dimanche 12 mai 2019

Enfant et Adulte par Arnaud Desjardins


«Même si vous progressez sur le chemin et qu'en tant qu'adultes vous devenez plus lucides, plus mûrs, plus intelligents, l'enfant, lui, subsiste tel quel. Il n'évolue pas, il ne mûrit pas, il demeure. Simplement, il jouera un rôle de moins en moins important dans vos existences. Mais même en ayant beaucoup progressé, il y aura encore des moments où un enfant de deux ans qui, lui, n'a pas du tout changé affleurera à la surface. Votre progrès, c'est la manière dont vous allez vous situer par rapport à cet enfant. Pour lui, certaines situations seront toujours insupportables, en ce sens que s'il est marqué par un abandon, tout signe actuel d'abandon touchera toujours une plaie à vif. Le symptôme d'aujourd'hui va être interprété émotionnellement et mentalement par l'enfant. C'est l'appréciation par un cerveau et un cœur puérils d'une situation présente, c'est-à-dire une vision – erronée, certes, mais qui s'impose – de la réalité à laquelle l'enfant donne inévitablement un contenu menaçant, déchirant, intolérable.

Ne tentez pas cette acrobatie qui consisterait à ce que l'enfant en vous accepte ce qu'en aucun cas il n'acceptera, ce qu'il ne pourra jamais accepter, cet enfant dont la définition est de ne pouvoir que refuser. Cherchez en tant qu'adultes à vous dissocier de l'enfant. Considérez qu'il y a en vous deux lieux psychologiques, deux manières de vous situer, l'une qui est l'enfant, avec ses émotions douloureuses, l'autre qui est l'adulte, lequel est détendu,, à l'aise, en paix. Ces deux mondes sont complètement différents mais il est possible de passer de l'un à l'autre.

La question n'est donc pas de faire grandir l'enfant mais de dissocier l'adulte de l'enfant. Ou, autre manière d'exprimer la même idée : on ne guérit pas les empreintes passées, on en émerge.» 

Swami Prajnanpad

« Dissociate adult and child », disait Swâmiji. « Dissociez l’adulte et l’enfant. » Lorsque Swâmiji a dit ceci, j’ai commencé par tiquer, comme je le faisais souvent : « Ah ! encore une dualité, s’il y a l’enfant et l’adulte, ça fait deux... » Non. Ça ne fait pas deux. Parce qu’aujourd’hui, ce qui est vraiment réel, c’est l’adulte qui voit les choses telles qu’elles sont et que l’enfant, lui, appartient au passé : vous n’avez plus trois ans, vous n’avez plus deux ans et demi. Si vous pouvez dissocier en vous l’adulte et l’enfant, vous pourrez être vraiment dans le monde réel, ici et maintenant, et pas dans le monde recouvert par les projections de l’enfant.

Swâmiji disait aussi : « L’ego, c’est le passé qui recouvre le présent. » L’ego, c’est l’enfant en vous qui vient recouvrir le présent. Vous pouvez voir en vous l’enfant qui est toujours là, pour l’éduquer avec amour. Mais tant que l’enfant sera là, vous ne serez ni un adulte ni un sage.

«Les formules de Swâmi Prajnânpad», commentées par Arnaud Desjardins (Ed. La table ronde) 

Swami Ramdas
En écho avec la formule de Swamiji «Dissociez l'adulte et l'enfant», voici un exemple illustré...

Hypothèse : «Je me sens mal à l'aise.»

1er cas de figure, l'enfant : j'exporte immédiatement l'origine de ce ressenti dans ce qui m'apparait en tant que «le monde extérieur.» Par exemple, je me sens mal à l'aise parce que Norbert (prénom générique) a dit ceci, ou a fait cela, ou encore semble avoir des pensées à mon égard avec lesquelles je ne suis pas du tout d'accord. Donc, du fait qu'elle est projetée, la source véritable du malaise n'est pas vue, ce qui fait que je me sens mal à l'aise d'être mal à l'aise - une boucle mentale est créée, générant de l'émotion et de la souffrance, se soldant souvent par une action inappropriée. Histoire sans fin...

2ème cas de figure, l'adulte : je vois qu'en moi, dans une situation donnée, un vieux conditionnement vient d'être réactivé. Je vais donc me centrer sur le ressenti sans lui coller d'étiquette : je suis un avec la sensation de malaise, je ne génère pas de malaise secondaire, et par cette acceptation inconditionnelle - pas forcément facile, ne nous y trompons pas - le malaise initial va se résorber, va être consumé par le feu de la Présence. Fin de l'histoire...

Cas intermédiaire : ça commence comme le premier cas; cependant, alors que la projection sur le monde vient de s'opérer, elle est vue avant de s'être pleinement déployée et nous retombons alors dans le deuxième cas : «un avec» le fait de projeter, résorption de la projection, «un avec» le ressenti non labellisé, résorption du ressenti.


