samedi 11 octobre 2014
vendredi 10 octobre 2014
Allumer la lumière avec Patrick Modiano
C'est vraiment idiot d'avoir laissé tout à l'heure la lumière dans le salon [...]. Moi aussi, j'éprouve une drôle de sensation à la pensée de ces lampes que nous avons oublié d'éteindre dans des endroits où nous ne sommes jamais revenus...[...] Aujourd'hui j'ai la conviction qu'il ne s'agissait ni d'oubli ni de négligence, mais qu'au moment de partir c'était moi délibérément qui allumais une lampe. Peut-être par superstition, pour conjurer le mauvais sort et surtout pour qu'il reste une trace de nous, un signal qui indiquait que nous n'étions pas vraiment absents et que nous reviendrions un jour ou l'autre.
Les soirées étaient longues quand je restais dans le quartier à l'attendre, mais cela me semblait naturel. Je plaignais ceux qui devaient inscrire sur leurs agendas de multiples rendez-vous, dont certains deux mois à l'avance. Tout était réglé pour eux et ils n'attendraient jamais personne. Ils ne sauraient jamais que le temps palpite, se dilate, puis redevient étale, et peu à peu vous donne cette sensation de vacances et d'infini que d'autres cherchent dans la drogue, mais que moi je trouvais tout simplement dans l’attente.
...Plutôt que de toujours soumettre les autres à un interrogatoire, il vaut mieux les prendre en silence tels qu'ils sont.
...On dirait que les lampes se sont usées avec le temps. Mais quelquefois un déclic se produit. Hier, j'étais seul dans la rue et un voile se déchirait. Plus de passé, plus de présent, un temps immobile. Tout avait retrouvé sa vraie lumière.
Patrick Modiano
L'herbe des nuits
Les soirées étaient longues quand je restais dans le quartier à l'attendre, mais cela me semblait naturel. Je plaignais ceux qui devaient inscrire sur leurs agendas de multiples rendez-vous, dont certains deux mois à l'avance. Tout était réglé pour eux et ils n'attendraient jamais personne. Ils ne sauraient jamais que le temps palpite, se dilate, puis redevient étale, et peu à peu vous donne cette sensation de vacances et d'infini que d'autres cherchent dans la drogue, mais que moi je trouvais tout simplement dans l’attente.
...Plutôt que de toujours soumettre les autres à un interrogatoire, il vaut mieux les prendre en silence tels qu'ils sont.
...On dirait que les lampes se sont usées avec le temps. Mais quelquefois un déclic se produit. Hier, j'étais seul dans la rue et un voile se déchirait. Plus de passé, plus de présent, un temps immobile. Tout avait retrouvé sa vraie lumière.
Patrick Modiano
L'herbe des nuits
jeudi 9 octobre 2014
Hang Music...
Le hang est un instrument de musique acoustique de la famille des idiophones inventé par Felix Rohner et Sabina Schärer à Berne en Suisse en 2001. Le hang est un volume lenticulaire creux composé de deux coupelles métalliques embouties. La partie haute de l'instrument s'appelle le « Ding », elle est constituée d'une note fondamentale et de 7 ou 8 notes l'entourant. La partie basse, « Gu » est une surface lisse dotée d'un trou en son centre.
mercredi 8 octobre 2014
mardi 7 octobre 2014
Faire silence avec Alexis Jenni
1 APPRENEZ À AIMER LE SILENCE
Le silence peut être extrêmement angoissant, car synonyme de vide, de perte de contrôle, de solitude, d'un face-à-face avec soi-même. Nous passons donc notre temps à le combler, par du bavardage ou un fond sonore bien sécurisant. Je vous conseille de faire l'effort de changer de regard sur le silence : voir en lui une opportunité de ressourcement, de quiétude retrouvée, dun plein où l’Autre a fait sa demeure et vous y attend. Les carmélites de Mazille nous disaient qu'il était important de faire silence, car le Christ ne parle pas fort. Je trouve ça extraordinaire !
2 SORTEZ DE LA RÉACTIVITÉ
La réactivité permanente est l'antithèse de l'écoute de soi et des autres. Lorsqu'une personne vous expose ses soucis du moment, plutôt que de réagir impulsivement en lui donnant des solutions, écoutez d'abord dans le silence. N'hésitez pas d'ailleurs à laisser un petit temps de silence une fois qu'elle a terminé. Reformulez ensuite ses propos en vous assurant auprès d'elle que vous avez bien compris. C’est après tout ce temps d'accueil de la parole de l'autre que vous pouvez dire quelque chose, apporter une solution.
