dimanche 14 décembre 2014
samedi 13 décembre 2014
De la pure tranquillité
En recherchant le palpable et le perceptible
Il est difficile de trouver la Voie.
La profonde réalisation
Vient par la persévérance,
La tranquillité, le soi et la pureté.
Cette pureté est immuable.
Cette tranquillité, c'est le soi.
Toutes deux sont interdépendantes,
Comme le bois de chauffe et le feu
La tranquillité est inépuisable
L'immuable pureté est sans fin.
L'existence vraie est au-delà des manifestations.
La sagesse éclaire à l'intérieur du cercle clair,
Où le moi disparaît, pas plus existant que non-existant.
Répandant avec discrétion l'énergie spirituelle,
Elle tourne subtilement le pivot mystérieux.
Quand elle trouve une occasion pour la faire tourner
De ce moment propice, la lumière originelle apparaît.
Tant que le mental conditionné n'est pas rejeté
Comment prétendre que les mots et les images peuvent être perçus ?
Qui est celui qui prétend les discerner ?
Prenez connaissance par vous-même et comprenez.
Toutes les choses sans aucune distinction, y compris le discernement,
Ne sont pas touchées par la pensée discriminante.
Quand les pensées discriminantes ne sont plus sollicitées
C'est comme des fleurs blanches de joncs éblouissantes dans la neige,
Le rayon de lumière étincelant pénétrant l'immensité.
La lumière se propage dans toutes les directions
Depuis toujours, sans être atténuée ni dissimulée.
Saisissant toutes les opportunités pour surgir
Au sein de tout changement elle fleurit.
S'adaptant aux conditions, la pure tranquillité reste immuable.
Le ciel la contient, l'océan l'agrée à chaque instant sans retenue.
Dans l'aboutissement sans retenue, l'intérieur et l'extérieur se confondent
Tous les Dharmas débordent de leur cadre,
Toutes les portes sont grandes ouvertes.
Wanshi Shokaku Sensei (1091-1157)
vendredi 12 décembre 2014
Retours sur la mort imminente
A la frontière de la vie...
grâce à de nouvelles études scientifiques à propos de la mort.
(France Inter / extrait de l'émission "service public" - 4 min.)
jeudi 11 décembre 2014
Apprendre à méditer vraiment avec Marc-Alain Descamps
Voir sa vraie nature par la méditation : tel est le but que vous propose ce livre, avec ses exercices pratiques et sa recherche théorique.
La science de la méditation commence à être reconnue en Occident, alors qu’elle est une activité immémoriale en Orient dans le Yoga, le Bouddhisme, le T’chan, le Zen, le Soufisme, le Taoïsme …
La méditation est à la mode, d’où son drame : on en reste à la première étape et l’on oublie de s’en servir pour se connaître. Comment réussir à apprendre à méditer vraiment ?
On trouvera ici un manuel pratique avec des exercices simples et à la portée de tous suivis de méditations plus avancées. L’auteur analyse les erreurs sur le chemin, les étapes de la méditation, les différentes méthodes ou écoles jusqu’à la découverte de la suprême liberté et du divin en soi… et répondre enfin à la question fondamentale : « Qui suis-je ? ».
La méditation est ce qui permet de se rencontrer et de se reconnaître, de descendre au fond de son être, de circuler à l’intérieur de soi-même, de colmater les brèches… Elle est ce qui permet de changer vraiment. Mais ses effets psychologiques dans notre vie sont aussi importants que ses effets spirituels : grâce à elle il est possible de retrouver notre Être véritable, notre vraie nature.
EXTRAIT DE LA CONCLUSION DU LIVRE :
La méditation est à la mode, d’où son drame : on en reste à la première étape et l’on oublie de s’en servir pour se connaître. Comment réussir à apprendre à méditer vraiment ?
On trouvera ici un manuel pratique avec des exercices simples et à la portée de tous suivis de méditations plus avancées. L’auteur analyse les erreurs sur le chemin, les étapes de la méditation, les différentes méthodes ou écoles jusqu’à la découverte de la suprême liberté et du divin en soi… et répondre enfin à la question fondamentale : « Qui suis-je ? ».
La méditation est ce qui permet de se rencontrer et de se reconnaître, de descendre au fond de son être, de circuler à l’intérieur de soi-même, de colmater les brèches… Elle est ce qui permet de changer vraiment. Mais ses effets psychologiques dans notre vie sont aussi importants que ses effets spirituels : grâce à elle il est possible de retrouver notre Être véritable, notre vraie nature.
