lundi 21 septembre 2020

Méditer au bureau

 


Rien de tel que prendre le temps de méditer pour prolonger la relaxation des vacances. Pour ressourcer votre mental sur votre lieu de travail, quelques astuces suffisent.

En cette rentrée automnale, beaucoup d’entre nous se trouvent soumis à de fortes doses de stress. Même dans ce contexte, il est possible de vivre des moments de méditation à toute heure de la journée, dans le cadre de nos activités quotidiennes.

Pour cela, il faut observer deux règles : d'abord, avoir conscience que l’on a un corps. Par exemple, assis à une table de travail, redresser sa colonne vertébrale sans l’adosser au siège, mettre ses mains bien à plat, soit sur ses cuisses soit sur le bureau, ressentir la présence de ses pieds, eux aussi à plat sur le sol. Arrêter de fixer l'ordinateur ou ses papiers en mettant ses yeux en position mi-close ce qui donne un regard centré à la fois sur l'intérieur de soi et sur l’extérieur, qui devient flou.

Ensuite, prendre conscience de sa respiration. C’est la clé de toute méditation réussie.

Remarquez une chose évidente : la plupart du temps, sauf lorsque nous faisons un effort assez violent créant un essoufflement, nous ne sommes pas conscients du fait que nous respirons. Notre respiration est faible, elle se situe en haut des poumons, elle nous fait survivre sans plus. Il s’agit à la fois d’amplifier et d’inverser ce processus. Pour cela, il faut passer à un mode d’expiration profonde, une expiration lente et longue, dont la fin se situe dans l’abdomen, sous le nombril. L'inspiration revient alors naturellement, d’un coup, sans décision volontaire. Cette respiration est le meilleur outil qui soit, pour s’oxygéner certes, mais surtout pour mieux canaliser notre univers mental. La respiration consciente se confond en effet avec la conscience tout court : quand vous respirez ainsi, vous vous mettez en état d’attention lucide ; dès que vous sortez de cette vigilance, de cette présence à votre expir et à votre inspir, la sarabande des pensées reprend. A l’inverse, dès que vous y revenez, vous sortez du tourbillon.

Cette pratique peut s'effectuer n’importe où, au bureau, dans le métro, en marchant dans la rue : dès que l’on s’aperçoit qu’on perd le contact avec la réalité et que l'on engloutit corps et âme dans ses pensées, il suffit de revenir à la respiration profonde - en expirant volontairement et en laissant l’inspiration se faire d'elle-même - et très vite, on se retrouve dans l’état de conscience qu’elle développe si l’on y est attentif. C’est tout et c’est immense : tout le b.a. ba de la méditation se trouve dans cette simple pratique-là. ■

A MÉDITER :

« Quand j’inspire, je sais que j’inspire, quand j’expire, je sais que j’expire. » Le Bouddha

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Sources : Marc de Smedt pour Nouvelles Clés (2010) 


samedi 19 septembre 2020

Une particule d'humanité avec Edgar Morin



La crise nous sépare-t-elle avec les gestes barrières et la distanciation physique qu'elle implique ? Ou au contraire ne crée-t-elle pas de nouvelles solidarités, et une communauté de destin ?

La communauté de destin a commencé en 1945 avec la menace nucléaire sur l'humanité, puis s'est approfondie et élargie avec la menace écologique sur toute la vie terrestre en 1972, puis avec les problèmes et périls communs créés par la mondialisation en 1990 et à nouveau révélée par la grande crise de 2020. La distanciation physique et les masques sont des problèmes secondaires, parce que temporaires. Nos mœurs bien enracinées ne peuvent intérioriser leurs contraintes ; nous n'avons pas une culture japonaise fondée sur la distanciation. 

La crise semble cliver les générations, susciter de la méfiance. On va parler de « génération sacrifiée » pour les jeunes, les personnes âgées ne peuvent plus voir leurs petits-enfants. N'est-ce pas un déclin pour notre humanité ?
Le clivage entre générations chez les uns est une nouvelle union chez les autres. Bien des vieux oublient qu'ils ont été jeunes et bien des jeunes n'imaginent pas qu'ils deviendront vieux. La crise a réveillé les solidarités endormies, mais de façon provisoire. Il me semble évident que nous devrions retrouver des convivialités et ralentir. Mais nous subissons d'énormes pressions des forces qui ont pris les commandes dans notre civilisation et qui nous en empêchent.

