mercredi 27 mai 2020

Reliure intérieure


"Quand le regard n'est plus tourné vers le dehors,
mais vers le dedans,
on contemple le mystère :
la conscience, l'âme.
C'est cela, voir l'Immense !
Et si l'on demande :
"Qu'y a-t-il donc de spécial
dans cette vision ?"
La réponse est que l'on atteint alors
et d'un seul coup la satisfaction de tous les désirs !
Tous les êtres
désirent les plaisirs des sens.
Or la Révélation dit
que ces plaisirs ne sont que
des reliques du plaisir de l'Immense."

Vidyâranya, 
L'Illumination de la science du clan de la perdrix, 22-24

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Méditation et Kinhin avec Taisen Deshimaru




Taisen Deshimaru, était un maître bouddhiste zen japonais de l'école Soto. Il est le fondateur et le principal inspirateur d'une multitude de dojos et de groupes zen en Occident. Vous pouvez écouter Arnaud Desjardins nous parler de lui :



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mardi 26 mai 2020

En ce corps par Ma Anandamayi

Petite fille, ma grand-mère m'appelait "La Distraite".
Un jour, elle me demande d'aller laver un pot et ajoute en manière d'avertissement :
Amène seulement le pot cassé... et tu verras !!
Je vais à la fontaine. Là, alors que je parlais à un arbre, le pot me tombe des mains et se brise avant que je m'en aperçoive. Je ramasse scrupuleusement chaque fragment et retourne à la maison.
Ma grand-mère me dit :
Mais qu'est-ce que tu me rapportes ?
Tu m'as dit de ramener le pot cassé. Le voilà.
Ma grand-mère, loin de se mettre en colère, eut du mal à réprimer son rire.
Il fut un temps où si quelqu'un s'inclinait devant moi, je ne pouvais faire autrement que de m'incliner jusqu'à ses pieds.
Ce pouvait être dans mon dos et de très loin, si quelqu'un s'inclinait, même si je n'avais rien vu, ma tête d'elle-même s'inclinait. Maintenant, je laisse chacun faire, sans plus.
En fait, c'est à Dieu même que vous adressez votre hommage.
Vous pouvez m'apprécier ou non. Mais moi, je ne peux absolument pas me passer de vous ! (elle éclate de rire)
Pendant longtemps je n'ai rien mangé.
La nourriture ne m'évoquait rien.
C'est en voyant un jour un chien engloutir une bolée de riz que je me suis réalimentée.
Ma main ne sait pas me donner à manger. On m'a souvent demandé pourquoi. On mange pour préserver sa vie. Je n'ai pas le moindre élan pour préserver ma vie. J'ai essayé quelques jours de manger "toute seule", mais je porte la nourriture à la bouche "des autres". Ayant vu cela, ils ont préféré m'alimenter !
Le sanskrit bien sûr, mais aussi tous les autres langages me sont une fois ou l'autre venus aux lèvres. Je communiquais ainsi avec les saints des contrées lointaines, dans leur propre langage.
Ce n'est pas nécessaire de passer par les lettres et les mots pour comprendre un langage. Quels que soient les gens qui m'environnent, leurs pensées captent mon attention, et leur langage émerge directement en moi.
Une chienne ne me quittait plus. Elle écoutait les chants, sa tête posée sur mes genoux. Quand j'intervenais pour dire quelque chose, elle se couchait à mes pieds et écoutait. Parfois elle bondissait et japait pendant les chants. C'était sa façon de danser et de chanter. Quand elle avait sa tête sur mes genoux, elle attendait la fin des chants pour se redresser, prête à recevoir avec tous ceux assemblés sa part d'offrande. Un jour elle accoucha. Elle ne manqua pas les chants du soir et revint vers ses petits aussitôt après. Il en fut ainsi tout le temps de mon séjour. Un chevreau vint se joindre à elle. Le soir, pendant les chants, j'avais sur un genou la tête de la chienne ; sur l'autre genou, la tête du chevreau...
