lundi 17 janvier 2022

Connaissance spirituelle

 


Dès qu’il y a une attente, dès qu’il y a une volonté, que ce soit de ne pas souffrir ou d’obtenir quelque chose, il y a tension. Nous avons déjà à voir notre attente, notre volonté de faire quelque chose. Au fond de nous, nous aspirons au relâchement. Le corps ne demande que cela et c’est pour cette raison qu’il est si précieux dans la démarche. Il a le sens immédiat de ce relâchement parce qu’il le recherche instinctivement. 

Dans la connaissance spirituelle, il n’y a pas un « moi » qui connaît quelque chose. C’est la totalité de notre être qui connaît. La connaissance n’est pas duelle mais découle de l’unité : la scission entre le connu et le connaisseur s’est dissoute. C’est déroutant, particulièrement en Occident, où nous sommes conditionnés par l’idée qu’il faut un connaisseur pour connaître quelque chose : « je vais en savoir plus sur moi puis j’en saurai plus sur le Soi ». Le « moi » se croit au centre et veut accéder à un savoir. D’ailleurs, le « moi » veut tout le temps quelque chose, que ce soit une méditation réussie ou l’évitement d’une situation désagréable. Mais ici, le « moi » personnel doit s’effacer, la pensée doit se taire, pour que la connaissance spirituelle puisse advenir. 

"Dans la connaissance spirituelle, il n’y a pas un «moi» qui connaît quelque chose. C’est la totalité de notre être qui connaît."


Christophe Massin est médecin psychiatre et psychothérapeute. Il s’inspire dans sa pratique psychothérapeutique de l’enseignement du maître indien Swami Prajnânpad qu’il a découvert et pratiqué auprès de Arnaud Desjardins. Il a écrit entre autres : Swâmi Prajnânpad et les lyings (Table ronde, 2000) ;  Réussir sans se détruire (Albin Michel, 2001) ; Souffrir ou aimer. Transformer l’émotion (Odile Jacob, 2013) ; Une vie en confiance (Odile Jacob, 2016). 


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dimanche 16 janvier 2022

Pourquoi pratiquer zazen ?


Pour une seule raison, une raison qui n'est pas raisonnable : l'éveil de l'homme à sa vraie nature d'être humain.


Le maître zen Shohaku Okumura nous invite à laisser se révéler notre être-nu (1)

Graf Dürckheim parle de notre être essentiel.

Qu'est-ce que c'est -ça- que vous appelez notre être essentiel ? Lorsque je lui pose cette question, le Vieux Sage de la Forêt Noire me dit "Vous ne pouvez pas poser cette question, parce que ce que je désigne comme étant notre être essentiel n'est pas un - ça -, n'est pas quelque chose qui pourrait être défini et classé dans les catégories de la raison. Mais, paradoxalement, chaque personne, au cours de son existence, peut faire l'expérience de sa vraie nature, l'expérience de sa propre essence".

C'est quoi cette expérience ?

"C'est l'expérience d'une qualité qui se présente à travers la sensation".

Il s'agit de l'expérience révélatrice ou de la révélation expérimentale d'un ensemble de valeurs de l'être parmi lesquelles celle qui semble manquer le plus à l'homme contemporain : le calme intérieur.

C'est peut-être la nostalgie de cette manière d'être au monde qui fait que le mot méditation fait aujourd'hui sauter l'audimat ?

Méditation bouddhiste, méditation chrétienne, méditation laïque, méditation Vipassana, méditation

Taoïste ... laquelle choisir ? À chacun de décider. Mais il est sans doute important de savoir que la pratique appelée zazen n'a rien à voir avec ces multiples propositions qui ne font qu'opposer les tenants de l'une aux partisans de l'autre.


Zazen est la pratique méditative SANS objet, SANS but. Lorsque je demande Graf Dürckheim s'il peut me donner une bonne raison pour pratiquer zazen chaque jour, il répond : "Pourquoi pratiquer zazen chaque jour ? Pour une seule raison ... parce que c'est l'heure".

Bien qu'elle ne soit pas encourageante cette réponse est capitale. D'autant plus que aujourd'hui, les animateurs d'une méditation dite moderne (?) proposent à leurs adeptes une liste qui rassemble cent (100) bienfaits alléchants.

