mercredi 28 janvier 2015
mardi 27 janvier 2015
lundi 26 janvier 2015
Père Pedro Opeka...
Il y a 25 ans ce prêtre lazariste argentin sortait les pauvres de la décharge d’Antananarivo pour créer avec eux des villages. Depuis, grâce à son association Akamasoa, 500 000 personnes ont pu retrouver toit et travail, joie et espérance.
Mai 1989. Une scène intolérable, cauchemardesque, se déroule sous mes yeux : par milliers, des adultes et leurs enfants errent dans la décharge de la capitale malgache, Antananarivo, au milieu des porcs et des chiens. Piétinant les ordures, ils se disputent le moindre bout de caoutchouc ou de plastique. Aucun mot ne peut sortir de ma bouche, je suis transi d’horreur et de colère. Le soir même, je ne peux trouver le sommeil. Me mettant à genoux sur mon lit, je lève les bras et implore Dieu : « Aide-moi à faire quelque chose pour ces enfants ! »
Le cri s’avère être une alliance, un pacte intérieur : je décide de rester auprès d’eux et de faire tout mon possible pour les sortir de cette misère, non pas par ma propre force, mais grâce à celle que Dieu me donnera et que je sens déjà germer en moi. Dès le lendemain, je retourne sur le terrain vague, déterminé : « Si vous voulez, nous allons, tous ensemble, vaincre la pauvreté par le travail, la scolarisation des enfants et par une discipline communautaire. » La première chose était d’unir ces pauvres entre eux, d’éradiquer la violence qui intoxiquait leurs relations. C’est comme ça qu’est née il y a 25 ans l’association Akamasoa, ce qui signifie en malgache « les amis fiables et sincères ».
Cela faisait déjà 15 ans que je vivais à Madagascar, dans le sud-est du pays. Curé de la paroisse de Vangaindrano, j’étais prêtre missionnaire auprès des villageois et des paysans. Voilà ce que je désirais plus que tout : être avec, partager le quotidien de ces personnes travaillant d’arrache-pied dans les rizières. Je ne pouvais pas supporter de les voir mourir de faim, abandonnés par leurs dirigeants. Durant cette période de ma vie, que je considère comme une seconde naissance, j’ai appris leur langue et ai tenté de m’adapter autant que possible à leurs coutumes. Moi, le prêtre argentin, je refusais en effet d’apporter des solutions toutes faites et d’imposer quoi que ce soit. Il me fallait vivre pleinement avec eux.
Ma vocation de missionnaire a été confirmée lorsque j’ai rencontré les Indiens mapuches dans la cordillère des Andes. J’avais 18 ans. Ils étaient là, reclus dans les montagnes depuis un siècle. « Pourquoi et comment a-t-on pu oublier ces frères et sœurs ? » me demandais-je, bouleversé. Depuis quelque temps, le désir de servir les pauvres, à l’exemple de Jésus, résonnait en moi, avec la conviction que foi et action étaient indissociables. Durant mon enfance à Buenos Aires, la vision des bidonvilles encerclant la ville me révoltait : comment pouvait-on accepter de vivre dans un monde avec tant d’injustices et d’inégalités ?
Ma foi et ma volonté ont d’abord puisé leur source dans celles de mes parents. Immigrés slovènes ayant fui Tito, ils étaient des exemples de courage, de droiture, d’espérance et de charité. Ma mère nous disait qu’un pauvre qui frappait à la porte ne devait jamais repartir les mains vides. Et ce qu’ils prônaient, ils l’appliquaient. Dès l’âge de 10 ans, j’aidais mon père, aux côtés de mes huit frères et sœurs, dans son métier de maçon. Ce travail physique m’a forgé dans l’exercice de la persévérance.
Jeune séminariste chez les lazaristes, j’ai commencé par étudier la philosophie en Slovénie, où je renouais avec mes ancêtres. Puis la théologie à Paris, après être allé pour la première fois à Madagascar, où j’ai aidé à la construction de maisons et joué au foot avec les jeunes, ma passion !
C’est une fois ordonné prêtre que je suis parti à Madagascar… pour y rester. Après mon expérience de 15 ans dans les rizières, je pensais pourtant quitter le pays, pour me remettre en forme. Les maladies que j’y avais contractées m’avaient en effet totalement mis à plat. La providence a voulu que je sois envoyé à Antananarivo pour m’occuper des séminaristes de la maison Saint-Vincent-de-Paul. C’est là que j’ai découvert la décharge. C’est dans cet état de faiblesse tant physique que spirituelle que j’ai retrouvé de la force auprès des pauvres.