Si vous considérez que je sais tout, cela rend toute communication impossible entre vous et moi. Si je sais tout, que puis-je vous demander ?
Les questions anodines, laissez-moi vous les poser, même si je connais la réponse !
Je suis une vagabonde qui ne tient pas en place dites-vous... Vous considérez que je vais deci delà parce que vous êtes vous-même soumis au va-et-vient. En réalité, je suis à la même place. Je ne fais que me déplacer chez moi. Quand vous êtes chez vous, restez-vous tout le temps dans un fauteuil ? Vous aussi, vous allez d'une pièce à l'autre. Je ne fais rien de plus. Je suis chez moi. Nulle part ailleurs.
Qui a le pouvoir de venir à moi, à moins que je ne l'attire ?
Je ne vous réponds pas. Cela vient à ma bouche. La réponse est "à vous" comme vos questions sont "à vous".
Je suis votre enfant.
Vous m'offrez de l'eau fraîche. Je la bois.
Vous me donnez de l'eau sale, je la filtre pour vous.
Je ne dis jamais, je reviendrai vous voir, ou je ne reviendrai pas...
Je dis : "je suis dans ce corps." Si vous me ramenez, je reviens.
De nombreuses âmes - pas seulement les plus pures... - viennent à moi. Je les rencontre, chacune selon son mode de compréhension.
Je suis l'univers jusqu'à la moindre poussière, au moindre insecte.
Vous me demandez si vous êtes proches de moi, alors que je vis en totalité.
Vous, mais aussi ceux qui ne m'ont jamais vue, ceux qui n'ont jamais entendu parler de moi, traversent ma vision quand ils sont dans le besoin. Alors je fais le nécessaire.
J'insiste :
Prenez contre votre poitrine cette enfant. Vous trouvez plus commode de l'appeler MERE. Vous la tenez ainsi à distance respectueuse. Une mère est une femme âgée. Vous ne serrez pas contre vous avec toute votre ferveur une femme âgée, n'est-ce pas ? Ma prière est que vous me regardiez comme votre fille et me teniez de toutes vos forces embrassée.
Jamais je n'insiste pour qu'on écoute ou suive mes conseils. "Ce corps" prononce ce que vous lui faites dire. Certains trouvent dans ces mots l'élan qu'ils cherchent. D'autres ne trouvent rien car ils ne cherchent pas vraiment.
Si je vous demande de ne pas trop vous préoccuper de savoir qui est "ce corps", ce n'est pas tant pour que vous imaginiez qu'il est tellement supérieur ! Vous pouvez l'envoyer au Diable ou le traiter si vous préférez comme l'idiot du village... (rires)
Parfois un robinet soupire à fendre l'âme. Hier dans la cour c'était le cas. j'étais convulsée de rire à l'entendre. Je dois avoir un écrou déserré dans la tête ! Il n'y avait pas de quoi rire... Cela traverse "ce corps" sans raison. Tout peut m'arracher un rire. Alors les tentatives de me ramener au calme ne font que jeter de l'huile sur le feu.
Il est venu ici sous tant de formes pour s'offrir à cette mendiante (elle se montre elle-même).
A tous, cette mendiante demande une seule chose : méditez sur Dieu. Il s'est manifesté comme le monde entier. Il est tout entier le carnaval de cet UN.
Pour moi, Il y a un seul maître-son résonnant dans tout l'univers.
Je considère toutes les mains comme les miennes. En réalité je mange toujours de ma propre main.
Ce corps n'est qu'une poupée. Vous voulez jouer avec elle... elle joue.
Ce corps est toujours dans le même état, non changeant. Votre disposition vous fait considérer une phase de son comportement comme ordinaire ou extraordinaire.
