jeudi 18 avril 2019

Quand le silence des mots réveille la violence des maux (2)

Les séparations, les pertes

Elles sont vécues à des degrés divers, suivant l’âge et la phase de développement. Souvent l’émotion, les sentiments réels qui s’y rattachent ne sont pas directement exprimés, ne peuvent être dits, le travail de deuil ne peut se faire… et cela va s’inscrire dans le corps, dans un signe, une trace qui se révèlera plus tard à partir d’un petit évènement déclenchant.
Cet homme de cinquante ans raconte avec une émotion intense faite de désespoir et de colère mêlés cet épisode de ses sept ans où au retour de l’école il découvre « Boum Boum » son ami le cochon, éventré contre le mur de sa ferme. Son père avait tué son meilleur ami, son confident. Il se cacha toute la nuit avec un sentiment immense de culpabilité. « Il n’avait pas su protéger son ami ». Et pendant de longues années, aux temps de Noël, il trouvera toujours moyen de se blesser, de se tailler, de se couper, de se mutiler. Son corps porte la trace de nombreuses cicatrices… qui témoignent de son impuissance à sauver son animal préféré, « l’être le plus cher au monde » dans cette période de sa vie.
Cette femme, mère de quatre filles, est allergique « depuis toujours » dit-elle (il faut toujours se demander quand commence le « toujours » dans une vie). Allergie à certaines odeurs et pollen, liée à la perte d’une poupée jetée à la décharge parce que « trop vieille, trop sale ». « Tu ne vas pas garder cette cochonnerie dans ton lit » avait décrété la mère. Et chaque année au mois d’octobre (mois où la poupée avait été jetée), elle produit une sinusite infectieuse, tenace, agressive. Ces traces en elle furent retrouvées, le jour où en rangeant le grenier elle découvrit la première poupée de sa fille et éclata en sanglots, sans comprendre nous dit-elle.
La petite Louise avait neuf ans quand elle perdit sa mère nourricière, la seule mère qu’elle ait connue. Celle-ci avait soixante ans au moment de sa mort et cinquante et un ans plus tard Louise, devenue grand-mère, fit une dépression nerveuse. Elle dira bien longtemps après à son fils: « Tu sais, moi aussi j’avais pensé mourir à soixante ans comme ma mère ».

Les messages anciens de fidélité ou de réparation

Ils se jouent souvent sur le mode de la soumission, de l’identification ou de la dette.
Jean, trente-sept ans, produit plusieurs fois par an des sinusites, des rhumes mauvais qui se prolongent longtemps. Jusqu’à ce qu’il puisse dire à sa mère avec quelques trente ans de retard « la vérité » sur un évènement de son enfance. A sept ans il avait failli se noyer et avait caché cela à ses parents. Ce jour-là, oui, en l’écoutant enfin, sa mère ouvrit ses bras et lui dit: « mon pauvre petit ». Il put pleurer longuement et « lâcher » à ce moment- là toute l’eau angoissante qu’il avait gardée pendant tant d’années… et « lâcher » ainsi ses sinusites chroniques.

Fidélité à des messages anciens, à des engagements à tenir, à des réparations à faire.

Cette ex-petite fille a voulu « redonner » et « offrir » ainsi à sa mère le petit bébé que celle-ci avait péri lors d’une fausse couche, un petit garçon, par exemple, qui aurait comblé de joie la grand-mère; mais dans l’histoire conjugale de ce couple, il n’y avait pas de garçon, « seulement » trois filles… et quelques années plus tard cette femme (l’ex-petite fille) produira un kyste sur l’ovaire gauche (à la table familiale la mère était toujours à sa gauche).
Oui, quand nous écoutons, quand nous acceptons de laisser s’associer tant de signes produits par le corps, nous commençons à entendre des histoires fabuleuses… et pas nécessairement dramatiques.
La mémoire du corps est incroyablement riche et il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle se dise. Il arrive ainsi au corps de hurler dans le silence des mots. Ne dit-on pas « à corps et à cris ». Il va tenter de parler, de lâcher les conflits, de déposer des sentiments trop lourds, des demandes refoulées, des sentiments de dette ou de réparation. Ainsi le corps peut devenir un champ de bataille, extraordinairement fécond par les « discours » contradictoires qui s’y affrontent.
Le dilemme des écoutants et des soignants est le suivant: « Si je soigne, je détruis le symptôme, je bâillonne donc ce qui tente de se dire par cette médiation ». C’est pour cela que la médecine classique qui vise à rétablir le fonctionnement, à supprimer les conséquences d’une infection risque de passer à côté de l’essentiel: entendre ce qui se dit, ce qui se crie, ce qui se débat dans l’expression d’une somatisation.
Très souvent, sans que cela soit nécessairement conscient, il y a quand même réparation symbolique dans la relation avec le soignant. Ce sera à l’occasion d’un geste, d’une parole, d’une association que se rétablira le lien dans une chaîne de signifiants qui échappent à la fois au soignant et au soigné. C’est la qualité de certains thérapeutes d’introduire ainsi dans leur relation des équivalents symboliques qui restaurent cette dimension chez l’autre.