J’ai tout de suite mis cartes sur table : « Vous êtes pauvres, mais c’est ensemble qu’on va combattre. » Il était essentiel qu’ils participent à leur propre relèvement. L’urgence : qu’ils aient un toit et un travail. Non loin de la décharge se trouvait une vaste carrière. En attaquant des milliers de tonnes de granit, nous avons pu exploiter le terrain et utiliser ce matériau pour construire de petites maisons. C’est comme ça qu’a poussé un premier village. Puis une vingtaine d’autres ont fleuri, avec leurs écoles, leurs cabinets médicaux… sans oublier le stade olympique ! Le dimanche, nous vivons aussi tous ensemble la messe, en chantant et en dansant. Près de 7 000 personnes viennent fêter l’eucharistie ! C’est à chaque fois une exultation, un cri de joie et de remerciement pour nous avoir sauvés de la mort, de l’asservissement à l’extrême pauvreté, à la haine et à la jalousie.
Durant ces 25 ans de combat auprès des pauvres, je n’ai jamais cédé au découragement. Aujourd’hui, j’ai 12 000 enfants qui ont besoin de nourriture, d’un logement, d’un travail. Face à leurs yeux suppliants, je n’ai pas le droit de baisser les bras ni de les décevoir : je leur ai donné ma vie ! Akamasoa relève du miracle, car, en amont de tout savoir-faire technico-scientifique, notre association a puisé son inspiration dans un esprit de fraternité, sur un terreau de violence et de misère.
Mai 1989. Une scène intolérable, cauchemardesque, se déroule sous mes yeux : par milliers, des adultes et leurs enfants errent dans la décharge de la capitale malgache, Antananarivo, au milieu des porcs et des chiens. Piétinant les ordures, ils se disputent le moindre bout de caoutchouc ou de plastique. Aucun mot ne peut sortir de ma bouche, je suis transi d’horreur et de colère. Le soir même, je ne peux trouver le sommeil. Me mettant à genoux sur mon lit, je lève les bras et implore Dieu : « Aide-moi à faire quelque chose pour ces enfants ! »
Le cri s’avère être une alliance, un pacte intérieur : je décide de rester auprès d’eux et de faire tout mon possible pour les sortir de cette misère, non pas par ma propre force, mais grâce à celle que Dieu me donnera et que je sens déjà germer en moi. Dès le lendemain, je retourne sur le terrain vague, déterminé : « Si vous voulez, nous allons, tous ensemble, vaincre la pauvreté par le travail, la scolarisation des enfants et par une discipline communautaire. » La première chose était d’unir ces pauvres entre eux, d’éradiquer la violence qui intoxiquait leurs relations. C’est comme ça qu’est née il y a 25 ans l’association Akamasoa, ce qui signifie en malgache « les amis fiables et sincères ».
Cela faisait déjà 15 ans que je vivais à Madagascar, dans le sud-est du pays. Curé de la paroisse de Vangaindrano, j’étais prêtre missionnaire auprès des villageois et des paysans. Voilà ce que je désirais plus que tout : être avec, partager le quotidien de ces personnes travaillant d’arrache-pied dans les rizières. Je ne pouvais pas supporter de les voir mourir de faim, abandonnés par leurs dirigeants. Durant cette période de ma vie, que je considère comme une seconde naissance, j’ai appris leur langue et ai tenté de m’adapter autant que possible à leurs coutumes. Moi, le prêtre argentin, je refusais en effet d’apporter des solutions toutes faites et d’imposer quoi que ce soit. Il me fallait vivre pleinement avec eux.
Ma vocation de missionnaire a été confirmée lorsque j’ai rencontré les Indiens mapuches dans la cordillère des Andes. J’avais 18 ans. Ils étaient là, reclus dans les montagnes depuis un siècle. « Pourquoi et comment a-t-on pu oublier ces frères et sœurs ? » me demandais-je, bouleversé. Depuis quelque temps, le désir de servir les pauvres, à l’exemple de Jésus, résonnait en moi, avec la conviction que foi et action étaient indissociables. Durant mon enfance à Buenos Aires, la vision des bidonvilles encerclant la ville me révoltait : comment pouvait-on accepter de vivre dans un monde avec tant d’injustices et d’inégalités ?