Une personne demanda :
Ma, quelle sorte de rêves avez-vous ?
Elle répondit :
Dormir n'est possible qu'au stade de l'ignorance. Quand il n'y a pas d'ignorance, il n'y a pas de sommeil. Comment pourrait-il y avoir des rêves ? Mais si vous dites que tout est rêve alors c'est autre chose !
Y a-t-il une différence essentielle entre moi-même et vous-même ?
Seulement parce qu'Il est existe un JE et un VOUS.
Réellement, dans ce corps, rien n'existe qui soit de l'ordre du désir et du manque.
Une graine a-t-elle le désir de faire un arbre ? Un arbre a-t-il le désir de nous abriter dans la fraîcheur de son ombre ?
Des émotions surgissent dans ce corps selon vos besoins.
Chaque question n'obtient pas toujours sa réponse. Vous n'êtes pas toujours capables de me faire donner une solution absolue. Peut-être que cela ne servirait à rien qu'il en soit autrement.
Je n'agis pas, comme vous le faites, poussée par ma volonté. Cela arrive comme cela arrive de tout temps.
Quand l'écorce de l'arbre fut entamée, ce corps reçut la blessure et ressentit la souffrance.
Laissons cela. Si l'on évoquait plus longtemps de tels événements en sa présence, ce corps se raidirait probablement.
Ici, n'est-ce pas... Tout ce qui devait arriver est arrivé. Tout ce qui était désiré par vous tous, pour votre bénéfice, est accompli.
Savez-vous ce qu'il en est de ce corps ?
Tous les "noeuds" internes sont défaits. C'est pourquoi quand une maladie l'attaque, elle l'investit totalement. Tout est dénoué, jusqu'à la racine de chaque cheveu. Aussi les maladies peuvent venir sans entrave. Mais quand le remède vient, il se répand tout aussi facilement.
Ici... (Elle se montre elle-même) Rien qui soit de l'ordre de donner, prendre et même servir... Sur votre plan, vous avez peut-être cette impression !
Je n'ai pas la place de me retourner. On ne peut aller nulle part où Il ne soit.
Ce corps est une marionnette - il joue ce que vous lui faites jouer.
Ce corps répond aussi au cri fervent de ceux qui ne l'ont jamais rencontré.
Quel que soit le Nom sous lequel vous voulez chercher Dieu, cette enfant vous souhaite la bienvenue du fond du cÏur.
Je ne fais ni ne dis rien avec un motif ou par effort de volonté. Ce sont vos pensées ou désirs qui font dire ou faire des choses à ce corps pour votre bénéfice.
Je vois souvent ce qui va arriver dans le futur, mais souvent aussi les mots ne viennent pas.
Je n'ai aucun besoin de faire ou dire quoi que ce soit. Il n'y a jamais eu aucun besoin. Il n'y en a pas maintenant. Il n'y en aura pas non plus dans le futur.
Ce que vous voyiez manifesté en moi dans le passé, ce que vous voyez maintenant, ce que vous verrez dans le futur, est pour le bien de tous.
Si vous cherchez ce qu'il y a de particulier en ma personne, je dois vous dire que le monde entier est ma personne...
Ma volonté serait irrésistible si je l'exprimais !
Qui est ANANDAMOYI ?
Qui est "envahi de joie" ?
Lui dans toutes les formes, éternellement intronisé au cœur de tout être. En vérité, Il demeure partout. Ayant vu Cela, atteint Cela, tout est vu, tout est atteint. Ce qui signifie : être sans peur, sûr, libre de tout conflit, immuable, impérissable.
"Ce corps" ne fait venir personne à lui, n'écarte personne, il ne parle à personne, ne prend la nourriture de personne.
Qui suis-je ?
On peut dire qui l'on est si l'on a une perception de soi-même.
Je n'ai en rien cette perception.
Alors je suis ce que vous voulez que je sois.
Ma Anandamayi

