lundi 19 mai 2014

Chant de pleince conscience avec Thich Nhat Hanh

Puisse, le son de cette cloche pénétrer au plus profond du cosmos.
Même dans les endroits les plus sombres, les êtres vivants peuvent l'entendre clairement, et toute souffrance cesse en eux.
La compréhension vient en leur cœur, et ils dépassent le royaume de la douleur et de la mort.

La porte universelle du dharma est déjà ouverte, Le son de la marée montante se fait entendre clairement.
Le miracle se produit : une magnifique enfant apparaît au cœur d'une fleur de lotus.
Une simple goutte de cette eau de compassion est suffisante pour ramener le printemps rafraîchissant sur nos montagnes et nos rivières.

Au son de la cloche, je sens les afflictions qui commencent à se dissoudre en moi.
Mon esprit est calme, mon corps détendu.
Un sourire est né sur mes lèvres.
En suivant le son de la cloche,
ma respiration me ramène dans la pleine conscience et la sécurité de mon île intérieure.
Dans le jardin de mon cœur, les graines de la paix fleurissent en toute beauté...





samedi 17 mai 2014

Pour un amour réussi, les cinq critères de Swami Prajnanpad par Arnaud Desjardins (5)

« Strong impulse to make the other happy. »
Une forte impulsion à rendre l'autre heureux… 

… Enfin, trouver son bonheur dans le bonheur de l’autre. Si cette impulsion est réciproque, si chacun trouve son bonheur dans le bonheur de l’autre, les deux sont évidemment comblés.

Ce critère exige une approche adulte du couple. La demande d'être heureux grâce à un autre est naturelle, normale, légitime chez un homme ou une femme qui n'a pas encore atteint le bout du chemin et qui se sent encore incomplet. Mais il y a une manière tout à fait égoïste de vouloir rendre l’autre heureux, dans laquelle l’autre n'est pas vraiment en question. C'est l’autre tel que je le vois à travers mes projections, mes demandes à moi, que je cherche à rendre heureux en lui offrant ce que j'ai envie de lui offrir, en faisant pour lui ce que j'ai envie de faire, et sans tenir compte de ses véritables demandes. On ne peut sentir ce dont l’autre a vraiment besoin que si l'intelligence du cœur est éveillée.

Ce bonheur est aussi une réalité simple, quotidienne, faite d'une accumulation de petits détails, et pas seulement de s'entendre dire «je t'aime ». Un être a besoin de respirer à chaque minute, et il a besoin de respirer l’amour tous les jours. Cette envie de rendre L’autre heureux ne se fabrique pas artificiellement, elle est là ou elle n'est pas là. 

 « Une forte impulsion à rendre L’autre heureux » est un sentiment permanent: « J'existe pour lui, que puis-je faire pour lui ? » Cette intelligence du cœur s'éveillerait très naturellement si les émotions ne venaient pas corrompre la possibilité d'un véritable sentiment.

----------

Ces critères sont simples. Mais, s'ils sont réunis, tous les autres en découlent, y compris l'entente sexuelle.

vendredi 16 mai 2014

Pour un amour réussi, les cinq critères de Swami Prajnanpad par Arnaud Desjardins (4)

« Complete trust and confidence. » 
Une confiance, une foi complète en l’autre... … 

Elle ne peut pas me faire de mal, il ne peut pas me faire de mal. Comme un petit enfant qui a une confiance absolue en sa mère. Je ne dis pas que vous devez avoir une attitude infantile vis-à-vis de votre époux ou de votre époux, mais vous pouvez retrouver un cœur d’enfant confiant. Puissiez-vous ressentir une complète confiance que n’éprouve aucune nécessité de se méfier, d’avoir peur ou de se protéger.

Bien sûr, beaucoup d'hommes et de femmes aujourd'hui sont blessés jusqu'au fond de l'inconscient par des trahisons passées vécues dans l'enfance ou la petite enfance. Ce genre de blessure ne facilite pas la communion, l’approche ouverte, le don mutuel de soi dans l’amour. Est-ce que cette personne a su m'inspirer une réelle confiance ? Du fond de moi monte ce sentiment : elle peut faire des erreurs, elle peut se tromper, elle peut même accomplir une action qui me créera une difficulté momentanée mais elle ne peut pas me faire du mal. Fondamentalement, ce qui domine, c'est cette certitude. 

Le mariage ne peut pas être une voie spirituelle vers la sagesse si cette confiance et cette foi n'existent pas, si vous vivez dans la peur. Vous avez à être plus forts que votre infantilisme et à ne pas détruire vous-mêmes une relation précieuse par une méfiance qui n'est en rien justifiée. Il faut que les partenaires ne soient plus totalement infantiles, aient une certaine compréhension de leurs propres mécanismes et décident de les dépasser, d'être plus adultes. 

