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mardi 10 février 2026

Se connaître...

 IL Y A 95 ANS, NAISSAIT STEPHEN JOURDAIN ...


Extrait d'une interview de Stephen Jourdain, où il évoque admirablement l'idée du "geste intérieur" qui nous est toujours possible de faire. (MT, 2008) : 

« ... Je crois que je dois essayer de vous donner une idée de cet acte : Regard de conscience totale trouvant, avec la sû­reté de la flèche, le centre, la source, la vérité de l'es­prit, et se croisant lui-même... Remontée à con­tre-courant de soi-même, à travers l'acier des vérités, de la Vérité elle-même, à travers toutes les concep­tions, toutes les opinions, toutes les intentions et tous les programmes de l'esprit, jusqu'au contact authenti­que avec soi — jusqu'à « l'éveil », sommet depuis quoi, en vérité, l'ascension a été faite, depuis qui et par qui... Exhumation et rejet de toutes les identités et de tous les noms qui collent insupportablement à l'âme, à la présence des­quels elle est d'ordinaire insensible, faute de les dis­cerner et faute de se con­naître...»

Stephen Jourdain (8 janvier 1931 - 19 février 2009)

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vendredi 13 février 2009

Une approche sonore du silence par Stephen Jourdain... chut.


Stephen Jourdain nous fait découvrir le silence éveillé et les caractéristiques d'être du triangle...

Extrait d'une conférence à Nice, en 1995 (6:21 mn):




Voir tous les articles sur Stephen Jourdain

lundi 20 août 2007

L'irrévérencieux Stephen Jourdain


Je vous propose de découvrir Stephen Jourdain grâce à deux émissions inédites et une vidéo (extraite du film de Malo Aguettant, où il est interviewé par Gilles Farcet). Ecoutez et voyez...
Partie 1 :





Partie 2 :






Stephen Jourdain aux côtés de Gilles Farcet:
Voir la vidéo

lundi 4 janvier 2010

Simple vision ou Eveil ! Juste soi !

C’était le soir, j’étais dans ma chambre, allongé dans l’obscurité, et je tournais et retournais dans ma tête depuis un long moment, probablement depuis une demi-heure, la petite phrase du Cogito de Descartes: “Je pense, donc je suis”. Il m’avait semblé, dans les jours précédents, entrevoir une prodigieuse vérité dans cette petite phrase, et j’essayais de retrouver cette vérité entrevue dans un éclair. Je réfléchissais depuis très longtemps, en me répétant inlassablement: “je pense, donc je suis”, et en faisant chaque fois le voyage depuis la réalité vivante qui en moi-même correspondait à “je pense” et “je suis” jusqu’à ce que ces mots, pour les charger, dans la petite phrase, de leur vrai sens. En m’efforçant de penser le Cogito avec ma vie. C’était un travail très difficile, j’étais épuisé, le déclic qui m’aurait révélé la signification mystérieuse de la phrase ne se produit pas, mais, à un certain moment, un autre déclic, que je n’attendais pas, a dû jouer. [Un ressort secret qui devait être enfoui dans la conscience humaine depuis la Création, qui attendait son heure et que je viens d’effleurer par hasard.]. Et l’événement s’est produit, avec une soudaineté surnaturelle. Et tout d’un coup je me suis retrouvé dans un avant, un commencement insoupçonné de moi-même, veillant d’une veille sans limite, me sachant — et me sachant me sachant — et me sachant me sachant me sachant: à l’infini, et m’éprouvant totalement identique à cette veille, cet abîme d’auto-conscience, qui n’était point chose qui m’était donnée, mais au contraire qu’essentiellement je ne subissais pas, faisais moi-même brûler. [Et puis vlan! Quelque divinité, dans le royaume métaphysique, a tripoté un bouton, je me suis retourné comme un gant, et déjà cette chose insensée était là au milieu de moi, comme un membre vivant à la place d’une prothèse.] A brûle-pourpoint, je glisse dans une lucidité sans nom, achèvement inouï de l’aurore qu’on nomme conscience de soi. Cette lumière n’est pas un état passivement subi: c’est un acte que désormais je sais accomplir. Elle n’est point non plus, à proprement parler, une expérience que je fais: elle est moi, elle est exactement Steve Jourdain.
extrait de "Stephen Jourdain", Nova, in Revue 3ème millénaire, No 5, juin 1987, pp. 16-17


D'un coté on voit un élephant, d'un autre un cochon. C'est juste une position mentale qui nous fait passer d'une vue à l'autre, un "truc" comme le dit  Stephen Jourdain...

vendredi 14 septembre 2012

vendredi 13 janvier 2023

Comment préserver l’âme d’un enfant ?