L'enfant se sépare et refuse. 
 L'adulte se relie et accepte.

 «Si vous voulez devenir vraiment adultes, 
sachez reconnaître l’enfant en vous et l’aimer de tout votre coeur.» 
(AD)

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(article de Michel Tardieu)

samedi 11 mai 2019

Aveuglement !


" Cette civilisation moderne a conduit l'humanité à deux guerres mondiales, mais la leçon n'a servi à aucun politicien. La politique ne se préoccupe que des apparences et ne tient aucun compte des réalités profondes. Seule la conscience de leur nature spirituelle commune peut unir les hommes. Le sens de leur individualisme les condamne à l'égoïsme et aux conflits. C'est dans la vision même de l'homme et du sens de sa vie que se trouve la racine de tous les « problèmes ». 

Tant que l'aveuglement et l' ignorance prévaudront, tout problème résolu fera immédiatement place à un autre, dans un déséquilibre permanent. L' intérêt pour la politique tient aujourd'hui la place que tenait autrefois l'intérêt pour la religion. Moins les gens ont l' intention de se diriger et de se réformer eux-mêmes, plus ils se préoccupent de la façon dont il faudrait diriger ou réformer la société. En fait, les « problèmes » politiques, économiques et sociaux ne sont qu' une façade qui masque le véritable problème, lequel est spirituel et psychologique. Aucune mesure ne sauvera la situation, qui ne tiendra pas compte de la réalité spirituelle, de la vraie nature de l'Homme. Pour le moment, l'humanité tourne le dos à cette vérité fondamentale. 

L'existence devient sans cesse plus complexe à tous égards et interdit de plus en plus aux hommes et aux femmes toute velléité de vie intérieure. Le véritable bonheur ne peut se trouver que dans la « réalisation » ou la prise de conscience de la Nature profonde, du Soi, mais jeunes et vieux cherchent désespérément des plaisirs et des satisfactions qui ne peuvent pas durer. 

C'est, par excellence, le fruit de ce que tous les enseignements initiatiques ont appelé l'aveuglement et l'ignorance. "

 Arnaud Desjardins , Monde moderne et Sagesse ancienne ( 1973 )

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vendredi 10 mai 2019

Retraite vivante... avec Matthieu Ricard

Vous avez vécu à plusieurs reprises dans un ermitage. Comment était-ce ? 

Formidable, magnifique ! J’ai passé cinq ans en retraite solitaire, par périodes allant jusqu’à neuf mois. La journée dans l’ermitage est structurée, la pratique est très disciplinée. On se lève à 4h30, on prie jusqu’à l’aube, on récite des textes que le maître a donnés, on fait des visualisations. Entre 7h et 7h30, on boit du thé, on s’assied sur le balcon et on regarde le lever du soleil, les montagnes, ou les nuages. Ensuite on continue les exercices toute la journée. Après le coucher du soleil, on va dormir bien sûr. La qualité du sommeil devient meilleure, on a de moins en moins besoin de sommeil et on se sent totalement frais le matin. À Darjeeling, je ne recevais pratiquement jamais de courrier. Il est beaucoup plus facile d’être détendu lorsqu’on ne doit pas se soucier de son travail et de sa famille. N’est-ce pas un style de vie élitiste ? J’entends souvent ça. Je réponds toujours : "Mais venez donc !" Dans mon ermitage à Darjeeling, pendant sept ans, je n’avais ni chauffage, ni électricité, ni eau courante. La plupart des gens ne voudraient pas passer une semaine comme ça. Pour moi, ces moments ont été les plus riches de mon existence. En outre, le but d’un tel isolement est de se débarrasser de l’égocentrisme. Ce n’est donc évidemment pas une démarche égoïste. On sort de là plus tranquille et plus compatissant et on se met au service des autres.  

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Est-ce qu’un moine bouddhiste a peur de la mort ? 

 Je suis bien sûr très conscient de la mort et ne sais jamais lequel, de demain matin ou de ma mort, viendra le premier. Mais je suis confiant… Un ami à moi avait un cancer, il n’avait pas peur, mais il était triste parce qu’il y avait encore tant de choses qu’il voulait faire. J’essaie de ne pas détourner le regard. Je vis en toute conscience que la mort est certaine et son heure imprévisible et chaque instant infiniment précieux. Au commencement de notre vie, la mort nous effraie comme un animal pris au piège ; au milieu de la vie, nous essayons de tout faire correctement pour ne rien manquer, et à la fin nous sommes tranquilles et clairs. Alors la mort est comme une amie.

