jeudi 23 août 2012

Avant le marchand de sable...

Un petit voyage à grande vitesse... vers la nébuleuse du Sablier.

mercredi 22 août 2012

Humour juif avec Philippe Haddad


« Les juifs prennent l’humour très au sérieux »

Philippe Haddad, rabbin aux Ulis (91).
« Dans l’humour juif actuel, il faut distinguer l’humour ash­kénaze, occidental, celui de Woody Allen, et l’humour séfarade, d’Afrique du Nord, à la Gad Elmaleh ou Richard Anconina dans La vérité si je mens. Il est possible que l’humour juif soit né en réaction à l’antisémitisme, aux pogroms, comme un antidote au désespoir. Mais il se nourrit des textes fondateurs. 

Si, dans l’Ancien Testament, le mot humour n’existe pas tel quel, il y a déjà la notion de rire. Rien que le nom d’Isaac, un des trois patriarches d’Israël, signifie “celui qui rira”. Avec la naissance d’Isaac, c’est le rire qui naît. Pourtant, Isaac est sérieux, il est prêt à donner sa vie pour Dieu, à se laisser ligoter pour être sacrifié. Dans la tradition juive, on interprète ce paradoxe d’un personnage nommé “il rira” et qui pousse l’intransigeance jusqu’à être prêt à donner sa vie pour Dieu en disant que le rire serait l’antidote du sacrifice de l’homme au nom de Dieu... et, donc, l’antidote du fanatisme religieux. 

Dans le Talmud, on raconte qu’un rabbin, au début du IIe siècle, discutait avec d’autres rabbins de la pureté d’un four. Lui disait qu’il était pur, et les autres affirmaient le contraire. Il dit : “Si j’ai raison, que le caroubier qui se trouve dans le jardin se déplace !” Et il se déplaça. Mais les autres restaient stoïques et ils répondirent : “On n’apporte pas des preuves des caroubiers qui se déplacent.” Il détourna un fleuve, fit des miracles et finit par demander à Dieu qui avait raison. Mais Dieu lui donna tort. Alors, il le fit taire en disant : “Tu nous as donné la Torah, c’est donc à nous d’établir le règlement.” Plus tard, un autre rabbin rencontra le prophète Élie et lui demanda comment réagit Dieu dans les cieux. Élie répondit : “Dieu a ri en disant que ses enfants l’ont vaincu.” Quand les sages discutent, quand il y a de l’intelligence, Dieu rit. 

C’est une manière de dire que l’humour doit désamorcer le fanatisme ou l’idolâtrie. Il est l’espace nécessaire entre Dieu et l’homme. Ainsi, comme le demande le Talmud, les rabbins ­commencent presque toujours leur discours à la synagogue par une histoire juive. Les juifs prennent l’humour très au sérieux. »

 « Sarah, tu étais avec moi quand il y a eu le pogrom de Varsovie ?
– Oui, oui, mon chéri, j’étais avec toi.
– Tu étais avec moi quand il y a eu le pogrom à Kiev ?
– Oui, oui, j’étais avec toi.
– Et quand il y a eu le pogrom de Lodz ?
– Ah mais tu sais mon chéri, je suis toujours avec toi !
– Sarah, Sarah, je crois que tu me portes la poisse ! »


Source : La Vie


mardi 21 août 2012

Humour musulman avec Pierre Lory


« Les musulmans épinglent les hommes de religion »

Pierre Lory, directeur d’études à l’École pratique des hautes études, chaire de mystique musulmane.
« L’islam donne de lui-même une image grave et parfois sévère qui, à première vue, s’accommode mal avec l’humour. Cette image est en partie justifiée, car la tradition lettrée insiste sur le principe de sérieux qui doit animer la vie religieuse : nous n’avons pas créé ce monde “en jouant”, dit Dieu dans le Coran (XXI, 16 ; XLIV, 38), qui attaque les mondains, ceux qui prennent les avertissements des prophètes à la légère. Est-ce que Muhammad a ri ? Il y a eu débat sur la question, la même qui s’est posée au Moyen Âge pour les chrétiens au sujet de Jésus. Les réponses divergent : selon certaines traditions, il n’a fait que sourire, de telle sorte qu’on “ne voyait jamais ses gencives”, selon d’autres, il était “le plus rieur des hommes”. Même si, par exemple, il est mal vu de s’esclaffer dans la tradition bédouine, l’islam ne dénonce pas le rire de détente. En revanche, il condamne fermement la moquerie. Le rire est donc maîtrisé, canalisé. 

À de très rares exceptions, un musulman ne fera jamais d’humour sur Dieu, ni sur le Coran, absolument sacré, car il est la parole de Dieu, ni sur Muhammad. Par contre, il existe un humour assez féroce qui épingle les “hommes de religion”, ceux qui enseignent des interdits qu’eux-mêmes transgressent. Un vers attribué à l’érudit persan Omar Khayyam énonce ainsi : “Mieux vaut Te parler dans l’intimité au fond du cabaret que venir sans Toi prier au pied d’un minaret.” 