Sans ou cent ! Malgré la prononciation à l'identique il ne faudrait pas confondre la préposition qui marque l'absence avec l'adjectif numéral qui présume le beaucoup. "Dès que l'on commence à promettre à ceux qui font un exercice la santé ou le succès dans la vie, cela n'a plus rien à faire avec l'exercice appelé zazen" (K.G. Dürckheim).

Au début de son séjour au Japon (1937-1947) Graf Dürckheim pratiquait régulièrement zazen à côté d'un moine zen d'un certain âge.

- Puis-je vous demander en quoi consiste votre exercice après plus de quarante années de pratique ?

Réponse du vieil homme : - C'est difficile ... j'essaie d'arriver à ce point où je sens que le souffle va et vient de lui-même et ... lorsque j'y arrive, c'est vraiment étonnant ... tout en moi se calme !

Réponse qui témoigne que pratiquer sans but n'est pas sans effets.

Ce moine, me disait Graf Dürckheim, pratiquait fidèlement l'exercice proposé par le Bouddha historique il y a plus de vingt-cinq siècles ; exercice qui en Pali (2) est désigné par l'expression :

AñaPañaSati

AñaPaña ? Ce n'est pas quelque chose : la respiration. C'est cette action vitale qui n'est pas quelque chose. Ce n'est pas un exercice respiratoire inventé par l’homme ; c'est pour le maître zen Hirano Roshi la signature de la Vie. La Vie qui n'est pas quelque chose mais le PASSAGE de JeInspire à

JeExpire (en un mot parce qu'il n'y a ni distance ni écart de temps entre le sujet et le verbe).

Sati ? Il est peut-être important de commencer par dire ce que ce n'est pas. Sati n'est ni la conscience DE quelque chose, ni la concentration sur un objet, ni la méditation au sens d'une pratique mentale qui s'appuie sur la pensée, ni l'engagement de ce qu'on appelle l'esprit lorsque ce processus est opposé à ce qu'on appelle le corps.

Sati indique une attitude d'accueil, l'action de contempler (c'est-à-dire de voir, d'entendre, de sentir, d'être en contact avec ce qui est vu, entendu, senti, contacté ... sans examen de ce qui est vu, entendu, senti, contacté).

Sati, c'est l'approche sensorielle du réel. Une approche pré-mentale du réel à travers la conscience SANS de. C'est la conscience qui est à l'origine, au commencement de notre existence.


Le Zen vous intéresse ? Dans ce cas vous devez savoir que vous allez être confronté à une équation radicale ; dans la langue japonaise : sanzen = zazen!

Ce qui signifie que "Chercher à comprendre profondément le Zen n'est rien d'autre que pratiquer zazen" (Dogen).

Exigence d'autant plus difficile que, lorsque l'homme occidental approche les pratiques, les usages, les préceptes, les directives, les exercices propres aux traditions de l'Orient ou de l'Extrême-Orient, il se demande aussitôt comment il va pouvoir les intégrer dans le cadre de ses convictions, de ses certitudes, de ses croyances, de ses habitudes ; en un mot dans son entendement ?

Souvent j'entends dire : "Je suis intéressé par la Leibtherapie, mais comment vais-je intégrer cette thérapie dans ma manière d'aborder l'anatomie, la physiologie telle que l'envisage la médecine expérimentale ?"

"Je suis intéressé par zazen, mais comment vais-je intégrer cet exercice dans ma psychanalyse ?"

"Zazen m'intéresse, mais comment vais-je intégrer cette pratique méditative à ma foi ?"

"Je veux bien pratiquer zazen, mais pouvez-vous me prouver par des mesures quantitatives, scientifiques, que ce qui est dit de cet exercice n'est pas que subjectif ?"

Ma réponse ? "Osez pratiquer zazen !". Jusqu'au jour où vous ferez l'expérience que lorsqu'on pratique zazen le corps, le corps vivant dans sa globalité et son unité (Leib) prend la forme du calme...

 Jacques Castermane

 (1) Lettre d'Instant en Instant N° 96 - Octobre 2021  (2) le pali fut choisi par le Bouddha pour diffuser son enseignement.

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samedi 15 janvier 2022

Aversion à la perte : quand le tigre se terre



Un de nos plus actifs biais cognitifs, largement récupéré en marketing, s'appelle l'aversion à la perte.

Son principe est simple et s'appuie sur des encodage archaïques et très profonds de notre cerveau: la douleur engendrée par la perspective de perdre un acquis ou une base connue est deux fois supérieure, au moins, au plaisir représenté par la perspective d'un gain équivalent.

