mardi 4 janvier 2022
lundi 3 janvier 2022
Prêt à cueillir
La santé ? La réussite ? Le bonheur ? L'amour ?
Rien de ce que nous nous souhaitons par nos bons vœux n'est acquis ni assuré. Pourtant, à nous de faire comme si cela était en notre pouvoir, non pour croire que nous avons ce pouvoir, mais pour être prêt à cueillir sur l'arbre des jours ces fruits.
Comme le jardinier qui n'est ni le champ ni l'arbre, mais qui aide pourtant la nature dans son travail de développement et de recyclage, soyons là pour cultiver au mieux les fruits que nous voudrions récolter.
Point d'attentisme en cela, mais un curieux mélange d'action et de patience, d'écoute et de parole. Il ne convient pas ni de rester sans rien faire, ni de s'agiter sans cesse. Ni discours, ni gesticulation, mais une présence, à soi, aux autres, une forme d'attention qui refuse de voir passer les jours sans y prendre garde. Comme s'il s'agissait à la fois d'être extérieur aux événements, mais intérieur à leur écoulement.
Qu'au terme de l'année, nous puissions avoir le sentiment d'avoir été là, réellement présent plutôt que distrait ou négligeant face au temps qui continue quoi qu'il se passe d'être ce courant qui soit nous porte, soit nous emporte.
Tydé (Thierry Desbonnets)
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dimanche 2 janvier 2022
D'autres lois que celles des hommes
| Les jardins de Joy - Caroline Jégouic |
Etty Hillesum :
Je vais de temps en temps rendre visite aux mouettes, dont les évolutions dans les grands ciels nuageux suggèrent l'existence de lois, de lois éternelles d'un ordre différent de celles que nous produisons, nous autres hommes.
Oeuvre : Caroline Jégouic
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samedi 1 janvier 2022
Masque humain
"Chaque matin je me réveille et je mets mon petit masque humain"
2022 vous offre les clefs du juste milieu.
Nous voici donc au seuil de janvier 2022. Je souhaite - je lance cet humble vœu dans l'immense univers - que cette nouvelle année nous donne la possibilité d'œuvrer, mieux encore, du mieux que nous le pouvons, pour ces trois valeurs qui fondent notre démocratie, sacrées à mes yeux.
Puissions-nous agir en Liberté. Non pas contre celle des autres, ni contre ce que l'on pense être le bien commun, mais simplement en prenant conscience davantage encore du fait que notre espace intérieur est déjà libéré de toute limite, ici et maintenant.
Puissions-nous regarder les autres avec l'œil toujours neuf de l'Égalité : inutile de nous comparer à qui que ce soit, chacun est unique et merveilleux, exactement tel qu'il est !
Puissions-nous nourrir notre Fraternité : celle qui nous rappelle que nous n'existons pas de manière autonome, que nous sommes les petites perles du grand collier universel, et qui nous invite à aimer mieux, toujours mieux, sur la planète qui nous héberge. À aimer l'autre et à aimer suffisamment notre condition humaine pour chercher à la préserver au-delà de notre propre existence, pour les générations futures.
Le nom de janvier vient de Janus, le dieu romain des Portes de l'année (les deux solstices). Que sa bienveillance vous accompagne pour chacune des portes que vous choisirez d'ouvrir en 2022 !
Du fond du cœur, meilleurs voeux à chacune, à chacun de vous. 💙
Sabine
Source de l'image : Marie Dewulf et L'Oracle alphamythique - Sabine Dewulf et Antoine Charlet.
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vendredi 31 décembre 2021
Un rituel psychomagique pour recevoir la nouvelle année 2022
par Alejandro Jodorowsky
Dès que les douze cloches sonnent annonçant la mort de 2021 et la naissance de 2022, concentre-toi bien et imagine que tu as entre les mains un ballon blanc que tu as soufflé avec ton espoir, imaginant qu'il est l'âme de ta planète, la Terre, ta Sainte Mère.
Caresse ce ballon avec le plus d'amour possible, avec tendresse, affection, remerciements, admiration et respect infini. Ressens sa douleur actuelle, sa maladie. Glissez vos mains sur sa surface blanche, commençant à la nettoyer de toutes les scories qui la recouvrent.