Les nouvelles technologies, qui ont pris une place prépondérante dans nos vies, sont-elles porteuses de lien ? Ont-elles même régénéré le lien, ou au contraire créent-elles une nouvelle distance ?
Elles sont ambivalentes, elles libèrent et elles aliènent. Toutes les technologies sont ambivalentes, depuis la première, qui a créé l'outil en même temps que l'arme, puis les machines, qui ont asservi les énergies au bénéfice des humains, puis asservi les humains dans le travail industriel. Prenez le télétravail, il est ambivalent lui aussi : il permet de travailler en restant chez soi avec les siens, et en même temps il isole en supprimant les convivialités avec les collègues.

La mondialisation est-elle antinomique du commun ? Vous dites qu'elle crée des interdépendances sans créer de solidarité...
La mondialisation a été un phénomène d'occidentalisation purement techno-économique, animé par le profit. Elle a suscité des résistances culturelles à cette occidentalisation ; aussi la pandémie, au lieu de créer un vaste mouvement de solidarité planétaire, a au contraire amené les États à se refermer sur eux-mêmes. Une époque régressive mondiale s'opère depuis quelques décennies, avec partout une crise des démocraties, l'hégémonie des puissances économiques, des poussées de fanatismes nationalistes ou religieux, des guerres locales avec des interventions internationales. Tout cela continue et tend à s'aggraver. Mais le pire n'est pas sûr, parce que l'avenir est incertain. Cette crise est unique par son caractère multidimensionnel qui affecte tous les aspects de la vie humaine, de l'individuel au planétaire.

Vous dites que la crise met en intensité la crise de l'humanité, qui ne parvient pas à se constituer en humanité. Qu'entendez-vous par là ?
L'humanité reste dispersée, compartimentée et n'arrive pas à devenir une réalité collective dotée d'une conscience et d'institutions communes. Les angoisses suscitées par un présent précaire comme par un futur incertain et inquiétant referment les esprits sur la nation ou l'ethnie, qui donnent la sécurité, la religion, qui donne l'espoir au lieu de réveiller le sentiment d'appartenance à la communauté de destin de l'humanité.

La crise peut-elle obliger les entreprises à privilégier la quête de sens, la résilience, ou les obliger à renoncer à une forme de croissance excessive ?
Certaines entreprises, notamment celles de l'économie sociale et solidaire, ne sont pas vouées à la recherche exclusive du profit. Il s'est créé quelques entreprises citoyennes ou « à mission », mais cela reste minoritaire. La remise en question du dogme de la croissance à l'infini, qui produit et aggrave le désastre écologique, nécessite une politique nationale qui détermine ce qui doit croître et ce qui doit décroître.


Tout au long de votre carrière, vous avez cherché à rapprocher le monde de la science de la société. Permettez-moi de citer des scientifiques pour parler de la crise. Nous renverra-t-elle vers la thèse de l'anatomiste Cuvier : on recommence comme avant ? Vers celle du naturaliste Lamarck : on s'adapte avec les mêmes solutions au nouvel environnement ? Ou encore celle du paléontologue Darwin, qui prônait l'adaptation aux variations de l'environnement ?
La crise nous pousse à retrouver une pensée cohérente et articulée, comme le fut celle de Marx, qui avait fait un diagnostic de notre siècle et proposait une voie nouvelle, mais insuffisante désormais dans sa conception de l'homme, de l'Histoire et du monde. Il s'agit de s'adapter au réel pour l'adapter à nous. Le réalisme n'est pas de s'adapter au présent, lequel est travaillé par des forces de transformation. C'est aussi de reconnaître les jeux de forces antagonistes dans un monde en mouvement et de travailler pour les forces d'union et de solidarité.

