mardi 14 octobre 2014
lundi 13 octobre 2014
Alexandro Jodorowsky, poète de la conscience...
"Que ta maladie te serve d’échelle.
Elle vient révéler l’endroit où ton esprit s’est pétrifié,
t’inviter à le transformer jusqu’à ce qu’il coule
telle une source au printemps.
Ne lutte pas contre elle, sa mission est de te
rappeler que seul le chemin éthéré te conduit
au réel, c’est-à-dire à toi-même.
Ce qu’on t’a dit que tu étais sans qu’en réalité
tu le sois est la maladie.
Aime ta prison mentale, grâce à elle tu crées peu à peu une auréole."
Alexandro Jodorowsky a un parcours de vie passionnant: d'acteur, réalisateur, à scénariste de bandes dessinées, romancier, poète. A 85 ans, la vieillesse est chez lui une étape puissante de l’existence où les mots se concentrent, le point de vue s’élève, l’activité se focalise sur l’essentiel. Bref, le vrai nom de cet âge serait la sagesse, quand l’existence a été remplie... S’il devait n’y avoir qu’un qualificatif pour le résumer, ce serait la bonté.
...Vous intéressez-vous au monde ?
Je lis le journal chaque jour, et vois comment le monde va mal. Ils se battent pour des frontières. Ça c’est faux. Ils sont dans l’illusion des choses. Il n’y a pas de pays, c’est une planète. On se bat pour des limites, comme celles de soi-même.
Je lis le journal chaque jour, et vois comment le monde va mal. Ils se battent pour des frontières. Ça c’est faux. Ils sont dans l’illusion des choses. Il n’y a pas de pays, c’est une planète. On se bat pour des limites, comme celles de soi-même.
Que peut-on faire ?
Être patient. On ne peut pas changer le monde mais on peut commencer à le changer. Comment faire ? En se changeant soi-même. Et pourquoi on veut se changer soi-même ? On se change pour enrichir le monde. Être meilleur pour rendre le monde meilleur, c’est le but.
source : Revue RefletsÊtre patient. On ne peut pas changer le monde mais on peut commencer à le changer. Comment faire ? En se changeant soi-même. Et pourquoi on veut se changer soi-même ? On se change pour enrichir le monde. Être meilleur pour rendre le monde meilleur, c’est le but.
dimanche 12 octobre 2014
Dans la langue de Dieu avec Alexis Jenni
Après des années de quête spirituelle, entre bouddhisme et taoïsme, le prix Goncourt 2011 a découvert que le christianisme, sa première religion, répondait profondément à sa soif.
C'était il y a une dizaine d'années. J’accompagnais mes élèves chez les carmélites de Mazille, près de Cluny, pour une retraite. Une joie indicible, intense, émanait de ces religieuses aux sourires pleins de bonté. Lorsqu’elles se mirent à témoigner de ce qu’elles vivaient dans le silence, une évidence s’imposa à moi : toute ma quête, tournée jusque-là vers des spiritualités orientales, je la retrouvais là, à portée de main. Ce que je cherchais pouvait se dire en termes chrétiens et dans ma langue. Cette prise de conscience fut également alimentée par les jésuites que je côtoyais dans mon lycée lyonnais. Ces personnes, d’une grande intelligence et ouvertes sur le monde, me révélaient le côté éclairé de l’Église. Aussi, le quadra que j’étais se laissait peu à peu atteindre et toucher par le noyau constitutif du christianisme : l’amour et le souci de l’autre, puisant sa source dans le mystère d’un Dieu trinitaire.
Bien que baptisé, je n'ai pas reçu d'éducation chrétienne. Mes copains allaient au catéchisme, pas moi. La foi n’était pourtant pas absente dans ma famille, du côté de ma mère surtout, qui me lisait la Bible racontée aux enfants. Son père était un homme très pieux. Même s’il n’en parlait pas, je percevais bien que tout son être en était imprégné. À la maison, le sujet me paraissait lourd, pesant, quasi tabou : mes parents en ont fait une sorte de barrage mystérieux où s’entremêlaient à la fois de l’indifférence et de l’attirance secrète. La seule activité religieuse que nous pratiquions était la traditionnelle messe de minuit. Coincé entre mes grands-parents recueillis et mes parents se donnant l’air de l’être, j’observais, le nez en l’air, statues et tableaux immergés dans des volutes d’encens. Je ne comprenais absolument rien à ce qui se passait.