Seule cette confiance complète élimine le poison de l’amour, la jalousie. Je ne dis pas que c'est un vice ou un péché, c'est une émotion particulièrement infantile dans laquelle le mental invente ce dont il n'a aucune preuve. Rien n'est plus destructeur de l’amour que cette jalousie.


jeudi 15 mai 2014

Pour un amour réussi, les cinq critères de Swami Prajnanpad par Arnaud Desjardins (3)


« Two natures which are not too différent. » 

Deux natures qui ne soient pas trop différentes… … complémentaires, oui, mais pas trop différentes ! Il est normal qu'il y ait une différence et une complémentarité entre un homme et une femme. Nous ne trouverons jamais notre alter ego : un autre nous-même qui, à chaque instant, soit uniquement l'incarnation de notre projection du moment. Nous ne trouverons jamais une femme qui sera toujours exactement ce que nous voulons, aura toujours exactement l'humeur ou l'état d'âme que nous souhaitons, l'expression ou le timbre de voix que nous espérons et prononcera les mots que nous attendons — jamais. Et cela, il faut le savoir. C'est une demande infantile, indigne d'un adulte, destructrice de toute tentative de couple, de vouloir que l'autre soit uniquement le support de mes projections et réponde à chaque instant à ce que mécaniquement je demande. C'est une illusion que vous devez réussir à extirper. L'autre est un autre. Et, même si une communion s'établit, l'autre n'aura jamais notre inconscient, notre hérédité. Il y aura toujours une différence.

Mais si les natures sont trop différentes, aucune vie commune n'est possible et cet amour sera battu en brèche par la réalité. Les cas extrêmes vous paraîtront évidents. Si un homme est plutôt solitaire, aime les longues marches dans la campagne, la vie dans la nature, et qu'une femme ne rêve que de mondanités et de réceptions, il est certain que les natures sont trop différentes. Malheureusement, cela n'empêche pas de tomber amoureux.

 Deux natures qui ne sont pas différentes, cela n'existe pas. «Deux natures qui ne soient pas trop différentes», sinon l'entente est au-dessus de nos capacités respectives. Il faudrait être bien plus avancé sur le chemin de la liberté intérieure pour pouvoir former un couple paisible avec un partenaire dont la nature est radicalement différente de la nôtre. La fascination amoureuse ignore superbement l'incompatibilité de deux natures. On croit de bonne foi pouvoir s'aimer mais il n'y a pas de possibilité d'une véritable entente. La complémentarité de l'homme et de la femme repose sur la différence mais elle repose aussi sur la possibilité d'association, d'imbrication, de complicité.

mercredi 14 mai 2014

Pour un amour réussi, les cinq critères de Swami Prajnanpad par Arnaud Desjardins (2)


" At easeness." Être à l'aise… 

ressentir ensemble aisance et bien-être ; pas de drame, pas de tragédie. Certains couples : dès qu’on est ensemble, tout se dénoue, tout s’arrange, tout se passe bien. Et il y a comme une malédiction sur d’autres couples : tout est grinçant, ça ne marche jamais, dès qu’ils tentent quelque chose, ça rate, ils ne se comprennent pas, c’est le malentendu tout le temps…

Le deuxième critère est encore plus simple. Aisance : le fait que les choses soient faciles, aisées. On se sent bien. C'est une relation qui ne nous amène pas à gaspiller une grande quantité d'énergie en émotions. Or, trop souvent, dans la fascination amoureuse, il y a émerveillement, il y a des moments intenses, mais il n'y a ni aisance ni facilité ; ou encore une certaine facilité de relation s'établit mais dans la routine, dans la monotonie et il reste au cœur un manque.


mardi 13 mai 2014

Pour un amour réussi, les cinq critères de Swamiji (Swami Prajnanpad) par Arnaud Desjardins (1)


---------
« Swâmiji m'avait un jour énoncé cinq critères grâce auxquels on peut reconnaître la valeur profonde d'un couple. Ces cinq critères sont en fonction d'une durée, d'un chemin à suivre ensemble : to grow together, croître, grandir, s'épanouir ensemble, progresser sur la voie de la maturité, de la plénitude. »

« Feeling of companionship. »
Le sentiment d'être des compagnons…
… de ne plus être seul(e), d’être deux personnes qui partagent leur existence, leurs différences, leurs goûts communs, leur amitié, leur complicité.
Le premier de ces critères est le sentiment d'être deux compagnons. Cela signifie : ne plus se sentir seul(e) ; il y a quelqu'un à mes côtés qui me comprend, avec qui j'aime échanger, avec qui j'aime partager, avec qui j'aime agir, faire les choses ensemble.
Le mari ou la femme doit être aussi notre meilleur ami. L'épouse doit pouvoir jouer pour le mari tous les rôles qu'une femme peut jouer pour un homme ; et le mari doit pouvoir jouer pour sa femme tous les rôles qu'un homme peut jouer pour une femme. L'homme — ou la femme — se sent comblé et n'éprouve plus la nostalgie de trouver ailleurs ce qui ne lui manque plus.
Si ce sentiment d'avoir trouvé un véritable compagnon existe, il s'enrichit avec les années, avec les expériences partagées, avec les souvenirs, contrairement à la passion amoureuse ordinaire condamnée à perdre son intensité comme un feu qui se consume et s'éteint.

lundi 12 mai 2014

Des recettes pour goûter les roses...


