jeudi 25 juillet 2013

Transformation des émotions avec Christophe Massin (3)

Tout ce processus demeure très discret, ne recherche pas les effets spectaculaires, les auréoles ni les arcs-en-ciel ! La détente de l'acceptation mène à la simplicité, à la sobriété. C'est l'exactitude de l'amour, juste ce qui est demandé, pas plus, pas moins. Je me sens intimement relié à tout ce qui m'entoure, issu de la même réalité.

Si je reviens à l'exemple, qu'est devenue mon irritation de départ? 
Le parcours intérieur de la colère jusqu'au point sensible, l'ouverture et la détente ont changé mon état. Je nous vois chacun plongé dans nos préoccupations particulières – la vérité de la différence ! « Lorsque vous voyez la différence vous devenez un. »
Je vois aussi que prendre contre moi l'indisponibilité de ma compagne crée de la souffrance en moi. Cette souffrance rejaillit en agressivité et cherche à s'assouvir en la blessant. Cela m'éloigne encore plus d'elle au moment où je voulais en être proche. Tandis que percevoir le lien qui nous unit resitue son indisponibilité momentanée comme un incident de parcours qui peut être traité sans remous et même avec humour.

L'amour a été mis au défi et paradoxalement il va se nourrir de cette difficulté : vais-je m'aimer suffisamment pour ne pas prendre comme une offense personnelle cette situation, et vais-je aimer ma compagne suffisamment pour m'ouvrir à elle telle qu'elle est? Il ne s'agit surtout pas de forcer un sentiment de manière volontariste mais d'un changement complet de perspective: le passage du point de vue de l'ego à la perception de ce qui est. L'ego s'est focalisé sur un aspect, réduisant ici l'immensité infinie de la réalité à l'indisponibilité de ma compagne pour moi. Ce qui est ne peut être défini, ne peut se ramener à un événement particulier, c'est le mystère de l'existence. Cela, l'ego ne peut l'appréhender, il doit, au contraire, se laisser absorber par ce mystère et s'y fondre.
L'amour l'emporte alors dans son flux, faisant disparaître en même temps mon problème. Plus d'ego, plus de problème ! Plus d'ego ne signifie pas de le supprimer mais de réaliser qu'il est le fauteur de troubles, comme le voleur qui crie « au voleur! » pour détourner l'attention. Il faut juste lui demander de ne plus s'en mêler, de s'effacer discrètement. Il prétend servir au mieux mon intérêt alors qu'en fait sa maladresse, sa vision étriquée, sa susceptibilité, son avidité le contrecarrent et me desservent.

Au long de ce parcours, de la souffrance à la douleur, puis de la douleur au sentiment, le ressenti émotionnel a représenté le fil rouge de la transformation. Il en est le lieu et le vecteur et nous permet de savoir comment nous sommes situés, suivant en parallèle les quatre positions, moi seulement, moi et l'autre, l'autre et moi, l'autre seulement. 
Nous pouvons les repérer aisément dans l'exemple qui précède où moi seulement se heurte à l'existence de l'autre, pour finalement l'inclure et cesser de s'opposer à lui. L'autre seulement ne signifie pas ma compagne seulement, mais s'élargit à la globalité de la situation telle qu'elle est seulement, sans l'interférence de l'ego, sans moi ni mes commentaires. L'autre seulement traduit simplement que moi s'est effacé de la scène : l'instance qui s'interpose et juge, compare, rejette, agrippe a disparu au profit d'une connexion directe avec la vie. L'autre seulement équivaut à la vie seulement, à l'amour seulement, sans condition.

Extraits de "Souffrir ou Aimer"
de Christophe Massin


mercredi 24 juillet 2013

Transformation des émotions avec Christophe Massin (2)

— Admettre que je ne sais pas.
Lâcher implique de reconnaître que je ne sais pas, qu'une large proportion des éléments qui ont concouru à cette scène m'échappe totalement. Mon point de vue se limite à un point de vue. Le réaliser véritablement me conduit à quitter le ton cassant et péremptoire de la colère, pour une attitude plus ouverte. Un début d'acceptation devient possible, quand je vois qu'il ne m'est pas nécessaire de comprendre tous les tenants et aboutissants pour accepter.

