dimanche 28 avril 2024
Routes spirituelles
samedi 27 avril 2024
Peut-on (vraiment) lâcher prise ?
par Violaine Gelly, psychopraticienne
Cliché du développement personnel, le lâcher-prise serait devenu la solution à toutes nos ruminations, toutes nos angoisses. Mais encore faut-il savoir ce que nous aimerions lâcher. Et d'ailleurs, sommes-nous si sûrs de notre prise ?
Renoncer à notre toute-puissance, une gageure ?
Lâcher prise, c’est chuter du piédestal des envies, des attentes, des espoirs dont nous estimons légitimement qu’ils devraient tout emporter sur leur passage. Cela nous renvoie illico au fait que nous sommes impuissants, soumis, contraints. Tous ces ressentis qui nous écorchent l’ego en apportant la preuve que nous ne contrôlons pas tout. Remplacez le mot « contrôle » par celui de « pouvoir », et vous admettrez qu’il n’est pas facile d’y renoncer. D’abord parce que le contrôle a d’abord été, pour chacun d’entre nous, une source de joie et de sécurité. C’est ce que la psychanalyse appelle la toute-puissance enfantine. Contrôler le monde qui nous entoure, dans la vulnérabilité absolue des premiers mois, est une épopée de chaque instant : vérifier que le parent accourt dès qu’on a peur, faim ou froid ; découvrir qu’on peut rattraper une balle qu’on nous lance ou cogner deux cubes l’un sur l’autre ; apprendre à tenir en équilibre et réussir à articuler des premiers mots… Voilà des occasions de plaisir et de fierté accentuées par les encouragements et les rires de ceux qui s’occupent de nous. Quelle formidable source de narcissisme que cette faculté d’agir sur notre environnement, et quelle difficulté à la quitter. Bien entendu, en grandissant, nous avons dû renoncer à notre toute-puissance. L’autorité, la morale, la vie en compagnie des autres ont tenté de nous remettre à notre juste place mais, en chacun de nous, sommeille ce petit-enfant pour qui le monde se pliait à ses désirs : « Si je veux, je peux. »
Il nous faudrait donc oublier ce désir – cette illusion – enfantin d’avoir prise sur soi, sur les autres et sur le monde, et admettre, définitivement, que nous n’avons pas systématiquement raison. Raison de vouloir nous accrocher, raison de ne pas lâcher, raison de résister. Certes, la combativité est souvent un moteur. Mais quand cette obstination devient pathologique, qu’elle nous contraint à rester dans des situations professionnelles sans issue, dans des relations conjugales destructrices, qu’elle nous engage à livrer des combats perdus d’avance, à tenter de réparer l’irréparable, qu’elle nous fait dédaigner le bon, le simplement bon ou même le pas mal, pour une perfection inatteignable, nous ne cessons de nous fracasser contre des murs. Bien sûr, cela nourrit de magnifiques portraits littéraires, comme celui du capitaine Achab usant les mers à la recherche de Moby Dick, mais notre vie doit-elle se résumer à courir après des baleines blanches ?
Accepter la réalité pour ce qu’elle est
Nos luttes internes s’inspirent de nos espoirs profonds, de nos attentes vitales, de nos valeurs. Souterrainement, pourtant, elles reposent aussi sur bien des injonctions imposées de l’extérieur par nos parents, nos maîtres, la société, ou générées par notre surmoi, ce gendarme intérieur fort bavard. Pour savoir reconnaître celles-ci et entrer dans ce fameux « lâcher-prise », il peut être utile de faire appel aux philosophes stoïciens. Le premier d’entre eux, Épictète, décrivait la source de cette sagesse passant par « nous occuper de ce qui dépend de nous, et user des autres choses comme elles sont1 ». C’est-à-dire agir sur ce qui dépend de nous, et renoncer à ce qui ne dépend pas de nous. Le philosophe Alexandre Jollien avoue ne pas aimer beaucoup l’expression de lâcher-prise et lui préfère l’idée de « s’abandonner à la vie ». Cet abandon, pour lui, ne s’apparente pas à de la résignation, mais à un véritable engagement dans l’existence. Il ne s’agit plus de vivre au conditionnel, dans les supputations de ce qui aurait pu être ou de ce qui pourrait être mieux, mais de braver nos peurs pour embrasser pleinement la réalité et faire avec ce qui est, même l’imparfait ou le difficile.