Les premières roses éclosent... voici quelques conseils pour les déguster :

dimanche 11 mai 2014

Expérimenter l'espace tactile avec Eric Baret

Encore frissonnant de Jules Supervielle


Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres
Tous les matins je dois
Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui nous reste
De mes jours à venir
Me voici tout entier
Je vais vers la fenêtre
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps
Respecte avec douceur
Mes minutes obscures,
Epargne encore un peu
Ce que j'ai de nocturne,
D'étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir.

Jules Supervielle

(poème déjà publié sur ce blog en mai 2008)

samedi 10 mai 2014

Bienveillance avec Matthieu Ricard


« L’altruisme doit être guidé par la lucidité et la sagesse. Il ne s’agit pas d’accéder inconsidérément à tous les désirs et caprices des autres. L’amour véritable consiste à associer une bienveillance sans limite à un discernement sans faille. »

vendredi 9 mai 2014

Marcher ici sur cette terre avec Federico Dainin-Jôkô

"Lorsque tu cesseras de t'épuiser à chercher le bonheur, courir dans tous les sens, t'enchaîner à tes idées volages, te soumettre aux vagues de tes émotions….

Lorsque tu viendras juste t'asseoir à cette montagne qui n'a pas de sommet, alors voici fleurir sous tes yeux tout un monde de bonheurs, voici tes idées et tes pensées traverser le ciel de ton esprit sans t'enchaîner, voici tes émotions devenir tes maîtres d'impermanence.

Te voilà libre. Merveilleux et libre, comme au fond tu l'as toujours été avant tes illusions.

Ce jour-là, tu comprendras que le miracle n'est pas de marcher sur les eaux, mais d'être bel et bien ici, les pieds libres et joyeux sur cette belle terre.

Ce jour-là, tu réaliseras que la sagesse ne voit pas la beauté uniquement dans les choses belles, mais que ton cœur en toute chose peut goûter la beauté.

Ce jour-là tu ne seras ni un dieu ni un prophète, ni un bouddha ni un saint. Ni un homme ni une femme non plus.
Ce jour-là tu seras enfin la vie, l'incroyable vie mon ami."


Federico Dainin-Jôkô,
moine zen fondateur de La Montagne Sans Sommet


“Ma vie a toujours débordé de rencontres magnifiques, et je suis tellement chanceux d’être entouré de tant de belles personnes, de pouvoir vivre une infinité d'expériences incroyables; mais surtout d’avoir un jour reçu le plus précieux trésor, celui de l’absorption en moi au cœur du monde, zazen, la réconciliation avec mon histoire, la découverte de mes paysages intérieurs merveilleux , la perception de l’incroyable grandeur de l’homme, de l’indicible beauté de l’univers! Je dormais et je ne faisais que voir mes chutes, puis j’ai ouvert les yeux et j’ai vu toutes mes floraisons. Je pensais être séparé du monde et des autres, puis soudain en contemplant le Bouddha tourner la fleur entre ses doigts, j’ai ressenti qu’il n’y a pas de moi, ni de Bouddha, ni de fleur; tout m’est apparu unifié, et tout a aussitôt disparu; ce fut la grande liberté intérieure: ce fut l’expérience de zazen. 

Alors il me semblait bon de pourvoir partager avec un cœur simple ces trésors que j’ai abondement reçu de mes maîtres zen certes, mais aussi la perception de la joie profonde de tous ces autres enseignements qui emplissent l’univers, le rire d’un enfant, un geste de bonté, le vol d’un oiseaux, la profondeur de l’océan, la grandeur de la montagne, la beauté d’une fleur, la douceur incroyable d’un fruit, un regard plein d’amour, le chant des bambous dans le vent; ce monde merveilleux qui sans cesse se fait et se défait, ces êtres vivants qui de leur fragilité sont si précieux.....l’importance et la beauté de la souffrance aussi quand on la reçoit et on la contemple les mains vides et le cœur fait de mansuétude...
Le zen est l’expérience originelle du Bouddha. Cet enseignement et ses abondances je les ai reçus gratuitement et copieusement. C’est copieusement et gratuitement que je veux les donner à mon tour.
Nous partageons le même ciel tels des nuages aux mille formes le traversant; le miracle n’est pas de marcher sur les eaux, mais bel et bien de marcher ici sur cette terre, instant après instant.”