Vous parlez de « nouvelle voie » et pas de « nouvelle vie » ? Pourquoi ? Et que cela recouvre-t-il ?
La notion de voie s'oppose à la notion rigide de programme et à la notion statique de modèle de société alors que tout est en évolution. Il n'y a pas de but final à atteindre, mais un cheminement à aménager. La nouvelle voie est au service d'une nouvelle vie.

Cette crise va-t-elle permettre la reconnexion avec la nature, et notre nature ? Et mettre fin au dualisme nature/culture ?
La disjonction nature/culture, fortement implantée dans notre civilisation, mettra encore beaucoup de temps avant de régresser vraiment. Il faut pour la dépasser reconnaître la complexité humaine, qui est trinitaire : individu/société/espèce. Ce sont trois termes interdépendants qui s'entre-coproduisent. L'espèce produit l'individu, et un couple d'individus reproduit l'espèce, les individus produisent la société, qui, en leur apportant langage et culture, produit l'individualité humaine. Je vous renvoie à mon livre l'Humanité de l'humanité.

Certains disent que la révolution écologique sera spirituelle ou ne sera pas. Qu'en pensez-vous ?
Elle a besoin d'une réforme des esprits, et d'abord d'une prise en considération de notre réalité humaine, qui est biologique et animale. Nous sommes des primates, des mammifères, des vertébrés, des polycellulaires. Et en même temps, notre humanité est métabiologique, culturelle et spirituelle. Il lui faut comprendre que nous avons bien plus besoin de la nature que la nature a besoin de nous. Elle a besoin que nous ressentions des liens aimants avec non seulement nos animaux familiers, mais le monde animal et végétal. Elle a besoin de nos émotions poétiques devant les mers, les montagnes, les vols d'oies sauvages, la majestueuse sérénité des grands arbres. Nous ne devons jamais oublier que nous sommes des vivants au sein d'un monde vivant. Nous devons comprendre que les écosystèmes et la biosphère qui englobent les écosystèmes sont des merveilles d'auto-organisation spontanée et autorégulée.

« Que puis-je croire, que puis-je espérer ? » est l'une de vos phrases de prédilection, que répondez-vous ?

Je crois à la vérité de l'amour et à tout ce qui unit, contre tout ce qui divise et détruit. Autrement dit, je prends le parti d'Éros contre son ennemi permanent, Thanatos.

Votre âge, avec l'approche de la mort, vous donne-t-il une vision particulière de ce qui se passe aujourd'hui ? Comment le vivez-vous ?
Je sais que tout étant un tout, pour moi, je suis une particule éphémère d'humanité. Je n'ai pas cessé de ressentir mon appartenance à l'aventure humaine, dont on ne sait où elle va. L'amour et la curiosité refoulent très souvent en moi les angoisses de mort.

Cette période vous fait-elle changer votre rapport à la religion ? Croyez-vous en Dieu, ou, à tout le moins, à une forme de transcendance ?
Je crois de plus en plus au Mystère, qui non seulement nous enveloppe mais est en nous. L'essentiel est invisible et inconcevable. Ce point de vue ne peut que se rapprocher - sans s'y identifier - de la théologie négative ou de la mystique d'un Maître Eckhart (théologien et dominicain allemand, 1260-1328, ndlr), pour qui Dieu est indicible et inconcevable.

Que dirait Héraclite, l'un de vos philosophes préférés ?
La même chose : « Concorde et discorde sont père et mère de toutes choses. » Ou bien : « Éveillés, ils dorment », et évidemment : « Panta rhei », toutes les choses passent.


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jeudi 17 septembre 2020

Quand les eaux furent changées (Conte soufi)

 


En des temps très anciens, Khidr, le maître de Moïse, avertit les humains qu’un jour prochain l’eau de la Terre disparaîtrait, hormis celle qui aurait été mise en réserve : elle serait remplacée par une eau différente qui rendrait les hommes fous.

  Seul un homme l’entendit. Il recueillit de l’eau en grande quantité et la conserva en lieu sûr. Puis il reprit le cours normal de sa vie en attendant le jour où l’eau de la Terre changerait de nature.