En décembre 2008 j'ai eu la chance d'assister à Paris à un séminaire de deux jours de Stephen Jourdain. C'était le dernier séminaire qu'il donnait car il s'est éteint 2 mois plus tard. Une étrange rencontre. Un homme parfaitement clair, un homme provocateur, un homme sans concession, mais un homme torturé par son histoire humaine. Comme la réalité est indicible, il en parlait poétiquement. Il m'a apporté une liberté, la liberté d'être ce que je suis. Aucune apparence n'est à cultiver. Nous pouvons être dans la crudité de notre humanité ou dans sa pudeur, quelque part, cela n'a aucune importance, pourvu que nous préservions la pureté de notre enfant intérieur.

Je vous souhaite à tous une belle journée, en compagnie de cet enfant intérieur qui ne nous quitte jamais, mais que nous ignorons souvent.

Philippe



"Comment préserver l’âme d’un enfant ?

Un grand dessein, mais une utopie : l'âme puérile se corrompt toute seule. Selon les apparences, le grand corrupteur, c’est « l’extérieur » : la société, l’école, les parents. En fait, quasiment dès le berceau, nous nous corrompons nous-mêmes. Il ne s’agit donc pas, ici, de préserver mais de sauver ; de mettre cet enfant que nous chérissons plus que tout, en position de se sauver lui-même.

Nous sommes tous des âmes malades – du moins, le virus de la cécité interne, de la pauvreté interne, la mort intérieure, est lové dès la naissance dans les abysses, hélas inconscients, de l’intimité de nous-mêmes. Au tournant, pourtant scintillant de la vie de l’adolescence, nous allons, toujours dans la nuit de l’inconscience, activer le virus. Et, spirituellement parlant, nous entrerons dans le coma.

Je le répète : la société a bon dos, les parents aussi…  Ces instances extérieures n’arrangent rien, c’est vrai ! Mais elles ne font qu’attiser une malédiction qui est déjà sur nous. La malédiction est sur nos subjectivités, et chacun de nous en est l’inventeur et l’ouvrier zélé.

Quel est le salaud qui met de la suie sur le monocle de l’âme ? Qui m’enténèbre et me salit au point que j’oublie que je suis un esprit, que je suis une sensibilité – plus grave encore, simplement que je suis ? Oui, qui est le dispensateur de toute cette crasse interne, QUI S’ACHARNE AINSI SUR MOI ? Moi. Moi personnellement.

Sûrement, je veux dire quelque chose ou quelqu’un en moi ? Non, je veux bien dire moi ; je veux dire exactement moi.

Donc, voilà l’incroyable vérité : c’est nous-mêmes et pas un autre à l’extérieur de nous, et pas un autre à l’intérieur de nous, qui nous massacrons – j’ai failli dire bousillons – d’instant en instant, sans jamais nous lasser, et sans que notre moi intérieur habituel en ait la moindre conscience."

Stephen Jourdain - extrait de "Voyage au centre de soi"

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samedi 10 janvier 2026

- Dans la série « Vacuité ou rien » : Stephen Jourdain -

J’ai eu la chance de croiser un jour ce type dans ma vie, et il y a des croisements qui sont des carrefours, ouvrant des directions nouvelles. Ne pas se fier à la cravate, ni à l’allure vieille école : ce type est un cas, (le seul à ma connaissance à avoir innocemment connu l’éveil spirituel (« un foudroiement « ) à quinze ans en bûchant désespérément sur la fameuse phrase de Descartes « Cogito ergo sum » (!). Hors norme, un cas du genre que l’on ne croise pas impunément. 
Lorsque je l’ai rencontré, j’avais déjà pas mal bourlingué (en quête de musique) et, de l’Inde au Mexique en passant par le Sahara, j’avais évidemment rencontré la « spiritualité » sous des formes diverses, croyances, rituels, pratiques, vécu certaines expériences parfois bouleversantes, certaines décisives. Les « comprendre » exigeait de les dépouiller de leur contexte culturel d’origine pour tenter de les intégrer à la manière de penser de cet occidental en errance post-moderne que j’étais. Soit : les débarrasser d’un type de langage hérité de traditions ancestrales, associé à un certain nombre de croyances, d’imaginaire, de valeurs, etc, afin de pouvoir les digérer dans ma langue, fut-ce malgré elle. Sur ce point, Stephen m’a appris à mettre les points sur les « i » (d’intelligence, et d’idiotie) : il ne s’agit pas d’intégrer « l’Éveil » à la pensée, mais la pensée à l’éveil. Ce qui est une toute autre affaire, exigeant un saut trans-logique, d’ordre poétique. Mais qui est aussi, et surtout, infiniment drôle… c’est là d’ailleurs que Steve marquait l’authentique : un « éveillé » qui se prend au sérieux est selon lui un jean-foutre.