Exemple réel : les taxis newyorkais travaillent beaucoup plus les jours de faible affluence (quand leur perspective de gains est faible) que lors des jours de forte affluence (où il leur suffirait de travailler plus, pour compenser très largement les pertes des jours maigres).

Pourquoi ? Parce qu'ils se fixent mentalement un seuil minimal en dessous duquel ils ne veulent pas descendre (aversion à la perte) et donc ils bossent plus les jours de faible affluence pour ne pas descendre en dessous de ce seuil. Ils préfèrent donc sécuriser, plutôt que gagner plus en travaillant globalement moins, en utilisant les heures optimales pour travailler.

Si ce biais est bien connu en économie, il est très actif dans nos crises et en spiritualité.

En effet, combien d'entre nous savons EXACTEMENT ce que nous devons faire, et ne le faisons pas, par PEUR DE PERDRE qqch de connu ou un acquis ?

Dans le taoïsme, nous appelons ce processus "rester bloqué (e) entre Métal et Eau".

En effet, l'Eau est un élément symboliquement double : il est le passage vers la vie nouvelle, mais oblige en même temps au deuil de ce qui a précédé (le connu). Or, le psychisme et l'inconscient le savent bien, qu'il va falloir lâcher qqch pour voir l'avènement de son vrai nouveau printemps. Ils évitent donc farouchement ce passage à l'Eau, car pour eux, cela signifie la mort.

Conséquence : nous restons bloqués à l'élément qui le précède : le Métal. D'où asthme, sensation d'étouffement, position dépressive, douleurs dorsales (le méridien de la Vessie, redresse la personne, et l'eau se réinvite l'air de rien, soufflant ce je ne sais quoi de "tu ne pourras pas m'éviter impunément), dureté excessive avec soi-même, manque d'écoute de soi-même, et cortège des troubles intestinaux fonctionnels.

Retenons ceci : une fois nos fondations INTÉRIEURES posées, l'aversion à la perte CAUSE NOTRE PERTE.

Dès lors, osons au moins observer le désastre les yeux ouverts : "je ne bouge pas non pas parce que je ne sais pas ce que je dois faire, mais parce que j'ai tellement peur de perdre le connu et mon précieux médiocre".

Au moins, les choses sont claires, et toute l'énergie issue de la tension utilisée pour protéger notre ego de ce constat peut être libérée pour la réinvestir dans un mouvement. Ou pour trouver le Tigre du courage qui se cache dans ce Métal et en constitue le trésor caché et son animal mythique. 

Bonne pratique !

Fabrice Jordan

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Oracle alphamythique

 

Ce livre-jeu est autoédité. 
Pour l'obtenir ou avoir des renseignements, 
vous pouvez écrire sur la boite mail de Sabine Dewulf.
sabdew@gmail.com
Le prix est de 33 euros, plus frais d'envoi
Personnellement, je le conseille.


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vendredi 14 janvier 2022

Georges Colleuil et le Référentiel de naissance


 J'ai eu la chance aujourd'hui de pouvoir découvrir mon référentiel de naissance réalisé par Georges Colleuil, lui-même. Je peux témoigner de la justesse des propos qui m'ont été rapportés sur mon chemin de vie et du bien que cela m'a fait. L'hermite est revenu plusieurs fois dans mon thème...

Je vous propose ci-dessous le texte de Sabine Dewulf sur Georges Colleuil qui a écrit la préface de l'Oracle Alphamythique.

"Cela fait un bon moment que j’avais envie d’évoquer les deux personnalités qui ont si gentiment accepté d’écrire en exergue de notre oracle alphamytique (L'Oracle alphamythique - Sabine Dewulf et Antoine Charlet) : Georges Colleuil et Muriel Rojas.