À la date fixée, les rivières cessèrent de couler, les puits se tarirent, et l’homme qui avait écouté, voyant cela arriver, gagna sa retraite et but l’eau qu’il avait recueillie. Quand il vit, de son refuge, les torrents se remettre à couler, il revint parmi les hommes, et constata qu’ils pensaient et parlaient désormais d’une façon tout à fait différente et ne gardaient aucun souvenir de ce qui s’était passé, ni de l’avertissement qu’ils avaient reçu.

Quand il voulut leur dire ce qu’il savait, ils le crurent fou. Il était en butte à l’hostilité des uns ; à d’autres, il inspirait de la compassion ; il ne pouvait se faire comprendre de personne.

Il ne but pas une goutte de leur eau : chaque jour il retournait à sa cachette et puisait dans ses réserves.

Puis il finit par se dire qu’il ferait mieux de boire l’eau nouvelle : il ne pouvait plus supporter l’impression de solitude qu’il ressentait à vivre, se comporter, penser différemment de tous les autres.

  Il but de l’eau nouvelle, devint semblable à eux, oublia tout de sa réserve d’eau originelle.

 Ses frères humains le regardèrent alors comme un fou qui aurait miraculeusement recouvré la raison.


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mercredi 16 septembre 2020

Un ami spirituel...

ON N’EN VEUT JAMAIS A SON AMI SPIRITUEL QUE D’ETRE SON AMI SPIRITUEL

Alors que comme souvent il méditait sur la relation à son Ami spirituel, quelque chose lui était apparu avec un parfum d’évidence : il n’en avait jamais voulu à son ami spirituel que d’être cela, précisément, son ami spirituel, et en tant que tel le miroir de son moi affolé.
Comme tous les élèves de tous les temps et sous toutes les latitudes, il s’était parfois senti incompris, injustement traité, avait piétiné dans son incompréhension, parfois sa rage et le déchirement que ces émotions suscitaient en lui.
L’évidence qui lui était apparue en examinant des décennies de relation (non interrompues par la mort physique de l’Ami spirituel) pouvait se formuler ainsi : il n’en avait jamais voulu à son Ami spirituel que d’être ce qu’il était : un miroir du réel ; non du réel « en général » mais du réel le concernant lui, autrement dit de sa réalité ; un projecteur braqué sur ce qui en lui (« moi ») était « en trop », ce qui relevait du « masque », du « faux », de l’ego du mental ; ce qui était donc appelé à disparaître. Il ne lui en avait jamais voulu que d’être, précisément, un Ami spirituel, son Ami spirituel, le révélateur, non seulement de sa vérité intrinsèque mais surtout de la fausseté recouvrant cette vérité ; laquelle vérité ne saurait se révéler tant qu’elle demeurait recouverte.
Il ne lui en avait jamais voulu que d’être cet irritant, que d’incarner cette fonction, la fonction qu’il lui avait pourtant demandé d’exercer à son égard. Il ne lui en avait jamais voulu que de jouer sans faillir et avec constance le rôle que, dans son inconscience mêlée d’innocence, il l’avait spécifiquement prié de jouer pour lui.

Au fur et à mesure que son engagement sur la voie avait mûri, l’Ami spirituel était devenu un mur contre lequel venaient buter, parfois se fracasser brutalement, chacune de ses prétentions, chacun de ses faux semblants, chacun de ses mensonges, chaque morceau de sa carapace. Au fur et à mesure que son cheminement se poursuivait, l’Ami spirituel était devenu un miroir grossissant en lequel lui étaient impitoyablement reflétées chacune de ses gesticulations, de ses postures, de ses attitudes, de ses stratégies d’évitement de sa propre dignité.
Il avait réalisé que l’Ami spirituel n’y pouvait rien, que cela n’avait rien de personnel, que la plupart du temps sans doute il ne le décidait pas, que parfois même cela devait se faire à son insu. En tant que serviteur du réel, d’instrument consacré, il n’avait pas le choix. Cela se faisait parce que cela devait se faire, à travers lui, libre ensuite à l’élève de l’accueillir ou de se crisper encore davantage et donc de prolonger ses souffrances.
Il avait réalisé que tout Ami spirituel authentique, ne pouvait qu’être facteur de souffrance pour l’élève, ou plutôt pour ce qui en l’élève refuse encore de rendre les armes. Que c’était ainsi et que cela serait toujours ainsi.