Si ce « travail » trans-traditions (trans-langages) paraît conceptuellement complexe, devant défier/déjouer les limites de la logique en sautant de paradoxes en paradoxes, le fil d’Ariane de la musique (et les lois de la résonance) me permit de simplifier radicalement la question, et c’est sur elle que je rencontrais Stephen. D’abord, à la lecture de son bouquin « Éveil », j’étais resté un moment sidéré par cette langue rare, d’une précision au rasoir, poussée par une passion inextinguible de ciseler les concepts et les mots pour faire place à l’indicible, son analyse du processus psychique devant souvent céder à la poésie pour éclore de manière sensible. Et sa façon vigoureuse de donner des coups balais dans toutes les certitudes, poncifs, croyances ou vérité « spirituelle » était aussi radicale que vivifiante. Et puis cette remarque - « l’oreille est moins asservie que l’œil, c’est une voie directe, immédiate, moins formatée par le dressage social que le regard » m’avait évidemment fait tendre l’oreille.

La première fois que je l’ai vu, c’est dans un bar parisien où il discutait de la logique du tiers-inclus avec quelques amis, tout en trempant son sandwich camembert-beurre dans son café (!). Le ton, le regard, l’humour, le feu, il me parut tout de suite que ce type savait de quoi il parlait. De toute évidence, il jouait, mais ne se la jouait pas. On a donc parlé. Enfin… d’abord je l’ai surtout écouté : entendre réfléchir à ces questions sans références à l’orient, au chamanisme ou autres traditions est plutôt rare ces jours, surtout dans une langue française exceptionnellement travaillée, nuancée, pulsée du dedans par l’exigence de précision. Une culture comme on n’en voit plus guère, nourrie d’Aristote, Rimbaud, Lavelle… un autre siècle, non encore infecté par le new-age. 

Il m’a invité chez lui, en Auvergne. Au lieu de répondre à mes questions, il s’est mis au piano. On a joué une bonne heure. Pas un virtuose, mais le bon vieux jazz en ternaire qui réchauffe. Et puis on a parlé, de tout et n’importe quoi, pendant des heures, oubliant de manger. Il rebondissait de pensée en pensée comme un enfant joue, innocemment, vivement, passionnément. De ces conversations dont on oublie tout, sauf la qualité rare de l’air qu’on y respire : inoubliable. Fort intrigué par le Nada yoga, il me questionna sur mes diverses rencontres indiennes, et apprécia au plus haut point mon apprentissage auprès des grenouilles du Bengale ! Au moment de le quitter pour aller à l’hôtel, il m’a confié son dernier manuscrit : « J’aurais rêvé d’être Henri Miller, composer des textes fleuves, mais au bout de quelques pages je deviens un écrivain exécrable. Je suis bon pour les flashes, les textes courts… Tu me diras demain. ».
Lourde responsabilité que de lire le manuscrit d’un auteur qu’on connaît. Stephen n’est pas facile à lire, la densité des acrobaties logiques exige une attention soutenue à chaque mot, en présence permanente d’un indicible autour duquel il tourne, l’abordant effectivement par flashes sous des angles divers. À part « Éveil », dont la teneur poétique infuse m’avait transporté, j’avais eu parfois du mal à finir les deux ou trois de ses livres qui m’étaient tombés sous la main. J’ai donc ouvert son manuscrit. J’ai d’abord retrouvé sa manière, à la fois provocateur, gouailleur et infiniment stylé, où les affirmations les plus provocatrices jouaient avec une auto-dérision permanente. Mais bon… j’avais déjà « compris » de quoi il retournait (croyais-je), et je survolais ça tout en acquiesçant, sans surprise… jusqu’à une page, qui retourna la situation comme un gant.