Ma foi et ma volonté ont d’abord puisé leur source dans celles de mes parents. Immigrés slovènes ayant fui Tito, ils étaient des exemples de courage, de droiture, d’espérance et de charité. Ma mère nous disait qu’un pauvre qui frappait à la porte ne devait jamais repartir les mains vides. Et ce qu’ils prônaient, ils l’appliquaient. Dès l’âge de 10 ans, j’aidais mon père, aux côtés de mes huit frères et sœurs, dans son métier de maçon. Ce travail physique m’a forgé dans l’exercice de la persévérance.
Jeune séminariste chez les lazaristes, j’ai commencé par étudier la philosophie en Slovénie, où je renouais avec mes ancêtres. Puis la théologie à Paris, après être allé pour la première fois à Madagascar, où j’ai aidé à la construction de maisons et joué au foot avec les jeunes, ma passion !
C’est une fois ordonné prêtre que je suis parti à Madagascar… pour y rester. Après mon expérience de 15 ans dans les rizières, je pensais pourtant quitter le pays, pour me remettre en forme. Les maladies que j’y avais contractées m’avaient en effet totalement mis à plat. La providence a voulu que je sois envoyé à Antananarivo pour m’occuper des séminaristes de la maison Saint-Vincent-de-Paul. C’est là que j’ai découvert la décharge. C’est dans cet état de faiblesse tant physique que spirituelle que j’ai retrouvé de la force auprès des pauvres.
J’ai tout de suite mis cartes sur table : « Vous êtes pauvres, mais c’est ensemble qu’on va combattre. » Il était essentiel qu’ils participent à leur propre relèvement. L’urgence : qu’ils aient un toit et un travail. Non loin de la décharge se trouvait une vaste carrière. En attaquant des milliers de tonnes de granit, nous avons pu exploiter le terrain et utiliser ce matériau pour construire de petites maisons. C’est comme ça qu’a poussé un premier village. Puis une vingtaine d’autres ont fleuri, avec leurs écoles, leurs cabinets médicaux… sans oublier le stade olympique ! Le dimanche, nous vivons aussi tous ensemble la messe, en chantant et en dansant. Près de 7 000 personnes viennent fêter l’eucharistie ! C’est à chaque fois une exultation, un cri de joie et de remerciement pour nous avoir sauvés de la mort, de l’asservissement à l’extrême pauvreté, à la haine et à la jalousie.
Durant ces 25 ans de combat auprès des pauvres, je n’ai jamais cédé au découragement. Aujourd’hui, j’ai 12 000 enfants qui ont besoin de nourriture, d’un logement, d’un travail. Face à leurs yeux suppliants, je n’ai pas le droit de baisser les bras ni de les décevoir : je leur ai donné ma vie ! Akamasoa relève du miracle, car, en amont de tout savoir-faire technico-scientifique, notre association a puisé son inspiration dans un esprit de fraternité, sur un terreau de violence et de misère.
dimanche 25 janvier 2015
samedi 24 janvier 2015
Faire le choix de l'espérance avec Monique Durand-Wood
1. Laissez-vous toucher par ce qui vous entoure
Soyez attentif aux personnes croisées, rencontrées et laissez-vous toucher par de petits détails. Dans le métro, j’aime regarder les visages. Parfois je devine leurs fragilités, leur fatigue, leur anxiété, et je me laisse atteindre par cette humanité dont je me sens solidaire. Remplacez la méfiance par ces petites touches d’émerveillement. Vous ressentirez des forces d’amour et de bienveillance circuler au beau milieu des hommes.
2. Prenez soin de votre sanctuaire intérieur
Chaque jour, prenez au moins dix minutes pour vous poser, déposer l’agitation intérieure, si possible chez vous, dans le retrait et le calme. Mais rentrez aussi en vous-même dans les embouteillages ou à votre bureau. En prenant conscience de votre respiration, laissez-vous aussi toucher par ce flux et reflux, silencieux, discret, vous permettant de vivre. Dites-vous intérieurement « Je reçois, je donne ». Cela vous mettra dans une posture de gratitude face à la vie. Je récite certains morceaux de psaumes ou de prières dans ma voiture. A posteriori, je réalise que ces moments de retrait intérieur m’aident à agir de manière plus juste et plus sage.
3. Faites preuve de délicatesse
Une main tendue, un sourire peuvent faire plus qu’une parole. J’ai appris que même dans le mutisme ou le silence il se passait quelque chose avec les patients. C’est la même chose avec nos proches. Faire preuve de délicatesse, c’est aussi être attentif : « Tiens, tu as changé de coiffure, comment te sens-tu ? »… L’autre est valorisé et petit à petit découvrira que ses goûts et ses choix ont de l’importance.