Vers 20 ans, j’ai commencé à m’intéresser à certaines philosophies comme le bouddhisme et le taoïsme et à pratiquer les arts martiaux. Je trouvais dans cette discipline une matière à penser extraordinaire pour une plénitude corporelle dans le rapport à soi et au monde. Plénitude où je goûtais à un mouvement, à une vitalité qui me dépassaient. En parallèle, je m’immergeais avec délectation dans des musiques islamiques, turques, iraniennes... toutes gorgées de mysticisme. Leurs mélodies me plaçaient dans une sorte de pulsation vivante et me permettaient d’accéder à quelque chose, à autre chose, relevant du domaine de l’absolu. Plus qu’une recherche de Dieu, j’aspirais à un bien-être physique, proche de l’extase parfois. D’écoute en écoute, j’ai découvert la mystique soufie médiévale. À force de parcourir les poèmes, imprimés sur les pochettes de disques, j’ai été amené à lire les écrits de grands spirituels, comme Rumi, puis à me réapproprier la Bible, source infinie de méditations, de rêveries et de réflexions. C’est par ce biais-là que je suis arrivé à Dieu.
Lorsque je me retourne sur mon cheminement intérieur, je me rends compte que le goût de Dieu est là depuis le départ. En fait, la question de son existence ne s’est jamais posée chez moi. Il est là c’est tout. Par manque de culture et par un entourage familial et social indifférent à ça, c’est au bout de 30 ans que j’ai réalisé que cet éprouvé était une présence divine. Plutôt que d’être la réponse à l’angoisse d'un manque. Dieu est la jouissance d’un plein que je ressens et que je tente d’exprimer dans mon nouvel ouvrage, Son visage et le tien. Lorsque j’ai lu pour la première fois cette phrase de saint Jean « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu », tout s’est d’ailleurs éclairé pour l’écrivain que je suis : je comprenais qu'il y avait une équivalence entre Dieu, le Verbe, la Vie, la Lumière. Entre le Verbe et le langage.
J’ai toujours pensé que le sens de ma vie était l’écriture. Tout comme le musicien ou le peintre, la seule présence à mon art me fait vivre, car j’y fais l’expérience d’une présence, autre que la mienne. Au plus intime de moi, je sens que bat quelque chose de plus grand. C’est ce quelque chose qui me donne vie.
La biologie, que j’ai enseignée pendant près de 25 ans, me met dans un état de curiosité exaltante : observer et décortiquer les mécanismes naturels est passionnant ! Mais la science a cette grande limite de ne pas pouvoir dire grand-chose sur ce qui nous touche, nous fait vibrer, au plus profond de nous-mêmes.
Le tai-chi m'aide à donner un cadre à ma prière. Mais il ne s’agit en rien de syncrétisme ! J’emprunte au tai-chi le rapport au corps, aux gestes ; l'aspect purement technique en somme. Cela me permet de savoir me placer dans un état proche de la méditation, facilitant la prière. Prière que je vois davantage comme une mise en présence qu’une adresse directe à quelque chose, à quelqu’un.
Non pratiquant - je n’ai fait ni ma première communion ni ma confirmation - j’ai un rapport très solitaire à la foi. Mais, à la grande surprise de mes proches, j’ai tenu à ce que mes trois enfants reçoivent le baptême. Pour moi, c’était la plus belle manière de célébrer leur venue au monde.
Je me situe dans une pratique monastique chrétienne, dans laquelle je peux être en cœur à cœur avec Dieu. Comme le diraient nos frères musulmans, « il n'y a de Dieu que Dieu, le reste; c'est chose humaine ». Mais tout peut encore évoluer. Dans ce cheminement personnel, chaque étape vaut pour ce qu’elle est.
source : La Vie
C'était il y a une dizaine d'années. J’accompagnais mes élèves chez les carmélites de Mazille, près de Cluny, pour une retraite. Une joie indicible, intense, émanait de ces religieuses aux sourires pleins de bonté. Lorsqu’elles se mirent à témoigner de ce qu’elles vivaient dans le silence, une évidence s’imposa à moi : toute ma quête, tournée jusque-là vers des spiritualités orientales, je la retrouvais là, à portée de main. Ce que je cherchais pouvait se dire en termes chrétiens et dans ma langue. Cette prise de conscience fut également alimentée par les jésuites que je côtoyais dans mon lycée lyonnais. Ces personnes, d’une grande intelligence et ouvertes sur le monde, me révélaient le côté éclairé de l’Église. Aussi, le quadra que j’étais se laissait peu à peu atteindre et toucher par le noyau constitutif du christianisme : l’amour et le souci de l’autre, puisant sa source dans le mystère d’un Dieu trinitaire.