Il y décrivait le processus d’apparition des pensées - que je connaissais intellectuellement pourtant sous tous les angles - mais là, il sut m’impliquer dans cette vision-tunnel où la pensée est pensée par une pensée qui la contient, qui aussitôt est elle-même pensée par une autre qui la contient, mouvement en poupées russes ouvrant au vertige. Sauf que là, ce n’était plus un processus logique lu sur une page, mais - comme en perpendiculaire à la page devant moi - la pensée de cette page s’ouvrait à la pensée de moi en train de la lire, qui s’ouvrait à la pensée de moi en train de penser tout cela, etc…
Cette soudaine actualisation du texte au présent sensible me fit rire : je voyais ma pensée arriver de je ne sais où, me traverser « physiquement » comme la bulle traverse le champagne, et disparaître dans l’éclosion spontanée d’une autre, où je me voyais moi-même en train de vivre cela et donc aussitôt une autre, où je me voyais en train de me voir voyant tout cela… Et cette ouverture verticale (que la logique ne peut que réduire en suite stérile de pensée de la pensée de la pensée, etc. ), vécue comme se démultipliant par elle-même comme un espace intérieur allant d’ouverture en ouverture, me fit rire… et rire encore, et encore. La pensée du rire démultipliait le rire, et j’ai ri comme jamais encore je n’avais ri : ri de moi-même, du jeu roublard que je me jouais en me prenant pour telle ou telle pensée, de la nature humaine, de l’étendue cosmique de la farce « individualité », de la liberté soudaine éprouvée, radicale, indéracinable… rire de bon cœur de voir l’Illusion des illusions, rire librement, de rire, de vivre, de respirer. Je voyais, j’entendais, me voyais voir, m’entendais entendre, et cela depuis un lieu aussi intime qu’infiniment vaste, qu’aucun rire jamais ne pourrait combler, car il est la source vive de tous les rires. Je me suis endormi ravi. 

Le lendemain, je lui ai rendu le manuscrit : « - Alors ? - Ça marche ! » Il m’a lancé un clin d’œil, l’air d’un gamin aux anges. On n’en a pas reparlé, il y avait bien plus important : on a passé l’après-midi midi aux puces de Clermont, rayon vêtements, où il se transforma soudain en fureteur-connaisseur parfaitement concentré, tout content de rapporter un manteau Cardin à un prix dérisoire. Stephen était aussi élégant et exigeant en vêtement qu’en paroles.
Je l’ai revu quelques fois à Paris, où des amis se réunissaient (entre autres, le musicien Michel Deneuve qui composa la musique d’une de ses vidéos, ainsi que le voyageur du désert, peintre et musicien Daniel Popp) : il était un hôte charmant, attentif, d’une politesse exquise. Étrangement, lorsqu’il est mort, malgré l’amitié qui s’était tissée entre nous, je n’ai éprouvé aucun sentiment de perte : ce qu’il m’avait transmis ce soir là est imperdable, c’est la clef. Avant ? Après ? Le temps n’a aucune prise sur ça. Me restait juste à apprendre à m’en servir. Me faudra quand même le temps d’apprendre à renoncer aussi à cette volonté là : suffit de laisser opérer tout ça tout seul : il n’y a ni clef ni serrure, car il n’y a pas de porte, c’est ouvert 24/24. 😉 (Salut Steve, ça marche toujours !)

Dominique Bertrand 

- quelques minutes d’entretiens au Québec (laisser ses certitudes à l’entrée) :

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dimanche 6 février 2011

Des paroles d'hommes

J'en avais mis des extraits, le voici en entier...

Des paroles qui restent vivantes par les regrettés Lee Lozowick et Stephen Jourdain, et par Arnaud Desjardins.

mardi 9 avril 2024

Gilles Farcet, Qu'est-ce que la transmission spirituelle? (1)

 

Pour écouter l'interview sur RCF, cliquer ici (19 min.)



Gilles Farcet est un écrivain français et enseignant spirituel promoteur d'une spiritualité à la fois inspirée de l'enseignement d'Arnaud Desjardins et de l'énergie de la contre-culture américaine, du Rock et de la Beat Generation. Il a soutenu sa thèse de doctorat sur la Littérature américaine et Thoreau en 1984. De 1984 à 1986, il vit à Montréal où il travaille pour une organisation universitaire internationale et écrit régulièrement des articles de critique littéraire pour la revue Spirale.