lundi 25 mai 2020

Chemin de Paix


Combien d'obstacles avant de trouver la Paix ?

Vous pouvez passer les moments de musique s'ils sont des obstacles pour bien écouter cette vidéo ;-) :

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dimanche 24 mai 2020

Méditation taoïste : la culture de soi et ses enzymes traditionnelles


La méditation taoïste est une méthode permettant de modifier la qualité de son énergie et de sa fréquence vibratoire. L’idée générale est de passer de l’état Yin, proche de la matière et de l’incarnation, à un état Yang, proche du réel ultime source de toute manifestation, jusqu’à fusionner avec lui. De là se dégage l’idée de trouver la partie « immortelle » en nous, étant donné qu’au stade de fusion avec le réel ultime (le Vide selon la terminologie taoïste), le temps et l’espace n’existent pas encore. Nous retrouvons ainsi notre « corps de gloire », ou notre esprit originel, selon la terminologie que l’on veut adopter.
Ceci est donc le projet global et la spiritualité taoïste a développé une méthode, précise, pour arriver à ce résultat. Cette méthode constitue l’axe principal du travail.
Cependant, la tradition lui ajoute deux éléments majeurs dont on entend très peu parler en Occident et qui rappellent l’idée de « culture », au sens de cultiver. En anglais, on parle souvent de « Self-cultivation », un terme qui s’applique merveilleusement bien à la méditation taoïste, mais qui sonne moins bien en français, quand on veut le traduire.
Ici, « cultivation », ou culture, réfère non pas à la culture telle qu’on la conçoit habituellement en Occident. Il ne s’agit pas d’un ensemble de connaissances livresques ou intellectuelles servant à débattre entre gens de bonne compagnie. Non, il s’agit ici d’un terme de jardinage. Qui se poursuit ensuite assez naturellement dans des termes issus de la cuisine. Comme on le voit, ce sont deux champs très expérientiels, sensitifs, faits avant tout d’un savoir transmis souvent de génération en génération et « incorporé ».
La méditation taoïste, même si elle est appuyée sur un certain nombre de concepts, techniques et méthodes, n’est pas une construction intellectuelle. Elle est au contraire une expérience sensorielle, subtile, dont la méthodologie suit une logique analogique basée sur une fine observation de la nature et de ses processus.
Pour cette raison, sa méthode principale utilise conjointement et intelligemment des connaissances issues d’autres champs du savoir métaphysique taoïste, pour optimiser son processus, un peu comme on utilise des enzymes pour favoriser certaines réactions chimiques qui prendraient un temps infiniment plus long sans cette aide.
Quels sont ces ingrédients ? Ils sont principalement de deux catégories.
La première est l’aide du Xuan Xue 玄学, c’est-à-dire la science (ou proto-science) des Talismans (Fu), mudras, mantras et parfois certaines marches sacrées spécifiques, qui utilisent très souvent des successions de pas liées à des constellations.
A quoi sert cette première catégorie d’enzymes ? A trois choses différentes.
1) Dans les processus initiaux, cette aide permet d’une part de protéger la pratique, et d’autre part « d’arrêter les saignements », c’est-à-dire, métaphoriquement, toutes les pertes d’énergie. Précisons que dans les arts du mystère chinois, « saignement » réfère à toute perte vitale, mais pas seulement sur un plan purement biologique. Au sens symbolique, toute perte significative récurrente est un saignement : perte d’argent, perte d’objets, pertes de relations ou de partenaires, de jobs, perte d’énergie sur problèmes émotionnels récurrents, etc..
Tout cela constitue un « saignement » qui empêche le calme du Cœur nécessaire à la pratique. Rappelons ici que le Cœur est justement nourri par le Sang, et si celui-ci fait défaut, que ce soit au sens propre ou figuré, ses fonctions ne pourront pas se stabiliser et les instances psychiques ou universelles qui lui sont liées, comme le Shen (Esprit), demeureront instables. Cet arrêt du « saignement » est donc primordial, et va bien au-delà du simple contrôle de l’éjaculation ou de l’arrêt des règles (décapiter le Dragon Rouge) que l’on voit cités dans tous les manuels, mais qui ne sont que des aspects spécifiques et matérialistes de l’étape de « L’arrêt du saignement ».
Dans cette première étape, donc, les Fu utilisés et consommés selon un mode précis visent essentiellement à aider le pratiquant à arrêter de « saigner » et à le protéger.