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mercredi 17 avril 2019

Quand le silence des mots réveille la violence des maux (1)

Revue Le chant de la licorne. No 26. 1989
Les maladies sont des langages symboliques avec lesquels nous allons tenter d’exprimer, parfois avec acharnement, avec désespoir… ou parfois avec plaisir ce que nous ne pouvons pas dire avec des mots, avec nos langages habituels, ce aussi à quoi nous n’avons pas directement accès et qui pourtant se crie en nous.
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Si la communication avec autrui (le fait de mettre en commun) est vitale pour chacun, la communication avec nous-mêmes reste essentielle. Il s’agira d’écouter les impacts, sur notre corps et sur notre imaginaire, de notre histoire récente ou passée. Les mots du silence sont aussi violents à l’égard de nous-mêmes qu’à l’égard d’autrui.
Quand on ne peut le dire avez des mots, on va le crier avec des maux
Cette affirmation préliminaire peut sembler un paradoxe et risque de blesser, de heurter et de m’aliéner à tout jamais le lecteur de cet article. Car celui qui est en souffrance pense surtout à se débarrasser de son mal, ce qui équivaut à le bâillonner, donc à ne pas l’entendre.
Nous allons tenter d’en dire plus et de témoigner de notre approche pour une meilleure communication, c’est-à-dire une communication vivante pour des relations en santé. Sur le plan des relations humaines, nous voyons aujourd’hui deux phénomènes apparemment opposés et certainement complémentaires.
– D’un côté une incommunicabilité de plus en plus grande entre les individus (je parle ici de la communication proche, intime, de la communication vitale et non de la communication de masse confondue avec une sur-information, avec une consommation de mots et d’images qui ne nous nourrit pas pour autant). Autour de cette incommunicabilité, de cette difficulté à se dire, à être entendu, à recevoir, il y a une immense souffrance, une infinie détresse assimilée à la négation ou à la dévalorisation de soi (ou de l’autre vécu comme mauvais, inaccessible ou barré) qui conduit à la solitude [1].
– De l’autre côté un intérêt, une recherche de plus en plus exigeante, individuelle, personnelle pour tenter de mieux se connaître, de mieux vivre, d’être un meilleur compagnon pour soi-même et par là même pour autrui. Et cette recherche me semble elle aussi essentielle et vitale car il y va de notre survie. En effet, nous avons peu de prise sur les phénomènes sociaux qui nous environnent (et nous conditionnent). Ce sont les multinationales qui prévoient (sans nous) notre alimentation de demain, nos modes de loisirs, nos habitats et nos éléments de vie. Notre pouvoir réel et personnel sur les options sociales est quasi nul, nous avons peu de maîtrise sur tous ces phénomènes qui nous échappent. Il nous reste un pouvoir potentiel possible, c’est sur nous-mêmes, sur la conduite de notre vie quotidienne et surtout sur ce qui en fait l’intérêt – nos relations proches.
La seule aventure humaine qui nous reste est celle des relations humaines, la découverte de nos possibles et de nos impossibles
C’est sur ce courant que nous souhaitons nous appuyer car notre santé physique s’y trouve liée. En effet, malgré les progrès étonnants, fabuleux de la médecine et de la chirurgie, nous constatons qu’il y a de plus en plus de gens, non pas malades, mais en difficulté, en souffrance physique et psychique (la surconsommation de médicaments est liée à la non-convivialité avec autrui et avec soi-même). La maladie ou la santé ne nous tombent pas dessus comme ça, au hasard.