Dans tous ses livres, cet adepte du stoïcisme remplace l’idée de « lâcher-prise » par celle de « laisser-passer ». Gravement handicapé de naissance, il raconte : « Mon parcours m’a habitué à la lutte et je ne suis pas très enclin à apprécier avec légèreté le bonheur qui passe. Je m’agrippe, je m’accroche et tout est gâché. Alors, souvent, je me souviens de cette parole d’Épictète qui me guide : “Souviens-toi que tu dois te conduire dans la vie comme dans un festin. Un plat est-il venu jusqu’à toi ? Étendant ta main avec décence, prends-en modestement. Le retire-t-on ? Ne le retiens point. N’est-il point encore venu ? N’étends pas au loin ton désir, mais attends que le plat arrive enfin de ton côté .” » Ne pas s’accrocher, ne pas fuir pour autant, juste être là et accepter la réalité pour ce qu’elle est.
Avoir le courage de regarder nos propres limites
Comme le disait Marc Aurèle, autre grand stoïcien : « Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre3. » Et pour cela, ce sont nos propres limites qu’il faut avoir le courage de regarder. Lâcher-prise, c’est accepter de se voir comme imparfait et ne pas s’en alarmer. Invictus, qui se finit sur ce vers : « Je suis le capitaine de mon âme », aurait été le poème préféré de Nelson Mandela. Certes, mais pas le capitaine de l’océan, pas celui de la tempête, pas celui des autres navires.
Pour rester dans la métaphore nautique, l’enseignant spirituel Arnaud Desjardins, disciple du gourou indien Swami Prajnanpad, comparait la vie avec une descente de torrent en kayak : un enfer pour celui qui lutte, un réel plaisir pour ceux qui jouent avec le torrent. Avec, et non contre. Il ne s’agit pas de lâcher une quelconque « prise », mais d’abandonner le combat et l’anticipation pour accepter la surprise et l’incertitude joyeuse. Les vivre à notre façon et dans notre singularité d’être, c’est exercer le seul contrôle que nous aurons jamais sur notre vie.
Petit Traité de l’abandon, pensées pour accueillir la vie telle qu’elle se propose d’Alexandre Jollien (Points, “Essais”, 2015).
Pensées pour soi de Marc Aurèle (Flammarion, “GF”, 2015).
Invictus, poème de William Ernest Henley.
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(source Psychologies magazine)
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vendredi 26 avril 2024
Respiration au carré
Voici une petite technique de respiration qui peut être efficace
(extrait de l'émission dédiée au sommeil) :
Prenez soin de vous ! Votre sommeil en forme olympique (France 5)
jeudi 25 avril 2024
Mes chers amis,

By Photo Dharma from Sadao, Thailand
L'impermanence conditionne toute notre vie et il est bien de ne jamais la perdre de vue.
L'impermanence est la caractéristique de tout ce que nous pouvons percevoir au travers de nos 5 sens (le vue, l'audition, le toucher, le goût et l'odorat), et de notre mental (pensées, émotions, ressentis...)
Que veut dire impermanent ? Cela caractérise ce qui a un début (et donc n'existe pas depuis toujours) et a une fin (càd qui ne durera pas toujours).
Or nous, les êtres humains ordinaires, (par opposition aux grands maîtres et les êtres réalisés) sommes très sujets à l'attachement. Ce que nous aimons bien, nous y devenons très facilement attachés et nous éprouvons du chagrin, ou de la souffrance quand nous devons nous détacher que ce soit d'objets matériels, de sensations plaisantes (visuelles, auditives, gustatives, tactiles ou olfactives) et encore bien plus quand il s'agit d'êtres vivants animaux ou humains.
Il ne s'agit pas de n'avoir aucun attachement, ce qui serait un leurre bien impossible à atteindre, mais d'être libre de ses attachements, de savoir que l'attachement est illusoire, puisque ce à quoi on s'attache est transitoire, soit cela se terminera avant moi, soit moi je partirai sans l'emporter.
Car bien sûr, moi aussi je suis impermanent, comme toutes les choses mon corps est apparu un jour il est certain qu'il disparaîtra. Mes pensées apparaissent et disparaissent.
En tant qu'être humain ordinaire je suis très identifié à mon corps/mental, ce que j'appelle moi. Qui peut vraiment affirmer qu'il ne croit nullement en l'existence d'un moi ?
Même si théoriquement, il a compris que ce moi ne peut être trouvé nulle part.
La méditation d'hier a été une réflexion sur ce sujet. Nous n'avons pas cultivé le calme mental, mais nous avons réfléchi. Nous sommes finalement revenus à cette pure présence que nous sommes, cette pure présence spacieuse, qui est là d'instant en instant, insaisissable, mais vaste et source d'amour.
Avec ma profonde amitié pour vous tous.