Bien que baptisé, je n'ai pas reçu d'éducation chrétienne. Mes copains allaient au catéchisme, pas moi. La foi n’était pourtant pas absente dans ma famille, du côté de ma mère surtout, qui me lisait la Bible racontée aux enfants. Son père était un homme très pieux. Même s’il n’en parlait pas, je percevais bien que tout son être en était imprégné. À la maison, le sujet me paraissait lourd, pesant, quasi tabou : mes parents en ont fait une sorte de barrage mystérieux où s’entremêlaient à la fois de l’indifférence et de l’attirance secrète. La seule activité religieuse que nous pratiquions était la traditionnelle messe de minuit. Coincé entre mes grands-parents recueillis et mes parents se donnant l’air de l’être, j’observais, le nez en l’air, statues et tableaux immergés dans des volutes d’encens. Je ne comprenais absolument rien à ce qui se passait.
Vers 20 ans, j’ai commencé à m’intéresser à certaines philosophies comme le bouddhisme et le taoïsme et à pratiquer les arts martiaux. Je trouvais dans cette discipline une matière à penser extraordinaire pour une plénitude corporelle dans le rapport à soi et au monde. Plénitude où je goûtais à un mouvement, à une vitalité qui me dépassaient. En parallèle, je m’immergeais avec délectation dans des musiques islamiques, turques, iraniennes... toutes gorgées de mysticisme. Leurs mélodies me plaçaient dans une sorte de pulsation vivante et me permettaient d’accéder à quelque chose, à autre chose, relevant du domaine de l’absolu. Plus qu’une recherche de Dieu, j’aspirais à un bien-être physique, proche de l’extase parfois. D’écoute en écoute, j’ai découvert la mystique soufie médiévale. À force de parcourir les poèmes, imprimés sur les pochettes de disques, j’ai été amené à lire les écrits de grands spirituels, comme Rumi, puis à me réapproprier la Bible, source infinie de méditations, de rêveries et de réflexions. C’est par ce biais-là que je suis arrivé à Dieu.
Lorsque je me retourne sur mon cheminement intérieur, je me rends compte que le goût de Dieu est là depuis le départ. En fait, la question de son existence ne s’est jamais posée chez moi. Il est là c’est tout. Par manque de culture et par un entourage familial et social indifférent à ça, c’est au bout de 30 ans que j’ai réalisé que cet éprouvé était une présence divine. Plutôt que d’être la réponse à l’angoisse d'un manque. Dieu est la jouissance d’un plein que je ressens et que je tente d’exprimer dans mon nouvel ouvrage, Son visage et le tien. Lorsque j’ai lu pour la première fois cette phrase de saint Jean « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu », tout s’est d’ailleurs éclairé pour l’écrivain que je suis : je comprenais qu'il y avait une équivalence entre Dieu, le Verbe, la Vie, la Lumière. Entre le Verbe et le langage.
J’ai toujours pensé que le sens de ma vie était l’écriture. Tout comme le musicien ou le peintre, la seule présence à mon art me fait vivre, car j’y fais l’expérience d’une présence, autre que la mienne. Au plus intime de moi, je sens que bat quelque chose de plus grand. C’est ce quelque chose qui me donne vie.
La biologie, que j’ai enseignée pendant près de 25 ans, me met dans un état de curiosité exaltante : observer et décortiquer les mécanismes naturels est passionnant ! Mais la science a cette grande limite de ne pas pouvoir dire grand-chose sur ce qui nous touche, nous fait vibrer, au plus profond de nous-mêmes.
Le tai-chi m'aide à donner un cadre à ma prière. Mais il ne s’agit en rien de syncrétisme ! J’emprunte au tai-chi le rapport au corps, aux gestes ; l'aspect purement technique en somme. Cela me permet de savoir me placer dans un état proche de la méditation, facilitant la prière. Prière que je vois davantage comme une mise en présence qu’une adresse directe à quelque chose, à quelqu’un.
Non pratiquant - je n’ai fait ni ma première communion ni ma confirmation - j’ai un rapport très solitaire à la foi. Mais, à la grande surprise de mes proches, j’ai tenu à ce que mes trois enfants reçoivent le baptême. Pour moi, c’était la plus belle manière de célébrer leur venue au monde.