EXTRAIT DE LA CONCLUSION DU LIVRE :
LES DIX IMAGES DU BUFFLE
Textes et dessins de Marc-Alain Descamps, d'après une représentation ancienne
"Rares sont les représentations des mutations qui s'accomplissent dans la méditation. Celles qui existent sont d'autant plus précieuses. En Chine puis au Japon, à partir d'une image utilisée dans une comparaison du Bouddha sur le contrôle des sens, reprises dans les Sûtras, se sont lentement développées, au fil des siècles, les représentations des étapes de la transformation en 4, 5, 6, 8 puis 10 étapes.
L'auteur de cette série KUOAN SHIYAN vivait au XIIe siècle et appartenait à la branche Yanggi du Rinzaï-Zen. Les plus anciens dessins sont conservés au temple Shôboku à Kyoto. Ils sont l'oeuvre du peintre Shûbun qui vivait au XVIe siècle. [...]
Sur ce thème célèbre se sont exprimés de nombreux peintres et poètes.
Des textes et les dessins dans le livre sont l'oeuvre de l'auteur à partir de cette version dont voici un exemple ci-dessous :
mercredi 10 décembre 2014
Nouvelles façons de donner (3)
5. L’arrondi en caisse
Faites vos courses en solidaires
L’idée vient tout droit du Mexique. En 2013, l’entreprise solidaire MicroDon a lancé un programme national d’arrondi solidaire dans les supermarchés Franprix. Le principe est simple : lors de leur passage en caisse, les clients ont la possibilité d’arrondir leurs achats à l’euro supérieur. La différence est reversée à des associations pour financer des actions de solidarité locales. Au total, 340 points de vente se sont déjà convertis à travers toute la France.
6. Le café suspendu
Payez un petit noir à un inconnu
Passe un café à ton voisin. Le message commence peu à peu à faire son chemin dans les bars de France et de Navarre. Dans le sillage de leurs homologues napolitains, de plus en plus de consommateurs français prennent l’habitude de payer deux petits noirs au comptoir : l’un pour eux et le second, « en attente », pour une personne moins fortunée. Pour connaître les établissements partenaires, rendez-vous sur le site www.cafe-suspendu.com
7. Les produits financiers solidaires
Développez votre coopération
Non, la finance et l’altruisme ne sont pas forcément antinomiques ! La preuve. Depuis la crise de 2007-2008, de plus en plus de livrets d’épargne, contrats d’assurance-vie et autres fonds communs de placement se déclinent à la mode solidaire. Et ça marche !
En 2013, 6,02 milliards d’euros ont ainsi été déposés sur des produits d’épargne solidaire, en hausse de 28,3 % en un an. Cela a permis de soutenir des projets à vocation sociale et/ou environnementale à hauteur de 1,02 milliard d’euros. « Aujourd’hui, les Français cherchent plus volontiers des placements qui ont du sens. Nous nous efforçons de répondre le mieux possible à leurs attentes en mettant notre métier de banquier au service de l’économie réelle et non de la spéculation », souligne Jean-Marc Pautras, responsable de développement des secteurs philanthropie, fondations, enseignement et recherche au Crédit coopératif, l’un des acteurs majeurs de l’économie sociale.
A propos du don (3) avec Alain Caillé
Vous écrivez que « le don est un opérateur politique ». Que voulez-vous dire par là ?
Depuis la nuit des temps, le don transforme les ennemis en alliés. Il crée des obligés, avec toute l’ambivalence que cela produit, puisqu’il y a une obligation de rendre. Et ce que montre très bien l’anthropologue Marcel Mauss dans Essai sur le don, c’est cette ambiguïté du don. Un don qui ne peut pas être rendu transforme celui qui l’a reçu en obligé et le rend inférieur à celui qui l’a donné. Donc à certains égards, le don, s’il devient asymétrique, devient un instrument de pouvoir et de la domination.
Faut-il retenir de cet entretien que le don est toujours intéressé ?