3 PRATIQUEZ UN EXERCICE PHYSIQUE
Pratiquer un exercice physique sur la durée entraîne une sensation de présence à son corps. Dans l'effort, nous l'habitons pleinement, nous le sentons, notre esprit n'a plus besoin de ruminer, de partir. C'est là que le silence intérieur peut s’installer. Nous n'avons plus besoin de le combler, car dans cette activité physique, aussi simple soit-elle (marche, course, vélo...), nous nous sentons vivre, concrètement.
lundi 6 octobre 2014
Une culture de paix... avec Cheikh Bentounès

L’exécution du guide touristique français, Hervé Gourdel, par le groupe jihadiste Jound al-khalifa a suscité une vague d’indignation, en Algérie comme en France.
L’Association internationale soufie alâwia (Aisa), dirigée par Cheikh Khaled Bentounès, figure de proue du soufisme algérien, n’a pas été en reste.
“Nous devons mettre fin à l’horreur et à la barbarie”, a recommandé Cheikh Bentounès.
“Cette folie meurtrière n’a rien à voir avec les préceptes de l’islam dont se réclament ces jihadistes. Ils instrumentalisent l’islam pour servir une idéologie politique qui vise à conquérir des territoires et coloniser les esprits par la terreur. Quoi qu’ils en disent, l’islam a toujours été et restera une religion de paix et d’amour. Nous devons agir, chacun d’entre nous, pour substituer cette culture de la peur et de la haine par une véritable culture de la paix”.
“Il est impératif que l’humain en nous triomphe de la monstruosité, de l’inhumain qui habite certains d’entre nous (…) Hommes, femmes, de toutes religions et de toutes cultures, levons-nous pour construire une société juste et fraternelle où l’humain triomphe de l’inhumain”...
dimanche 5 octobre 2014
Méditation et Relation Consciente avec Yvan Amar
« Celui qui conduit sa vie quotidiennement dans le secret et l’obligation de conscience au sein de la relation sera appelé soit par l’instructeur soit par sa propre pratique à un exercice régulier qu’on peut appeler le recueillement, le rassemblement, la méditation. Cette méditation-là, bien sûr, n’est pas une technique de transformation intérieure, ce n’est pas non plus un travail supplémentaire. C’est le shabbat quotidien de l’homme conscient. Dans la voie du monde et de la relation consciente, il existe une méditation, qui n’a pas grand-chose à voir avec les techniques - hautement respectables - d’énergie, de transformation, de modification du mental, etc. Elle est ce moment du recueil en fin de journée qui jouit du fruit d’une journée consciente. C’est le repos de la conscience avant le repos du corps. C’est pouvoir s’asseoir tranquillement, les yeux ouverts ou clos, et laisser véritablement s’exprimer ce que nous sommes en cette fin de journée.
Ce qui apparaît à ce moment-là nous montre vraiment le résultat de la journée, de la vie telle que nous la menons. Et il est bon de ne pas y toucher, ne pas le transformer, ne pas le manipuler, mais au contraire le laisser nous parler parce que c’est le baromètre de l’état dans lequel nous vivons, le résultat véritable de la journée que nous menons dans notre quotidien. Il s’agit d’y consacrer un court moment - dix ou vingt minutes peu importe - mais y consacrer un temps régulier, afin de voir, de constater vraiment et sans jugement, où l’on en est de la relation consciente. Parce que nous épuisons, dans la pratique de la relation consciente, un contentieux personnel qui s’exprime dans les relations. On verra alors qu’au fil des jours les relations ne laissent aucune trace, aucune mémoire en nous, parce qu’elles sont vécues de plus en plus pleinement, sans arrière-pensées, sans contentieux, sans résidus ; elles ne sont plus vécues pour des résultats, dans l’anticipation ou la mémoire.
Si on observe bien, pourquoi pratique-t-on des techniques destinées à rendre silencieux le mental ou à pacifier les agitations émotionnelles ? Parce que continuellement, dans la journée, les relations perpétuent, entretiennent ces agitations, ces préoccupations, ces attentes, ces anticipations, ces rancoeurs, ces contentieux… Mais si on vit la relation de façon de plus en plus consciente, non intéressée, pour accomplir sa valeur réelle, alors ces mécanismes-là s’épuisent, et lorsqu’on s’asseoit le soir, en silence, il y a de moins en moins de retour des relations évitées, avortées, non menées à terme. Il y a de moins en moins de bruit, de « conciergerie » intérieure. On devient non pas un méditant, mais un lieu de plus en plus paisible, le lieu de méditation de Dieu. Au lieu d’être le lieu du bruit du monde, d’un monde avorté, inachevé, on devient vraiment le lieu de l’avènement du Royaume, le lieu où l’univers se plait à se reconnaître. On devient, au sens noble, un temple où Dieu fait Sa résidence, non seulement dans ces moments de silence, mais la journée suivante, dans la qualité de notre relation au prochain. Voilà la méditation de la voie du monde.