Je me situe dans une pratique monastique chrétienne, dans laquelle je peux être en cœur à cœur avec Dieu. Comme le diraient nos frères musulmans, « il n'y a de Dieu que Dieu, le reste; c'est chose humaine ». Mais tout peut encore évoluer. Dans ce cheminement personnel, chaque étape vaut pour ce qu’elle est.
source : La Vie
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samedi 11 octobre 2014
Au sommet du miroir...
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vendredi 10 octobre 2014
Allumer la lumière avec Patrick Modiano
C'est vraiment idiot d'avoir laissé tout à l'heure la lumière dans le salon [...]. Moi aussi, j'éprouve une drôle de sensation à la pensée de ces lampes que nous avons oublié d'éteindre dans des endroits où nous ne sommes jamais revenus...[...] Aujourd'hui j'ai la conviction qu'il ne s'agissait ni d'oubli ni de négligence, mais qu'au moment de partir c'était moi délibérément qui allumais une lampe. Peut-être par superstition, pour conjurer le mauvais sort et surtout pour qu'il reste une trace de nous, un signal qui indiquait que nous n'étions pas vraiment absents et que nous reviendrions un jour ou l'autre.
Les soirées étaient longues quand je restais dans le quartier à l'attendre, mais cela me semblait naturel. Je plaignais ceux qui devaient inscrire sur leurs agendas de multiples rendez-vous, dont certains deux mois à l'avance. Tout était réglé pour eux et ils n'attendraient jamais personne. Ils ne sauraient jamais que le temps palpite, se dilate, puis redevient étale, et peu à peu vous donne cette sensation de vacances et d'infini que d'autres cherchent dans la drogue, mais que moi je trouvais tout simplement dans l’attente.
...Plutôt que de toujours soumettre les autres à un interrogatoire, il vaut mieux les prendre en silence tels qu'ils sont.
...On dirait que les lampes se sont usées avec le temps. Mais quelquefois un déclic se produit. Hier, j'étais seul dans la rue et un voile se déchirait. Plus de passé, plus de présent, un temps immobile. Tout avait retrouvé sa vraie lumière.
Patrick Modiano
L'herbe des nuits
Les soirées étaient longues quand je restais dans le quartier à l'attendre, mais cela me semblait naturel. Je plaignais ceux qui devaient inscrire sur leurs agendas de multiples rendez-vous, dont certains deux mois à l'avance. Tout était réglé pour eux et ils n'attendraient jamais personne. Ils ne sauraient jamais que le temps palpite, se dilate, puis redevient étale, et peu à peu vous donne cette sensation de vacances et d'infini que d'autres cherchent dans la drogue, mais que moi je trouvais tout simplement dans l’attente.
...Plutôt que de toujours soumettre les autres à un interrogatoire, il vaut mieux les prendre en silence tels qu'ils sont.
...On dirait que les lampes se sont usées avec le temps. Mais quelquefois un déclic se produit. Hier, j'étais seul dans la rue et un voile se déchirait. Plus de passé, plus de présent, un temps immobile. Tout avait retrouvé sa vraie lumière.
Patrick Modiano
L'herbe des nuits
jeudi 9 octobre 2014
Hang Music...
Le hang est un instrument de musique acoustique de la famille des idiophones inventé par Felix Rohner et Sabina Schärer à Berne en Suisse en 2001. Le hang est un volume lenticulaire creux composé de deux coupelles métalliques embouties. La partie haute de l'instrument s'appelle le « Ding », elle est constituée d'une note fondamentale et de 7 ou 8 notes l'entourant. La partie basse, « Gu » est une surface lisse dotée d'un trou en son centre.
mercredi 8 octobre 2014
mardi 7 octobre 2014
Faire silence avec Alexis Jenni
1 APPRENEZ À AIMER LE SILENCE
Le silence peut être extrêmement angoissant, car synonyme de vide, de perte de contrôle, de solitude, d'un face-à-face avec soi-même. Nous passons donc notre temps à le combler, par du bavardage ou un fond sonore bien sécurisant. Je vous conseille de faire l'effort de changer de regard sur le silence : voir en lui une opportunité de ressourcement, de quiétude retrouvée, dun plein où l’Autre a fait sa demeure et vous y attend. Les carmélites de Mazille nous disaient qu'il était important de faire silence, car le Christ ne parle pas fort. Je trouve ça extraordinaire !