Tiré du blog de Matthieu Ricard
L’interview réalisée par la journaliste Anja Jardine pour le journal Neue Zürcher Zeitung.

mercredi 8 mai 2019

Absence... et Paix


"On fait quelques pas hors de l'enfance, puis très vite on s'arrête. On est comme un poisson sur le sable. On est comme celui qui piétine dans sa mort, un adulte. On attend. On attend jusqu'à ce que l'attente se délivre d'elle même, jusqu'à l'équivalence d'attendre, de dormir ou mourir. L'amour commence là - dans les fonds du désert. Il est invisible dans ses débuts, indiscernable dans son visage. D'abord on ne voit rien. On voit qu'il avance, c'est tout. Il avance vers lui-même, vers son propre couronnement.
Ainsi vous ai-je vu avancer dans la poussière d'été, toute légère dans votre robe toute blanche.
Celle qu'on aime, on la voit s'avancer toute nue. Elle est dans une robe claire, semblable à celles qui fleurissaient autrefois le dimanche sous le porche des églises, sur le parquet des bals. Et pourtant elle est nue - comme une étoile au point du jour. A vous voir, une clairière s'ouvrait dans mes yeux. A voir cette robe blanche, toute blanche comme du ciel bleu.
Avec le regard simple, revient la force pure.
Je vous reconnaissais. Vous étiez celle qui dort tout au fond du printemps, sous les feuillages jamais éteints du rêve. Je vous devinais depuis longtemps déjà, dans la fraîcheur d'une promenade, dans le bon air des grands livres ou dans la faiblesse d'un silence. Vous étiez l'espérance de grandes choses. Vous étiez la beauté de chaque jour. Vous étiez la vie même, du froissé de vos robes au tremblé de vos rires.
Vous m'enleviez la sagesse qui est pire que la mort. Vous me donniez la fièvre qui est la vraie santé.
Et puis vous êtes partie. Ce n'était pas trahir. C'était suivre le même chemin en vous, simple dans ses détours. Vous emportiez avec vous la petite robe de neige. Elle ne dansait plus dans ma vie. Elle ne tournait plus dans mes rêves. Elle flottait sous mes paupières lorsque je les fermais pour m'endormir, juste là : entre l'œil et le monde. Le vent des heures l'agitait fiévreusement. L'orage des chagrins la rabattait sur le cœur, comme un volet sur une vitre fêlée.
Qui n'a pas connu l'absence ne sait rien de l'amour. Qui a connu l'absence a pris connaissance de son néant - de cette connaissance lointaine qui fait trembler les bêtes à l'approche de leur mort."

Christian Bobin 
Une petite robe de fête

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mardi 7 mai 2019

Le but de la méditation ?


 Le but de la méditation ?
L’éveil de l’être humain à sa vraie nature !

 
La méditation – zazen – participe donc à la transformation de la personne dans sa globalité et son unité.
L’idée de changer n’a jamais changé personne ; le désir de changer n’a jamais changé personne. Il n’y a de changement que … dans l’acte de changer !
Changer ! C’est angoissant pour le « moi » qui cherche à se fixer dans une manière d’être, une manière de faire et une manière de penser définitive, stable.

Nous n’avons pas la maîtrise du changement. Être c’est devenir ; devenir c’est être. Ce processus n’est pas du ressort du moi.
Ce que le zen nous propose n’est pas d’arriver à la maîtrise du changement mais à la maîtrise de l’exercice qui libère le processus qu’est la transformation.
Hirano Roshi termine ses séjours au Centre en nous disant « Ayez foi dans la pratique de zazen ! »
Le doute vient du fait que je ne sais pas où l’exercice qui a pour but l’éveil à ma vraie nature va me mener !
D’où l’attirance actuelle pour les méthodes qui s’appuient sur la réassurance. Je pense aux — 100 bienfaits associés à la méditation de pleine conscience — (35 bienfaits physiologiques ! 44 bienfaits psychologiques ! 21 bienfaits spirituels !). Ici il ne s’agit plus de méditation mais de pré-méditation. La réassurance ne fait qu’augmenter l’écart avec le vrai soi-même.
Ces promesses sont naturellement séduisantes lorsqu’on vit en ayant comme seul point d’appui dans l’existence le moi ordinaire ; l’ego fait obstacle au processus créateur qui mène à l’expérience de notre vraie nature.
En Orient et en Exrême-Orient est proposée, depuis 25 siècles, une méditation sans  objet qui n’a qu’un but : « l’éveil de l’être humain à sa vraie nature ».

Qu’est-ce donc que la vraie nature de l’être humain ?
Dans cette (courte) vidéo je propose quelques indications destinées aux personnes attirées par la méditation proposée par K.G. Dürckheim à son retour du Japon où, pendant une dizaine d’années, il s’est immergé dans le monde du zen.
« La méditation zazen est un moyen de s’apercevoir de la différence entre soi-même encore identifié au – moi – accroché aux valeurs existentielles et celui qui est capable de mettre le – moi – bien entraîné à la disposition des valeurs de l’être. Zazen ? C’est remettre de l’humain en l’homme.» (Karlfried Graf Dürckheim)
Jacques Castermane



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lundi 6 mai 2019

Convergences, résonances...


