dimanche 29 mai 2016

Bonne fête...


"Les hommes tiennent le monde. 
 Les mères tiennent l’éternel qui tient le monde et les hommes. 

Christian Bobin

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Souffrance à entendre...


Quand une personne vous fait souffrir, 
c'est parce qu'elle souffre profondément à l'intérieur d'elle-même, 
et sa souffrance se répand. 
Elle n'a pas besoin de punition. 
Elle a besoin d'aide. 
C'est le message qu'elle envoie. 

Thich Nhat Hanh

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samedi 28 mai 2016

Etoile...



Il y a, suspendue sur la voûte céleste,
Comme une promesse ...
Un pont de lumière
Qui éclot dans la conscience.

Il y a, plus loin et plus haut qu'en nos discordes,
Comme une arche d'alliance
Qui habille le monde
Et nous entraîne dans son céleste sillage.

Il y a, derrière les paravents du pouvoir
Et le soliloque des dualités,
Une manne de transparence
Qui nous abreuve d'être.

Il y a comme une marée montante
Qui pareille à un envoûtement,
Nous prend de joie,
Et nous surprend à rire.

Il y a face à nous, maintenant,
Et sous sa plus haute licence,
Le verbe aimer
Conjugué à tous les possibles.

Il y a maintenant devant nous
Une promesse d'étoile
Qui nous tient en son sein
Et éclaire nos nuits.

Il y a, si proches de nous maintenant,
Les prémisses d'une nouvelle danse de vie
Où l'intelligence du coeur
Fleurit le parterre de nos rêves.

Il y a, autour de nous et en nous,
Les esquisses d'un songe d'étoile à venir
Qui se lovent dans la réalité
Et prennent racine dans le présent.

Ce soir, je suis tombé amoureux d'une étoile,
Qui m'a envoûté de fraternité.
Ce soir, je suis tombé amoureux d'un grain de pollen lumineux et céleste 
Qui a éclairé mon cœur.


A. Degoumois, 
Source Intérieure

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vendredi 27 mai 2016

La peur congédiée... avec Christiane Singer



Nos actualités, nos informations ne sont faites que d'arbres qui tombent. Le monde aurait disparu depuis bien longtemps si ceci était l'unique réalité. Le monde tient debout par ce réseau d'amour que nous créons, vous et moi, chaque jour, et tous ces êtres qui, en cet instant, sont en train de faire quelque chose, des actes d'amour dans le monde, un regard de tendresse pour la terre qui nous entoure, pour la création. Cela tient le monde debout. Il ne s'agit pas de se détacher du monde, mais de le rencontrer à partir d'une autre force.

Quelque chose en moi sait que rien ne peut m'arriver, que rien ne peut me détruire. C'est ce noyau infracassable en nous, ce noyau infracassable du divin en nous. Alors la peur cesse, et quand la peur cesse, il y a un drôle de morceau de moins d'horreur sur la terre! 
Parce que la peur est la plus grande créatrice de réalités qui existe. Ce dont nous avons peur, nous le créons presque irrémédiablement. C'est quelque chose d'effarant. Vous avez dû le remarquer dans votre vie. La peur a le pouvoir d'engendrer images et réalités. Dans l'univers d'épouvante dans lequel nous vivons, tout tient par la peur. 

Il faut y répondre en congédiant en nous la peur, en reprenant contact avec ce noyau infracassable qui nous habite.

Christian Singer,
Du bon usage des crises (Albin Michel, 1996)

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jeudi 26 mai 2016

Désordre dans le corps sage : cancer du sein

Quel choc en visitant à l’hôpital une amie opérée d’un cancer du sein ! Je suis frappée par le nombre de femmes atteintes de ce cancer. Une unité complète leur est dédiée. Inquiète, je me palpe les seins. Des questions fusent en moi en faisant ce geste: « Qu’est-ce que cela veut dire ? Pourquoi cet organe est-il autant atteint? » Peu à peu, calmée, des réponses viennent.

Le sein est le lieu symbolique de la maternité. Il permet de nourrir le nouveau-né. Après lui avoir donné vie (l’organe génital est aussi atteint par le cancer), la mère lui donne le sein pour qu’il grandisse. Elle lui offre ainsi son amour à travers la nourriture. Cela permet la persistance temporaire de l’amour fusionnel qu’ils ont eu pendant la grossesse.