Je commence, aujourd'hui, par Georges Colleuil, qui a rédigé pour notre oracle une très belle préface, dont voici un petit extrait : « L’oracle a par nature une fonction psychothérapeutique. Dans les processus proposés par ce jeu les lettres forment la chrysalide de l’être et nous enveloppent de chaleur et de force. Un sentiment de verticalité nous saisit. Les perceptions, sensations et émotions sont appelées à se développer dans notre corps et notre cœur à la manière d’une calligraphie qu’une main subtile viendrait tracer sur la peau tendue de notre âme. Voilà l’alpha et l’oméga de L’Oracle alphamythique. Tout commence par une trace de pas sur le sable et s’achève par un festin à la table des dieux. » 

Pourquoi avoir fait appel à Georges Colleuil ? Je ne l’ai jamais rencontré mais j’ai découvert un jour, aux éditions Arkhana Vox, « La Fonction thérapeutique des symboles - J'ai vu de la lumière noire...», qui est devenu l’un de mes livres de chevet. (Si je devais n'en garder que cinq sur une île déserte, je prendrais celui-là !) Alors impuissante à surmonter un passage douloureux, j’avais cependant le pressentiment que les symboles pouvaient m’aider. La lecture de cet ouvrage a été pour moi une véritable révélation. L’auteur y décrit d’une manière précise et approfondie la nature et les différents rôles du symbole dans le processus de guérison. Je puis affirmer que je ne serais pas devenue ce que je suis sans cette lecture qui m’a procuré tant de bienfaits. 


Si vous allez naviguer sur le web, vous verrez que Georges Colleuil n’est pas seulement le créateur très connu de la méthode du Référentiel de Naissance. Cet écrivain a bien plus d’une corde à son arc ! Né en 1950, il a rencontré Jacques Prévert, a fait du théâtre et du cinéma, a réalisé des courts-métrages, a écrit un grand nombre de chansons, a suivi des études universitaires de psychologie, de philosophie et de linguistique,  a enseigné les lettres et la philosophie, est également devenu psychothérapeute et formateur en communication, conférencier, directeur de stages.... Il s’est aussi beaucoup engagé en faveur de la solidarité entre les peuples, de l’alphabétisation, des enfants en souffrance et du handicap mental… Comme si cela ne suffisait pas, il a aussi créé le Festival du cinéma et du sacré et a lancé la revue "Expériences". 

voir son site

Qui plus est, il est l’auteur de son propre tarot, "Le Tarot de Marrakech", créé avec l’artiste Jean-Baptiste Valadié. 

Non seulement c'est un éminent spécialiste des symboles mais il est également l'un des rares connaisseurs de l'histoire et de la symbolique de nos lettres latines.       

Enfin, je peux enfin témoigner du fait que, malgré toute cette impressionnante carrière, toutes ces compétences et connaissances, Georges Colleuil a su demeurer profondément simple, respectueux de la parole donnée et généreux. 

MERCI."

Sabine Dewulf

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jeudi 13 janvier 2022

Bonne année par Gilles farcet

 

j’ai toujours aimé

entrer tranquillement

dans une nouvelle année



à l’abri

du bruit

des groupes

si aimables soient ils

 

à l’écart du tumulte

des vœux vociférés

de la gaieté

vraie ou forcée

des embrassades

des confettis en pluie

 

presque l ‘ignorer

ce passage convenu

 

presque faire

comme si de rien n’était

 

pas par snobisme

singularité affectée

 

je me réjouis

que d’autres

trinquent

dansent

soient ensemble

 

l’ensemble

je ne l’oublie pas

je lui paie mon tribut

toute l’année

et

à vie

 

alors au nouvel an

juste à deux

au coin du feu

 

endormi

bien avant minuit

dans le silence

des champs transis

 

rien de particulier

sinon l’amour ordinaire

en sa stupéfiante nouveauté


bonne année bonne année


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mercredi 12 janvier 2022

Porté par le fleuve


 Depuis mon réveil, je suis à genoux devant le Silence, le précieux silence du petit matin qui nait de la nuit profonde où toutes les lumières du temple d'argile se sont éteintes.

Le Fleuve spacieux, vivant, sacré, témoin de l’expérience de vivre, libre sans les ancrages du passé, coule gaiement dans mes veines. Je ne l’entends pas; je le sais, le sens; il me saisit, me guide vers des terres inconnues et fraiches loin des histoires du monde, sans peur, sans lutte, sans vanité, sans espoir, sans le jacassage incessant des êtres humains qui s’échangent leurs histoires. 

Le Fleuve gronde, s’étend, s’ouvre au ciel et éclaire l’aube rose. Je me donne à ce Fleuve qui me trace une route dorée vers le soleil rayonnant. Ses rayons dessinent mille images qui tracent une voie royale. Je suis la fiancée du fleuve qui m'aime.

- Betty

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mardi 11 janvier 2022

Vaincre la peur

Extrait de "Pour une mort sans peur" de Arnaud Desjardins - Le chapitre Vaincre la peur.