Le premier mobile du don, c’est l’intérêt pour soi. Cela correspond à une pulsion de survie. On le voit dès la naissance, dès les premiers jours. Mais il y a aussi de l’intérêt pour autrui, ce n’est pas contradictoire. Dans tous les dons que nous accomplissons, il y a une part d’obligation sociale et une part de liberté créative. Par exemple, à Noël ou lors d’un anniversaire, on est bien obligé d’offrir un cadeau à ceux qu’on aime. Mais ces cadeaux peuvent être plus ou moins élaborés, ils peuvent être offerts avec plus ou moins de talent ou de grâce. Dans ce domaine, chacun est amené à faire preuve de créativité. Ce qui veut dire que dans le cadre de l’obligation sociale il y a de la place pour la liberté et pour l’inventivité. Ce qui compte, finalement, ce n’est pas seulement la nature du don, c’est aussi la manière dont nous l’accomplissons.
source : La Vie
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mardi 9 décembre 2014
A propos du don (2) avec Alain Caillé
Dans l’Église comme dans la société, l’idée d’un partenariat avec les plus pauvres, pour rompre avec le modèle charitable, est en train de gagner du terrain. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Qu’il faille passer de la charité à une autre dynamique du don, cela me paraît absolument évident. Le registre traditionnel de la charité correspond à une vision asymétrique du don, très verticale. Il y a un don premier de Dieu, l’inconditionnalité absolue, un don tellement énorme que personne ne peut l’égaler. Cette idée d’asymétrie du don premier crée à mon sens la position hiérarchique de l’Église, avec une série de dons descendants. C’est un don qui peut sauver celui qui le reçoit dans le registre du besoin, mais cela l’annihile dans le registre du désir. Or de plus en plus d’auteurs, de philosophes ou de sociologues se rejoignent sur la thèse suivante : l’essentiel du désir humain, c’est d’être reconnu. Nous ne cherchons pas seulement à satisfaire nos besoins, nous voulons être reconnus. D’ailleurs, être donateur, c’est vouloir – souvent inconsciemment – être reconnu comme étant capable de donner quelque chose.
Pour vous, le don ne serait-il qu’un échange ?
Les organisations qui fonctionnent bien, qu’il s’agisse des entreprises, des associations, des administrations ou des équipes sportives, sont celles qui savent respecter la dynamique des quatre temps du don et du contre-don : « demander-donner-recevoir-rendre ». Alors que celles qui dysfonctionnent basculent dans le cycle opposé du « ignorer-prendre-refuser-garder ». Le bon dirigeant ou le bon animateur sait reconnaître dans le cycle du don et dans ceux qui s’y adonnent la véritable source de l’efficience. Celle qui réengendre jour après jour le cercle vertueux de la coopération et du travail pris à cœur. Le mauvais manager, en quête d’une efficacité ou d’une rentabilité qu’il espère chaque jour plus grande, finit par tuer la poule aux œufs d’or et enferme tout le monde dans le cercle vicieux du découragement et du chacun pour soi. Ce processus vaut aussi pour la vie quotidienne, dans nos relations sociales, amicales ou familiales. Là comme partout, il peut y avoir un cercle vertueux, symbolique (qui unit), ou un cercle diabolique (qui divise). Le cercle symbolique, c’est celui de la coopération : chacun est capable d’adresser une demande de soutien, mais aussi de donner et de recevoir.
Comment bien équilibrer ce que vous appelez les quatre temps du don et du contre-don ?
L’important, c’est de savoir effectuer chacune de ces quatre opérations au bon moment et de la bonne manière. Ne pas être trop demandeur par exemple. Dans une association, si quelqu’un passe son temps à demander de l’aide, ça ne marchera pas. Ça déséquilibre tout. Idem si quelqu’un se présente comme donateur universel, veut tout faire tout seul, être celui qui donne… Une association, c’est fondamentalement la mise en commun de donateurs, donc il peut y avoir une lutte pour le don. C’est à celui qui donnera le plus ou le mieux. « C’est moi qui suis le plus généreux, le plus utile, le plus efficace, qui a le plus l’esprit du don. » Et là, danger. Car si quelqu’un veut trop donner, il déséquilibre le collectif...
Nouvelles façons de donner (2)
2. Le crowdfunding
Soutenez un projet novateur
Financer la restauration d’un monument, remettre à flot un journal en difficulté, aider un artiste à sortir son premier disque… Avec le crowdfunding, littéralement le « financement par la foule », chaque citoyen peut soutenir un projet auquel il croit, à la hauteur de ses moyens. Importé en France en 2007, le système marche du feu de Dieu. D’après l’association Financement participatif France (FPF), 78,3 millions d’euros de fonds ont été collectés en 2013 sur 36 plates-formes, dont près d’un quart de dons. C’est plus de trois fois plus qu’en 2012. Et ce n’est qu’un début ! On estime le potentiel de collecte à près de 6 milliards d’euros en 2020.