4. Espérez pour l’autre
Je crois à une solidarité dans l’invisible, à la communion des saints. Quand quelqu’un n’a plus d’espoir, on peut espérer pour lui, lui dire. Cela le portera. On retrouve cette idée chez Dostoïevski, notamment dans les Frères Karamazov : pourvu qu’un autre croie en lui, le pire des hommes peut être sauvé.
vendredi 23 janvier 2015
La folle espérance avec Monique Durand-Wood
...Tout a basculé en 1988. Mon existence me paraissait alors artificielle : un divorce, deux enfants à charge, une vie affective désordonnée et des activités professionnelles peu épanouissantes. Un soir, je suis sortie dans la rue et je me suis mise à sangloter pendant de longues heures… jusqu’au moment où j’ai ressenti une Présence m’enveloppant de sa douceur. Les joues encore trempées de larmes, je me suis assise à côté de la porte d’une chapelle et j’ai bredouillé : « Mon Dieu ouvre-moi la porte de ton Église. »
Après toutes ces années d’éloignement, j’étais persuadée que l’Église m’en voulait. Ma confession à un moine le lendemain m’a totalement libérée. Son accueil m’a émerveillée. Le concile Vatican II était passé par là : j’ai découvert une Église plus tolérante et ouverte et ai pu intégrer un groupe de chrétiens divorcés. Comme j’ai fait des études de psychologie, une dame m’a proposé de la rejoindre dans une aumônerie psychiatrique d’un hôpital de Villejuif (94). Je n’ai pas hésité une seconde.
La folie m’a toujours fascinée. Dans ma famille, il y avait des personnes artistes, hypersensibles et pour certaines psychiquement fragiles. C’est lorsque les déguisements sociaux et autres masques tombent qu’une vérité peut éclater : c’est là que jaillit le plus profond de l’être. J’ai d’ailleurs remarqué que le noyau spirituel est ce qui reste dans l’individu, qu’il soit malade psychiquement, handicapé, ou atteint de la maladie d’Alzheimer. Une fois la tempête du délire passée, la foi des malades psychiques se révèle, dépouillée, simple, humble. Humilité aussi dans la prise de conscience de leurs failles, de leur pauvreté. J’ai vu avec éblouissement ce retour sur eux-mêmes qui les ouvrait aux autres : leurs fragilités développent une compassion extraordinaire pour leurs frères souffrants.
Dans leur détresse, j’ai pu toucher une part sacrée, de Mystère en eux. En tant qu’aumônier, mon rôle était de faire appel à cette Présence. Ni jugement ni diagnostic, une écoute bienveillante de leur mal-être. L’espérance qu’il existe autre chose que le désespoir, une Lumière, une respiration, alors qu’ils n’y croient plus. Même si l’on reste malade, même si l’on n’a plus de famille, même si l’on ne voit plus d’issue à son avenir, l’espérance permet de se sentir accompagné par le Divin.
Grâce à leur manière de s’identifier aux personnages de la Bible, j’ai réalisé que ces figures sont proches de nous : les « ennemis » sont nos propres ennemis intérieurs. Combats, désirs de vengeance, de guerre, cris de désespoir, eux les vivent concrètement. Par leur façon de se saisir de cette Parole vivante, ils sont devenus pour moi des exemples de foi, des maîtres spirituels.
Cette démarche de faire vibrer la Parole en soi, je l’ai vécue en parallèle à la Maison de Tobie, où j’organise désormais des sessions de contemplation. Tout au long de ma vie d’aumônier, j’ai pu ainsi développer ma vie intérieure en dehors de la psychiatrie. J’ai appris à méditer la Bible, à la mastiquer et la laisser infuser. Grâce à Françoise Dolto et à son Évangile au risque de la psychanalyse, autre livre choc de ma vie, j’ai compris que la foi nous ramène aux racines de l’humain et découvert aussi qu’avant d’être un livre religieux, la Bible était un livre d’humanité, avec un Autre qui se tient là, tout doucement.
Les étapes de sa vie
1947 Naissance à Rochechouart (Haute-Vienne)
1968 1er mariage, dont naîtront deux enfants.
Décembre 1988 Basculement intérieur. Retourne à la messe.
1991-2006 Bénévole puis aumônier d’hôpital psychiatrique à Villejuif.