De retour en France, il enseigne brièvement à l'université catholique de l'Ouest avant de s’installer à Paris. Producteur à France Culture, il y réalise des émissions sur des thèmes littéraires ou spirituels, notamment dans le cadre des «Chemins de la Connaissance » sous l’égide de Claude Mettra, ou « Une Vie, une Œuvre » sous la direction de Michel Cazenave. Journaliste, il collabore à diverses revues.

Avec Marc de Smedt, il dirige les dossiers Question de littérature, chez Albin Michel, pour lesquels il interviewe longuement des écrivains tels que Lawrence Durrell, Jacques Lacarrière, Allen Ginsberg, Philippe Sollers ou Kenneth White. Il participe à la fondation du magazine Nouvelles Clés auquel il collaborera régulièrement pendant des années.

Il tient aujourd'hui la chronique Ecologie intérieure pour le magazine Kaizen, dans la mouvance de Cyril Dion et Pierre Rabbhi. Éditeur, il fonde à La Table Ronde la collection « Les Chemins de la Sagesse » où il publie notamment Christian Charrière, Eric Edelmann et les premiers livres de Daniel Roumanoff sur Swami Prajnanpad. Il est également pour une période de transition directeur littéraire des Éditions Dervy où il publie notamment Bernard Montaud (La vie et la mort de Gitta Mallasz), Jodorowsky, Denise Desjardins…

Son premier livre, une biographie de l’écrivain et philosophe américain Thoreau paraît en 1986, avec une préface d’Arnaud Desjardins et une postface de Kenneth White. Ce livre sera suivi d’une quinzaine d’ouvrages, publiés chez Albin Michel, Dervy Livres, la Table Ronde, L’originel, le Relié. Il a cosigné deux ouvrages avec Arnaud Desjardins et deux avec Alexandro Jodorowsky. L’homme se lève à l’Ouest, paru en 1992 chez Albin Michel, fera notamment découvrir au public français l’existence de Lee Lozowick dont il traduira par ailleurs plusieurs ouvrages. L’Irrévérence de l’Éveil, publié la même année, révélera Stephen Jourdain.

Au début des années 1990, parallèlement à ses activités d'écrivain, journaliste et traducteur, il commence à s’investir dans l’animation de stages (notamment dans le cadre de Terre du Ciel, ainsi qu’en coanimation avec Marie de Hennezel) et fonde des groupes parisiens inspirés de l’enseignement d’Arnaud Desjardins, groupes qui fonctionnent encore aujourd’hui. En 1996, Arnaud Desjardins lui propose de rejoindre l’équipe de Hauteville, le lieu qu’il a fondé en Ardèche où séjournent chaque semaine pour une retraite une cinquantaine de personnes. Il y consacre l’essentiel de son temps pendant près de onze ans, tout en poursuivant l’animation de groupes parisiens, ainsi que son travail d’écrivain et de traducteur. En 2002 parait Le Manuel de l’Anti-Sagesse, puis en 2004, Allen Ginsberg, poète et Bodhisattva Beat, où l'auteur relate ses rencontres et entretiens avec le grand écrivain américain puis La joie qui avance chancelante le long de la rue en 2017, récit d'entretiens avec un Diogène sauvage passé de l'autre côté du désespoir, Hank alias Henry Warshowsky.

Ces deux livres serviront de base au superbe roman graphique spirituel d'Etienne Appert, Au crépuscule de la Beat Generation, paru en 2023. Deux En septembre 2007, il s'installe à nouveau à Paris où il donne un enseignement sous une forme originale dans la lignée d’Arnaud Desjardins et Swami Prajanpad tout en continuant à écrire. Il continue à intervenir à Hauteville. En 2011, parallèlement aux activités régulières organisées à Paris et à la suite d'une impulsion donnée par Arnaud Desjardins, il anime régulièrement avec son épouse Valérie des séminaires dans le beau village d'Angles sur l'Anglin dans la Vienne, où sa famille possède une maison depuis cinq générations. En 2015, il cesse de résider principalement à Paris pour s'établir en Poitou et y développer son école de transmission spirituelle tout en composant du Rock à vocation spirituelle dans des groupes comme Gestion des restes ou Survie, groupe qui interprète des chansons de Lee Lozowick, enseignant spirituel transgressif et subversif qui a marqué son parcours.