Les bactéries, les bacilles, les virus ou les accidents, nous les recevons, nous les accueillons et très souvent nous les gardons en les entretenant avec beaucoup de soins! C’est bien notre corps, notre organisme qui les accueille, les entretient ou les rejette. Il serait même possible de dire que nous fabriquons nos affections (ah que ce mot est ambigu).
Nous allons tenter d’illustrer nos réflexions par quelques exemples vécus, recueillis et explorés dans les sessions de formation portant sur le développement et le changement personnel.
Il ne s’agit pas ici de faire ni de la provocation ni de tomber dans des généralisations abusives et donc aveugles mais bien de tenter de comprendre un ensemble de phénomènes dans lesquels nous sommes parties prenantes, non pas sur un mode volontaire mais plus sur un mode interactionnel.
Chacun d’entre nous peut avoir observé, repéré, écouté quelques-uns des phénomènes psychiques, quelques-uns des vécus décrits plus loin et qui se sont inscrits comme des stress, comme des portes ouvertes, comme des appels au soma. Disons-le simplement: les maux (qui deviennent parfois des maladies) sont des langages symboliques avec lesquels nous allons tenter de dire:
* Les conflits intrapersonnels et interpersonnels.
* Les situations inachevées (et en particulier le ressentiment lié à ces situations).
* Les séparations, pertes.
* Les messages anciens de fidélité ou de réparation, de soumission ou de conformité.
Les conflits intrapersonnels et interpersonnels
« Le téléphone sonne et une amie m’apprend que je suis invité à une soirée, qu’elle a même pris un engagement pour moi. Sur le moment je ne dis rien, je réponds des banalités et je raccroche. Dans l’heure qui suit, j’ai des réactions fébriles, ma gorge me fait mal, j’ai tous les symptômes d’une angine… »
Combien d’angines, de grippes ne sont-elles que « l’expression » mise en acte d’un refus qui n’a pu se dire, d’une expression personnelle qui n’a pu trouver son passage pour se faire entendre.
Cette femme a épousé un alpiniste émérite, voire téméraire, qui l’entraîne chaque été sur les plus hauts sommets alpins. Elle suit son mari, mais a une peur terrible de certaines ascensions et surtout, surtout voudrait faire entendre sa demande qui serait de rester… au chalet à lire… à rêver pendant que lui ascensionne. Chaque été elle produit un herpès qui lui mange la moitié de la lèvre… elle « profite » de ce dérangement pour refuser les relations sexuelles [2]. Le jour où elle a pu entrer en conflit ouvert, c’est-à-dire confronter ses besoins réels avec ceux de son mari… et prendre la décision de les respecter, l’herpès disparut totalement.
Michèle, dix-huit ans, vit chez ses parents et sort avec un ami qui est devenu son amant. Elle doit rentrer à minuit moins dix. À chacune de ses sorties, durant le temps de la rencontre, elle se sent malade. « Une barre là, sur le front, des crispations à l’estomac, des crampes dans le bas-ventre. Toute la soirée j’étais mal foutue, vraiment patraque. C’était devenu un fait acquis. Cela s’arrêtait net quand vers onze heure trente je proposais qu’il me ramène. Les dix dernières minutes se passaient bien. On n’a jamais fait l’amour que dans sa voiture, juste avant le retour ».
--------------> à suivre...