Après que Swamiji m'eut donné cet enseignement, j’ai regardé mes peurs d'une tout autre manière : mais comment est-il possible que je souhaite ce dont j'ai si peur et dont je voudrais tellement que cela ne se produise pas ? Et pourtant, si j'ai confiance en Swamiji, je dois penser que s'il est aussi affirmatif c'est qu'il sait ce qu'il dit. Qu'est-ce que je souhaite ? J'ai vu notamment monter en moi la peur de la mort de certains êtres. Ah! Alors je la souhaite cette mort ? Bien sûr qu'à la surface une voix crie: « Non, non, ce n'est pas vrai. » C’est la façon dont la surface essaie de nier, de réprimer encore plus la profondeur. Cela m'est arrivé, cela arrivera. J'ai eu peur de la mort de certaines personnes et il me semblait qu'elle serait terrible pour moi mais je me suis souvenu de l’enseignement de Swamiji. Alors, Courage !

Ouvrons-nous à notre propre vérité; et chaque fois, c’est monté comme une révélation extraordinaire - oui, une découverte pareille n'est pas une petite chose : C'est vrai ; j’ai peur de cette mort comme d'une chose terrible et au plus profond de moi, une part de moi la souhaite, est attirée. Cela me fascine, d'une manière ou d'une autre, quelle que soit la cause pour laquelle je veux que ce phénomène se produise. Je ne suis pas unifié, une part de moi refuse, je refuse mon refus et il se transforme en peur.

Pouvez-vous essayer d'avoir cette honnêteté, ce goût de la vérité et, disons-le, ce courage vis-à-vis de vos différentes peurs ? En quoi cette éventualité me concerne-t-elle, pourquoi est-ce que cela m'intéresse tellement ? Nous pouvons employer aussi le mot « intéressé ». Nous disons de quelqu'un qu'il est très désintéressé dans le bon sens du mot, c'est-à-dire qu'il n'introduit pas de motivation égoïste ou égocentrique dans une situation donnée. Il agit sans chercher aucun profit. Mais nous disons aussi qu'une chose nous intéresse quand elle nous passionne, quand elle nous attire particulièrement. En quoi suis-je intéressé? « Non, non, ça ne m'intéresse pas, au contraire, ça me fait horreur. » Mensonge !

Si l'un d'entre vous me dit: «Arnaud, j'ai peur de la maladie et de la mort. »-«Ah! en quoi et pourquoi cela vous intéresse-t-il donc tellement ? Cela vous passionne-t-il à ce point-là que vous en ayez peur ?» Oui. 


Personne avant Swâmiji n'était allé pour moi aussi loin dans les détails. Les 
réponses que j'avais obtenues ailleurs étaient toujours les réponses spirituelles classiques: * N'ayez pas peur, Dieu veut votre bien ; abandonnez votre destin entre les mains de Dieu ; vous ne savez pas ce qui est bien et ce qui est mal, d'un mal peut sortir un bien ; faites confiance absolument ; celui qui veut sauver sa vie la perdra, qu'importe de mourir physiquement si vous sauvez votre âme. » Certes les explications religieuses chrétiennes ou hindoues sont vraies et peuvent transformer radicalement une existence mais elles sont moins claires, moins percutantes, moins profondes que l'enseignement que j'ai reçu de Swâmiji.

Entendez-le : ce dont vous avez peur, c'est ce qui vous fait horreur ? NON, C'est ce qui vous passionne, c'est ce qui vous intéresse particulièrement, c'est ce par quoi vous vous sentez particulièrement concerné.

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lundi 10 janvier 2022

2022 : Ah… cueillir le bonheur !

 extraits de l'article 


"La joie fait entièrement partie de la vie, pas moins que la peine. Et chanter « quand même » est loin d’être une faute. C’est un devoir. C’est un devoir envers les autres, car si l’on s’enfonce dans le malheur, on ne répand que du malheur. Mais c’est aussi un devoir envers la vie tout court que nous avons reçue. S’il faut que la vie soit complète, pleine et entière, l’on ne peut pas, lorsqu’on en a les moyens, ne faire que pleurer ou se laisser happer par la misère tout court. Il faut tout autant s’essayer à rehausser les beautés de la vie, et la possibilité donnée absolument à tout le monde, quelle que soit sa condition, de la joie de vivre. Elle appartient à tous."