3. Le don de congés
Aidez un collègue dont l’enfant est malade
Tout est parti de l’histoire de Christophe Germain, un salarié de Badoit, à Saint-Galmier (42), qui, en 2009, s’était vu offrir par ses collègues 170 jours de jours de congés pour s’occuper de son fils Mathys, atteint d’un cancer du foie. Pour favoriser de tels élans de solidarité, le Sénat a adopté, le 30 avril, une proposition de loi autorisant le don de congés dans toutes les entreprises et administrations. La seule condition à remplir pour bénéficier de ce dispositif est de présenter un certificat médical attestant de la gravité de la maladie d’un enfant de moins de 20 ans.
4. Le don en nature
Donnez vos objets usagés
Vous faites le grand ménage dans vos placards ? Au lieu de vous ruer sur la poubelle, donnez ! Meubles, bibelots, vaisselle, vêtements, électroménager peuvent ainsi trouver une seconde vie auprès d’un autre utilisateur moins fortuné. Les lieux de collecte ne manquent pas. Entre les dépôts d’Emmaüs, les conteneurs du Relais, les brocantes, les vide-greniers et les sites comme Donnons.org ou Recupe.net, vous avez l’embarras du choix !
3500 articles...
Il y a aujourd'hui 3500 articles sur ce blog...
Cela m'enflamme et j'espère que vous en sentez la chaleur.
Merci de votre présence au coin du feu...
lundi 8 décembre 2014
Nouvelles façons de donner (1)
1. Le bénévolat de compétences
Proposez vos savoir-faire
Vous aimeriez soutenir une association, mais vous disposez de peu de moyens ?
Pourquoi ne pas mettre gratuitement à disposition l’un de vos savoir-faire sur votre temps libre ? C’est le principe du bénévolat de compétences. Un dispositif gagnant-gagnant qui permet aux organisations à but non lucratif de disposer de compétences qu’elles n’auraient pas pu s’offrir et aux salariés de trouver du sens tout en s’ouvrant à de nouveaux horizons.
Le principe vous tente ? Inscrivez-vous sur le site internet de l’association Passerelles et compétences (www.passerellesetcompetences.org) en indiquant votre région et vos domaines d’aptitudes. Vous recevez alors des offres de mission conformes aux secteurs que vous avez choisis : création d’un site web, secrétariat, gestion d’une comptabilité, conseil juridique… Libre à vous ensuite de postuler ou non.
(source : La Vie)
A propos du don (1)
Alain Caillé : ... L’abbé Pierre a fondé le mouvement Emmaüs avec un désespéré qui voulait se suicider. Il écrit dans ses mémoires : « Tout à coup, face à cet homme, je fis le contraire de la charité. Au lieu de lui dire “Viens, je vais t’aider, te donner quelque chose”, je lui ai dit “Écoute, de toute façon, tu n’as plus rien à perdre, viens plutôt m’aider”. » Cette histoire est au cœur du mécanisme universel du don. Le véritable don, ce n’est pas de donner. C’est d’offrir à l’autre la possibilité de donner.
Alain Caillé, économiste et sociologue, a publié en 2014 : la Révolution du don.