— Accepter pour comprendre.
La compréhension découlera naturellement de l'acceptation, alors que, le plus souvent, nous exigeons en priorité de comprendre avant d'accepter.

— Ressentir plutôt que penser.
Plus je rumine dans ma tête à propos de la situation, moins j'arriverai à accepter. Alors que si je m'intéresse à ce que je ressens dans mon corps et dans mon coeur. cela me sera plus aisé: je sens l'oppression dans la poitrine, la tension dans mes bras et mes jambes, la crispation de mon visage. mon vécu émotionnel. Je laisse ces sensations évoluer d'elles-mêmes, en les acceptant et en me relâchant autant qu'il m'est possible.

— Choisir plutôt que supporter.
Pour que l'acceptation soit libératrice et joyeuse, elle doit être vécue comme un vrai choix positif : je peux facilement refuser, je peux aussi accepter sur un mode passif, tiède — bon, c'est comme ça... ma compagne est comme ça... Mais en ce cas, le résultat risque fort de me décevoir à la mesure de cette tiédeur.

— Voir un défi et une opportunité.
Je peux plutôt choisir activement cette situation comme un défi et une opportunité. Elle me défie parce qu'elle déçoit mon attente : vais-je trouver la ressource pour saisir la balle au bond ou vais-je répéter la scène de ménage sans surprise, une fois de plus ? Elle m'offre l’opportunité de m'ouvrir, de dépasser le plan superficiel, d'élargir le champ de mes possibles.

— M'ouvrir à la créativité et à l'imprévisibilité.
Cette attitude qui relève le défi m'emmène vers la nouveauté, vers l'imprévisible. Je ne sais plus ce qui va sortir de moi, je vais le découvrir en même temps que ma compagne — cela devient passionnant. Je fais confiance à l'intelligence du cœur qui va savoir trouver un chemin, sans que je me prenne la tête à élaborer une quelconque stratégie. Alors que la tête oppose (j'ai raison/elle a tort), le cœur intègre les points de vue contradictoires en nous englobant tous les deux dans sa vision bienveillante : comme une mère entoure du même amour ses enfants qui se disputent. Je m'appuie aussi sur mon corps qui dispose de ses propres antennes et de son intelligence instinctive.

— Me laisser aller à la détente.
L'acceptation a contribué à me détendre physiquement et je peux pousser plus loin dans cette direction en respirant avec le ventre, en le mettant en mouvement, pour retrouver une fluidité, une circulation de l'énergie. Me mobilisant ainsi, je me rapproche du plaisir sensuel de sentir la vie palpiter, avec d'autant plus d'intensité, après toutes ces émotions. Mieux je me sentirai dans mon corps, plus vivante sera ma réponse.

— M'impliquer pleinement.
Tête, cœur et corps participent tous à l'alchimie qui va transformer un homme énervé et agressif en un homme aimant, déjà en lui-même, puis avec l'autre. Oui, le processus réclame la participation de tout mon être, que rien ne soit laissé en dehors, que rien ne soit évité. L'amour exige cette entièreté, ce don de soi complet qui en même temps m'emplit.

— Répondre à la situation.
À partir de ce terreau fécond, la réponse se développe naturellement, prenant en compte l'ensemble de la situation, et pas seulement mon point de vue personnel. La transformation ne s'arrête pas à celle du vécu émotionnel, son aboutissement se concrétise par l'action, une action qui exprime l'unité avec l'autre, avec la situation. L'amour est réponse à ce que la vie me demande maintenant. L'égocentrisme laisse la place à une vision plus vaste où je deviens un élément au même titre que les autres.



mardi 23 juillet 2013

Transformation des émotions avec Christophe Massin (1)

La transformation des émotions participe d'une démarche qui dure dans le temps et suppose une évolution globale de la personne. Cette progression ne doit en aucun cas occulter la possibilité d'une transformation d'un état émotionnel, dans l'instant, face à une situation particulière, qu'on peut expérimenter sans s'engager dans un processus aussi long et impliquant. Tout le monde ne souhaite pas s'y lancer et le lecteur trouvera ici une synthèse des ingrédients qui lui permettront de tenter cette alchimie par lui-même. Quels en sont les principes essentiels?