Et dans le même temps, il avait réalisé l’erreur fondamentale consistant à recycler ce processus dans une histoire linéaire, à tenter de le faire rentrer dans une boîte psycho-relationnelle , à réduire ce grand jeu à de petites anecdotes. Il avait réalisé que les raisons rationnelles et historiques qu’il pouvait nourrir d’en vouloir à son Ami spirituel n’étaient que des prétextes, des trompe l’œil, des leurres détournant son attention de ce qui se jouait réellement.
En tant qu’être humain, son Ami spirituel était il infaillible, dépourvu de toute aspérité, était-il toujours à l’abri de la moindre maladresse, d’un éventuel malentendu, d’une possible erreur d’interprétation ou de compréhension des informations qui lui étaient communiquées ? Sans doute pas. Et cependant, là n’était pas, là n’avait jamais été, là ne serait jamais la question. Et s’il y avait malentendu, c’était bien là qu’il se situait.

Son Ami spirituel était-il, oui ou non, un serviteur, un être humain certes humain mais dont l’humanité était consacrée au Plus Grand ? Oui, « consacrée » et « au service », pas seulement porteuse et témoin d’une expérience d’ « éveil » ?
Était-il un serviteur intègre du « réveil » de chacun dans la texture du quotidien endormi ?
Si oui, l’histoire de leur relation avec ses hauts, ses bas, ses mouvements et fluctuations n’était elle même lisible et intelligible qu’à la lumière de cette consécration, de leur consécration mutuelle : celle de l’Ami, non changeante, et la sienne , vacillante et résistante, toutes deux vouées à se fondre.

Oui, il avait réalisé qu’il n’en avait jamais voulu à son Ami que de ses propres résistances et que le piège diabolique consistait à se focaliser sur l’histoire d’une longue relation entre deux individus différents plutôt que sur le contexte essentiel et universel hors duquel la rencontre de ces deux individus perdait son sens et son fondement.
Il n’en avait jamais voulu à son Ami spirituel que de persister à lui pointer, directement ou indirectement, ce qui voilait sa liberté, la liberté de la personne qu’il était à se muer en parfait serviteur.
« L’esclavage complet est la liberté parfaite ».
Tant que subsisterait en cette forme un iota de faux, un morceau de masque, une miette de prétention, un semblant de posture, l’Ami spirituel serait là d’une manière ou d’une autre pour le lui pointer. Et sa souffrance serait à l’exacte mesure de sa résistance. Elle durerait autant que son incapacité à se rendre à ce qui lui était demandé, conformément à ce qu il avait prétendu demander.
Il avait réalisé cela, que pourtant il « savait », qu’on lui avait dit et que lui même avait sans doute pu dire. Et il avait remercié son Ami spirituel de s’être lui même rendu ; et il l’avait prié de bien vouloir continuer, sachant qu’il le ferait, selon l’ordre des choses.


Gilles Farcet

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Le changement du singe...

 

...symboliquement, le singe, dans la pensée orientale, est associé à nos innombrables pensées vagabondes. Il est l'archétype d'un mental non contrôlé. Le mental n'a-t-il pas un rôle de discrimination, de délimitation (symbolisé par le métal), d'étiquetage constant de notre lecture de la réalité?
Certaines études ont estimé que nous "sécrétons" chacun environ 70000 pensées par jour, dont plus de 60% sont des pensées négatives. On peut imaginer le résultat que cela engendre dans nos vies, si une telle propension n'est ni vue ni modifiée d'une manière ou d'une autre.
...

