dimanche 12 février 2023

Paix profonde

 Personne ne parvient au sommet

de la plus haute montagne.

Personne ne comprend ce lieu mystérieux.

Ni Bouddha, ni Dieu,

Aucun saint, aucun sage ne peut l’exprimer

Par la vertu de l’éloquence,

Ni même par le silence.

Etudiant profondément et poussant loin nos recherches

Que nous arrivions en ce lieu,

Même si nous regardons tout le jour,

C’est comme si nous n’avions pas d’yeux.

Même si nous écoutons toute la nuit,

C’est comme si nous n’avions pas d’oreilles.

Mélodie d’une harpe sans corde,

Ou d’une flûte sans trou,

Cette musique émeut les cœur les plus froids,

Son harmonie bouleverse l’esprit le plus ironique.

Le sujet et l’objet disparaissent tous deux,

L’activité des phénomènes et la profondeur de la sagesse

S’assoupissent.

Il n’y a plus d’anxiété, de projet, de calcul,

On ne pense plus.

Le vent tombe, les vagues disparaissent,

L’océan se calme.

Avec le soir, la fleur se referme, les gens s’en vont,

Alors la paix de la montagne devient profonde.


extrait de : La pratique du Zen par Taisen Deshimaru

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samedi 11 février 2023

Poésie quotidienne

 


"C'est cela que j'appelle vivre en poésie : prolonger le réel non par du fantastique, du merveilleux, des images paradisiaques, mais en essayant de vivre le concret dans sa vraie dimension, vivre le quotidien dans ce qu'on peut appeler, peut être, l'épopée du réel.

Le rôle du poète et du poème, c'est aider l'autre à trouver sa poésie, à faire en sorte de vivre sa vie dans cette présence à soi et aux choses au cours des actes les plus quotidiens : préparer son café, seul le matin dans une cuisine, aller au travail, regarder un pigeon qui passe, une pierre qui roule... Trouver à la vie - sa vie -  une certaine tonalité, un certain prolongement, une certaine exaltation ; vivre tout évènement quotidien dans les coordonnées de l'éternité, c'est pour moi la poésie."

Guillevic (Vivre en poésie - ou l'épopée du réel)

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vendredi 10 février 2023

Reconnaissance

 

Je ne sais pas pourquoi je suis venu,

Je n’ai pas de bagages.

Les nuages me soufflent mon discours

Et la Terre absorbe mes pensées

Et constamment je me reconnais.

Yvan Amar - Les nourritures silencieuses


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jeudi 9 février 2023

Yoga pranayama


Donnez-vous à l'expiration sans la pousser ... allez avec elle. Sentez que vous videz le corps de ses encombrements. C'est le connu, la mémoire que vous éliminez.

Laissez le repos qui suit être un véritable lâcher-prise.

Ne vous précipitez pas vers l'inspiration, donnez-vous à ce repos.

L'inspiration jaillit naturellement, sans besoin.

Le souffle sacralise le corps.

Ne vous pressez pas ! L'apprentissage du pranayama est gratuit.

N'attendez rien!

Soyez tout écoute.

Découvrez votre sensibilité naturelle.

Cet art, dans sa subtilité, tel qu'il est enseigné au Cachemire, est illimité.

La richesse de la création est infinie et tous ses aspects sont soutenus par l'énergie, le souffle, prana.

Découvrez-la!

le yoga tantrique du cachemire/e.baret/le relié poche

Œuvre de Gérard Beaulet

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mercredi 8 février 2023

Pratique de la voie intérieure

Le quotidien comme exercice


« Lorsqu'on parle de pratique ou d'exercice sur la Voie, il faut toujours les envisager sous deux aspects : au Japon, en ce qui concerne la Voie qu'est le Zen, il y a l'exercice que l'on fait à un moment de la journée. Par exemple, la pratique méditative appelée Zazen que vous pratiquez une demi-heure ou une heure chaque matin. Il y a par ailleurs, la pratique dans la vie quotidienne : le Quotidien comme champ de l'exercice.