Débarrasse là de la pollution de ses eaux, de son sol, de son paradis. Élimine les accumulations d'armes, les politiciens corrompus, les dictateurs égolâtres, les banquiers malhonnêtes, les marchands empoisonneurs, certaines religions transformées en sectes caduques, les artistes prostitués, les multinationales vampires, les trafiquants bandits, les milliardaires avares accumulant de l'argent abstrait... Bref, supprimez tout ce que vous trouvez fou ou faux.
Nettoyez avec vos paumes amoureuses la faim, les racismes, les guerres pour le pétrole, le gaz, les minéraux... Éliminez la misogynie implantée par des mâles pervers, équilibrez la place de la femme dans la société...
Lorsque vous sentez que vous avez nettoyé la sphère-âme de la Terre, commencez à lui donner fertilité, paix, amour sublime, jusqu'à ce que vous sentiez que vous avez entre les mains un éden...
Danse avec cette sphère resplendissante que tu sens battre comme un cœur puis ouvre une fenêtre et envoie-la à l'extérieur pour qu'elle s'élève et rejoigne toutes les autres sphères que des gens conscients comme toi ont jetées vers ce rêve appelé « la réalité ».
Alexandre Jodorowski
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Cette vidéo de l’artiste suisse Cee-Roo résume "brillamment" l’année 2021(source Ouest-France)
jeudi 30 décembre 2021
Gouttes de lumière
quelques minutes de lumière du jour en plus
mais
la pluie l’a toute bue
et
puisqu’il faut que je sois
là où je suis
je prends entre la glotte et l’épiglotte
la petite toux sèche et très méchante
de la chambre voisine
la fais monter descendre
et remonter encore
jusqu’à ce qu’elle arrive un jour à pleurer
Joëlle Abed
Jardin de pluie - maison - décembre 2021 - à Luciano pour notre livre
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mercredi 29 décembre 2021
Desmond Tutu : un cœur immense
Desmond Tutu (1931-2021), un cœur immense mû par un courage et une bienveillance sans limites et un sens profondément humain de la justice.
J’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs fois Desmond Tutu, et il était, comme pour tous ceux qui l’ont admiré et aimé, l’un des personnes les plus remarquables qu’il soit donné de connaître. Il alliait de manière unique un courage indomptable allié à une profonde bienveillance, entièrement dénuée de haine, et un sens profond de la justice fondé sur la compassion et sur l’aspiration de tous les êtres à éviter la souffrance, la persécution, la discrimination et l’injustice. Le tout était enrobé dans un merveilleux sens de l’humour et dans une humilité sans feinte. Il était profondément choqué notamment par le fait que l’on puisse subir des discriminations sur des caractéristiques acquises à la naissance, sur lesquelles nous n’avons pas le moindre contrôle, la couleur de notre peau et le fait d’être né femme par exemple. Il n’hésitait pas à critiquer sa propre religion lorsqu’il lui paraissait clair que cela était nécessaire.
En 2012, au Forum Économique Mondial, lors de l’une de ces rencontres entre représentants des religions, Tutu déclara : « Je ne connais aucune religion qui affirme qu’il est admissible de tuer. » Je me permis de suggérer aux dignitaires ainsi réunis que ce point de vue fasse l’objet d’une déclaration commune sans équivoque, destinée aux fidèles des différentes religions. J’ajoutai que, venant d’un simple moine bouddhiste, cette idée n’avait guère de poids, mais proposée par l’archevêque Tutu, prix Nobel de la Paix, et appuyée par l’ensemble des représentants des grandes religions, elle avait une chance d’être entendue. La question fut éludée par les autres dignitaires religieux sous prétexte qu’il existait « une variété de points de vue à ce sujet… ».
Ce fut toujours un émerveillement d’être témoin d’une rencontre entre le Dalaï-lama et Desmond Tutu. Ils ne cessaient de se lancer des plaisanteries, de rire comme des enfants, tout en partageant avec leur auditoire des paroles aussi simples que profondes.