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dimanche 19 décembre 2021

Disciple d'un maître




 Note du réalisateur Guillaume Darcq : Je mets ce film gratuitement en ligne. Il est le fruit de six années de travail. Je préfère qu’il soit facilement accessible plutôt que de le voir sombrer dans l’oubli. Ici la qualité image est fortement dégradée. Heureusement le dvd reste en vente. Il a également cette particularité de contenir plus de 80 minutes de précieux bonus (séquences coupées au montage avec Douglas Harding, Maurice Béjart, Arnaud Desjardins, Lee Lozowick, Chandra Swami, Yvan Amar…) . Vous pouvez vous le procurer sur le site : www.legue-editions.com


Le film :
Plus que le portrait d’un individu, ce film, nourri de documents d’archives souvent inédits, se veut un voyage, l’évocation d’un parcours atypique et multiple, jalonné de rencontres privilégiées avec quantité de témoins remarquables. Autour de Gilles Farcet qui sert de fil conducteur, nous allons croiser les figures d’Yvan Amar, Lee Lozowick, Stephen Jourdain, Yogi Ramsumatkumar, mais aussi Allen Ginsberg, Jodorowsky, Kenneth White et bien d’autres, sans parler d’Arnaud Desjardins dont il est l’élève depuis 1982 et dans la lignée duquel il transmet aujourd’hui. Américaniste de formation, d’abord écrivain, journaliste et éditeur, également musicien, Gilles Farcet a été marqué par une approche traditionnelle du « chemin spirituel » en même temps que par le blues et plus généralement la culture américaine avec son mythe de la « la frontière », horizon neuf toujours en recul et métaphore du territoire intérieur à défricher. Ce film témoigne donc de cet itinéraire humain, artistique et spirituel d’une étonnante richesse dans sa diversité et rend hommage à de grandes figures dont beaucoup sont aujourd’hui disparues.
Voix off : Bernard Campan et Marie-Pascale Grenier
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Etonnant de voir, dans ce film, Arnaud à la date de création de ce blog -2007.

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lundi 20 août 2007

Trois paroles d'hommes... dans le monde !

Arnaud Desjardins, Stephen Jourdain et Lee Lozowick nous présentent leur vision de "notre" siècle. En attendant la catastrophe..., voici la bande annonce :
André Malraux : "Le 21ème siècle sera religieux ou ne sera pas"
(citation que l'on prête à André Malraux mais qu'il n'a jamais écrite)


Pour en savoir plus

Je vous joins la réponse de Abrasiv productions (06 71 48 74 57)
"Merci pour votre message. Le film Paroles D'Hommes est actuellement en cours de distribution, cela veut dire qu'il ne sera pas disponible dans le commerce avant un ou deux mois. En revanche si vous le souhaitez, nous pouvons vous avertir par mail dès qu'il sera en vente sur notre site (envoyez simplement une réponse : "je souhaite être prévenu de la disponibilité de cet article"). Bien cordialement,
L'équipe d'abrasiv."

lundi 20 juillet 2020

Témoignage d'une expérience



Eh bien, prenons par exemple l'attention multidirectionnelle qui est un corollaire de l'éveil... ???

Oui, la nature même de l'attention change. Auparavant, l'attention était comparable à un trait de métal rigide. Ce trait avait une cible tout à fait ponctuelle : chaque acte d'attention dirigé sur une cible projetait tout le reste dans l'ombre de l'inattention. Avec l'éveil, cette loi change et le trait se déploie en éventail, si bien qu'on en arrive à l'attention multidirectionnelle, ce qui constitue un choc. On se met à voir tout en même temps, un milliard de choses sont perçues simultanément, si bien que la richesse du paysage terrestre devient proprement inouïe. Il est évident qu'un observateur un tant soit peu attentif décèlerait des transformations d'ordre physique chez la bienheureuse victime de cette extraordinaire panoramisation de l'attention, ne serait-ce que parce qu'on entre alors en extase... Bref il se passe quelque chose, c'est sûr ! On pourrait repérer d'autres signes, mais ce sont des signes discrets...