Louis Bertignac : « Je trouve juste sympa de me sentir utile »
« Je ne vois pas dans la solidarité une sorte de devoir social de l’artiste. Je trouve juste sympa de me sentir utile. Je soutiens deux petites structures, dont une école de musique à Katmandou, au Népal. Je reçois chaque jour au moins trois demandes de parrainage. J’avoue que ce n’est pas toujours facile de choisir qui aider. Je suis particulièrement sensible à la myopathie, qui a coûté la vie à un membre de ma famille. Je trouve gênant que certains producteurs ou maisons de disques démarchent les associations et se bousculent au portillon des manifestations pour s’en servir comme d’un tremplin de promotion pour lancer de nouveaux artistes. »
Mobilisé pour le Téléthon
Garou : « En tant qu’artiste, on a le devoir de servir de grandes causes »
« Pour moi, un artiste est un peu un docteur de l’âme. Il a ce pouvoir magique de rendre les gens heureux, au moins le temps d’un spectacle. Quand on dispose d’un tel privilège, j’estime qu’on a le devoir de le mettre au service de grandes causes. C’est ce qui m’a poussé à devenir ambassadeur de One Drop, organisme engagé dans la lutte pour l’accès à l’eau potable, à soutenir une maison de soins palliatifs au Québec ou à m’engager pour le Téléthon cette année. N’y voyez pas un moyen de faire ma promo à moindre frais. Franchement, j’aurais bien plus d’intérêt à donner un concert rémunéré dans une grande salle. Mais je sais que les malades ont besoin du soutien de chanteurs populaires pour créer une grande chaîne de solidarité et encourager les dons. »
Parrain du Téléthon 2014
dimanche 7 décembre 2014
Patrice Gourrier, ma marche intérieure
À la suite de Jérôme Kerviel, il a sillonné les routes de France pour dénoncer la « tyrannie des marchés financiers ». Au fil des kilomètres, c’est un véritable bouleversement intérieur qui l’a traversé.
Mai 2014, frontière franco-italienne. Nous dînons avec Jérôme Kerviel, en compagnie d’un journaliste. « Je vais être arrêté dans les prochains jours. Je ne pourrai donc pas tenir ma promesse faite au pape : marcher jusqu’à la place de la Bourse, contre la tyrannie des marchés financiers et pour une économie au service de l’homme. » Lorsque j’entends ces mots de Jérôme, que je connais depuis seulement quelques jours, une décision s’impose à moi : cette marche, c’est moi qui vais la poursuivre. L’évidence relève de la fulgurance, le sentiment de paix intérieure est immédiat : ma place est là. Tout à coup, je n’ai plus peur. Peur de quitter ma chère paroisse de Saint-Porchaire, où je termine, un peu épuisé, mon mandat, peur de ne plus avoir d’agenda, peur de l’inconnu. Pour quelqu’un d’hésitant comme moi, pieds et mains liés à ses sécurités, c’est la planète Mars.
Quelques jours suffisent pour vider mon bureau à Poitiers et donner la majeure partie de mes affaires. Le besoin d’allègement est aussi criant que stupéfiant. Spontanément, je vois une prière, une seule, pour accompagner ma marche, heure par heure : celle du cœur. « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pêcheur. » J’ai le sentiment que tout ce contre quoi je veux lutter ne pourra évoluer qu’avec la grâce de Dieu. À échelle humaine, on attend un retour sur investissement immédiat. Mais les fruits de ce combat fleuriront peut-être dans 100 ans… Cela ne m’appartient pas. Après quelques jours de retraite à l’abbaye de Lérins, je suis officiellement en « temps sabbatique » pour « une marche de spiritualité et de solidarité », d’après les propres mots de mon archevêque, Mgr Wintzer. Muni de mon petit sac à dos, contenant trois vêtements, un bréviaire, l’Évangile et Récits d’un pèlerin russe, je pars seul sur les routes.
La rencontre avec Jérôme Kerviel a été le détonateur de tout ce qui résonnait en moi depuis des années. Durant cette marche, je me suis aperçu que j’avais perdu une partie de moi-même. Qu’avais-je fait de mon caractère militant si présent dans mes années étudiantes ? Jusqu’à l’âge de 38 ans, j’ai dirigé une maison d’édition. Mon patron m’expliquait que le salarié devait être adaptable, flexible et recyclable. Je lui rétorquais qu’il ne parlait pas là d’un être humain, mais d’un tuyau. En tant que prêtre ensuite, j’ai publié un ouvrage, Lettre ouverte au prochain pape, où je n’ai pas hésité à affirmer que notre société « sacrifie l’homme sur l’autel du profit ». En cela, les propos du pape François me rejoignent totalement aujourd’hui. En nous invitant à aller aux périphéries existentielles, il a ébranlé mes certitudes : « Comment mettre en application ce qu’il dit tout en étant présent dans ma paroisse ? » Puis il y a eu Lampedusa : « Pleurez-vous lorsque vous voyez les cadavres ? » Sa question m’a transpercé. Non, je ne pleurais plus depuis longtemps. J’en étais horrifié. « Mon cœur serait-il devenu dur ? »
Je vois cette marche comme un dévoilement intérieur. Alors que son moteur premier était de prier pour les victimes de la finance et des banquiers, elle s’est révélée être aussi un parcours initiatique, personnel. Sur le plan affectif notamment. Intensément, j’ai demandé à Dieu le don des larmes. Le premier jaillissement a eu lieu lors de ma dernière messe à Saint-Porchaire, la veille de mon départ. Depuis, elles ne cessent de couler, dans les joies et dans les peines, dans la souffrance rencontrée chez l’autre, au bord d’un chemin, à même le bitume. En tant que prêtre et psychologue, j’ai toujours été touché par le malheur des gens. Mais par manque de temps, je n’allais pas jusqu’au bout de la compassion. Mon agenda rempli entravait la disponibilité de mon cœur.