Mais la veine humoristique la plus affirmée dans l’islam vient du soufisme et elle s’articule autour de la figure du fou sage, du ravi en Dieu. Le fou sage a perdu ses capacités rationnelles au profit d’une raison supérieure qui lui permet de saisir des vérités divines. Souvent, il est considéré comme un saint, avec la particularité de pouvoir s’exprimer en dehors de la Loi, grâce à l’excuse de sa folie, ce qui en fait un provocateur. Il peut même faire des remontrances à son Créateur. Une histoire raconte, par exemple, le trait d’esprit d’un soufi à qui on demandait s’il connaissait Dieu. Celui-ci répondit “oui”... En effet, cela faisait tant d’années qu’Il le faisait souffrir de mille manières, par la faim, la nudité, la honte ! »

Mulla était gravement malade et tout son entourage pensait qu’il allait mourir. Sa femme portait le deuil et se lamentait.
Lui, restait imperturbable. « Mulla, demanda l’un de ses disciples, comment se fait-il que tu te montres si calme face à la mort ? – C’est très simple, répondit Mulla. Je me dis que vous avez l’air tellement misérable que, lorsque l’ange de la mort entrera dans la pièce, il se trompera probablement de victime... »


source : "La Vie"

lundi 20 août 2012

Humour bouddhiste avec Fabrice Midal

« Chez les bouddhistes, l’humour est une forme de lâcher-prise »

Fabrice Midal, philosophe, fondateur de l’École occidentale de méditation.
« Dans le boud­dhisme, le sens de l’humour est une forme de résistance à l’institutionnalisation de la religion. Drugpa Kunley, l’une des figures les plus connues du monde tibétain, était un provocateur constant : il ne cessait de se moquer de l’institution. Un jour, il va dans un monastère où des moines confessent les attitudes qui ne sont pas dans la perspective de la voie. Un moment après, dans la cour, il saute sur des petits cailloux, par-dessus les grosses pierres. Quelqu’un lui demande : “Que faites-vous ?” Il répond : “Je fais comme vous, une grande histoire des petites fautes que j’ai faites et je fais semblant de ne pas regarder les grandes.”

Par l’humour, il dénonce l’hypocrisie de la situation et permet de prendre de la hauteur. L’humour est très lié à la notion de vacuité. Ainsi, les bouddhistes n’adorent pas le Bouddha. Dans l’un des grands courants boud­dhistes, on répète tous les matins “Il n’y a pas de Bouddha”, et puisque le Bouddha n’est pas, il peut y avoir le Bouddha...

 Ils ne veulent pas rigidifier leur pensée et perdre la possi­bilité de voir les deux points de vue ensemble : c’est ça l’humour bouddhique de fond, ne pas croire en la dualité : d’un côté, le bien et, de l’autre, le mal. Cette pensée est déjà en rapport avec un certain sens de l’humour, elle est liée au fait que vous reconnaissez que la vérité vous échappe. Le sens de l’humour a beaucoup à voir avec le fait que vous n’ayez pas le dernier mot, que vous ne décidiez pas de la réalité. 

Ce lâcher-prise est au cœur de la méditation telle qu’elle se pratique dans le boud­dhisme et qui vise non pas à se détendre ou à devenir plus cool, comme on le croit souvent dans le monde occidental, mais à prendre conscience du fait qu’on ne peut pas tout dominer, tout maîtriser. 
La pratique de la méditation a beaucoup favorisé un sens de l’humour, et ce sont les courants boud­dhistes qui l’ont déployée, comme le tibétain et le zen, qui ont le plus ­développé le sens de l’humour. »

Deux moines zen s’apprêtent à traverser une rivière quand une jeune femme leur demande de l’aide, effrayée par le courant.
L’un des deux la prend sur ses épaules et la porte de l’autre côté.
Une heure plus tard, l’autre moine, qui n’a pas dit un mot, se met en colère : « Notre règle interdit de toucher une femme ! – Ah oui, se souvient le premier, en riant. Tu as raison. Mais, moi, je l’ai portée cinq minutes, tandis que, toi, tu la portes depuis une heure. »



dimanche 19 août 2012

Zen avec Vincent Oshida

Le souffle du zen sur une perle de vide...

Rencontre avec Vincent Sigheto Oshida, ermite bouddhiste zen devenu moine dominicain lors d'un long séjour au Canada.

vendredi 17 août 2012

jeudi 16 août 2012

mercredi 15 août 2012

Les réprésentations de la Vierge Marie


L'Assomption de Marie est un dogme de l'Église catholique romaine selon lequel, au terme de sa vie terrestre, la mère de Jésus a été « élevée au ciel ». Le terme « assomption » provient du verbe latin assumere, qui signifie « prendre », « enlever »...