Extrait de "L'irrévérence de l'éveil"
de Stephen Jourdain

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lundi 5 avril 2021

Mystère de l'omniprésence

 

"Quel besoin de vouloir toujours tout comprendre et tout expliquer !
L'explication se substitue à la chose et elle perd immédiatement de sa saveur.
Croyant regarder la nature, les paysages, les êtres … on lit, on écoute, on formule des explications sur la nature, les paysages et les êtres.
Réduire tout à une explication fait qu'il n'y a plus de mystère … alors que le mystère est omniprésent.
Tout est mystère,
Il n'y a que le mystère
Et le mystère ne s'explique pas".
Stephen Jourdain ❤


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vendredi 29 décembre 2023

La relation Maître-disciple


Entretien avec Gilles Farcet - #1 La rencontre d’un disciple avec son maître

Dans le cadre du 50e anniversaire de notre revue (Acropolis), après Antoine Faivre, nous publions l’entretien réalisé avec Gilles Farcet (1) sur la relation de maître à disciple.

Ce premier extrait raconte sa recherche d’un maître.

Revue Acropolis : Vous parlez souvent dans vos écrits de la relation maître-disciple. Pouvez­ vous nous expliquer ce qui dans votre vie vous a amené à réfléchir et à mettre l’accent sur cette relation ?


Gilles FARCET : Tout d’abord la conscience très claire que, pour progresser, pour croître dans quelque domaine que ce soit, profane ou sacré, humain ou spirituel (les deux étant d’ailleurs à mon sens inséparables) il faut apprendre. Je suis très étonné de constater que beaucoup prétendent aujourd’hui se passer de maître dans le domaine spirituel, alors même que chacun s’accorde à reconnaître la nécessité d’un apprentissage rigoureux dans les autres sphères de l’existence. Si je désire jouer correctement du piano – sans parler d’être un virtuose – il me faudra prendre des cours, m’initier au solfège, m’ouvrir à certaines influences. Je devrai choisir un professeur et ne pas en changer tous les quinze jours.

Tout le monde juge normal et même indispensable qu’un futur médecin aille à l’université et suive des stages à l’hôpital. J’avoue donc être surpris de voir cette nécessité d’une formation sérieuse si peu reconnue aujourd’hui parmi ceux et celles qui disent s’intéresser à « la spiritualité ». Beaucoup « picorent » un peu partout, suivent un stage, puis un autre… Or, je crois que si l’on veut véritablement approfondir il faut, non pas être fermé et ne plus jurer que par une personne hors de laquelle on ne voit point de salut, mais du moins s’exposer de façon durable à une influence, à une « école » – pour reprendre un terme cher à Georges Gurdjieff (2) –, quitte ensuite à pouvoir d’autant mieux s’ouvrir et se montrer disponible.

Donc, pour répondre de manière plus personnelle à votre question, mon intérêt pour le rapport maître­disciple vient de ce que j’ai eu assez tôt conscience de la nécessité de cette relation pour un travail spirituel digne de ce nom. Je ne vais pas vous raconter ma vie, mais disons qu’à l’âge de vingt-trois ans, après avoir beaucoup pratiqué certaines techniques de méditation, fait de nombreuses et longues retraites, je me suis rendu compte de l’omniprésence de cette relation maître-disciple dans toutes les traditions. Qu’il s’agisse de la tradition hindoue, de la tradition bouddhiste, du soufisme, du christianisme des premiers temps et même de la tradition philosophique occidentale, celle de Socrate et Platon, on retrouve toujours et partout cette relation du maître et du disciple. Elle est d’ailleurs source de très belles histoires, vraies ou symboliques, et porteuses de vérités profondes. Par conséquent, je ne pouvais pas prétendre être un génie spirituel capable de tout découvrir par lui­même. Non que les génies spirituels n’existent pas : Ramana Maharshi l’un des grands sages hindous du début de ce siècle, s’est éveillé « spontanément » à l’âge de dix-sept ans, sans avoir suivi d’enseignement. Mais quand on s’engage sur un chemin, on ne saurait partir du principe que l’on est un génie et un nouveau Maharshi… Si l’on aspire à bien jouer du piano et à composer, mieux vaut commencer tôt à prendre des cours plutôt que de se prendre d’emblée pour Mozart.

Revue A. : Pouvez-vous nous parler un peu de votre itinéraire ?