Au fil des kilomètres, tout imbibé de la prière du cœur, j’ai découvert physiquement qu’une vie ne vaut que si elle est donnée. J’ai pu vivre concrètement la Parole, en serrant des mains, en enserrant dans mes bras. De tels gestes pouvaient être source de peur ou de gêne auparavant. En me rapprochant de Dieu durant cette marche, je me suis rapproché des hommes. J’ai vécu là une véritable conversion intérieure.
Sans programme, agenda, statut, j’ai appris à vivre de la Providence, tout en préservant une discipline de vie, avec des temps de prière, de méditation et l’eucharistie. Ma manière de célébrer la messe a changé. Elle est censée durer une demi-heure la semaine et une heure le dimanche. Désormais, si j’en ressens le besoin, je marque des temps d’arrêt, de recueillement, sans être stressé par l’attente des paroissiens. Je vois qu’ils comprennent.
Ma marche avec Jérôme Kerviel n’est pas finie. Nous ignorons quand nous l’achèverons, mais nous repartirons. Moi-même, je regagnerai les routes, seul. En quête de quoi ? Je l’ignore. La marche est un état d’esprit. Depuis mai, elle n’a jamais cessé. Mon évêque m’a nommé responsable d’un centre de méditation à l’abbaye Sainte-Croix, chez des bénédictines. Je rendrai service en paroisse comme prêtre auxiliaire à Poitiers, mais ne serai plus en charge de. C’est très différent. Paradoxalement, je ne me sens pas perdu devant l’inconnu de la Providence : au contraire, je n’ai jamais été aussi comblé, en paix et affirmé dans mes convictions. Je n’ai pas assez de recul sur ce qui se passe aujourd’hui dans ma vie, mais je sais une chose : je ne peux plus être le même prêtre qu’avant.
Propos recueillis par Anne-Laure Filhol
Les étapes de sa vie
1960 Naissance à Paris.
2000 Ordonné prêtre.
2004 Devient chroniqueur aux Grandes Gueules !, sur RMC.
2005 Publication de Lettre ouverte au prochain pape.
2006 Nommé curé à la paroisse de Saint-Porchaire (86).
2008 Ouvre un cabinet de psychologie clinique à Poitiers (86) (fermé en 2014).
2008 Prend la défense de Jérôme Kerviel au micro de RMC.
Mai 2014 Débute sa marche.
Depuis septembre Responsable du centre de méditation à l’abbaye Sainte-Croix (86).
6 novembre Publie le Jour où ma vie a basculé (Le Passeur Éditeur).
Un centre de méditation
Le père Gourrier a été nommé responsable d’un centre de méditation par son archevêque, Pascal Wintzer. Les sessions ont lieu chez les sœurs bénédictines, au sein de l’abbaye Sainte-Croix, à Saint-Benoît (Vienne). Les activités de ce centre s’articulent selon deux axes : l’un thérapeutique (gestion des pensées et émotions, ruminations, stress…), l’autre spirituel, inspiré notamment de la spiritualité des Pères du désert (respiration, assise, silence et apaisement des pensées, messes méditatives, marches spirituelles…). Les deux se déclinent sous forme de journées, sessions, cycles, stages, retraites.
Renseignements : 06 11 68 41 78 ou www.gourrier-meditation.fr
Mai 2014, frontière franco-italienne. Nous dînons avec Jérôme Kerviel, en compagnie d’un journaliste. « Je vais être arrêté dans les prochains jours. Je ne pourrai donc pas tenir ma promesse faite au pape : marcher jusqu’à la place de la Bourse, contre la tyrannie des marchés financiers et pour une économie au service de l’homme. » Lorsque j’entends ces mots de Jérôme, que je connais depuis seulement quelques jours, une décision s’impose à moi : cette marche, c’est moi qui vais la poursuivre. L’évidence relève de la fulgurance, le sentiment de paix intérieure est immédiat : ma place est là. Tout à coup, je n’ai plus peur. Peur de quitter ma chère paroisse de Saint-Porchaire, où je termine, un peu épuisé, mon mandat, peur de ne plus avoir d’agenda, peur de l’inconnu. Pour quelqu’un d’hésitant comme moi, pieds et mains liés à ses sécurités, c’est la planète Mars.