Le 1er juin 2006, à Bruxelles, le prix Light of Truth (« Lumière de la Vérité »), précédemment accordé à Elie Wiesel et à Václav Havel par la Campagne internationale pour le Tibet (ICT – International Campaign for Tibet), fut remis par le Dalaï-lama conjointement à l’archevêque Desmond Tutu, prix Nobel de la Paix, pour son engagement en faveur du Tibet, et à la Fondation Hergé, représentée par la veuve d’Hergé, Fanny Rodwell, en mémoire du fameux Tintin au Tibet qui, d’une certaine façon, attira l’attention sur le Tibet à une époque où peu de gens s’en préoccupaient. Le Dalaï-lama passa une écharpe de soie blanche autour du cou de l’archevêque et lui remit une lampe à beurre tibétaine, symbole de la « lumière de la vérité ».
Lors de son discours, Desmond Tutu débuta en montrant une caricature parue dans la presse sud-africaine intitulée Tintin and Tutu in Tibet. Il ne manqua pas non plus de faire remarquer que le Dalaï-lama adoptait parfois un comportement espiègle et qu’il devait souvent le rappeler à l’ordre : « Tenez-vous bien ! On nous regarde, vous devez vous comporter comme un saint homme ! » Et d’ajouter : « Je remercie Dieu d’avoir créé un Dalaï-lama. Croyez-vous vraiment, comme quelqu’un l’a laissé entendre, que Dieu se dit : “Ce Dalaï-lama est drôlement bien. Quel dommage qu’il ne soit pas chrétien…” Mais vous savez, conclut Tutu, Dieu lui-même n’est pas chrétien ! »
Le Dalaï-lama rappela que la culture bouddhiste tibétaine n’était pas seulement l’héritage de six millions de Tibétains, mais qu’à notre époque elle pouvait apporter de grands bienfaits à des milliards de personnes. Il exhorta ses concitoyens et partisans à ne pas considérer les Chinois comme leurs ennemis.
Desmond Tutu, quant à lui, établit une comparaison explicite entre le mouvement anti-apartheid et la campagne pour l’autonomie du Tibet : « Il est impossible d’arrêter la marche vers la liberté », affirma-t‑il. Tutu appela également le gouvernement chinois à « faire ce qui s’impose » envers le Dalaï-lama et le Tibet. Il exprima l’espoir que la Chine en tant que pays émergeant et puissance politique mondiale devienne une « superpuissance championne de la promotion de la liberté dans le monde, et plus particulièrement au Tibet ». Il ajouta également : « Les méchants n’ont pas le dernier mot. Ils ont certes le pouvoir et les armes, mais ils ont déjà perdu… La justice, la bonté, la compassion et l’amour prévaudront. Rien ne peut résister à la liberté. »
Un jour d’avril 2008, le Dalaï-lama et Desmond Tutu bavardaient avant de se rendre au stade de Key Arena, à Seattle, aux États-Unis, où ils allaient développer le thème de l’importance de la compassion dans nos vies. On les informa que soixante mille personnes s’étaient rassemblées pour les écouter. Tutu se tourna vers le Dalaï-lama et lui lança : « Je ne suis pas jaloux… non, non. Mais quand même soixante mille personnes, qui attendent quelqu’un qui ne parle même pas correctement l’anglais. » Le Dalaï-lama pouffa de rire.
En mai 2015, lorsque Desmond Tutu se rendit à Dharamsala, en Inde, à l’occasion des quatre-vingts ans du Dalaï-lama, ils passèrent une semaine en tête à tête, à dialoguer sur la joie, la peur, la colère, la solitude, l’humilité, la générosité… L’archevêque confia alors au Dalaï-lama : « Je crois que l’une des meilleures choses qui me soient jamais arrivées est de t’avoir rencontré. » Desmond Tutu s’adressa à la foule des Tibétains, réunis sur la grande place, il dit, pesant chacun de ses mots comme il sait le faire : « C’est la personne la plus sainte que j’aie jamais rencontrée. »
Matthieu Ricard
N.B. La plupart de ces anecdotes sont extraites de Carnets d’un moine errant, Allary Éditions, 2021
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mardi 28 décembre 2021
Les voix du coeur
Vous arrive-t-il de vous demander pourquoi nous crions lorsque nous sommes fâchés ? Voici de quoi réfléchir...