Ici, deux solutions. Soit on implémente une interprétation "positive" d'un événement habituellement taxé négativement, soit, mieux encore dans une perspective spirituelle, on essaye de ne pas interpréter ni catégoriser et de laisser la réalité être ce qu'elle est.
Evidemment, nous n'allons pas domestiquer notre singe fou une fois pour toute. Mais nous pouvons d'une part en prendre conscience, et décider, comme premier simple pas, de sélectionner un domaine particulier dans lequel nous interprétons souvent les choses de manière négative, pour essayer autre chose.
Par exemple, si quand vous cassez un verre, votre premier réflexe mental est de vous dire "putain je suis tellement maladroit(e)", essayez donc: "oh! comme la structure du verre est belle et complexe quand on le voit morcelé comme ça!". Je vous laisse inventer vos exemples opératifs, mais essayez de voir au moins un de vos fonctionnement à l'oeuvre et de le modifier. Tout commence toujours par un premier pas.
Bonne pratique!
Fabrice

mardi 15 septembre 2020

L'Esprit Bouddha


Voici un livre qui nous donne le goût d'entrer dans la vérité du Bouddhisme...

 


Un moine demanda : « Maître, mon esprit est malade, je vous prie de bien vouloir le guérir. » Le maître répondit : « Apporte-moi ton esprit, et je le guérirai sans faute ! » « J’ai beau chercher partout, je ne le trouve pas... » « Voilà, ton esprit est déjà guéri ! »

« Le véritable esprit, c’est le non-esprit », dit un autre maître de méditation. « Absence d’esprit », aussi bien, qualifie mieux l’esprit, du fait de son omniprésence invisible, de son insaisissabilité.

L’esprit n’étant pas un objet, il ne saurait être purifié. Il resplendit depuis toujours. Où, quand, comment ? C’est quand on arrête tout qu’on le trouve.

Le Sûtra de l’Éveil parfait précise : « Ce n’est pas l’éveil qui s’oppose et résiste à ceux qui pourraient y accéder, mais l’existence d’un acteur susceptible d’y accéder qui empêche l’entrée dans l’éveil. »
Autrement dit, c’est le moi qui fait obstacle.

Source : L'esprit Bouddha 
de Antoine Marcel 
chez Accarias L'Originel

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lundi 14 septembre 2020

Simplement conscient


Une méditation avec Mooji :
Simplement Etre


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dimanche 13 septembre 2020

Une belle journée !

 Vous vous souvenez peut-être de ce matin-là : il fait frais, juste comme il faut, avec une petite brise qui s’élève de la vallée. Vous avez encore quelques courbatures de la veille qui vont très vite disparaître, rien de grave. Marcher, quelle joie ! Dans les Alpes, dans les Carpates ou sur le chemin de Compostelle, votre sac à dos bien calé, vos pieds bien à l’aise dans vos chaussures, la journée s’étend devant vous pleine de promesses de liberté et de merveilleux paysages. Vous échangez des regards joyeux avec vos collègues marcheurs. Allons-y, ne perdons pas de temps, le soleil réchauffe déjà la forêt, un doux parfum monte de la terre... Comme vous avez bien fait de venir !


L'ÉPREUVE DE LA MARCHE

En marche ! Premiers pas, c’est un matin de rêve, entouré de personnes merveilleuses, dans le plus bel endroit du monde.

Et on marche, et on marche, et on marche... Bien sûr, tout est grandiose, mais justement voilà, comment dire, un peu grand. On dirait que le col, ou le croisement des chemins, ou la sortie de la forêt, se font un peu attendre. C’est drôle, le sac n’était pas si lourd ce matin. C’est un sac tout à fait spécialisé, acheté dans un magasin spécialisé et pourtant les bretelles vous scient les épaules, vous allez avoir d’énormes bleus ce soir. Mais ce n’est rien comparé à vos pieds. Le talon droit est une mini-fournaise, et la chaussure gauche rétrécit d’instant en instant.