Toute action, dans la journée, n'a pas seulement un sens extérieur par rapport au monde. Elle contient aussi un sens intérieur : c'est la façon dont elle est accomplie. Et, dans ce sens intérieur se trouve, pour l'homme, la possibilité d'être et de se sentir en contact avec son être essentiel, sa vraie nature d'être humain ». (K.G. Dürckheim)

Graf Dürckheim raconte une anecdote qui pourrait nous intéresser lorsqu'on pratique l'exercice appelé zazen ; également lorsqu'on pratique et enseigne une discipline artistique, artisanale ou martiale qui a ses racines dans les traditions de l'Orient ou de l'Extrême-Orient (Kyudo, Chado, Yoga, Taï Chi-Chuan, etc.)

« Au Japon, je pratiquais le Kyudo (le tir à l'arc) sous l'œil vigilant de mon maître Kenran Umeji depuis deux ans lorsqu'il me demande — Alors Dürckheim, quand faites-vous votre exercice ?— Ce n'est pas sans une certaine fierté que je lui réponds que je pratique une heure chaque matin. Je n'attendais pas d'être complimenté mais ce qu'il m'a dit m'a désarçonné : — Dans ce cas vous n'avez encore rien compris à ce que nous appelons l'exercice sur la Voie, il faut le faire toute la journée —.

Maintenant, je peux vous dire que si je lui avais répondu que je pratique toute la journée il m'aurait certainement dit —Dürckheim vous n'avez encore rien compris à ce que nous appelons l'exercice sur la voie, il fait le faire une heure chaque jour! »

Pratiquer une heure chaque jour ?

Par exemple zazen et la marche momentanéisée appelée Kin-Hin.

ZAZEN : être là assis, dans la tenue juste (la verticalité intérieure), la forme juste (ni crispé ni avachi mais dans un rythme tension / détente qu'on peut envisager comme étant la respiration du tissu vivant) et, absolument immobile, exercer la pleine attention au fait que, en ce moment -je inspire- ... que en ce moment -je expire- (et que Moi je n'y suis pour rien).

KIN-HIN : exactement le même exercice mais, cette fois, en marchant.

Lorsqu'on apprend un exercice en étant accompagné par un maître Zen, arrive ce moment où on découvre que l'exercice que nous apprenons nous apprend ce que et qui nous sommes. Découverte, expérience que : « Corps que Je Suis ». Et que ma manière d'être en tant que corps vivant est l'expression de mon vécu intérieur : calme ou agité ...ouvert ou fermé ... confiant ou méfiant ... patient ou impatient.


Pratiquer toute la journée ?

Nous ne sommes pas éduqués à voir qu'une action qui a un but extérieur peut, en même temps, avoir un sens intérieur. Par exemple, chaque matin il me faut marcher du domicile au parking où est garée ma voiture. Si une personne, qui se dit en chemin, fais ces 100 pas, dans le seul but de rejoindre sa voiture, ils sont ...perdus. Par contre, je peux envisager ce déplacement comme étant un exercice dans le champ du quotidien. L'acte de marcher est l'occasion de me mettre en ordre intérieurement.

Comment ? En faisant chaque pas dans la tenue corporelle juste, la forme juste (ni crispé ni avachi) et en me déplaçant dans un rythme qui me libère de cette névrose qui consiste à tout faire vite. Là où est le vivant il y a le rythme, là où est le rythme je suis en contact intime avec ce qu'on appelle l'être qui fait que tout ce qui est ... EST et devient ce qu'il EST.

Notre vie intérieure n'est pas seulement le reflet de nos états d'âme ou de notre état d'esprit. Sur le chemin de l'accomplissement de notre vraie nature, notre manière d'être en tant que corps témoigne de notre manière d'être en tant que personne. Chaque geste, chaque attitude corporelle, est une autoprésentation de nous-même en tant que personne.

L'expression "je me sens en forme" à un sens très profond que nous ignorons. C'est ce moment de la journée où je me sens en ordre intérieurement, tout simplement en ordre, parce que en contact avec ma vraie nature, ce que Graf Dürckheim désigne comme étant notre être essentiel.

Jacques Castermane

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mardi 7 février 2023

Sur fond de joie...