2) Une fois que les pertes sont arrêtées et que l’énergie du pratiquant s’est stabilisée et a retrouvé un degré d’intensité au moins normal (aidé parfois par des pratiques corporelles que je ne détaille pas ici), on peut alors commencer un travail spécifique sur le changement qualitatif, et plus uniquement quantitatif, de notre énergie. A ce stade, on utilise beaucoup les mantras ou incantations, de pair avec les talismans, qui visent à purifier les énergies et à nous débarrasser des « impressions » du passé. Non pas que l’on veuille effacer nos souvenirs, mais le travail vise à enlever tout ce qui pourrait constituer un blocage d’énergie et une entrave à sa libre circulation. A ce stade, la nature des talismans change et on utilise d’autres « jeux », de manière cyclique.
3) Enfin, dans un stade ultérieur, on utilise conjointement marches, mudras, mantras et Fu qui sont alors plutôt utilisés pour amener quelque chose que l’on pourrait qualifier de « lumière » dans le corps du pratiquant, mais constitue également un lien, un canal avec le divin ou le réel ultime. Ce sont des Fu qualifiés de pur Yang dans la tradition. Dans cette phase, la qualité vibratoire du pratiquant est très élevée et très subtile, et comme sa fréquence et sa « longueur d’onde » s’est rapprochée suffisamment du divin, par résonance, des messages peuvent passer d’un plan à l’autre, du divin à l’humain ou de l’humain au divin.
Précisons peut-être pour finir cette première partie enzymatique, que ces trois étapes sont découpées ici pour des raisons didactiques, mais qu’en réalité, les choses sont plus subtiles que ça et que c’est le maître ou l’enseignant spirituel en charge de la personne qui observe et donne les aides au bon moment. Ou ne les donne pas, s’il ou elle estime que le pratiquant n’a pas fait son job de son côté.
Passons maintenant à la deuxième catégorie d’aide : il s’agit de l’aide des sciences métaphysiques qui calculent la spatio-temporalité. En alchimie interne (méditation taoïste), celle que l’on utilise spécifiquement est le Qi Men Dun Jia, une méthode de stratégie qui calcule comment poser la bonne action au bon moment pour un pratiquant en particulier. Ces calculs découlent en effet en partie de la date et du lieu de naissance du pratiquant, c’est-à-dire du « flash » énergétique qui l’a imprégné au moment de son arrivée dans le monde et qui a influencé la constitution de sa trame énergétique.
Revenons un instant au jardinage : savoir que l’on veut planter des carottes ou des laitues et avoir les bonnes semences, le bon matériel et la bonne méthode d’ensemencement est une chose, mais si on ne respecte pas le bon endroit pour planter (son ensoleillement, par exemple) et le bon moment (automne, ou printemps), il y a de fortes chances que la récolte soit altérée voire même nulle. Il s’agit donc d’agir au bon moment et au bon endroit.
En pratique, on calcule donc un certain nombre de fenêtres temporelles, liées à un emplacement spécifique ou à une direction spécifique, propres au pratiquant et à lui seul, qu’on lui communique à intervalles réguliers. Il peut s’agir de fenêtre temporelle courtes mais fréquentes (souvent des intervalles de deux heures, présents plusieurs fois durant un mois) ou alors de périodes plus longues, annuelles, qui couvrent plusieurs jours de suite. Par exemple, cette année, mon maître m’avait communiqué une fenêtre temporelle de 5 jours au mois de mars pour aller pratiquer sous sa supervision. A cause du Covid, j’ai raté cette fenêtre, et la pratique spécifique est donc reportée d’un an.
Cette deuxième forme d’aide est donc très importante, car elle optimise nos efforts. En taoïsme, on évoque souvent les Trois Chances : la chance du Ciel, la chance de la Terre et la chance de l’Homme. La Chance de l’Homme, c’est-à-dire nos efforts personnels, le soin que nous prenons à pratiquer sincèrement, ne constitue que 1/3 de l’ensemble des circonstances produisant un résultat.
En utilisant conjointement ces autres aides, c’est comme si nous alignons simultanément les « Trois Chances » pour un seul objectif et cela favorise considérablement le processus de transformation global. On entend parfois dire, dans les cercles taoïstes, qu’une pratique de méditation de deux heures, au bon endroit au bon moment, permet de faire plus de progrès qu’une pratique de cent jours qui n’est pas orientée.
Comme on le voit, les termes liés au jardinage et à cette forme de la culture sont donc particulièrement appropriés quand on les applique à la méditation taoïste. L’art de la culture de la terre doit en effet tenir compte de la qualité du sol, des semences, de la technique et des instruments, mais également de protéger les récoltes et de planter les bonnes choses au bon endroit et au bon moment. Si nous ne prêtons pas attention à l’ensemble de ces facteurs, nos efforts seront moins optimisés et nous devrons mobiliser beaucoup plus de temps et d’énergie pour arriver au même résultat.
Pensons-y dans nos pratiques !