2006 Master de théologie à l’Institut catholique de Paris.
2009 Ajouter foi à la folie, Éditions du Cerf.
Depuis 2012 Responsable de la démarche de contemplation à la Maison de Tobie.
2014 Second mariage.
jeudi 22 janvier 2015
Cheikh Bentounès : "Il faut réapprendre la valeur de la vie à nos enfants"
Pour le guide spirituel soufi, c'est l'éducation qui est à l'origine du mal qui frappe l'islam de France.
"C'est dans ses bureaux de Clichy-la-Garenne que le cheikh Bentounès nous reçoit. Pour le guide spirituel soufi, rien n'excuse l'horreur commise à la rédaction de Charlie Hebdo et dans l'Hyper Cacher, les 7 et 9 janvier 2015, et les auteurs de ces attentats sont des faibles d'esprit : "Pour ces jeunes, l'islam est devenu le refoulement de toutes les frustrations, de leurs échecs. Ils n'ont pas appris à filtrer la puissance des mots et du verbe. Or, sans éducation, l'information religieuse peut être dangereuse."
Pour le cheikh, qui est aussi le cofondateur du Conseil français du culte musulman, ces djihadistes ne cherchent qu'une chose : devenir célèbres à tout prix, même si le prix, c'est leur vie. La seule solution pour combattre ces dérives : l'éducation. "Nous devons apprendre à nos enfants qu'avant d'être noirs, juifs, musulmans ou chrétiens, nous sommes d'abord une conscience, un être humain". Un message de sagesse et d'apaisement destiné à la société tout entière et à une communauté musulmane victime collatérale d'un islam tourmenté."
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mercredi 21 janvier 2015
Le courage de "se laisser faire"...
...
Quand on ne fait plus valoir son moi, le voile de l'illusion se déchire et l'on découvre avec stupeur que les choix de la vie se mettent en place tout seuls
...
Dans le monde des choix, on se vit comme un auteur de la réponse, on lui donne du poids, on s'attache aux fruits de notre réponse. Dans le monde de l'évidence, on se vit comme serviteur, d'où la légèreté de l'action et la liberté par rapport à ses fruits ...
...
Être libre des 'je veux' et des 'je ne veux pas', c'est enfin pouvoir danser la vie telle qu'elle est, sans crispations, sans résistances, sans tensions.
...
La seule question qui compte vraiment pour moi est celle-ci :
'Que me demande la vie maintenant ?'
Quand on ne fait plus valoir son moi, le voile de l'illusion se déchire et l'on découvre avec stupeur que les choix de la vie se mettent en place tout seuls
...
Dans le monde des choix, on se vit comme un auteur de la réponse, on lui donne du poids, on s'attache aux fruits de notre réponse. Dans le monde de l'évidence, on se vit comme serviteur, d'où la légèreté de l'action et la liberté par rapport à ses fruits ...
...
Être libre des 'je veux' et des 'je ne veux pas', c'est enfin pouvoir danser la vie telle qu'elle est, sans crispations, sans résistances, sans tensions.
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La seule question qui compte vraiment pour moi est celle-ci :
'Que me demande la vie maintenant ?'
Extrait du livre Le courage de changer sa vie - Anne Ducrocq - Edition Albin Michel
(Chapitre 11 - André Rochette)
(Chapitre 11 - André Rochette)
mardi 20 janvier 2015
L'effet Colibri ou la connexion des êtres
A la rencontre de ce qui nous relie...
lundi 19 janvier 2015
Une prescription méditative de Chade-Meng Tan
Le temps pour méditer vous manque? Vous ne tenez pas plus de quelques jours? Exercez-vous, au quotidien, à ces micropratiques proposées par l'ingénieur bouddhiste.
« Vous pouvez pratiquer seul, à tout moment. Le bénéfice est extrêmement puissant sur l'instant comme à long terme : peu à peu, cela permet de modifier nos habitudes de pensée.
Si vous êtes ou avez été un méditant : le matin, asseyez-vous en posture de méditation et faites une seule respiration en pleine conscience, c’est-à-dire en portant toute votre attention sur le souffle, sans le juger ni le modifier. Ensuite, vous pouvez continuer ou pas : une respiration est déjà essentielle.
Une respiration en pleine conscience au milieu de la journée. Dans un moment de stress, par exemple juste avant de passer un appel téléphonique ou d'entrer en réunion : les yeux mi-clos, en silence, portez toute votre attention sur votre respiration. Une seconde. C’est tout.