 


Votre « esprit » serait-il « rempli de joie » simplement parce que les circonstances deviennent favorables ? S’agit-il de la représentation de la joie ? Éprouver de la joie quand les circonstances sont favorables, et de la peine quand elles sont défavorables ? Si c’est ainsi, quel service aurez-vous rendu à la parfaite connaissance ? Les circonstances changent continuellement. Tout change. 

Une situation doit être acceptée comme elle vient. C’est cette acceptation qui invariablement procure la joie : l’acceptation des situations favorables et défavorables. « Oui, c’est ainsi maintenant ; c’est ce qui est arrivé. » Ensuite, faites ce qui est en votre pouvoir et en accord avec les circonstances -le cœur rempli de joie-, ferme dans l’action et stable dans l’esprit ! Quand une situation est apparue, elle est apparue. Et ensuite ? Acceptez, acceptez, acceptez ! Puis agissez, c’est tout. Quoi d’autre ? Voici la clé vers la joie. C’est le cadeau de la parfaite connaissance !

Swâmi Prajnânpad

Lettre à un disciple

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lundi 6 février 2023

Espace d'accueil

 


Il est naturel d'éprouver du ressentiment envers une personne qui nous blesse et nous fait souffrir.
Il est également humain de ressentir de la sympathie et de l'affection pour quelqu'un qui nous comble et participe à notre bonheur.
Lorsque vous vous engagez sur une voie spirituelle, vos ennemis sont déterminants quant à votre pratique.
Ils représentent une occasion et une chance uniques de progresser en vous aidant à développer la patience, la tolérance, l'amour et la compassion.
La tolérance envers ceux qui nous font du tord ne suppose en aucun cas de subir l'injustice.
Se montrer tolérant nécessite de mettre en place une action volontairement différente et dénuée de tout sentiment négatif comme la haine et la colère.
Nos amis ne nous permettent pas de cultiver la patience, cette force et cette détermination de l'esprit. Seuls nos ennemis détiennent cette capacité à nous éduquer.
Notre but n'est pas de devenir insensible ou indifférent en développant une attitude égale, envers tous les êtres.
Il faut avant tout poser de nouvelles fondations, créer un espace de liberté dans notre esprit.
C'est à partir de cet espace qu'il est possible d'engendrer des pensées et des émotions positives.
La patience est le seul moyen qui permet de dépasser la souffrance.
La forme de la patience la plus élevée consiste à accepter les épreuves avec joie.
Elle nous permet de développer la persévérance.
Le Dalaï Lama

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dimanche 5 février 2023

La fenêtre de l’âme


« L’essentiel était d’ouvrir ses yeux et d’aiguiser son regard pour faire la lumière sur sa vie, son état de vie, son milieu de vie », voilà ce que nous confie la chroniqueuse Charlotte Jousseaume.

À l’âge de 20 ans, j’ai ressenti l’appel d’air de la vie consacrée. J’avais failli mourir, une nuit, d’un empoisonnement, et je ne cessais depuis d’entendre au fond de moi la source de la vie qui s’était déblayée au seuil de la mort. J’avais marché, un jour, en forêt, et je gardais vive sur ma peau la mémoire de cette communion intense avec le vivant. Si l’infini avait désiré frapper ainsi à ma porte, impossible de l’ignorer et de lui refuser ma demeure. Les vêtements que me tendait le monde me semblaient tous trop étroits à porter. Seule la tunique sans couture du Christ était à même de m’envelopper.
Les arbres en ont décidé autrement, et c’est sur un autre chemin de vie que je me suis engagée. Traversant un printemps une forêt, j’ai aperçu à quelques dizaines de mètres de moi, une clairière faite de main d’hommes. Certes la lumière entrait à flots par cette trouée, mais le terrain avait été défriché, les arbres abattus et déracinés.
Apprendre la vigilance
J’ai compris, en toute évidence, qu’il fallait protéger mon bois sacré intérieur de toute forme de violence extérieure. Inutile de défricher, d’abattre et de déraciner… J’allais sacrer ma vie, non la consacrer !
La solitude est devenue ma clôture, et ma clairière. En véritable veilleuse, elle m’enseigna ce qu’enseigne la vie monastique : la vigilance. J’appris à son école à monter la garde sur les remparts de Jérusalem, en faisant une avec tout ce que je vivais… de la tête aux pieds ! Cette sève qui montait ou descendait le long de mon tronc, comme les anges sur l’échelle de Jacob. Ces feuilles qui, de saison en saison, s’ouvraient à la lumière, ou tombaient, mortes, sur le sol. Ces anneaux de croissance qui, d’année en année, marquaient le chemin parcouru intérieurement.