Philippe Fabri
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mercredi 24 avril 2024
mardi 23 avril 2024
Averse de vers
"Je veux une averse d'étoiles sur les villes sales,
des arbres qui dansent dans les pas fatigués des passants,
le tournesol d'une robe jaune sur la grisaille des tristesses,
le souffle pur d'une terre haute,
l'eau glacée d'un torrent éclatant de rire,
des étincelles de nuit faisant battre le cœur des mots pour nettoyer
celui des hommes, un petit matin clair, irrévérencieux, insolent, confiant,
où des fées en espadrilles font le ménage du jour."
Ile Eniger
peinture: Rubaldo Merello 1872-1922 / Ulivi a San Fruttuoso 1915
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lundi 22 avril 2024
Faire la paix avec la mort
FAIRE LA PAIX AVEC LA MORT…
dimanche 21 avril 2024
« La vie est un collier de perles »
Après avoir parlé, la personne victime d’abus peut ressentir un immense soulagement. Enfin, elle a été entendue. Enfin, les faits ont été reconnus. Enfin, la voilà libérée de ce poids si lourd qui pesait sur elle et qui la détruisait depuis de nombreuses années. Mais, en même temps, elle s’est entièrement construite avec et autour et à côté de ce trauma. Si on imagine l’abus comme un obus qui s’est fiché violemment en elle, on se rend compte de l’impact que cela a pu avoir en son psychisme, en son âme, en sa vie. Il suffit de penser aux trous de bombes que l’on observe encore dans nos campagnes. Parler a donc non seulement laissé en elle des éclats bien tranchants, mais a en plus créé un vide, un gouffre ingérable.
Un travail d’orfèvre
Commence alors, pour le patient et son thérapeute, un travail long et douloureux, un travail d’orfèvre. Comme l’expliquait le médecin général et professeur de psychiatrie Louis Crocq, mon maître, il faut que la personne parvienne à faire un « récit autobiographie » de son existence. Ce n’est que lorsque la parole va permettre au trauma d’être intégré à la vie, à l’être même de la personne, que peuvent poindre les bénéfices d’une liberté retrouvée.
Je dis souvent à mes patients que la vie est un collier de perles : « Nous allons les enfiler les unes après les autres. Certaines seront magnifiques, d’autres toutes noires. Celles-ci ne redeviendront jamais blanches, mais elles font partie du collier. Il faut l’accepter. Cela ne veut pas dire accepter l’innommable, mais accepter de vivre malgré et avec l’innommable qu’il y a eu en votre vie. » La personne victime ne parviendra peut-être jamais à donner un sens à son vécu, mais, en prenant son temps, en creusant au plus profond d’elle-même, en acceptant de cheminer sur des sentiers jusqu’alors inconnus, en se détachant du regard des autres, elle rencontrera une source qui l’autorisera tout simplement à vivre.
Isabelle Chartier Siben
source : La Vie
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samedi 20 avril 2024
Embarquement
Il y a des jours où les expressions les plus populaires et les découvertes scientifiques les plus récentes semblent se faire écho.
« Mondialisation oblige, nous sommes tous dans la même galère » et il semblerait que dans la soute de notre navire planétaire, il y ait quelques bombes atomiques ou à retardement.
« Nous sommes embarqués » disait Pascal, mieux « nous sommes intriqués » dirait la physique quantique. Ce n’est pas une question de vouloir, même pas de pulsions, mais d’ondes et de particules.
Savoir cela devrait rendre dérisoires nos avis contraires, nos luttes assidues pour prendre ou garder le pouvoir, pour être le premier ou le dernier à avoir raison. Nos déterminismes se moquent bien de ces « je », de ces « jeux » puérils.
Nous sommes dans la même galère, embarqués, intriqués… et alors ?
Savoir cela suffirait-il pour que nous descendions ensemble dans la cale du navire planétaire, pour désamorcer ce qui est prêt et programmé pour l’explosion ?
Descendre ensemble dans la cale, c’est-à-dire dans notre intériorité, là où nous sommes un, interreliés, intriqués. Là où il n’y a plus d’Iraniens, d’Israéliens, de Palestiniens, de Russes, d’Ukrainiens, de Français, d’Américains… mais seulement l’humanité une, silencieuse et blessée… Là où il n’y a plus de veaux, de vaches et de cochons mais des animaux malades de la peste, avides de guérison plutôt que d’extinction….
Est-ce possible ?
Vœu désuet, vaste utopie ou expérience simple et triviale :
Le chat et la souris, dans leur faim de survivre, ne savourent-ils pas le même fromage ?
Mais où est la faim, où est le fromage ?
Ne demandez pas à la vie : « Où es-tu ? ».
Elle est là, je suis là, tu es là, nous sommes là…
Allons-y !
Jean-Yves Leloup, Avril 2024
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vendredi 19 avril 2024
Performance ou robustesse
Je vous conseille l'écoute de l'interview d'un français sur une chaîne belge et qui parle de pause café !