Chaque fois que vous allez aux toilettes, faites vos premiers pas en conscience : reportez toute votre attention sur la sensation du pied qui se pose, se lève, so déroule... Juste un, deux ou trois pas.
Une pensée de bienveillance et de compassion par jour. Dans la rue ou au bureau, portez votre attention sur une personne au hasard, en pensant : “Je souhaiterais que cette personne soit heureuse.” »
source : Psychologies mag
« Vous pouvez pratiquer seul, à tout moment. Le bénéfice est extrêmement puissant sur l'instant comme à long terme : peu à peu, cela permet de modifier nos habitudes de pensée.
Si vous êtes ou avez été un méditant : le matin, asseyez-vous en posture de méditation et faites une seule respiration en pleine conscience, c’est-à-dire en portant toute votre attention sur le souffle, sans le juger ni le modifier. Ensuite, vous pouvez continuer ou pas : une respiration est déjà essentielle.
Une respiration en pleine conscience au milieu de la journée. Dans un moment de stress, par exemple juste avant de passer un appel téléphonique ou d'entrer en réunion : les yeux mi-clos, en silence, portez toute votre attention sur votre respiration. Une seconde. C’est tout.
Chaque fois que vous allez aux toilettes, faites vos premiers pas en conscience : reportez toute votre attention sur la sensation du pied qui se pose, se lève, so déroule... Juste un, deux ou trois pas.
Une pensée de bienveillance et de compassion par jour. Dans la rue ou au bureau, portez votre attention sur une personne au hasard, en pensant : “Je souhaiterais que cette personne soit heureuse.” »
source : Psychologies mag
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dimanche 18 janvier 2015
Bienveillance et compassion avec Matthieu Ricard
Au travail, comment peut-on être inconditionnellement bienveillant face à des collègues qui nous irritent ?
Les différends sont bien souvent des tempêtes dans un verre d’eau. Ce qui aide beaucoup face à une personne désagréable, c’est de prendre de la hauteur. Face à ses émotions, le simple fait de rester cinq minutes avec soi-même, de laisser reposer son esprit et de se demander si l’agressivité est la solution apaise l’orage. La solution passe d’abord par le dialogue : toutes les études montrent qu’ouvrir son cœur, exprimer ce qu’on ressent est la meilleure façon de diminuer l’animosité. Dans tous les cas, il faut adopter la voie de la non-confrontation, tout en restant ferme et en faisant valoir ses droits. Cette attitude est toujours payante sur le long terme et finit par éroder la carapace des esprits chagrins.
Les religieux développent leur compassion à travers la méditation et la prière. Devrions-nous tous en faire autant ?
(Rires) Il faut démythifier ce concept, trop lié aux techniques orientales. Méditer signifie, en sanscrit, cultiver et, en tibétain, se familiariser. Je propose de considérer la méditation comme un entraînement de l’esprit. Des études menées dans des laboratoires de neurosciences montrent que, pratiquée de façon régulière, la méditation modifie la structure du cerveau et notre manière de penser. De la même manière que la pratique sportive modifie en profondeur- notre santé et notre psychisme. Dans mon livre, j’explique quatre techniques assez simples. Toutes font appel à l’attention portée aux mouvements du souffle. Chacun peut ensuite entraîner son esprit à la compassion, en se concentrant sur la souffrance d’un être cher, en visualisant les sentiments qu’on porte à un être aimé, avant d’étendre mentalement ces pensées bienveillantes à un cercle plus vaste.

A la maison et à l’école, est-ce un outil qui permet d’éviter les conflits?
Je vais vous raconter une histoire que j’aime beaucoup. C’est une école maternelle, dans le Wisconsin, où des enfants de 4 ou 5 ans, généralement issus de milieux défavorisés, apprennent à se concentrer sur le va-et-vient de leur souffle et sur les mouvements d’un petit ours en peluche posé sur leur poitrine. Puis ils vont observer comment poussent les « graines de paix » qu’ils ont plantées. De quoi ces plantes ont-elles besoin pour pousser ? Et -par association d’idées - de quoi l’amitié a-t-elle besoin pour progresser? L’enseignant les aide ensuite à comprendre que ce qui les rend sereins est aussi ce qui rend sereins leurs petits camarades. Ce programme expérimental, conduit en trois séances hebdomadaires d’une demi-heure, a modifié de façon notable le comportement de ces enfants. Après dix semaines, ils pratiquaient spontanément des actes de bonté, ils identifiaient mieux leurs émotions et celles des autres élèves et savaient exprimer de la gratitude à autrui. Incroyable, n’est-ce pas? Lorsque ces résultats ont été portés à la connaissance du dalaï-lama, il a eu ce commentaire : « Une école, dix écoles, cent écoles, puis, par l’intermédiaire des Nations unies, les écoles du monde entier... » Est-ce que j’ai répondu à votre question?»
