonnées de l'éternité, c'est pour moi la poésie."
Guillevic (Vivre en poésie - ou l'épopée du réel)
--------------
Je ne sais pas pourquoi je suis venu,
Je n’ai pas de bagages.
Les nuages me soufflent mon discours
Et la Terre absorbe mes pensées
Et constamment je me reconnais.
Yvan Amar - Les nourritures silencieuses
-----------------
Laissez le repos qui suit être un véritable lâcher-prise.
Ne vous précipitez pas vers l'inspiration, donnez-vous à ce repos.
L'inspiration jaillit naturellement, sans besoin.
Le souffle sacralise le corps.
Ne vous pressez pas ! L'apprentissage du pranayama est gratuit.
N'attendez rien!
Soyez tout écoute.
Découvrez votre sensibilité naturelle.
Cet art, dans sa subtilité, tel qu'il est enseigné au Cachemire, est illimité.
La richesse de la création est infinie et tous ses aspects sont soutenus par l'énergie, le souffle, prana.
Découvrez-la!
le yoga tantrique du cachemire/e.baret/le relié poche
Œuvre de Gérard Beaulet
-----------------
Le quotidien comme exercice
Toute action, dans la journée, n'a pas seulement un sens
extérieur par rapport au monde. Elle contient aussi un sens intérieur : c'est
la façon dont elle est accomplie. Et, dans ce sens intérieur se trouve, pour
l'homme, la possibilité d'être et de se sentir en contact avec son être
essentiel, sa vraie nature d'être humain ». (K.G. Dürckheim)
Graf Dürckheim raconte une anecdote qui pourrait nous
intéresser lorsqu'on pratique l'exercice appelé zazen ; également lorsqu'on
pratique et enseigne une discipline artistique, artisanale ou martiale qui a
ses racines dans les traditions de l'Orient ou de l'Extrême-Orient (Kyudo,
Chado, Yoga, Taï Chi-Chuan, etc.)
« Au Japon, je pratiquais le Kyudo (le tir à l'arc) sous
l'œil vigilant de mon maître Kenran Umeji depuis deux ans lorsqu'il me demande
— Alors Dürckheim, quand faites-vous votre exercice ?— Ce n'est pas sans une
certaine fierté que je lui réponds que je pratique une heure chaque matin. Je
n'attendais pas d'être complimenté mais ce qu'il m'a dit m'a désarçonné : —
Dans ce cas vous n'avez encore rien compris à ce que nous appelons l'exercice
sur la Voie, il faut le faire toute la journée —.
Maintenant, je peux vous dire que si je lui avais répondu
que je pratique toute la journée il m'aurait certainement dit —Dürckheim vous
n'avez encore rien compris à ce que nous appelons l'exercice sur la voie, il
fait le faire une heure chaque jour! »
Pratiquer une heure chaque jour ?
Par exemple zazen et la marche momentanéisée appelée
Kin-Hin.
ZAZEN : être là assis, dans la tenue juste (la verticalité
intérieure), la forme juste (ni crispé ni avachi mais dans un rythme tension /
détente qu'on peut envisager comme étant la respiration du tissu vivant) et,
absolument immobile, exercer la pleine attention au fait que, en ce moment -je
inspire- ... que en ce moment -je expire- (et que Moi je n'y suis pour rien).
KIN-HIN : exactement le même exercice mais, cette fois, en
marchant.
Lorsqu'on apprend un exercice en étant accompagné par un
maître Zen, arrive ce moment où on découvre que l'exercice que nous apprenons
nous apprend ce que et qui nous sommes. Découverte, expérience que : « Corps
que Je Suis ». Et que ma manière d'être en tant que corps vivant est l'expression
de mon vécu intérieur : calme ou agité ...ouvert ou fermé ... confiant ou
méfiant ... patient ou impatient.
Nous ne sommes pas éduqués à voir qu'une action qui a un but
extérieur peut, en même temps, avoir un sens intérieur. Par exemple, chaque
matin il me faut marcher du domicile au parking où est garée ma voiture. Si une
personne, qui se dit en chemin, fais ces 100 pas, dans le seul but de rejoindre
sa voiture, ils sont ...perdus. Par contre, je peux envisager ce déplacement
comme étant un exercice dans le champ du quotidien. L'acte de marcher est
l'occasion de me mettre en ordre intérieurement.
Comment ? En faisant chaque pas dans la tenue corporelle
juste, la forme juste (ni crispé ni avachi) et en me déplaçant dans un rythme
qui me libère de cette névrose qui consiste à tout faire vite. Là où est le
vivant il y a le rythme, là où est le rythme je suis en contact intime avec ce
qu'on appelle l'être qui fait que tout ce qui est ... EST et devient ce qu'il EST.
Notre vie intérieure n'est pas seulement le reflet de nos
états d'âme ou de notre état d'esprit. Sur le chemin de l'accomplissement de
notre vraie nature, notre manière d'être en tant que corps témoigne de notre
manière d'être en tant que personne. Chaque geste, chaque attitude corporelle,
est une autoprésentation de nous-même en tant que personne.
L'expression "je me sens en forme" à un sens très
profond que nous ignorons. C'est ce moment de la journée où je me sens en ordre
intérieurement, tout simplement en ordre, parce que en contact avec ma vraie
nature, ce que Graf Dürckheim désigne comme étant notre être essentiel.
Jacques Castermane
******************
Une situation doit être acceptée comme elle vient. C’est cette acceptation qui invariablement procure la joie : l’acceptation des situations favorables et défavorables. « Oui, c’est ainsi maintenant ; c’est ce qui est arrivé. » Ensuite, faites ce qui est en votre pouvoir et en accord avec les circonstances -le cœur rempli de joie-, ferme dans l’action et stable dans l’esprit ! Quand une situation est apparue, elle est apparue. Et ensuite ? Acceptez, acceptez, acceptez ! Puis agissez, c’est tout. Quoi d’autre ? Voici la clé vers la joie. C’est le cadeau de la parfaite connaissance !
Swâmi Prajnânpad
Lettre à un disciple
-------------------------