mardi 16 avril 2019

Quelques plantes et leurs bienfaits


Je vous conseille l'égopode. Très envahissante et bonne pour notre santé.

Il y a quelques années, j'ai voulu garder le muguet du jardin de ma grand-mère décédée en souvenir. 
Le muguet toxique est mort mais l'égopode que je ne connaissais pas à prospéré. 
Mon ancêtre m'a laissé une belle nourriture abondante ! Merci...



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lundi 15 avril 2019

Au coeur de nous, la terre !

Le documentaire est inspiré du premier livre d’Hubert Reeves, Le banc du temps qui passe. Chacun leur tour, les différents intervenants expriment avec force leurs inquiétudes face à l’accélération de la 6e extinction de masse et à la dégradation de nos écosystèmes qui menacent non seulement les espèces animales, mais aussi l’espèce humaine.
Car, contrairement aux cinq extinctions précédentes, celle-ci a la particularité d’être entièrement générée par l’activité humaine. Tous s’accordent ainsi à dire que l’être humain doit arrêter de se prendre pour le « le chef-d’œuvre de la création » et doit redescendre de son piédestal.
Dans un entretien qu’il vient d’accorder à Radio-Canada, Hubert Reeves explique :

« Beaucoup de personnes considèrent qu’en fait on est déjà en plein dans cette 6e extinction. Mais ce n’est jamais trop tard. C’est trop tard quand on dit que c’est trop tard.
Maintenant, depuis quelques années, il y a des avancées dans la restauration de la situation, il y a des éléments positifs un peu partout, il y a un enthousiasme qui se réveille. On le voit chez les gens, dans les mairies, dans les compagnies, partout on sent qu’il y a une prise de conscience de l’extrême importance de cette situation.
Et c’est un petit peu le but de ce livre, et d’autres livres, c’est que les gens sachent ce qui se passe, sachent pour être en mesure ensuite d’agir. C’est une question d’attitude. C’est l’attitude à prendre quand on sait qu’on est en danger et qu’on sait que si on continue comme ça et qu’on ne bouge pas rapidement, là ça risque d’être foutu.
Pour l’instant, il y a encore un avenir, l’avenir sera certainement plus austère que ce que nous avons eu dans le passé, mais je crois que l’important, c’est que chacun soit dynamique, soit positif, soit combattant, comme il importe de combattre quand on sent qu’une situation est très tendue, et que ça pourrait aller beaucoup plus mal.
(…)
Il faut savoir que, non seulement notre lieu d’habitation, mais l’espèce humaine elle-même est en danger. C’est ça le message que j’essaie de faire passer. »
Le documentaire La Terre vue du cœur de Iolande Cadrin-Rossignol est à retrouver à l’affiche dans les cinémas à travers le Québec dès ce vendredi 13 avril. Les dates de la sortie en Europe n’ont pas encore été communiquées.

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dimanche 14 avril 2019

Germe d'éveil




« Chaque être humain porte, enfoui en lui, un germe d’éveil, dans un état latent. Pour parvenir à la symbiose avec tous les êtres, tout l’espace, et finalement ne faire qu’un avec l’infiniment vaste, ce potentiel d’éveil doit être développé. Mais la plupart des personnes l’ignorent ou ne s’en préoccupent guère. Swâmi Prajnânpad disait d’ailleurs : “L’homme a des possibilités infinies, mais des probabilités limitées” ! Nourrir le germe d’éveil est le but de la vie humaine. C’est à cela que sert la méditation : calmer son individualité, apprendre le détachement, donner de l’attention et de l’énergie pour nourrir cette possibilité d’éveil. Ne pas le faire, c’est passer à côté du vrai sens de la vie. » 

Denise Desjardins, Contre vents et années(Photo : couverture du livre "Le défi d'être")

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samedi 13 avril 2019

La liberté des émotions




J'ai écrit pour le magazine 3e Millénaire (dernier numéro) un article sur les émotions comme accès direct à notre être profond.
Les émotions sont sous-estimées à mon sens par trop de voies spirituelles, quand elles ne sont pas tout bonnement évincées. Pourtant, en tant que création et reflet direct du vivant, elles sont une voie d'exploration extraordinaire de la réalité. Elles ont été et restent pour moi une des portes les plus puissantes vers ma propre liberté.
Petit extrait :
"Nous croyons tenir la réalité, l’émotion, en être le-la propriétaire et pouvoir en faire ce que bon nous semble. Mais cette réalité n’a pas de propriétaire. En explorant la réalité de l’émotion en moi, il est une évidence qui s’est rapidement imposée : l’émotion est intrinsèquement libre, c’est sa nature même, elle connait le chemin de sa propre émergence et résorption, et je n’ai sur elle aucun pouvoir, ni contrôle. Cette liberté est intrinsèque à l’existence même, elle nous est intrinsèque, mais si nous n’avons pas accès à cette réalité dans l’immédiat, nous pouvons l’observer plus facilement avec l’émotion qui exprime sa propre liberté régulièrement en nous. L’émotion est comme un cheval sauvage que l’on voudrait dompter. Parfois on réussit à l’enfermer, à la refouler, à la cacher dans les tréfonds de notre inconscient. Mais toujours elle ressurgit, sous une forme encore plus rugissante si on l’a enfouie, ou sous une forme dépressive, si on l’a retournée contre soi. Face à cette liberté, notre seul pouvoir est d’abdiquer profondément en nous-même tout pouvoir à son encontre".


Seve Millet
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vendredi 12 avril 2019

Respiration printanière


Dans le système des 5 éléments, le métal coupe le bois. Donc respirer permet de laisser monter la sève nourricière en soi... 