G.F. : Oui, mais à condition de préciser que cet itinéraire n’a rien d’exemplaire ou d’exceptionnel. Il se trouve que l’on m’interroge parce que j’écris des livres et que j’ai effectué quelques activités publiques. Mais il y a, ne serait-ce qu’en France, des personnes bien plus avancées que moi et qui pourraient parler avec davantage d’expérience et de perspective de la relation maître-disciple. Sans doute n’est-ce ni leur fonction ni leur désir. Ceci précisé et puisque je suis distribué dans le rôle du « parleur », allons-y.

Il m’est très tôt apparu – aux alentours de mes vingt ans – que quoique très intéressé par le bouddhisme, l’hindouisme et les spiritualités orientales en général, je me devais de rencontrer un maître occidental. Je me suis toujours senti d’Occident, appelé à une relative insertion dans le monde tel qu’il était, pour le meilleur et pour le pire ; je n’ai jamais durablement cru que ma vocation était de me retirer, d’aller vivre en Orient ou de mener une vie contemplative dans le sens précis de ce terme, c’est-à-dire accorder la priorité à la méditation plutôt qu’à l’action. J’aspirais à une spiritualité dépouillée de tous les exotismes, de tout le côté rituel ; en outre, il était pour moi très important de pouvoir entretenir cette relation avec un être humain bien sûr enraciné dans l’expérience spirituelle mais en même temps passé par les tribulations d’un Occidental moyen.

Comment dire ? Je voulais être guidé par quelqu’un dont les références culturelles au quotidien seraient essentiellement les miennes : quelqu’un à qui la nécessité de payer un loyer et des notes de téléphone ne serait pas étrangère, quelqu’un ayant eu une famille, ayant vécu et travaillé non dans un ashram en Inde, mais à Paris ou New York.

Ceci me paraissait très important, justement parce que la sagesse, si elle existait, devait être possible partout et non dépendante d’une culture ou d’un contexte particulier.

Cela n’enlève rien à la grandeur des cultures traditionnelles ni au fait que certains environnements semblent bien plus propices à la recherche intérieure. Reste que jamais je n’ai voulu rejeter mon héritage, ni même cette civilisation, malade sans doute, folle à bien des égards et cependant très propice à la recherche, du fait de sa folie même…

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Principaux ouvrages de Gilles Farcet

• Arnaud Desjardins ou l’aventure de la sagesse, 1987, Éditions La Table Ronde ; réédition en poche chez Albin Michel en 1992 et à la Table Ronde en 2014

• L’Homme se lève à l’Ouest, Éditions Albin Michel, 1992 ; traduit en espagnol

• La ferveur du quotidien, Éditions L’Originel, 1993

• Regards sages sur un monde fou, avec Arnaud Desjardins, Éditions La Table Ronde, 1997 ; traduction en espagnol

• Manuel de l’anti-sagesse, traité de l’échec sur la voie spirituelle, Éditions du Relié, 2002, traduit en espagnol et en anglais

• La Transmission selon Arnaud Desjardins, 25 ans d’échanges avec un ami spirituel, Éditions du Relié, 2009

• Le défi d’être, entretiens avec Gilles Farcet, de Denis Desjardins et Gilles Farcet, Éditions Dervy, 2017

• Une boussole dans le brouillard, Éditions du Relié, 2019

• Le choix d’être heureux, Éditions Entremises, 2021

• La Réalité est un Concept à Géométrie variable, Éditions Charles Antoni-L’Originel, 2022

Et bien d ‘autres encore…


Participation de Gilles Farcet dans des films

• Sur la route avec Mr Lee, de François Fronty, 1995, Alizé diffusion.

• Stephen Jourdain, La Folle Sagesse, de Carole Marquand, avec Gilles Farcet et Denise Desjardins, 2006, Alizé diffusion.

• Denise Desjardins, de la révolte au lâcher prise, un film de Guillaume Darcq, 2008, Alizé diffusion

• La Frontière intérieure, Gilles Farcet, Images d’un parcours, de Guillaume Darcq, 2013, Alizé diffusion


Propos recueillis par Laura Winckler - Cofondatrice de Nouvelle Acropole en France

Gilles Farcet, écrivain, journaliste, producteur à France Culture, animateur de stages, a également collaboré à diverses revues et a fondé à La Table Ronde la collection « Les Chemins de la Sagesse ». Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages et a travaillé aux côtés d’Arnaud Desjardins, qu’il a considéré comme son maître. Il se consacre, dans ses écrits comme dans sa vie, à une meilleure compréhension de la relation maître à disciple, située au cœur de toutes les traditions spirituelles.

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