«J'affectionne la définition simple, que donne Gautama le Bouddha, de l'illumination : il affirme que c'est « la fin de la souffrance ». Cela n'a rien de surhumain, n'est-ce pas ? Bien sûr, comme telle, cette définition est incomplète, car elle exprime seulement ce que l'illumination n'est pas, c'est-à-dire qu'elle n'est pas souffrance. Mais que reste-t-il quand il n'y a plus de souffrance ? Bouddha garde le silence là-dessus et son silence sous-entend que c'est à vous de le découvrir. Il retient une définition par la négative afin que le « mental » ne puisse pas en faire une croyance ou un accomplissement surhumain, un objectif qu'il vous soit impossible à atteindre.» 
(Eckhart Tolle, Le pouvoir du moment présent)

«C'est parce que le rêve s'arrête que l'on appelle ça l'éveil. Mais en fait, l'éveil, cela n'existe pas.
Cela s'appelle l'éveil du point de vue du rêve, mais quand le rêve cesse, cela n'a plus de nom, cela est Cela, c'est tout.
L'éveil s'évanouit avec le rêve.»

(Yvan Amar, Les nourritures silencieuses)

«...l'essentiel n'est pas d'acquérir ce qui nous manque – la sagesse, la maîtrise de soi, l'amour universel, la supra-conscience – mais de faire disparaître ce qui est en trop.»
 (Arnaud Desjardins, La voie du cœur)

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L'heure juste...

Combien de temps prenez-vous 
pour contempler le monde ?

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dimanche 5 mai 2019

Union musicale

Vous ne verrez ça dans aucun autre pays.
"Allahu Akbar", "Adonaï" et "Ave Maria" à l'unisson devant le Roi Mohammed VI et le Pape François. ☪️✡️✝️
Ce samedi 30 mars à Rabat, l’Orchestre philharmonique du Maroc (OPM) a interprété un arrangement un peu spécial. Des représentants des trois religions monothéistes ont communié en chœur devant Le roi Mohammed VI et le Pape François.
Le muezzin Smahi El Hadni, a prononcé l’appel à la prière musulman (“Allahu Akbar”), accompagné par la chanteuse Françoise Atlan, qui a entonné la prière juive (“Adonaï”) puis rejoint par la chanteuse Caroline Casadesus, fille du chef d’orchestre Jean-Claude Casadesus, qui a interprété l’“Ave Maria” de Caccini.
Ils ont conclu le concert main dans la main.

Cette œuvre fait partie d’une série d'événements lancés par l'Orchestre philharmonique du Maroc en 2016 et baptisée “Les religions à l’unisson”.



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samedi 4 mai 2019

Cercles d'anges


Anges, à partir d'un manuscrit de la kabbale, France, 1536 
(Genève, bibliothèque de Genève ms. FR. 167, f. 105)

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L'arbre à définir ?



Déjà posté en 2008, je vous partage cet extrait de nouveau... avec la voix de Michel Bouquet.
D'autres suivront...

source : le magnifique film de Sophie Bruneau et Marc Antoine Roudil, intitulé "Arbres" (un voyage immobile)

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jeudi 2 mai 2019

NOTRE-DAME de Paris par Annick de Souzenelle





NOTRE-DAME a brûlé,
Le féminin a hurlé.
L'inconscient collectif est interpellé.
Il a fait mûrir le fruit de l'arbre de la connaissance, le dataïsme,
Et nous le mangeons, nous le dévorons.
L'ayant fait mûrir par la voie extérieure sans l'être devenu, ayant donc méconnu les lois qui président aux différents niveaux du réel ainsi violés, nous les avons transgressées.
Nous allons muter.
Toute mutation comporte morts et résurrections.
Nous abordons la face mort, ayant au cœur mémoire de résurrection, mais invités à entrer
d'urgence dans sa dynamique.

NOTRE-DAME est décapitée.
La reine à son tour est détrônée
Et lorsqu'on touche au féminin on touche à l'infini de son devenir.
Nulle révolution ne peut éteindre ce feu.
Et tout discours s'y essayant est coupé net.
C'est au tour du ciel de parler maintenant.
Que rouges et jaunes, noirs et blancs prêtent l'oreille.

Car NOTRE-DAME ne sera plus objet de tourisme
Ni pôle d'attraction olympique.
Elle ne sera plus idole nationale à reconstruire mais conscience éveillée d'un peuple prêt à chercher en lui ce qu'il réclame du dehors, Petit-Poucet en face à face avec l'ogre qui le dévore, la peur.

C'est le dedans qui est à reconstruire, que le dehors en soit le signe !

Annick de Souzenelle

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