Fabrice Jordan

samedi 23 mai 2020

Un temps pour se découvrir avec Les Trois cheveux d'or



Très belle découverte d'une vidéo de Netzach Sephirah qui présente d'une manière très claire et précise notre jeu "Les Trois cheveux d'or - Parcours de guérison avec les frères Grimm et Pierre Dhainaut", paru en 2016 aux Editions LE SOUFFLE D'OR. Le livre et les cartes sont montrés, ainsi que les différentes manières d'utiliser le jeu.
A découvrir !
(Sabine Dewulf)

"Bonjour à tous,J'ai fait une vidéo de présentation du jeu "Les Trois Cheveux d'Or", disponible aux Éditions Le Souffle d'Or. C'est un outil formidable pour aider à la guérison des blessures de l'enfance notamment."

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vendredi 22 mai 2020

Sobriété laborieuse...


On demande aux personnes de consommer de nouveau pour relancer le système. 
 Mais est-ce vivre que de consommer ? 
Nous oublions la contemplation de cette planète qui nous accueille plutôt que la consommation.
Pourquoi n'écoutons-nous pas les sommations de la terre mère ?


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jeudi 21 mai 2020

Elixir alchimique


Les méditants qui pratiquent l'alchimie interne cherchent la partie de leur nature qui est immortelle, en s'appuyant sur leur propre transformation. Cela signifie qu'ils sont l'élixir de vie : tous les matériaux doivent se trouver en soi-même. Le corps est le creuset. Les fluides corporels et les énergies sont les eaux. L'effort est le feu.
Parfois, il est tentant de se procurer un nouvel appareil d'exercice, d'approcher une nouvelle méthode, d'essayer un nouveau régime alimentaire ou de trouver un nouveau truc qui semble miraculeux. Bien qu'il y ait une certaine valeur à employer de telles choses judicieusement, nous pouvons parfois nous laisser emporter. Nous pensons que si nous payons pour obtenir quelque chose, et que si cette chose a quelque chose de très particulier, ce sera un raccourci.
Il n'y a pas de raccourcis.
Pratiquer, c'est faire quelque chose à partir de rien. Ou plutôt, c'est se changer soi-même par la pensée, le dévouement et l'effort. Selon la métaphore de l'alchimie interne, c'est accepter le corps, le mental et l'esprit qui sont les nôtres et les utiliser comme base de nos propres objectifs. On ne peut pas acheter le succès. On ne peut pas obtenir la transformation au rabais.
On ne peut pas gagner en prenant. On ne peut gagner qu'en faisant, et en donnant.


Illustration gravée sur bois de la pratique connue sous le nom de "Copulation du ciel (qian) et de la terre (kun) [trigrammes]" du Xingming guizhi (Conseils sur la nature spirituelle et la vie corporelle) de Yi Zhenren, un texte taoïste sur l'alchimie interne publié en 1615. Wellcome Collection, Londres

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mercredi 20 mai 2020

Chemin de transformation


Le chemin de la transformation intérieure ne passe pas par le jugement d'un aspect ou un autre de soi-même ni par le fait de se rabaisser à ses propres yeux. Ce n'est pas le reproche qui est transformateur, mais l'accueil, l'acceptation et la vision neutre de ce qui est. Ainsi, toute condamnation est une forme de rejet qui génère la division et renforce par conséquent ce que l'on cherche à éliminer. Cette direction est sans issue et ressemble à un cercle infernal, parce que la division intérieure ne fait que se renforcer. Swami Prajnânpad l'explique en ces termes à un disciple indien, Sumangal Prakash ; " Il n'y a rien à réprimer, il n'y a pas de censure, pas de considération de bien ou de mal. Car, en tout premier lieu, le jugement de valeur en lui-même est faux, c'est une illusion (...) J'ai deux yeux. Si quelque chose arrive à l'un des deux et si l'autre n'a rien, vais-je arracher le mauvais œil et le jeter? Non, je l'accepte comme il est. Je le laisse là où il est et j'utilise l'autre œil. Je les accepte tous les deux comme ils sont. Je ne rejette pas l’œil endommagé. Je ne lui refuse pas son existence parce qu'il est là. De la même façon, je ne peux me détruire. Je ne peux pas m'ôter une partie de moi-même. Je dois tout intégrer... 
Aucune division à l'intérieur de moi...
Cette division seule est la source de tous les malheurs et de toutes les souffrances.