Et on marche... depuis combien d’heures ? Vous regardez autour : rien que de l’espace et des cailloux, absolument rien à l’horizon. Ah si, des nuages, de gros nuages noirs qui semblent foncer sur vous. Il ne va pas, en plus... ? Mais si ! Les premières gouttes s’écrasent sur votre front, puis c’est le déluge, grosses gouttes de pluie dures comme de la grêle, vous êtes trempé, pourtant vous aviez tout le matériel spécialisé dans votre sac. On marche...Vous en avez assez, il est temps que cesse cette plaisanterie. Vous voulez vous asseoir juste là et qu’on vous apporte une boisson chaude. Malheureusement vous êtes très exactement au milieu de nulle part, et il faut marcher. Vous grimacez chaque fois que vous posez un pied par terre, votre dos n’en peut plus. Enfin ! Au loin, l’ombre d’un abri, une promesse de repos. Vous vous traînez jusqu’à l’entrée, tant pis s’il n’y a pas de douche, tant pis si vous devez partager la chambre, ce que vous voulez, c’est vous arrêter.

UN ESPACE DE PAIX EN SOI-MÊME

Et puis... sac posé, chaussures enlevées, quelques litres de thé avalé, vous sentez monter en vous une chaleur, un sentiment, comment dire, de satisfaction, presque de fierté. Vous l’avez fait, vous êtes allé au bout, et même un peu plus loin, et voilà : vous êtes détendu, vous avez l’impression de refaire connaissance avec vous-même, d’avoir trouvé cet espace de paix à l’intérieur qui vous avait toujours échappé.

Souriant intérieurement a ces souvenirs, je les regarde, ces compagnons chercheurs, pèlerins de l’absolu qui m’entourent dans la salle de méditation : s’engager sur un chemin spirituel demande de partir avec joie et énergie, mais le chemin est ardu, le découragement nous guette parfois, on a envie de s’arrêter, de faire demi-tour. Tout semble aride, loin de nos consolations habituelles. Mais lorsqu’on continue, quelle joie ! Arriver dans cet endroit plus grand que nous-même, être libre et léger, sourire à ceux qui nous ont accompagné : la confiance nous emplit. Demain, on reviendra méditer sur son coussin, on s’ouvrira à nouveau au silence ; demain on continuera sur le chemin, demain la journée sera belle, ensemble.... 

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vendredi 11 septembre 2020

Retour à la Source

 


"Aujourd'hui, l'intéressant et le curieux priment le vrai ; l'étrange et l'émouvant priment le vrai. On s'intéresse à des doctrines qu'on n'adopte pas ; on admire des exemples qu'on ne suit pas."
René Daumal

De la même manière, aujourd'hui, les sauts à l'élastique des peak experiences de conscience priment l'intime, le subtil, la patience et le temps. La multiplicité des expériences prime l'engagement et la profondeur.
Le sommet prime le val.
Mais l'Eau, renaissance et métamorphose, nous attend en bas, dans l'interstice, patiente et bienveillante.
Et tous les matins se fait rosée, nous transportant, par un retournement fondamental, jusqu'à la canopée.

Fabrice Jordan

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Focalisation ou vue de haut



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jeudi 10 septembre 2020

Baiser masqué

 

Faudra-t-il ne s’aimer que de chair pour pouvoir s’embrasser ?
Laisserons-nous cette peur irraisonnée nous interdire de recevoir un baiser ?
Consentirons-nous encore et encore à laisser nos aînés partir seuls sans les avoir enlacés ?
Oserons-nous longtemps n’offrir à nos tout petits que des visages masqués ?
Oublierons-nous à tout jamais le plaisir de laisser nos corps se frôler et nos mains se serrer ?
Et pourquoi ?
Par peur d’une mort que nous faisons tout pour occulter ?
Mais c’est une mort lente que nous programmons là, la mort de la fraternité humaine, la mort des relations tendres et respectueuses qui constituent le bonheur simple et essentiel de la vie, le renoncement à la capacité que nous avons de nous protéger et de nous auto-guérir grâce entre autres, à la joie et à l’affection que nous partageons, à la liberté qui nous fait rêver et créer, à l’amour sans lequel la vie à laquelle nous nous cramponnons n’a aucun sens ...

Elisabeth Kuhn

Robert Delaunay 1885-1941
Le baiser 1922

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Un magnifique témoin du passé...

La disparition progressive de la libellule est un indicateur de la dégradation de notre environnement.



 Une vidéo de transformation... (pour l'instant, je dirai que les hommes sont encore des larves).
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