Un sage hindou, en visite au Gange pour prendre un bain, remarque un groupe de personnes criant les unes après les autres.
Il se tourne alors vers ses disciples, sourit et demande : Savez-vous pourquoi les gens crient les uns après les autres lorsqu'ils sont en colère? Les disciples réfléchissent pendant un moment et l'un d'eux dit finalement : C'est parce que nous perdons notre calme.
Mais, pourquoi criez-vous quand l'autre personne est juste à côté de vous, demande le guide. Vous pourriez tout aussi bien lui dire ce que vous avez à dire d'une manière plus douce.
Puisqu’aucune des réponses des disciples n'était suffisamment satisfaisante pour le sage, il a finalement expliqué :
Quand deux personnes sont en colère l'une contre l'autre, leurs cœurs sont séparés par une grande distance. Pour couvrir cette distance, elles doivent crier, sinon elles sont incapables de s'entendre l'une et l'autre. Alors plus elles sont en colère, plus elles auront besoin de crier fort.
Qu'est-ce qui se passe lorsque deux personnes tombent en amour ? Elles ne crient pas l’une après l'autre. Elles se parlent doucement parce que leurs cœurs sont très proches. La distance entre eux est soit inexistante, soit très faible.
Et le sage continua...
Quand elles s'aiment encore plus, que se produit-il ? Elles ne se parlent pas, elles chuchotent et obtiennent encore plus de proximité et plus d'amour. Enfin, vient un moment où elles n'ont même plus besoin de chuchoter, elles se regardent seulement et se comprennent. Puis il regarda ses disciples et leur dit :
Ainsi, quand vous discutez les uns avec les autres, ne laissez pas vos cœurs s'éloigner. Ne dites pas les mots qui vous éloignent davantage, ou bien viendra un jour où la distance sera si grande que vous ne trouverez plus le chemin du retour.
Suite à cette lecture, puisse nos cœurs éviter l'éloignement. ❣️
Nicole Charest
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lundi 27 décembre 2021
Courses de Noël par Gilles Farcet
(poème extrait du recueil Face Contre Terre)
A l’approche de Noël
Le super marché
Est un super endroit
Pour prier
De toutes façons, le choix est simple :
Prier ou s’énerver
S’énerver contre cette horde
De consommateurs harassés
Par l’épreuve annuelle
Des courses de Noël
M’énerver contre moi-même
Parce que j’en suis, de cette horde
Je n’y ai pas échappé
Ma considérable culture
Ne m’en a pas préservé
Les livres dont je suis l’auteur
Pas en vente au supermarché
Ma haute singularité
La profondeur de mes préoccupations
Et autres babioles clignotantes
Accrochées à ce moi
Qui perd ses feuilles
Rien de tout cela
Ne m’est du moindre secours
En cette heure solennelle
Des courses de Noël
Si bien que me voilà
Fantôme affamé comme un autre
Cerné de blocs de foie gras
Acculé entre légions de champagnes
Et murailles de bûches
Je considère d’un œil torve
Les fromages empaquetés
Et manœuvre à grand peine un caddie
Déjà à moitié rempli
J’évite de justesse
Un couple de vieillards hagards
Me ramasse en pleine face
L’aboiement d’un homme chauve et ventru
A sa femme transie de crainte
A proximité des surgelés
Je tente le tout pour le tout
Fonce droit sur les papillotes
« Pas de noël sans papillotes » ,
J’ai retenu l’injonction de mes filles
Je me venge en me saisissant
Des plus fines, des plus chères
Joyeux Noël ! joyeux Noël !
Me clame en lettres rouges Leclerc
Saint Emilion en promotion
Allez, je suis content
De déambuler en cette cathédrale
Pleine à ras bords de païens
Mal attifés
Poussant d’une mine lasse
Leurs hottes chargées de veaux gras
Cap sur les caisses
Files résignées d’organismes corps - esprit
Arc-boutés vers tout à l’heure
Vers la délivrance, la paix
Qui n’adviendront jamais
Tant que le divin enfant
N’aura pas poussé
En nous son premier cri
Oui, le choix est limpide
S’énerver ou prier
S’énerver contre
Ou prier pour
Les mêmes
Nous tous
Nous évertuant à commémorer
Une improbable naissance
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