Extrait de « Dites-leur de viser haut ! »
Eric et Sophie Edelmann


Que signifie le titre de votre livre Dites-leur de viser haut ! ?

Éric : Arnaud Desjardins venait chaque automne à Mangalam donner des enseignements. Au printemps 2011, alors qu’il était à Hauteville, il a transmis un dernier message à ses élèves québécois par la voix de l’un de ses proches collaborateurs qui allait s’envoler pour le Québec : « Dites-leur de viser haut ! » Ce titre nous est apparu comme une évidence pour notre livre. Sans doute devait-il sentir sa fin prochaine, alors qu’il n’y avait pas de signes avant-coureurs… Quelques mois plus tard, en effet, il allait être emporté, à l’âge de 86 ans, des suites d’une attaque cardiaque. […]
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mardi 19 mai 2020

Pandémie – ne pas recouvrir l’immensité d’opinions



J’espère que nous ne recouvrirons pas trop vite l’ampleur de ce qui nous arrive.
Je nous souhaite d’écouter patiemment le murmure léger de ce que la perte aura bouleversé en nous avant que de le recouvrir du bruit grossier de nos savoirs, des mains affairées de nos savoirs-faire.
L’invitation, c’est de se laisser altérer par ce qui des profondeurs s’élève du fait des grands événements de la vie – de voir advenir par là de nouvelles manières d’être et de sentir.
Puissions-nous apprendre à nous laisser guider par, à accompagner en douceur le mouvement de ce qui est profondeur en nous.
Face à l’Immense fait forme, plutôt que d'opiner, puissions avoir la sagesse courageuse d’écouter ce qui est vulnérable en nous.
Dans cet acte même se révèlent d'infinis trésors.
Texte : Aédàn (2020)

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lundi 18 mai 2020

Illusion du chemin


Comment percevons-nous le monde ?  Enfermés dans notre être de chair, nous n'intégrons pas l'immense espace de l'accueil. Alors si c'est comme chat... ouvrons-nous !


Ainsi, en conclusion, le chemin que nous parcourons est aussi long ou aussi court que nous le voulons. Et toutes les voies, y compris la nôtre d'un mètre, se réduisent finalement à 0 centimètre, étant donné qu'il est impossible de quitter ou d'approcher le Soi. De sorte qu'au bout de toute voie spirituelle authentique, le voyageur fatigué réalise qu'il n'a jamais quitté sa Demeure, ne serait-ce qu'un instant, et que la voie elle-même, courte ou longue et ardue, était tout à fait fictive.
Douglas Harding


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dimanche 17 mai 2020

Vigilance du disciple



Si on observe bien, pourquoi pratique-t-on des techniques destinées à rendre silencieux le mental ou à pacifier les agitations émotionnelles ? Parce que continuellement, dans la journée, les relations perpétuent, entretiennent ces agitations, ces préoccupations, ces attentes, ces anticipations, ces rancœurs, ces contentieux... 


Mais si on vit la relation de façon de plus en plus consciente, non intéressée, pour accomplir sa valeur réelle, alors ces mécanismes-là s’épuisent, et lorsqu’on s’asseoit le soir, en silence, il y a de moins en moins de retour des relations évitées, avortées, non menées à terme. Il y a de moins en moins de bruit, de « conciergerie » intérieure. On devient non pas un méditant, mais un lieu de plus en plus paisible, le lieu de méditation de Dieu. Au lieu d’être le lieu du bruit du monde, d’un monde avorté, inachevé, on devient vraiment le lieu de l’avènement du Royaume, le lieu où l’univers se plaît à se reconnaître. 

On devient, au sens noble, un temple où Dieu fait Sa résidence, non seulement dans ces moments de silence, mais la journée suivante, dans la qualité de notre relation au prochain.

Yvan Amar
(Source : Anthologie de la Vigilance de Marie Chantale Forest)

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samedi 16 mai 2020

Nourritures...