Les différends sont bien souvent des tempêtes dans un verre d’eau. Ce qui aide beaucoup face à une personne désagréable, c’est de prendre de la hauteur. Face à ses émotions, le simple fait de rester cinq minutes avec soi-même, de laisser reposer son esprit et de se demander si l’agressivité est la solution apaise l’orage. La solution passe d’abord par le dialogue : toutes les études montrent qu’ouvrir son cœur, exprimer ce qu’on ressent est la meilleure façon de diminuer l’animosité. Dans tous les cas, il faut adopter la voie de la non-confrontation, tout en restant ferme et en faisant valoir ses droits. Cette attitude est toujours payante sur le long terme et finit par éroder la carapace des esprits chagrins.
Les religieux développent leur compassion à travers la méditation et la prière. Devrions-nous tous en faire autant ?
(Rires) Il faut démythifier ce concept, trop lié aux techniques orientales. Méditer signifie, en sanscrit, cultiver et, en tibétain, se familiariser. Je propose de considérer la méditation comme un entraînement de l’esprit. Des études menées dans des laboratoires de neurosciences montrent que, pratiquée de façon régulière, la méditation modifie la structure du cerveau et notre manière de penser. De la même manière que la pratique sportive modifie en profondeur- notre santé et notre psychisme. Dans mon livre, j’explique quatre techniques assez simples. Toutes font appel à l’attention portée aux mouvements du souffle. Chacun peut ensuite entraîner son esprit à la compassion, en se concentrant sur la souffrance d’un être cher, en visualisant les sentiments qu’on porte à un être aimé, avant d’étendre mentalement ces pensées bienveillantes à un cercle plus vaste.

A la maison et à l’école, est-ce un outil qui permet d’éviter les conflits?
Je vais vous raconter une histoire que j’aime beaucoup. C’est une école maternelle, dans le Wisconsin, où des enfants de 4 ou 5 ans, généralement issus de milieux défavorisés, apprennent à se concentrer sur le va-et-vient de leur souffle et sur les mouvements d’un petit ours en peluche posé sur leur poitrine. Puis ils vont observer comment poussent les « graines de paix » qu’ils ont plantées. De quoi ces plantes ont-elles besoin pour pousser ? Et -par association d’idées - de quoi l’amitié a-t-elle besoin pour progresser? L’enseignant les aide ensuite à comprendre que ce qui les rend sereins est aussi ce qui rend sereins leurs petits camarades. Ce programme expérimental, conduit en trois séances hebdomadaires d’une demi-heure, a modifié de façon notable le comportement de ces enfants. Après dix semaines, ils pratiquaient spontanément des actes de bonté, ils identifiaient mieux leurs émotions et celles des autres élèves et savaient exprimer de la gratitude à autrui. Incroyable, n’est-ce pas? Lorsque ces résultats ont été portés à la connaissance du dalaï-lama, il a eu ce commentaire : « Une école, dix écoles, cent écoles, puis, par l’intermédiaire des Nations unies, les écoles du monde entier... » Est-ce que j’ai répondu à votre question?»
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samedi 17 janvier 2015
Etre poète avec Christian Bobin
En effet, pour être pleinement poète, il faut être aussi scrupuleusement précis qu’un notaire. Il ne faut rien ajouter à ce que l’on voit. Il s’agit de trouver tout seul les mots qui diront sans déborder ce que les yeux ont vu.
Écrire, c’est prendre les mots un par un et les laver de l’usage abusif qui en a été fait. Il faut que les mots soient propres pour pouvoir être bien utilisés.
Ce travail-là est le premier. Les mots dieu ou amour ont traîné partout, et pourtant ils sont trop précieux pour qu’on les abandonne. Il faut donc rafraîchir le langage pour qu’il retrouve son innocence. Il faut que les mots retrouvent cet étonnement incroyable des bébés qu’on lave et qu’on frictionne. Ils sont alors si purs qu’ils arriveraient presque à nous rendre aussi innocents qu’eux sur l’instant. La vérité nous rend cette candeur première, la beauté de celui qui entre dans une église pour prier sans être vu, ou de celui qui ouvre un livre dans un jardin public : le visage devient alors comme une petite chapelle.