Le sein participe aussi à la beauté harmonieuse de la femme. Maternité et féminité sont souvent en concurrence dans le soutien-gorge.

Que cet organe soit autant atteint semble en rapport avec la terre-mère, féconde, nourricière. Elle reçoit le rayonnement cosmique, solaire et donne vie sur terre.

Puis elle nourrit ses enfants, les trois familles: le monde végétal, le monde animal et le monde humain. Ce dernier l’a vénérée longtemps mais aujourd’hui que reçoit-elle des hommes? Beaucoup trop de blessures! Que ce soit du fait de l’exploitation sans vergogne des ressources ou de l’usage inconsidéré des produits chimiques dans l’agriculture, elle est traitée avec mépris au point d’en tomber malade. Alors sa nourriture empoisonne ses enfants et ils sont malades eux aussi.

LE MONDE VÉGÉTAL EST MALADE.

L’agriculture mécanisée, industrielle, chimique blesse, stérilise la terre. La terre-mère, c’est moi. Je suis soucieuse pour mes enfants comme la terre l’est pour les humains, ses enfants. Elle est malade en profondeur. C’est perceptible dans les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, dans la perturbation des cycles climatiques. Le règne végétal est décapité dans les forêts tropicales, poumon de la terre. Les hommes sont sans amour pour le règne végétal, symbole de l’amour gratuit. Le végétal se donne. Il accueille la lumière et la transforme pour que sur terre l’air soit respirable (la photosynthèse). Nous inspirons cet amour dans les poumons. La beauté et cet amour subtil contenus dans le monde végétal nous touchent mais si inconsciemment. Sinon pourquoi offririons-nous des fleurs? Je suis la fleur quand je me donne à l’homme que j'aime. Je suis le fruit quand mon enfant tête goulûment.

LE RÈGNE ANIMAL EST MALADE.


Les animaux sauvages mangent le végétal malade, boivent, respirent la pollution. Et ils sont malades. Sait-on la quantité de poissons cancéreux? De mammifères cancéreux?

Les animaux domestiques élevés pour la consommation subissent le même sort mais, ce qui est pire, mangent une nourriture de déchets animaux qui souvent ne leur convient pas. La rapacité humaine y ajoute antibiotiques, hormones de croissance et toutes sortes de médicaments (tranquillisants) pour leur survie. Les conditions d’élevage. de transport, d’abattage sont indignes de notre statut de maîtres sur eux. Pourtant ce sont eux qui nous donnent le goût de l’amour affectif. Nous sommes émus à la vue des petits qu’ils soient poussins, chiots ou poulains. Nous nous attendrissons de voir une mère allaiter ses petits, les lécher, les éduquer. Sinon pourquoi aurions-nous des animaux de compagnie? Je suis chienne, je suis tigresse, je suis souris quand l’envie me prend de faire l’amour comme le rut. Je suis l’oiseau couvant ses petits, leur donnant la becquée. Je suis la laie défendant ses marcassins.

AU BOUT DE LA CHAÎNE,
LE RÈGNE HOMINAL EST MALADE.

Nous respirons, nous buvons la terre, nous mangeons le végétal et l’animal malades. Nous recevons la rançon de notre inconséquence, de notre mépris, de notre voracité.

Comment penser que je ne suis pas responsable de ce qui arrive? Trop pressée, j’achète la nourriture sans réfléchir. Je cuisine a minima, la tête à mon travail pour être la meilleure. Mes enfants, je les dirige plus que je ne les écoute.

La souffrance de la terre me parle, c’est la mienne. Je la sens au-delà de ma personne. L’attitude humaine -dominer les trois règnes qui nous ont précédés - nous pouvons la changer... Nous pouvons changer dès aujourd’hui. En nous est la source de la maladie et de la mort: posséder, exploiter, dominer et tuer sont dans la biologie humaine. Ils sont l’héritage de nos ancêtres qui ont dû lutter pour survivre. Mais nous, femmes-mères avons le pouvoir de remplacer ce fonctionnement par l’amour.


LE RÈGNE HUMAIN A ACCÈS À UN DEGRÉ SUPÉRIEUR DE L’AMOUR : L’AMOUR POUR AUTRUI.

Cet autrui est d’abord en nous. La maternité nous le rappelle. C’est l’enfant en nous qui demande à être, aimé, cajolé, réconforté, rassuré, estimé. Aimer l’autre, c’est d’abord s’aimer soi-même. Aimer le petit, le faible, le méprisé en nous ouvre l’amour au dehors pour notre conjoint, notre voisin, l’étranger...