Passer à la clairvoyance
Un été, guettant la lumière dans la pénom­bre d’une pinède, je découvris, les yeux levés au ciel, la « timidité » des pins. Je savais que les conifères autour de moi s’assemblaient et s’épaulaient en profondeur par leurs racines. J’ignorais qu’ils savaient respecter entre eux la juste et bonne distance, pour que leurs branches ne s’enchevêtrent pas et que leurs aiguilles ne s’emmêlent pas. Je ris en apprenant que les naturalistes appellent « timidité » cette règle de vie communautaire ! Les pins épousaient la timidité, pour ne pas faire obstacle entre eux au passage de la lumière.
Cette « fente de timidité », dite aussi « fente de solidarité », m’a ouvert les yeux. Peu importait en effet la clairière (et l’état de vie, consacrée ou non) : ce qui comptait, c’était le regard clair ! En sacralisant entre eux cette règle de timidité, les pins ouvraient de concert au ciel la fenêtre de l’âme de la forêt. La lumière pouvait ainsi la pénétrer, sans besoin de rien défricher, abattre ni déraciner. Oui, l’essentiel était d’ouvrir ses yeux et d’aiguiser son regard pour faire la lumière sur sa vie, son état de vie, son milieu de vie. L’essentiel était de voir clair, de passer de la vigilance à la clairvoyance.
Et si, en cette fête de la vie consacrée, nous imitions non la multiplication des pains mais la timidité des pins ? Que nous vivions au cœur d’une clairière, dans la pénombre du bois ou en lisière, c’est en ouvrant la fenêtre de notre âme que nous verrons l’œuvre de la lumière en nous et autour de nous. Jésus n’a cessé de nous inviter à cette pureté du regard. L’Évangile de Matthieu (6, 22-23) rapporte : « L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé ; mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. » Alors ouvrons nos timides fenêtres, et gardons le regard clair !

Charlotte Jousseaume est écrivaine. Elle anime des ateliers d’écriture et a publié Le silence est ma joie (Albin Michel), Quatuor mystique (Cerf), Et le miroir brûla (Cerf) et J’ai marché sur l’écume du ciel (Salvator).
Source : La Vie
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samedi 4 février 2023

Une belle personne

 

Chacun rêve, parfois dans le secret de son âme, parfois en l’exprimant,
parfois en se regardant dans le miroir en se brossant les dents,
de devenir une « belle personne ».
 
Quelle image nous faisons-nous d’une « belle personne » ?
C’est quelqu’un d’honnête, qui ne ment pas, qui se dévoue devant une personne souffrante physiquement ou moralement. Elle s’abstient de tout critiquer.
Au contraire, elle est bienveillante face à l’erreur, même à l’emportement,
à la critique à son égard.
Tout ceci lui confère une certaine grâce, quels que soient son physique et son âge.
Cela donne envie de la côtoyer.
 
Chacun pressent qu’être une « belle personne » procure une qualité de vie toute autre, qui pourrait se résumer par la joie de vivre.
 
Comment passer de : être une personne à être une « belle personne » ?
En fait le problème n’est pas là. Il est dans le choix.
Comment se fait-il que nous ayons tant de mal à décider de nous mettre en route pour réaliser cet appel si profond de l’âme ?
Là réside le mystère pour chacun.
 
La décision prise, il est facile de trouver un accompagnement, laïque ou religieux. Mieux encore, un accompagnateur qui corresponde à notre aspiration.
Évidemment, la voie commencée, elle s’avère semée d’embûches. Cependant cette quête, devenue concrète, avec ses outils de pratique, rend la vie passionnante, aventureuse, et finalement – ce que nous cherchions – magnifique et aimante.
 