Olivier Hamant propose plutôt de passer de l’abondance matérielle à l’abondance relationnelle.
Si vous n'arrivez pas à écouter l'audio, vous pouvez la trouver ici.
jeudi 18 avril 2024
lignes flottantes
mercredi 17 avril 2024
Ecole de la souplesse
L’école du saule (par Cécile Bolly)
Il était une fois, il y a très longtemps, dans un pays très loin d'ici, un homme qui marchait. Il marchait parfois vite, parfois lentement, sous le soleil ou dans le vent. Il quittait la Chine, où il venait d'apprendre les arts martiaux, et rentrait chez lui. En chemin, il pensait à la technique qu'on lui avait enseignée. Il sentait qu’il y avait sans doute quelque chose à associer à cette technique ; quelque chose de plus intérieur, une réflexion philosophique, peut-être, ou un fondement spirituel. Quelle est, se demandait-il, la force qu’il faut opposer à la force pour la combattre ? Se retirant longuement dans un temple zen afin d'y méditer, il se promène un jour dans le grand jardin alors qu'il y neige abondamment. Son attention est subitement attirée par le bruit d’une branche de cerisier qui casse sous la neige malgré sa robustesse. Un peu plus loin, alors qu'il s'approche d’un saule, il voit la neige glisser silencieusement à terre et la branche pourtant fragile du saule se relever, indemne. À ce moment-là, son esprit s'éclaire, son âme s’éveille. Il comprend que ce n’est pas la force qu'il faut opposer à la force, mais bien la souplesse ; que ce n’est pas la lance qu’il faut opposer à la lance, mais bien la main vide et le cœur pacifié. Depuis lors, on attribue à ce médecin japonais, Shirobei Akiyama, la création de l'école du saule, Yoshin-ryu, qui a donné naissance au judo et au ju-jitsu. Cette école du saule, ou plus précisément cette école de l’esprit du saule, est ma préférée ! Que ce soit dans mon travail de médecin, dans celui de vannière ou à d’autres moments encore, je me sens avant tout dans la recherche du geste juste.
Le saule est un des arbres qui permet de faire de la vannerie. Les branches de saule une fois coupées deviennent des brins d’osier, que des mains tissent pour réaliser un panier. La beauté de celui-ci dépend de la qualité de chaque geste effectué, qui n’est pas seulement un geste technique, mais une trace de l’interdépendance entre différentes formes du vivant. Au moment de l’imaginer ou même de le créer, nul ne sait ce que ce panier pourra contenir. Dans mon travail de médecin et de psychothérapeute, la recherche du geste juste est tout aussi importante. Pour moi, elle se manifeste avant tout dans la qualité de l’écoute que je peux offrir à l’autre. Qu’est-ce qu’écouter, si ce n’est offrir un contenant, être contenant, afin que ce moment de rencontre puisse accompagner, relier, soutenir, contenir, protéger parfois.
Plus largement, quels que soient notre place, notre rôle, notre fonction, l’école de l’esprit du saule nous apprend donc la souplesse, la disponibilité, l’attention à tout être vivant. Elle nous rend ainsi capables de tisser des liens solides et porteurs de sens, des liens qui libèrent.
Extrait du livre "La puissance des liens" de Ilios Kotsou, Caroline Lesire, Christophe André, Abdennour Bidar, Fabienne Brugère, Rébecca Shankland, Matthieu Ricard
mardi 16 avril 2024
L'autre peut me nourrir...
Il est extrêmement rare de rencontrer quelqu’un, qu’on voie beaucoup de monde ou qu’on soit ce qu’on appelle un solitaire. La plupart des gens rendent très difficile de les rencontrer parce qu’ils ne sont pas vraiment dans leur parole ou parce qu’ils sont sans âme. Je fais toujours à l’autre le crédit de la nouveauté incroyable de son existence, mais ce crédit va s’user si l’autre a gâché cette merveille-là pour devenir comme tout le monde. Comment parler avec personne ? C’est impossible.
Parfois le désir de partager est si fort que je vais quand même tenter ma chance mais souvent en vain. Les opinions ne m’intéressent pas. Ce qui me touche, c’est quand l’autre met tout le poids de sa vie dans la balance des mots et que sa pensée s’appuie sur ça. Pour ma part, j’ai parfois l’impression d’être totalement incapable d’aimer, et en même temps d’aimer plus que personne. Je vois très peu de monde, mais je peux être indéfiniment avec l’autre quand il est là. Quand je suis né, on m’a proposé le menu du monde, et il n’y avait rien de comestible. Mais quand l’autre est vraiment avec moi, je peux manger : je bois une gorgée d’air, je mange une cuillerée de lumière.
~ Christian Bobin
La lumière du monde
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