  — Tout prendre.
 En premier lieu, se garder de toute discrimination négative envers certaines émotions sous prétexte que nous les trouvons indignes de nous, puériles, mauvaises: prendre toute émotion telle qu'elle s'impose spontanément, sans la discuter, déjà pour reconnaître sa nature — peur, colère, jalousie, désespoir, ressentiment. « Aucun déni, jamais, sous quelque forme que ce soit », recommandait Swami Prajnanpad. Nous serons souvent confrontés à des jugements et à des émotions secondaires qui interfèrent et brouillent notre conscience, comme la peur, la honte et la culpabilité. Elles aussi doivent être identifiées pour aboutir à un état des lieux aussi précis que possible des forces en présence, englobant aussi le fait déclencheur. Par exemple : je me sens mal après un conflit avec ma compagne. Qu'est-ce que je ressens ? Je suis énervé, contrarié, je lui en veux.

- Préciser. 
Qu'a-t-elle fait pour cela? Elle a encore une fois accordé la priorité à des considérations matérielles qui me semblaient secondaires, alors que je cherchais à lui communiquer quelque chose d'important pour moi. Déjà pour reconnaître cela, je dois au préalable constater les jugements qui montent contre elle et les pensées réactives de vengeance qui risqueraient sinon de m'absorber complètement et de me dissimuler mes émotions. L'animosité de ces pensées me confirme que j'ai de la colère et du ressentiment.
Je reviens donc à moi : quel est le point sensible qui a été touché ? Cette question est fondamentale, car sous l'effet de la colère j'ai envie de me fermer, de décréter qu'elle est trop bornée, qu'elle ne me mérite décidément pas et que je n'en ai rien a fiche.
Il est donc essentiel d'admettre que je suis touché dans un point sensible et que je ne prétende pas le contraire. Dans bien des situations notre amour-propre voudrait être au-dessus de certaines réactions émotionnelles - même pas mal ! - et nous aurons tendance à les nier. Donc ne pas nous mentir au nom de la bonne image que nous voulons préserver de nous-même.

- Ressentir pleinement. 
Nous pouvons dire : « Je sais très bien que je suis énervé », mais en fait cette conscience se cantonne à un niveau très superficiel de nous-même. C'est un piège dans lequel nous tombons souvent. Quand nous disons: « Je sais très bien », nous ne nous arrêtons pas sur l'émotion, nous passons dessus sans la vivre réellement. Nous sommes emportés par elle sans véritable expérience consciente de tout ce qui se modifie en nous du fait de cette émotion, psychiquement et physiquement. Nous sommes sous emprise et ne le mesurons pas.
Constater la présence de l'énervement et du ressentiment doit nous conduire à un arrêt sur image: si j'ai cette intensité de réaction, un point sensible a été touché, lequel ? Dans mon vécu, ses préoccupations matérielles comptent plus que ce qui me tient à coeur, donc plus que moi et, de surcroît, cette situation s'est répétée, ce qui explique le ressentiment. Je suis blessé et même, pour une part, humilié de passer ainsi après des histoires de courses et de placards à ranger. Plus je me rapproche du point sensible, plus la colère se mue en tristesse. Derrière mon irritation, j'ai de la peine que ma compagne ne perçoive pas l'importance pour moi de ce que je veux partager avec elle. Et puis, en y regardant de plus près, je m'aperçois aussi que je ne suis pas très à l'aise, car je sais que je l'ai agressée, que je ne voulais rien entendre de son point de vue sauf pour le contredire, tant la colère m'agitait. Maintenant, je me sens pleinement en contact avec la palette d'émotions déclenchées par la situation. Je les ai identifiées, je les ressens, je vois où ça fait mal.

— Lâcher prise. 
J'ai commencé à me détendre et le moment arrive où il serait bienvenu de lâcher prise. Lâcher quoi ? Déjà, l'idée que j'ai forcément raison, que mon attente était prioritaire et donc qu'elle a tort et mérite des mesures de rétorsion ; puis, que je ne m'accroche pas à l'interprétation qui affirme qu'elle se préoccupe plus du matériel que de moi. Est-ce une certitude à 100% ? Non. Je suis juste sûr qu'elle n'a pas été disponible à ce que je voulais lui dire et que j'ai mal vécu cette situation et me suis senti blessé.