Alors maltraiter un animal devient impossible car la nature animale est dans notre biologie. Respecter la nature devient une seconde nature ! L’air que nous respirons est l’air des autres. Nous le partageons quoi qu’il arrive.

La science, les techniques d’aujourd’hui permettraient à l’humanité de vivre sans lutte pour la survie. La modernité n’est pas incompatible avec l’amour.

Le cancer se soigne pour une part avec la médecine la plus en pointe. Et pour une autre part avec ce retournement intérieur : aimer notre corps qui nous vient de la terre, aimer notre esprit qui nous vient d’ailleurs. Ce sont ces deux forces ensemble - la science et l’amour - qui peuvent guérir la terre et ses habitants.

La technique, les hommes savent déjà faire. L’amour, ils sont encore très débutants. Le progrès est dans cet apprentissage salvateur. Rêvons qu’un jour, le cancer ne sera plus qu’un souvenir qui a eu son utilité pour nous faire évoluer, C'est ainsi que je songe à la prochaine mammographie que je dois passer. ■


source : revue Reflets


mardi 24 mai 2016

Pauvres terres agricoles...


L'agriculture se sent hors sol... et perd ses racines.



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dimanche 22 mai 2016

Une vieille légende hindoue


Une vieille légende hindoue raconte qu’il y eut un temps où tous les humains étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement des pouvoirs liés à leur divinité que Brahma, le Maître des dieux, décida de la leur ôter et de la cacher à un endroit où il leur serait impossible de la retrouver. Le grand problème fut de décider d’un endroit sûr.

Les dieux mineurs furent donc convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : “Enterrons la divinité des humains dans la terre.”

Mais Brahma répondit : “Non, cela ne suffit pas, car ils creuseront et la trouveront.”

Les dieux mineurs suggérèrent : “Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans.”

Mais Brahma répondit : “Non, car tôt ou tard, ils exploreront les profondeurs des océans et il est certain qu’un jour, ils la trouveront et la remonteront à la surface.”

Les dieux mineurs, ne sachant plus quoi faire, reconnurent : “Nous ne savons pas où cacher la divinité de l’humain, car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer, un endroit qu’ils ne puissent atteindre un jour.”

Alors Brahma dit : “Voici ce que nous allons faire : nous allons cacher la divinité de l’humain au plus profond de lui-même, c’est le seul endroit où il ne pensera pas à la chercher.”

Depuis ce temps-là, conclut la légende, les humains ont fait le tour de la terre, ils ont exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de “ce quelque chose de divin” qui se trouve en eux-mêmes.


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Changement sur la voie...


Les hindous comme les bouddhistes appellent aussi ce monde samsara.
Ce mot signifie glissement continuel par opposition à faire un pas, puis un autre pas, puis un autre pas. Il y a seulement courant, flux.
On dit parfois qu’il y a seulement « devenir ».
Mais il faut faire alors attention à ne pas entendre que quelque chose est, qui est ensuite quelque chose d’autre. La chenille est, elle devient le papillon, le papillon est. 
Non : la chenille n’est elle-même que changement, le papillon n’est lui-même que changement.




La voie est une trans-formation, une méta-morphose. Selon l’image sensible si connue, mais si explicite, la chenille meurt pour devenir papillon. Les ailes ne poussent pas sur le dos des chenilles. La psychologie contemporaine — ainsi que toutes les autres sciences humaines — ne connaît que l’homme-chenille et refuse de tenir compte de l’homme-papillon. Ce dont parle la science initiatique, ce dont parlent les Chemins de la Sagesse, c’est de la mort de la chenille et de la naissance du papillon. Mais une chenille anormale, malade, débile, difforme, ne se transforme pas en papillon. La voie commence donc avec la normalisation et la guérison de la chenille en tant que chenille, et certaines vérités primaires s’expriment en termes de psychologie. Encore faut-il avoir des idées claires : l’adhyatma yoga est une discipline pour croître au-delà de son niveau normal et non une thérapeutique pour se débarrasser d’une névrose ou une compensation aux frustrations...