En ce 15 août, voici une étude sur les REPRESENTATIONS PICTURALES DE LA VIERGE MARIE, présenté par Sabine Dewulf sur un ancien site.



dimanche 12 août 2012

Hommage à Arnaud Desjardins par Denys Rinpoché

Hommage du Lama, yogi du Dharma, qui a reçu le nom de Denys Rinpoché.

Cher Arnaud, 
Nous te rendons hommage, toi qui nous révélas en images la vitalité du message des tibétains et des spiritualités d'Orient et d'Occident; éclairas d'innombrables livres de sagesses les voies de la spiritualité ; construisis dans le dialogue entre traditions les ponts de vraies compréhensions ; libéras les méandres des samskara obstructifs par des moyens forts et adroits ; présentas la spiritualité laïque, agnostique transcendant dogmes et crédo ; répondis sans relâche aux questions infinies des quéteurs de réalité ; protégeas des malins jeux de l'ego les voyageurs sur l'étroit sentier de la libération ; accueillis dans tes ashrams les pratiquants fervents, et conduisis tes disciples dans la voie de l'authentique délivrance.

Guide de sagesse et d'amour, 
Ami de bien, ami de vertu, 
Passeur de l'éveil, 
Ton esprit est parti en la claire lumière éternelle, 
Tes enseignements vivent pour toujours dans le coeur de tes disciples et amis. 
En communion d'esprit, de tout coeur.

Denys


samedi 11 août 2012

Hommage de Véronique Jannot à Arnaud Desjardins


Arnaud Desjardins fut l'un de mes premiers maîtres.
Avant même que je connaisse l'importance d'avoir un maître, un guide, sur le chemin spirituel, la lecture des chemins de la sagesse fut pour moi une découverte. Aucune religion n'était érigée dans cet ouvrage, mais seules les fondations communes à toutes, à savoir la spiritualité. La religion devait être la courroie de transmission de la spiritualité, mais ce n'est malheureusement pas toujours le cas, loin de là. 

La religion a trop souvent été manipulée, transformée, orientée pour des questions de pouvoir et d'argent et n'a jamais suffisamment rendu l'homme libre. La spiritualité en revanche permet de s'éveiller à une autre dimension et à trouver la sienne. Elle est ancrée dans une réalité, où l’être participe à chaque instant de sa vie en pleine conscience, éveillé à l'instant présent et apte à identifier les choses pour ce qu'elles sont, sans laisser le mental se livrer à la valse de ses interprétations

C'est ce qu'Arnaud Desjardins dans l'ouverture la plus totale a toujours mis en avant. il pouvait parler de toutes les religions, n'en gardant que la quintessence, ressentie vécue et partagée. C'est d'ailleurs ce qu'il a voulu montrer dans ce lieu qu'il a créé, où toutes les religions sont représentées, et que ses plus proches continueront à faire vivre pour tous ceux qui souhaiteront approfondir l'enseignement précieux de cet homme exceptionnel.

Pour moi, arnaud desjardins faisait partie d'une sphère à part comme l'un de ces anges que l'on a à sa pensée pour en avoir reçu une paillette, mais jamais je n'aurais imaginbé le rencontrer.
Peu après la sortie de mon livre "Trouver le chemin", j'ai reçu une lettre de lui me demandant de venir faire une conférence aux "Amis d'Hauteville". Je n'ai tout d'abord pas bien compris ce qui m'arrivait, tant était irréel pour moi. Je me suis empressée de le rappeler aux coordonnées qu'il me laissait, pour lui dire combien j'étais émue par son courrier, mais que je me trouvais dans un terrible dilemme : bien incapable de faire une conférence, et en même temps ne pouvant absolument rien lui refuser. Je l'entends encore sourire et me dire qu'il me suffisait de parler aussi simplement que j'avais écrit et que tout irait bien...

C'est ainsi que j'ai fait la première conférence de ma vie, et que j'ai rencontré Arnaud Desjardins et sa famille, et découvert " les Amis d'Hauteville ". Depuis ce jour nos pensées se sont accompagnées. La vie trop occupée et les actions dispersées ne nous ont pas réunis à nouveau, je le regrette, bien qu'il ait sans cesse été présent à mon coeur...


J’imagine aujourd'hui sa sépulture occupant l'espace si particulier où il a choisi de demeurer, inspirant à ceux qu'il a guidés et aimés, la sagesse qu'il incarnait, la connaissance née de toutes ses expériences et ses voyages, la compassion qu'il a développée toute sa vie durant, et surtout la recherche de cette paix intérieure qui libère de toutes les peurs. Rien ne meure tout se transforme, mais il n'en demeure pas moins qu'Arnaud Desjardins va me manquer comme à tant d'autres. Cela est une réalité.

Merci Arnaud du fond du coeur, pour ce que vous nous avez apporté.


Véronique Jannot

"C’est en nous qu’il y a quelque chose à transformer."

Arnaud Desjardins