dimanche 21 juillet 2013

Rendre l'absence, présence avec Alexandra Breukink


Plusieurs raisons m'ont amenée ici, à Gunsbach : le désir d'une paroisse à taille humaine, le travail en équipe avec les autres paroisses protestantes de la vallée, la mémoire d'Albert Schweitzer, qui hante ce village où il a vécu. Mais je suis aussi venue pour avoir plus de temps pour peindre. Ouvrir la Bible, méditer les textes par le biais de la peinture, seule ou avec d'autres.
Longtemps, les démarches artistiques et pastorales m'ont semblé irréconciliables. Aujourd'hui, je réalise combien la parole que je profère au culte. dans les enterrements, les mariages, fait appel à la créativité. 

À la façon d'un peintre, pour mes prêches, j'ouvre grands mes yeux et mes oreilles pour capter les impressions, les images, les laisser résonner en moi avant de les ressortir en mots. 
En mots le plus juste possible, en mots qui parlent de la vie et disent ce faisant quelque chose de Dieu. Rendre visible l'invisible, audible l'inaudible : c'est la fonction de l'art : c'est aussi la tâche vers laquelle, comme pasteure, je ne cesse de tendre. 

Alexandra Breukink
Source : revue La Vie

jeudi 18 juillet 2013

Cosmologie avec Trinh Xuan Thuan

Une partie de l’interview avec Trinh Xuan Thuan de l'émission "Grand Entretien"

Un regard sur notre univers (21 min.)

mercredi 17 juillet 2013

La voix du Diable avec William Blake


The voice of the devil (1 min .)


La voix du diable

La voix du Diable

Toutes les Bibles, ou codes sacrés, ont été cause des erreurs suivantes:

1° Que l'homme a deux réels principes existants, à savoir : un corps et une âme.


2° Que l'Énergie, appelée le Mal, ne procède que du corps, et que la Raison appelée Bien ne procède que de l'âme.



3° Que Dieu torturera l'homme durant l'Éternité pour avoir suivi ses énergies.



Mais contraires à celles-ci, les choses suivantes sont vraies :


1° L'homme n'a pas un corps distinct de son âme, car ce qu'on appelle corps est une partie de l'âme perçue par les cinq sens, principales entrées de l'âme dans cette période de vie.



2° L'énergie est la seule vie; elle procède du corps, et la Raison est la borne de l'encerclement de l'Énergie.



3° Énergie est Éternel délice.

mardi 16 juillet 2013

La carte de Douglas Harding avec Pascal Tellier (2)

Maintenant, au risque de faire hurler certains orthodoxes de l'hindouisme, et d'autres personnes peut-être, voici une recomposition de la carte proposée par Douglas HARDING et celle des Koshas. A vous de vérifier par vous-mêmes, sous votre propre autorité, sans référence à la mémoire ni à l'imagination, si cette Carte recomposée décrit bien la réalité qui vous entoure, que vous êtes, et qui, en définitive, est en Vous. 


Le JE SUIS de la carte de Douglas correspond à S.C.A.M.K. de la carte des Koshas. Ici et Maintenant, il est le support de la création, du temps et de l'espace, ou plus exactement des temps et des espaces, en étant imprégné de Divin. Dans la carte recomposée, les cercles concentriques entre le point JE SUIS et les jambes de la personne assise correspondent aux plans, aux "centres", de la "tête", du "cœur", de la vitalité de l'homme. Tout ce qui est photographiable dans l'homme et hors du corps physique de l'homme, des particules aux galaxies, se trouve à côté des jambes de la personne assise. Derrière le point JE SUIS et les bras en croix sont "représentés" le SOI, DIEU, la Nature de BOUDDHA.

Les exercices proposés par Douglas sont une science de la 1ère Personne. Ils permettent à ceux qui les pratiquent d'accéder Ici et Maintenant à la Vision, à la Réalisation, la découverte de Je Suis, c'est à dire de S.C.A.M.K. 


Les consignes données par Douglas lors des exercices comportent trois présupposés :

1- Les participants sont des êtres vivants. On n'a jamais vu une pierre ou un cadavre pratiquer ces exercices. Les participants sont dotés d'une santé (P.M.K.) en bon état.
2- Les participants sont intéressés par les exercices, sinon ils ne seraient pas venus à l'atelier ou au stage. Ils sont dotés d'affects (M.M.K.) qui s'investissent dans l'enseignement de Douglas.
3- Les participants sont suffisamment intelligents pour comprendre les consignes, la façon de procéder durant les exercices. Ils sont dotés d'une faculté de penser (V.M.K.) qui apporte son concours.