"Si l’on ne fait jamais l’effort de voir que la vie est tout aussi belle, heureuse, féconde, mélodieuse que laide, malheureuse, stérile, disharmonieuse, alors on joue le jeu de la laideur, du malheur, de l’avancée du désert, et du manque général de musique. On est « méchant » au sens fort. C’est-à-dire, suivant l’étymologie, qu’on ne sait pas – ni ne veut ? – saisir sa chance. "

"Cela ne revient pas à dire qu’il ne faut que chanter. La vraie vie, la vie pleine, est la vie où l’on sait qu’il y a tour à tour des pleurs et des rires. Où l’on fait tout pour pleurer avec ceux dont c’est le moment des pleurs, et pour rire avec ceux dont c’est celui de rire. Nous « blessons » sinon l’ordre des choses, en l’empirant à ne plus jamais rire, et en le perdant à croire qu’on peut ne faire que rire. Rires et pleurs, comédies et tragédies sont les deux faces d’une même médaille : la vie."

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dimanche 9 janvier 2022

Bonne santé !

 

Quand je bois le thé, je ne bois que le thé, et pas les idées, car le thé est une vérité merveilleuse, et moi aussi je suis une réalité merveilleuse. Je suis là, en contact avec le thé ; ces deux merveilles se rencontrent : la vie est là, l’amour aussi, la paix aussi. Si je sais comment boire mon thé, je suis vraiment présent et le thé devient réel, non plus un fantôme. Alors vous savez comment vous préserver, préserver le thé, préserver la planète. C’est l’amour, la pleine conscience, la liberté. 

Si vous êtes emporté par l’anxiété, la peur, la colère, vous n’êtes pas libre pour boire votre thé. Alors vous inspirez, vous ramenez votre esprit à votre corps, et vous savez que vous avez un corps merveilleux. Votre corps et votre esprit sont en harmonie, vous êtes en contact profond avec vous et autour de vous. Ce n’est pas une théorie ni une philosophie, c’est une pratique. Vous pouvez chérir cette vie : alors vous savez comment protéger votre vie et celle des autres. La liberté, la fraternité, la joie, naissent de la pleine conscience.

- Thich Nhat Hanh

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samedi 8 janvier 2022

Cheminement de transformation


Le cheminement intérieur que vous proposez unit psychothérapie et spiritualité. En quoi cela consiste-t-il?


Depuis plus de trente ans, je reçois des personnes engagées dans une démarche de transformation personnelle. Certaines viennent à la spiritualité au cours de leur thérapie, alors que d’autres décident d’entamer un travail sur les émotions car elles se sentent freinées dans leur cheminement spirituel par des blocages psychologiques. 


Le maître indien Swami Prajnanpad, qui avait constaté ce phénomène chez ses disciples, insistait sur le fait que pour aller plus loin il était essentiel d’entrer en contact avec notre vérité émotionnelle. Si toute pratique spirituelle mène à l’ouverture du cœur, il arrive le plus souvent que des émotions réprimées nous ferment le cœur. Pour vivre une transformation authentique, il est nécessaire de plonger en soi-même, d’entrer en contact avec nos émotions et nos peurs, de les accepter pour s’en libérer. Il ne suffit pas d’analyser nos émotions uniquement à la lumière de notre histoire, mais de voir comment notre sensibilité a été touchée, affectée s'est refermée à la suite d’une blessure, d’une déception, d’une violence, d’un abus... 


Il est essentiel de vraiment comprendre cela dans tout son être et pas seulement dans sa tête.


Christophe Massin - Revue Sources n°37


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Pour information : séminaire avec Christophe Massin, le 15 et 16 janvier





vendredi 7 janvier 2022

Simplicité

 


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"Rendez les choses aussi simples que possible, mais pas plus simples."

Albert Einstein

Dessin de Mark Addison Kershaw

jeudi 6 janvier 2022

Etre là


 "Pour être là, pour être écume à ce rivage

Rivage à cet endroit, soleil à ce matin

Cet ordre ou ce néant, racine ou vague ou pierre

Ou cette ortie encore au bas du mur, ce mur

Pour être ce qu’ils sont - rencontre, état, présence

Et signe avec l’espace et preuve avec le temps

Il faut que je m’arrête et que je les rassemble

Et que d’abord je sois et que je sois présent"


Claude Sernet 1902-1968  Les pas recomptés

Peinture : James MacKeown


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