2 SORTEZ DE LA RÉACTIVITÉ
La réactivité permanente est l'antithèse de l'écoute de soi et des autres. Lorsqu'une personne vous expose ses soucis du moment, plutôt que de réagir impulsivement en lui donnant des solutions, écoutez d'abord dans le silence. N'hésitez pas d'ailleurs à laisser un petit temps de silence une fois qu'elle a terminé. Reformulez ensuite ses propos en vous assurant auprès d'elle que vous avez bien compris. C’est après tout ce temps d'accueil de la parole de l'autre que vous pouvez dire quelque chose, apporter une solution.
3 PRATIQUEZ UN EXERCICE PHYSIQUE
Pratiquer un exercice physique sur la durée entraîne une sensation de présence à son corps. Dans l'effort, nous l'habitons pleinement, nous le sentons, notre esprit n'a plus besoin de ruminer, de partir. C'est là que le silence intérieur peut s’installer. Nous n'avons plus besoin de le combler, car dans cette activité physique, aussi simple soit-elle (marche, course, vélo...), nous nous sentons vivre, concrètement.
lundi 6 octobre 2014
Une culture de paix... avec Cheikh Bentounès

L’exécution du guide touristique français, Hervé Gourdel, par le groupe jihadiste Jound al-khalifa a suscité une vague d’indignation, en Algérie comme en France.
L’Association internationale soufie alâwia (Aisa), dirigée par Cheikh Khaled Bentounès, figure de proue du soufisme algérien, n’a pas été en reste.
“Nous devons mettre fin à l’horreur et à la barbarie”, a recommandé Cheikh Bentounès.
“Cette folie meurtrière n’a rien à voir avec les préceptes de l’islam dont se réclament ces jihadistes. Ils instrumentalisent l’islam pour servir une idéologie politique qui vise à conquérir des territoires et coloniser les esprits par la terreur. Quoi qu’ils en disent, l’islam a toujours été et restera une religion de paix et d’amour. Nous devons agir, chacun d’entre nous, pour substituer cette culture de la peur et de la haine par une véritable culture de la paix”.
“Il est impératif que l’humain en nous triomphe de la monstruosité, de l’inhumain qui habite certains d’entre nous (…) Hommes, femmes, de toutes religions et de toutes cultures, levons-nous pour construire une société juste et fraternelle où l’humain triomphe de l’inhumain”...
dimanche 5 octobre 2014
Méditation et Relation Consciente avec Yvan Amar
« Celui qui conduit sa vie quotidiennement dans le secret et l’obligation de conscience au sein de la relation sera appelé soit par l’instructeur soit par sa propre pratique à un exercice régulier qu’on peut appeler le recueillement, le rassemblement, la méditation. Cette méditation-là, bien sûr, n’est pas une technique de transformation intérieure, ce n’est pas non plus un travail supplémentaire. C’est le shabbat quotidien de l’homme conscient. Dans la voie du monde et de la relation consciente, il existe une méditation, qui n’a pas grand-chose à voir avec les techniques - hautement respectables - d’énergie, de transformation, de modification du mental, etc. Elle est ce moment du recueil en fin de journée qui jouit du fruit d’une journée consciente. C’est le repos de la conscience avant le repos du corps. C’est pouvoir s’asseoir tranquillement, les yeux ouverts ou clos, et laisser véritablement s’exprimer ce que nous sommes en cette fin de journée.
Ce qui apparaît à ce moment-là nous montre vraiment le résultat de la journée, de la vie telle que nous la menons. Et il est bon de ne pas y toucher, ne pas le transformer, ne pas le manipuler, mais au contraire le laisser nous parler parce que c’est le baromètre de l’état dans lequel nous vivons, le résultat véritable de la journée que nous menons dans notre quotidien. Il s’agit d’y consacrer un court moment - dix ou vingt minutes peu importe - mais y consacrer un temps régulier, afin de voir, de constater vraiment et sans jugement, où l’on en est de la relation consciente. Parce que nous épuisons, dans la pratique de la relation consciente, un contentieux personnel qui s’exprime dans les relations. On verra alors qu’au fil des jours les relations ne laissent aucune trace, aucune mémoire en nous, parce qu’elles sont vécues de plus en plus pleinement, sans arrière-pensées, sans contentieux, sans résidus ; elles ne sont plus vécues pour des résultats, dans l’anticipation ou la mémoire.