Celle qui nous dit ce qu’il en est de la qualité de notre relation au quotidien et celle qui nous oblige à nous rappeler, le jour suivant, le travail à faire au sein de cette relation. Rien à pratiquer dans cette méditation : s’asseoir, constater. Et, peut-être, prendre la résolution d’une meilleure conscience le lendemain, dans la relation.
Paroles d’Yvan Amar au séminaire "Obligation de conscience", Trimurti 27/31 août 96.
Ce qui apparaît à ce moment-là nous montre vraiment le résultat de la journée, de la vie telle que nous la menons. Et il est bon de ne pas y toucher, ne pas le transformer, ne pas le manipuler, mais au contraire le laisser nous parler parce que c’est le baromètre de l’état dans lequel nous vivons, le résultat véritable de la journée que nous menons dans notre quotidien. Il s’agit d’y consacrer un court moment - dix ou vingt minutes peu importe - mais y consacrer un temps régulier, afin de voir, de constater vraiment et sans jugement, où l’on en est de la relation consciente. Parce que nous épuisons, dans la pratique de la relation consciente, un contentieux personnel qui s’exprime dans les relations. On verra alors qu’au fil des jours les relations ne laissent aucune trace, aucune mémoire en nous, parce qu’elles sont vécues de plus en plus pleinement, sans arrière-pensées, sans contentieux, sans résidus ; elles ne sont plus vécues pour des résultats, dans l’anticipation ou la mémoire.
Si on observe bien, pourquoi pratique-t-on des techniques destinées à rendre silencieux le mental ou à pacifier les agitations émotionnelles ? Parce que continuellement, dans la journée, les relations perpétuent, entretiennent ces agitations, ces préoccupations, ces attentes, ces anticipations, ces rancoeurs, ces contentieux… Mais si on vit la relation de façon de plus en plus consciente, non intéressée, pour accomplir sa valeur réelle, alors ces mécanismes-là s’épuisent, et lorsqu’on s’asseoit le soir, en silence, il y a de moins en moins de retour des relations évitées, avortées, non menées à terme. Il y a de moins en moins de bruit, de « conciergerie » intérieure. On devient non pas un méditant, mais un lieu de plus en plus paisible, le lieu de méditation de Dieu. Au lieu d’être le lieu du bruit du monde, d’un monde avorté, inachevé, on devient vraiment le lieu de l’avènement du Royaume, le lieu où l’univers se plait à se reconnaître. On devient, au sens noble, un temple où Dieu fait Sa résidence, non seulement dans ces moments de silence, mais la journée suivante, dans la qualité de notre relation au prochain. Voilà la méditation de la voie du monde.
Celle qui nous dit ce qu’il en est de la qualité de notre relation au quotidien et celle qui nous oblige à nous rappeler, le jour suivant, le travail à faire au sein de cette relation. Rien à pratiquer dans cette méditation : s’asseoir, constater. Et, peut-être, prendre la résolution d’une meilleure conscience le lendemain, dans la relation.
Paroles d’Yvan Amar au séminaire "Obligation de conscience", Trimurti 27/31 août 96.
Labels:
méditation,
relation,
sagesse,
spiritualité,
voie,
voir,
Yvan Amar
samedi 4 octobre 2014
vendredi 3 octobre 2014
jeudi 2 octobre 2014
Raymond Devos, bouffon de Dieu (2)
mercredi 1 octobre 2014
mardi 30 septembre 2014
Recueillement au Mont Saint Michel
Après la cérémonie dédiée à Saint Michel l'archange, j'ai eu le privilège de visiter le site avec François Saint James. Un pur bonheur
" L'abbaye escarpée, poussée là-bas, loin de terre,
comme un manoir fantastique,
stupéfiante comme un palais de rêve,
invraisemblablement étrange et belle "
Guy de Maupassant
lundi 29 septembre 2014
Coucher tombant sur le mont Tombe...
Labels:
Christian Bobin,
citation,
conscience,
Mont Saint-Michel,
mort,
naissance,
poésie
Inscription à :
Articles (Atom)