Quelques jours suffisent pour vider mon bureau à Poitiers et donner la majeure partie de mes affaires. Le besoin d’allègement est aussi criant que stupéfiant. Spontanément, je vois une prière, une seule, pour accompagner ma marche, heure par heure : celle du cœur. « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pêcheur. » J’ai le sentiment que tout ce contre quoi je veux lutter ne pourra évoluer qu’avec la grâce de Dieu. À échelle humaine, on attend un retour sur investissement immédiat. Mais les fruits de ce combat fleuriront peut-être dans 100 ans… Cela ne m’appartient pas. Après quelques jours de retraite à l’abbaye de Lérins, je suis officiellement en « temps sabbatique » pour « une marche de spiritualité et de solidarité », d’après les propres mots de mon archevêque, Mgr Wintzer. Muni de mon petit sac à dos, contenant trois vêtements, un bréviaire, l’Évangile et Récits d’un pèlerin russe, je pars seul sur les routes.
La rencontre avec Jérôme Kerviel a été le détonateur de tout ce qui résonnait en moi depuis des années. Durant cette marche, je me suis aperçu que j’avais perdu une partie de moi-même. Qu’avais-je fait de mon caractère militant si présent dans mes années étudiantes ? Jusqu’à l’âge de 38 ans, j’ai dirigé une maison d’édition. Mon patron m’expliquait que le salarié devait être adaptable, flexible et recyclable. Je lui rétorquais qu’il ne parlait pas là d’un être humain, mais d’un tuyau. En tant que prêtre ensuite, j’ai publié un ouvrage, Lettre ouverte au prochain pape, où je n’ai pas hésité à affirmer que notre société « sacrifie l’homme sur l’autel du profit ». En cela, les propos du pape François me rejoignent totalement aujourd’hui. En nous invitant à aller aux périphéries existentielles, il a ébranlé mes certitudes : « Comment mettre en application ce qu’il dit tout en étant présent dans ma paroisse ? » Puis il y a eu Lampedusa : « Pleurez-vous lorsque vous voyez les cadavres ? » Sa question m’a transpercé. Non, je ne pleurais plus depuis longtemps. J’en étais horrifié. « Mon cœur serait-il devenu dur ? »
Je vois cette marche comme un dévoilement intérieur. Alors que son moteur premier était de prier pour les victimes de la finance et des banquiers, elle s’est révélée être aussi un parcours initiatique, personnel. Sur le plan affectif notamment. Intensément, j’ai demandé à Dieu le don des larmes. Le premier jaillissement a eu lieu lors de ma dernière messe à Saint-Porchaire, la veille de mon départ. Depuis, elles ne cessent de couler, dans les joies et dans les peines, dans la souffrance rencontrée chez l’autre, au bord d’un chemin, à même le bitume. En tant que prêtre et psychologue, j’ai toujours été touché par le malheur des gens. Mais par manque de temps, je n’allais pas jusqu’au bout de la compassion. Mon agenda rempli entravait la disponibilité de mon cœur.
Au fil des kilomètres, tout imbibé de la prière du cœur, j’ai découvert physiquement qu’une vie ne vaut que si elle est donnée. J’ai pu vivre concrètement la Parole, en serrant des mains, en enserrant dans mes bras. De tels gestes pouvaient être source de peur ou de gêne auparavant. En me rapprochant de Dieu durant cette marche, je me suis rapproché des hommes. J’ai vécu là une véritable conversion intérieure.
Sans programme, agenda, statut, j’ai appris à vivre de la Providence, tout en préservant une discipline de vie, avec des temps de prière, de méditation et l’eucharistie. Ma manière de célébrer la messe a changé. Elle est censée durer une demi-heure la semaine et une heure le dimanche. Désormais, si j’en ressens le besoin, je marque des temps d’arrêt, de recueillement, sans être stressé par l’attente des paroissiens. Je vois qu’ils comprennent.