« Les élites sombres sont très effrayées, elles savaient que l'humanité était en train de s'élever à une vibration très élevée mais elles n'étaient pas conscientes à quel point, ni de la quantité d'âmes éveillées, qu'il y a maintenant. Ces élites ne se cachent plus, leurs attaques sont directes et frontales, beaucoup ne le voient pas encore, mais cela ne signifie pas que ce n'est pas réel. Leurs attaques vont augmenter, elles vont essayer par tous les moyens de faire en sorte que les gens ne se réveillent pas, que les éveillés ne puissent pas communiquer, qu'ils soient vu comme des fous ou des délinquants. Mais quoi qu'ils fassent, peu importe, le saut quantique s'est déjà produit et c'est inarrêtable.
L'humanité considère déjà les animaux comme ses semblables, elle respecte déjà la Mère Terre, elle comprend qu'il n'y a pas de séparation. Les âmes incarnées arrivent déjà en tant que maîtres - pas pour expérimenter - s’incarnent par Amour. Il est possible que nous soyons témoins du changement total ou pas, il est possible que la transition dure une semaine ou 300 ans, mais il est imparable. Faites ce que vous voulez durant la transition, souvenez vous que vous vous êtes offert à être ici et maintenant, vous êtes les instigateurs du changement, quoi qu'il arrive, quoi que vous voyez, vous avez votre part de responsabilité.
Une seule chose vous est demandée, seulement une, ne soyez pas de la nourriture.
C'est la seule chose à faire, c'est aussi simple que cela. L’être humain, entre autres choses, est l'un des générateurs les plus puissants qui existe. Nous sommes des tourbillons, en fonction de la polarité avec laquelle tu t’alignes, tu crées une fréquence ou une autre. Ces entités se nourrissent de la fréquence négative, nous les avons nourris durant des millénaires. L'éveil de l'humanité incline le tourbillon collectif vers le pôle positif, par conséquent elles attaquent avec une telle férocité qu'elles sont en train de mourir de faim. Probablement tu le savais déjà, ou peut-être que c'est la première fois que tu reçois ce message, peu importe. Demande toi si ça résonne en toi, ne crois rien. Connecte-toi avec ton âme et observe, si ton âme te dit que c'est vrai, ne perds pas une seconde de plus de ton existence à leur servir de nourriture. Élimine les passions basses de ta vie, haine, rancœur, envie, peurs, vices, aliments provenant de la souffrance d'un autre être, mensonges, ambition, égoïsme, tristesse, méfiance, tout ça génère des énergies négatives, de la nourriture pour les ténèbres. Sois conscient de tes émotions et si dans certaines occasions tu te sens ainsi, change ton énergie. Mets une musique qui t’élève et chante, danse, respire, allume un feu, embrasse tes chats, ton chien ou ton animal de compagnie, sors dans la nature ou dans un parc, médite, fais de l'exercice, fais ce qui est nécessaire pour changer tout de suite cette énergie parce qu'elle est en train de servir de nourriture.
Sois toujours conscient, n'alimente pas les forces obscures.
Alimente ton âme avec tout ce qui t'aide à t'élever. Si tu t'habitues à vivre dans la fréquence de l'amour, ta réalité changera à ta volonté sans effort, c'est imparable, tu es un être puissant.
N'aie pas peur, libère ton esprit de la matrice, concentre ton attention sur ce que tu veux plus que tout, profite, sois heureux, souris, chante, danse, aime !
Ferdinand Desnos 1901-1958
champs de coquelicots sous le soleil

JE SUIS LA PORTE OUVERTE QUE RIEN NI PERSONNE NE PEUT FERMER.
JE SUIS LA SANTÉ PARFAITE DANS CE CORPS PARFAIT QUE DIEU A CRÉÉ POUR MON ÂME.
JE SUIS LE CERCLE MAGIQUE DE PROTECTION INVINCIBLE AUTOUR DE MOI, QUI REPOUSSE TOUT ÉLÉMENT PERTURBATEUR ET TOUT DANGER QUI ESSAYE DE PÉNÉTRER POUR ME NUIRE.
JE SUIS LA PERFECTION DANS MON MONDE. »

Alejandro Jodorowsky
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