Il peut y avoir des sensations venant du corps durant les exercices, des émotions, ou des pensées parasites mais la consigne de base est de ne pas s'attacher à ces manifestations, de ne pas s'y arrêter, de ne pas s'y laisser emprisonner. Il s'agit de VOIR ce qu'il y a à VOIR au-delà ou avant les sensations physiques, les émotions, et les pensées.


A la question : "Y a-t-il quoi que ce soit qui puisse s'opposer à ce que le visage de mon ami soit accueilli ici ? ", la réponse est "non". Plus exactement, non il n'y a rien qui puisse s'opposer à l'accueil du visage de mon ami, comme pour tous les objets du monde sans exception, mais oui il y a parfois, pour ne pas dire souvent ou presque toujours, quelque chose qui essaie de s'opposer aux faits, un écran, un barrage mental, fait de refus, de peurs, de désirs, d'interprétations psycho-mentales, qui croit qu'une opposition est possible, qu'on peut empêcher cet accueil.


La consigne de ne pas faire référence à la mémoire, ni à l'imagination, neutralise l'obstruction mentale ordinaire, du moins la tentative d'obstruction habituelle. La consigne propose cette neutralisation, permettant ainsi à la conscience de revenir à sa source, de sortir des limites fixées arbitrairement par des croyances, des idées toutes faites, des opinions non fondées ou non vérifiées...


L'étude de ces cartes montre donc une parenté entre l'Enseignement de Douglas Harding et l'Enseignement multiséculaire des Upanishads...

Pascal Tellier

lundi 15 juillet 2013

La carte des Koshas avec Pascal Tellier (1)

Les Upanishads proposent, elles, dans la Taittiriya Upanishad, une Carte représentative de l'homme, connue sous le nom de Théorie des Koshas. En sanscrit, le mot ha signifie revêtement et, avec une majuscule, les Koshas désignent les 'revêtements du Soi". Ils sont au nombre de cinq selon cette Théorie.

• Annamayakosha (A.M.K.) est le revêtement (Kosha) composé (maya) de nourriture Anna). C'est l'ensemble du règne minéral et quatre éléments, eau, air, feu et terre, ces atomes et des molécules, qui constituent la matérialité la plus grossière. Cette matérialité forme le corps physique des êtres vivants.

• Pranamayakosha (P.M.K.) est le revêtement composé d'énergie vitale (prana). C'est l'ensemble du règne végétal et de la composante végétale de tous les êtres vivants qui ont une naissance, une évolution et une mort.

• Manomayakosha (M.M.K.) est le revêtement composé d'émotions (manas) et d'instincts. C'est la spécificité du règne animal, et la composante animale des êtres humains. C'est le niveau psychologique de l'homme, celui des affects, du "coeur".

• Vijnanamayakosha (V M.K.) est le revêtement composé de pensées constructives, de bon sens (vijnana), d'idées. C'est le domaine de la technique, des arts traditionnels, de l'artisanat, des sciences, de la philosophie, propres aux hommes, celui de la "tête".

• Anandamayakosha est le revêtement composé de Béatitude (ananda), ainsi que de Conscience (chit), et d'Etre (sat). Il conviendrait mieux en fait d'appeler ce Kosha, Sat-Chit-Anandamayakosha (S.C.A.M.K.). Ce Kosha est sans forme, à la différence des quatre autres. Il les contient tous et les imprègne, ce qui ne figure pas sur le dessin mais doit être compris dans la réalité.

• Au Centre de l'homme, mais également à l'extérieur et à l'intérieur des Koshas, se "trouve" l'Atman ou le Soi (Self en Anglais). La Toute-Présence du Soi n'est ni représentée, ni représentable dans un dessin à deux dimensions comme celui de cette Carte.