C’est beau : on dirait un départ sur place.
Christian Bobin, La lumière du monde, p.97
vendredi 16 janvier 2015
Une société qui tourne à vide avec Cheikh Khaled Bentounes
Khaled Bentounès est le chef spirituel de la confrérie soufie Alawiyya, établie à Mostaganem (Algérie), qui compte des milliers d’affiliés dans le monde. Il est notamment le fondateur des scouts musulmans de France.
Le Point: N’est-il pas temps pour les musulmans de réagir fermement contre la violence djihadiste?
Khaled Bentounès: Le problème dépasse l’islam. C’est notre société qui tourne à vide. Nos jeunes sont consumés par le consumérisme. Parce qu’on n’entend parler que de violence, les gens vivent dans la peur, se replient sur eux-mêmes et finissent par refuser l’autre. Les extrêmes cultivent cette peur, et en tirent prétexte pour appeler à l’exclusion.
Iriez-vous jusqu’à dire que l’extrême droite populiste et xénophobe a finalement les mêmes intérêts que l’islam radical ?
Non, mais ils ont un point commun : tous appellent au sang en poussant les communautés à s’opposer. Il faut s’interroger sur ce que nous faisons pour vivre ensemble et cultiver les valeurs qui nous protègent de la démence.
Quelles sont les valeurs du futur, selon vous?
La plus essentielle est l’humanité. Il faut absolument réapprendre où est la ligne rouge entre humain et inhumain. Et enseigner à nos enfants la sacralité de la vie. Tout être humain, quel qu’il soit, croyant ou non, musulman ou non, quels que soient sa religion, sa philosophie, son peuple, son sexe et sa race, doit être respecté. C’est une obligation fondamentale pour chacun de nous. Mais il est aussi essentiel de refuser la violence et tout ce qu’elle implique. Il faut s’unir en tant que citoyens pour défendre les principes d’égalité et de fraternité. C’est en étant unis que nous pourrons donner du sens à la vie. C’est pour cela que nous avons demandé à l’Onu la création d’une journée mondiale du vivre-ensemble.
Une journée des femmes, une «pour vivre ensemble»... Ce genre d’initiative n’est-il pas vain?
Non, car j’en suis convaincu, c’est un moyen de poser le problème de la vie en société, de marquer la frontière entre ceux qui ont confiance dans l’humanité, qui se battent pour elle, et ceux qui n’ont qu’un désir, la détruire.
Le Point: N’est-il pas temps pour les musulmans de réagir fermement contre la violence djihadiste?
Khaled Bentounès: Le problème dépasse l’islam. C’est notre société qui tourne à vide. Nos jeunes sont consumés par le consumérisme. Parce qu’on n’entend parler que de violence, les gens vivent dans la peur, se replient sur eux-mêmes et finissent par refuser l’autre. Les extrêmes cultivent cette peur, et en tirent prétexte pour appeler à l’exclusion.
Non, mais ils ont un point commun : tous appellent au sang en poussant les communautés à s’opposer. Il faut s’interroger sur ce que nous faisons pour vivre ensemble et cultiver les valeurs qui nous protègent de la démence.
Quelles sont les valeurs du futur, selon vous?
La plus essentielle est l’humanité. Il faut absolument réapprendre où est la ligne rouge entre humain et inhumain. Et enseigner à nos enfants la sacralité de la vie. Tout être humain, quel qu’il soit, croyant ou non, musulman ou non, quels que soient sa religion, sa philosophie, son peuple, son sexe et sa race, doit être respecté. C’est une obligation fondamentale pour chacun de nous. Mais il est aussi essentiel de refuser la violence et tout ce qu’elle implique. Il faut s’unir en tant que citoyens pour défendre les principes d’égalité et de fraternité. C’est en étant unis que nous pourrons donner du sens à la vie. C’est pour cela que nous avons demandé à l’Onu la création d’une journée mondiale du vivre-ensemble.
Une journée des femmes, une «pour vivre ensemble»... Ce genre d’initiative n’est-il pas vain?
Non, car j’en suis convaincu, c’est un moyen de poser le problème de la vie en société, de marquer la frontière entre ceux qui ont confiance dans l’humanité, qui se battent pour elle, et ceux qui n’ont qu’un désir, la détruire.
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