Ma marche avec Jérôme Kerviel n’est pas finie. Nous ignorons quand nous l’achèverons, mais nous repartirons. Moi-même, je regagnerai les routes, seul. En quête de quoi ? Je l’ignore. La marche est un état d’esprit. Depuis mai, elle n’a jamais cessé. Mon évêque m’a nommé responsable d’un centre de méditation à l’abbaye Sainte-Croix, chez des bénédictines. Je rendrai service en paroisse comme prêtre auxiliaire à Poitiers, mais ne serai plus en charge de. C’est très différent. Paradoxalement, je ne me sens pas perdu devant l’inconnu de la Providence : au contraire, je n’ai jamais été aussi comblé, en paix et affirmé dans mes convictions. Je n’ai pas assez de recul sur ce qui se passe aujourd’hui dans ma vie, mais je sais une chose : je ne peux plus être le même prêtre qu’avant.
Propos recueillis par Anne-Laure Filhol
Les étapes de sa vie
1960 Naissance à Paris.
2000 Ordonné prêtre.
2004 Devient chroniqueur aux Grandes Gueules !, sur RMC.
2005 Publication de Lettre ouverte au prochain pape.
2006 Nommé curé à la paroisse de Saint-Porchaire (86).
2008 Ouvre un cabinet de psychologie clinique à Poitiers (86) (fermé en 2014).
2008 Prend la défense de Jérôme Kerviel au micro de RMC.
Mai 2014 Débute sa marche.
Depuis septembre Responsable du centre de méditation à l’abbaye Sainte-Croix (86).
6 novembre Publie le Jour où ma vie a basculé (Le Passeur Éditeur).
Un centre de méditation
Le père Gourrier a été nommé responsable d’un centre de méditation par son archevêque, Pascal Wintzer. Les sessions ont lieu chez les sœurs bénédictines, au sein de l’abbaye Sainte-Croix, à Saint-Benoît (Vienne). Les activités de ce centre s’articulent selon deux axes : l’un thérapeutique (gestion des pensées et émotions, ruminations, stress…), l’autre spirituel, inspiré notamment de la spiritualité des Pères du désert (respiration, assise, silence et apaisement des pensées, messes méditatives, marches spirituelles…). Les deux se déclinent sous forme de journées, sessions, cycles, stages, retraites.
Renseignements : 06 11 68 41 78 ou www.gourrier-meditation.fr
Méditer avec Jacques Castermane
Suis-je né pour être agité, tendu, inquiet, stressé ?
Un maître zen, Hui-Neng, indique que le calme et la sagesse sont les fondements de sa méthode. Quelle méthode ? La méditation de pleine attention !
Pourquoi méditer ? Parce que le calme intérieur existe déjà au niveau d’être qu’est notre nature essentielle qui n’est autre que Je suis corps (Leib - IchLeib).
Le calme est une ressource du corps vivant, une ressource de « l’homme doué de vie ».
Le mental (mind) appartient au mécanisme de l’esprit et fait que « l’homme est doué de raison ». Le mental permet la prise de conscience et la représentation conceptuelle d’un phénomène ou d’un objet (ce qui distingue l’homme de l’animal). Cependant, ce processus qui fait que l’homme est doué de raison peut devenir le domaine du souci, de l’inquiétude, de l’appréhension, de l’agitation.

Est-il raisonnable de dire que le corps-vivant (Leib) est le domaine du calme, de la confiance, de la paix intérieure ? Raisonnable ... non ! Mais rien ni personne ne peut vous empêcher d’en faire l’expérience. Comme ce moine zen qui s’écrie, plein de joie, en sortant d’une séance de méditation : « Quel miracle, quel mystère ... je respire ! Et par la pleine attention au simple va et vient du souffle... tout en moi se calme ».
Méditer ? C’est faire marche arrière, revenir à ce que je suis à l’origine, au commencement : un être « doué de vie » qui ne peut imaginer que, quelques années plus tard, il deviendra un être « doué de raison » ! La respiration, plus exactement l’acte de respirer, est sans doute la manifestation vitale la plus proche et la plus intime. Je respire ! C’est une action qui est libre de tout savoir et de tout savoir faire. Méditer ? C’est apprendre l’art d’accueillir l’irruption du souffle. Méditer ? C’est apprendre à accueillir l’irruption du calme.
Jacques Castermane
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