Si on observe bien, pourquoi pratique-t-on des techniques destinées à rendre silencieux le mental ou à pacifier les agitations émotionnelles ? Parce que continuellement, dans la journée, les relations perpétuent, entretiennent ces agitations, ces préoccupations, ces attentes, ces anticipations, ces rancoeurs, ces contentieux… Mais si on vit la relation de façon de plus en plus consciente, non intéressée, pour accomplir sa valeur réelle, alors ces mécanismes-là s’épuisent, et lorsqu’on s’asseoit le soir, en silence, il y a de moins en moins de retour des relations évitées, avortées, non menées à terme. Il y a de moins en moins de bruit, de « conciergerie » intérieure. On devient non pas un méditant, mais un lieu de plus en plus paisible, le lieu de méditation de Dieu. Au lieu d’être le lieu du bruit du monde, d’un monde avorté, inachevé, on devient vraiment le lieu de l’avènement du Royaume, le lieu où l’univers se plait à se reconnaître. On devient, au sens noble, un temple où Dieu fait Sa résidence, non seulement dans ces moments de silence, mais la journée suivante, dans la qualité de notre relation au prochain. Voilà la méditation de la voie du monde.
Celle qui nous dit ce qu’il en est de la qualité de notre relation au quotidien et celle qui nous oblige à nous rappeler, le jour suivant, le travail à faire au sein de cette relation. Rien à pratiquer dans cette méditation : s’asseoir, constater. Et, peut-être, prendre la résolution d’une meilleure conscience le lendemain, dans la relation.
Paroles d’Yvan Amar au séminaire "Obligation de conscience", Trimurti 27/31 août 96.
Ce qui apparaît à ce moment-là nous montre vraiment le résultat de la journée, de la vie telle que nous la menons. Et il est bon de ne pas y toucher, ne pas le transformer, ne pas le manipuler, mais au contraire le laisser nous parler parce que c’est le baromètre de l’état dans lequel nous vivons, le résultat véritable de la journée que nous menons dans notre quotidien. Il s’agit d’y consacrer un court moment - dix ou vingt minutes peu importe - mais y consacrer un temps régulier, afin de voir, de constater vraiment et sans jugement, où l’on en est de la relation consciente. Parce que nous épuisons, dans la pratique de la relation consciente, un contentieux personnel qui s’exprime dans les relations. On verra alors qu’au fil des jours les relations ne laissent aucune trace, aucune mémoire en nous, parce qu’elles sont vécues de plus en plus pleinement, sans arrière-pensées, sans contentieux, sans résidus ; elles ne sont plus vécues pour des résultats, dans l’anticipation ou la mémoire.
Si on observe bien, pourquoi pratique-t-on des techniques destinées à rendre silencieux le mental ou à pacifier les agitations émotionnelles ? Parce que continuellement, dans la journée, les relations perpétuent, entretiennent ces agitations, ces préoccupations, ces attentes, ces anticipations, ces rancoeurs, ces contentieux… Mais si on vit la relation de façon de plus en plus consciente, non intéressée, pour accomplir sa valeur réelle, alors ces mécanismes-là s’épuisent, et lorsqu’on s’asseoit le soir, en silence, il y a de moins en moins de retour des relations évitées, avortées, non menées à terme. Il y a de moins en moins de bruit, de « conciergerie » intérieure. On devient non pas un méditant, mais un lieu de plus en plus paisible, le lieu de méditation de Dieu. Au lieu d’être le lieu du bruit du monde, d’un monde avorté, inachevé, on devient vraiment le lieu de l’avènement du Royaume, le lieu où l’univers se plait à se reconnaître. On devient, au sens noble, un temple où Dieu fait Sa résidence, non seulement dans ces moments de silence, mais la journée suivante, dans la qualité de notre relation au prochain. Voilà la méditation de la voie du monde.
Celle qui nous dit ce qu’il en est de la qualité de notre relation au quotidien et celle qui nous oblige à nous rappeler, le jour suivant, le travail à faire au sein de cette relation. Rien à pratiquer dans cette méditation : s’asseoir, constater. Et, peut-être, prendre la résolution d’une meilleure conscience le lendemain, dans la relation.
Paroles d’Yvan Amar au séminaire "Obligation de conscience", Trimurti 27/31 août 96.
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samedi 4 octobre 2014
vendredi 3 octobre 2014
jeudi 2 octobre 2014
Raymond Devos, bouffon de Dieu (2)
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