Les chemins de la sagesse – Arnaud Desjardins

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samedi 21 mai 2016

Poésie avec Gilles Farcet


Gilles Farcet est un écrivain français, ancien journaliste et producteur à France Culture, à qui l’on doit notamment un livre d’entretiens avec Alejandro Jodorowsky (La Tricherie sacrée) et un ouvrage consacré à sa rencontre avec le poète beat Allen Ginsberg. 
Il publie cette année Rédemptions ordinaires, un recueil de poésie d’inspiration autobiographique.


voir aussi :


jeudi 19 mai 2016

Rencontre avec Christophe Massin et les émotions (1/2)


Tous, nous voudrions pouvoir aimer. Mais trop souvent nos émotions mal comprises et nos blessures d’enfance nous condamnent à répéter relations insatisfaisantes et comportements destructeurs. Pour Christophe Massin, qui parallèlement à sa clinique, met en pratique l’enseignement du philosophe indien Swami Prajnanpad, l’émotion, lorsqu’elle est transformée par un travail d’acceptation, est justement la voie royale qui peut nous apaiser et nous permettre d’accéder vraiment à l’autre. Ce parcours intérieur, il l’illustre à travers les histoires de ses patients, notamment celle d’un homme nommé Adam, et d’une femme, Eve, symboles de nos errances amoureuses....

Partie 1 (28 min.)



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mercredi 18 mai 2016

Vivre les émotions avec son corps...

Un petit livre inspirant du Docteur Christian Tal Schaller et de Johanne Razanamahay que je vous conseille... En voici quelques extraits :

 

...La « raison pure » est un mythe car l’homme est une unité indissociable. Sans les élans du cœur, la raison est infirme. Le neurologue américain Antonio R. Damasio explique que, pour être capables de raisonner, nous avons besoin d’une intense vie émotionnelle. Ce concept remet en question tout notre système éducatif qui rend les écoles tristes, froidement intellectuelles et dénuées de chaleur émotionnelle. Dans les écoles du futur, ou pourra jouer, danser, chanter, créer, imaginer et s’amuser de mille manières pour qu’apprendre soit une fête pour le corps, le cœur, la tête et l’âme enfin considérés comme faisant tous partie de l’être humain ! Nous mettrons ainsi fin à ces siècles d’« apartheid intérieur » soumis à la dictature de l’intellect.

Il est capital, avec toute émotion, de suivre les étapes suivantes :

1. Identifier l’émotion que l’on ressent avant que notre juge intérieur ne l’expédie dans l’inconscient.

2. Ressentir les effets de cette émotion sur notre corps en observant nos sensations, les modifications de notre respiration et les changements de nos perceptions de nos organes et structures moléculaires.

3. Extérioriser l’émotion par des gestes spontanés, des étirements, des bâillements, des cris, des pleurs ou des rires. Il s’agit de laisser l’émotion sortir à travers les muscles du corps, comme nous le faisions lorsque nous étions enfants et n’avions pas encore appris à nous contrôler en réprimant nos émotions.

4. Ensuite seulement, nous pouvons examiner la croyance qui a été à l’origine de cette émotion afin de la changer contre une croyance meilleure.

Savoir gérer ses émotions nous conduit tout naturellement à la spiritualité. Comme l’a dit le sage indien Swami Prajnanpad : « La spiritualité ? C’est seulement un autre nom pour désigner l’indépendance et la liberté sous tous leurs aspects. Ce n’est rien d’autre qu’une attitude mentale. Quand le mental est dépendant, il est dans le domaine matériel, quand il est indépendant, il relève du domaine spirituel. Ne dépendre que de soi est une autre définition de la spiritualité. » La dépendance vient de la croyance que nous avons besoin de l’autre pour que nos besoins soient satisfaits. Ainsi par exemple, si un proche m’énerve et me met en colère par son comportement, la dépendance consiste à croire que tant qu’il ne changera pas, je souffrirai.

Découvrir que je peux, lorsque je sens la colère en moi, plutôt que d’agresser l’autre, m’isoler et extérioriser ma colère me permet d’être indépendant.

L’autre n’est plus la cause de mes problèmes, il est au contraire le miroir dans lequel je peux voir ce que j’ai à travailler en moi. Quelle différence entre dire : « Tu m’énerves ! Cesse donc ! » et : « Merci ! Grâce à toi je vois qu’il y a en moi de la colère. Je vais aller la faire sortir au plus vite ! » Ne plus essayer de changer les autres mais se transformer sans cesse soi-même, voilà une extraordinaire formule magique pour atteindre le bonheur.

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