Habituellement, l'homme n'a pas conscience de sa Conscience, ou plus exactement de La Conscience. La Conscience est Unique, elle n'est la propriété de personne et elle appartient à tout le monde. L'homme ordinaire est identifié aux quatre premiers Koshas, et encore n'a-t-il souvent qu'une conscience limitée et approximative de ces Koshas. C'est pourquoi, l'homme non accompli est décrit par les Textes sacrés comme étant A.E.I.O.U., A pour aveugle, E pour endormi, I pour ignorant, OU pour oublieux de sa propre nature. 

La Route à suivre est donc celle qui mène à la prise de conscience de la Conscience Immuable qui est à l'arrière-fond de toute la création, puis du Divin qui est à l'origine de cette Conscience et de la création. Il est à remarquer, d'abord, que l'homme récapitule l'univers entier et que les deux sont intimement mêlés. Il ne peut pas y avoir l'homme d'un côté et la nature de l'autre. Ensuite, nous sommes tous Nature de Bouddha, et tous nous existons en tant que 1ère Personne, de naissance, de droit divin depuis l'origine des temps, sans exception. Et c'est par la 1ère Personne et la Nature de Bouddha que nous sommes en communion les uns avec les autres et avec la création entière. Le sens de la séparation qui caractérise les 2ème/3ème personnes disparaît, se volatilise, quand a lieu la prise de conscience de la Conscience de la 1ère Personne.

Tant qu'un homme vit du matin au soir dans le sens de la séparation, il est A.E.I.O.U. Dès que cet homme accède à la Conscience de la le Personne, de Sat-Chit-Ananda-mayakosha, le sens de la séparation disparaît, le sens de l'unité, de la communion apparaît, l'Amour fleurit. C'est ainsi que Dieu est présenté comme Amour inconditionnel, un Amour inconditionnel à trouver en chacun de nous, qui sous-tend la création entière même si ce n'est pas apparent à première vue. 

dimanche 14 juillet 2013

Renouer avec la Vie par Philippe Mac Leod

Car la Bonne Nouvelle qu’il nous faut désormais proclamer à tous les hommes, c’est que la vie, dans sa profondeur, est esprit, et qu’il y a au fond de tout être cette réserve insoupçonnée de perfection, au sens de plénitude, d’accomplissement, d’achèvement, là où l’absolu prend toute sa dimension. Là où l’idée de vérité s’éclaire et se précise, où il ne fait plus aucun doute que quelque chose existe au-delà de l’immédiateté du visible. Même s’il reste difficile à rejoindre, à exprimer, comme souvent ce sentiment mêlé d’impuissance et d’exaltation qui nous envahit devant la beauté du monde. Mais nous savons que ce quelque chose est là, qu’il est nous, que le Royaume est en nous.

Il faudrait nous y arrêter plus souvent, pour y puiser des ressources nouvelles et ne jamais perdre le contact avec notre horizon intérieur. Notre vérité est là et pas ailleurs, dans ce silence que nous impose le miracle de la présence, entre vertige et sentiment de plénitude...


Il est urgent de prendre au sérieux la vie qui est en nous, ce cœur qui bat, la conscience qui nous est donnée. S’il est un renouveau spirituel à attendre, il viendra de là, de notre capacité à développer cette intériorité humaine, comme l’ultime maillon au bout de la chaîne de l’évolution, pour y faire résonner la Création tout entière, pour la rassembler et la rendre à sa source. 



Philippe Mac Leod
source : La VIe

samedi 13 juillet 2013

Écosystème humain...



Le corps-esprit de l’être humain est un écosystème, intégré aux écosystèmes de la nature. L’équilibre du Tout se maintient grâce à la communication et au pouvoir d’adaptation des différents agents. Le fruit ne peut apparaître sans la fleur, elle-même l’aboutissement d’un processus initié dans la graine, au sein de l’obscurité de la terre.

Selon ce point de vue l’homme doit donc, pour se maintenir en bonne santé, respecter les rythmes et cycles des saisons, s’adapter aux climats, prendre soin de son alimentation et maintenir l’esprit paisible. En hiver par exemple, en accord avec ce que nous observons en milieu naturel, il convient de réduire ses activités. Il y a peu de lumière, le froid est dominant, la vie végétale et animale est ralentie. C’est donc pour nous le temps de l’introspection, du repos qui permet de restaurer et nourrir nos énergies profondes. Simple bon sens, comme celui de dormir la nuit pour être en forme la journée !

Isabelle Laading