Reste le mystère de chacun :
Qu’est-ce qui fait que je me décide ou non ?
 
 
Christian Rœsch


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vendredi 3 février 2023

jeudi 2 février 2023

Important en cette période !

 


«L’être humain a des besoins fondamentaux : du calme, de la lenteur, du repos et de la continuité. 

Notre époque nous prive de tout cela. Plus une société est speed, plus il faut donner à notre cerveau des temps de pause ! 

Il ne s’agit pas de partir vivre dans un monastère. Il s’agit d’équilibrer. C’est la clé.»


Christophe André

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"En chinois, "prendre le temps" s'écrit avec le caractère qui désigne la porte ou la fenêtre. A l'intérieur de cette porte ou fenêtre, il y a le caractère de la lune. Cela signifie qu'il faut vraiment être libre pour prendre le temps de voir la lune et de l'apprécier. Aujourd'hui, la plupart d'entre nous ne dispose pas d'un tel luxe. Nous avons plus d'argent et de confort matériel mais nous ne sommes pas vraiment plus heureux, parce que nous n'avons simplement pas le temps d'apprécier la compagnie de ce qui nous entoure."
Thich Nhat Hanh La Terre est ma Demeure



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mercredi 1 février 2023

Façade


" Cette civilisation moderne a conduit l'humanité à deux guerres mondiales, mais la leçon n'a servi à aucun politicien. La politique ne se préoccupe que des apparences et ne tient aucun compte des réalités profondes. Seule la conscience de leur nature spirituelle commune peut unir les hommes. Le sens de leur individualisme les condamne à l'égoïsme et aux conflits. C'est dans la vision même de l'homme et du sens de sa vie que se trouve la racine de tous les « problèmes ». Tant que l'aveuglement et l' ignorance prévaudront, tout problème résolu fera immédiatement place à un autre, dans un déséquilibre permanent. L'intérêt pour la politique tient aujourd'hui la place que tenait autrefois l'intérêt pour la religion. Moins les gens ont l'intention de se diriger et de se réformer eux-mêmes, plus ils se préoccupent de la façon dont il faudrait diriger ou réformer la société. En fait, les « problèmes » politiques, économiques et sociaux ne sont qu'une façade qui masque le véritable problème, lequel est spirituel et psychologique. Aucune mesure ne sauvera la situation, qui ne tiendra pas compte de la réalité spirituelle, de la vraie nature de l' Homme. Pour le moment, l'humanité tourne le dos à cette vérité fondamentale. L'existence devient sans cesse plus complexe à tous égards et interdit de plus en plus aux hommes et aux femmes toute velléité de vie intérieure. Le véritable bonheur ne peut se trouver que dans la « réalisation » ou la prise de conscience de la Nature profonde, du Soi, mais jeunes et vieux cherchent désespérément des plaisirs et des satisfactions qui ne peuvent pas durer. C'est, par excellence, le fruit de ce que tous les enseignements initiatiques ont appelé l'aveuglement et l'ignorance.

Arnaud Desjardins , Monde moderne et Sagesse ancienne ( 1973 )

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Spontanément oui !



Il faut que l’adhésion soit totale, absolue, sans réserve, à tout. Absolument tout. Tout à la fois ! Vous dites oui. Dans l’instant. Au début, c’est vrai, cela vous demandera un effort – énorme par moments. Je vais vous citer deux phrases de Mâ Anandamayi : « Sustained effort ends in effortless being. » « L’effort soutenu débouche sur l’état sans effort. » Ou encore « What has been gained through sustained effort is finally transcended and then spontaneity comes. » « Ce qui a été gagné à travers l’effort soutenu est finalement transcendé, et alors survient ce que les hindous appellent “spontanéité”. » Cette spontanéité-là ne veut pas dire donner un coup de poing à celui qui me bouscule sans le faire exprès ; cela n’est pas la spontanéité mais l’emportement. La vraie spontanéité est le fait que la réponse juste à la situation vienne aisément et immédiatement, comme la riposte dans les arts martiaux.

Arnaud Desjardins

A la recherche du soi - Adhyatma yoga, p102-103

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