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jeudi 11 avril 2019

Ne pas manquer d'air...




" Tout, sur cette terre, est décidé par les gens, mais la bonté n'est là que quand la personne accepte de s'effacer. Voilà pourquoi je ne m'intéresse pas aux chefs-d'œuvre de la peinture ou de la littérature. Moi, j'aime bien prendre ce que les autres laissent. Comme cette phrase de William Blake : " Il n'y a rien de plus grand que de laisser quelqu'un passer devant soi." 

Il s'agit de ramener dans ce monde l'air qui lui manque en s'oubliant pour l'autre."
La lumière du monde
 Christian Bobin

mercredi 10 avril 2019

Moment de la mort avec Eric Baret

Eric Baret : "Le corps et la pensée sont complètement conditionnés. La seule liberté, c'est de voir ces conditionnements ! "

...Vous disiez que les gens, avant de mourir, vivaient très souvent ce pressentiment d’éternité…

Si l’on n’a pas actualisé la présence fondamentale pendant la vie corporelle, le moment de la mort peut être vécu comme une opportunité. Un certain nombre de gens ont la capacité d’accepter leur mort sans émotion. S’ils ne parlent plus d’argent, de ce qu’ils vont laisser; s’ils laissent leur famille disparaître, s’ils laissent leurs rêves disparaître, s’ils laissent leur nom disparaître, cela veut dire qu’ils arrivent à l’humilité. Mais on meurt généralement comme on a vécu. Si l’on a vécu dans la peur on meurt avec la peur: Si l’on a vécu librement, on meurt librement. On ne peut pas fabriquer le moment de la mort.

N’avez-vous pas dit aussi que le moment de la mort semblait plus important que celui de la naissance?

Il n’y a pas de mort. Il n’y a pas de naissance. Ce sont des concepts. La seule véritable naissance, du point de vue traditionnel, c’est le moment où le pressentiment d’être brûle votre structure. Mais la naissance, ce qu’on appelle la naissance physique, c’est un accident. Votre mère rencontre votre père, ou l’inverse, et vous naissez. Il n’y a rien de libre là-dedans. Quand vous lisez Maître Eckhart ou Muhyi I-din Ibn Arabi, vous sentez l’autonomie. Se rendre compte de cette liberté, c’est la seule naissance. Et là, il n’y a pas de mort. Le reste, c’est du romantisme.

Extrait du livre épuisé de Colette Chabot « A moitié Sage », édition Quebecor 1997 et qui avait pour base des interviews de la télévision communautaire de Montréal 

dimanche 7 avril 2019

Prise en flagrant délit...

Jean 8, 1-11 
En ce temps-là, Jésus s'en alla au mont des Oliviers. Dès l'aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu'on avait surprise en situation d'adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. 
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus s'était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s'en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. 
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t'a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »


ronique Margron:
 ...La femme se retrouve libérée.  Libérée du jugement des hommes et peut-être de son propre jugement, comme en miroir aux leurs. « Déliez-le et laissez-le aller », dira plus loin Jésus aux siens à propos de Lazare (Jean 11, 44). Voilà la vérité de la Loi. Jésus délie et laisse aller ceux qui se croyaient perdus, accusés, pécheurs... Tous ceux que l'on voulait enfermer dans les tombeaux de la culpabilité et du jugement réprobateur des bien-pensants. Ces hommes appartiennent au monde des ténèbres en prétendant détenir le vrai contre l'humain ; un « vrai-faux » qui fait mourir. Et Jésus, qui ne veut rien avoir à faire avec eux, ne les condamne pas davantage. Ils repartent d'eux-mêmes. Espérons que cette mise en face de leur mensonge les aura changés. Rien n'est moins sûr, puisque plus loin les mêmes, exaspérés, « ramassèrent alors des pierres pour les lui jeter » (Jean 8, 59). Au moins une femme n'en fera plus les frais.
« Va, et désormais ne pèche plus. »  Étrange finale pour une femme dont rien ne dit qu'elle était coupable de quoi que ce soit. À moins qu'il soit possible d'entendre cette parole comme une promesse d'avenir : ne plus se croire jugée par Dieu, moins encore condamnée, pas plus que par elle-même. Ne plus se vivre exclue.
 source : La Vie

samedi 6 avril 2019

Comment nous arracher aux visions tragiques ?



Parmi toutes les statistiques affolantes qu’on nous présente à longueur d’année, quelle est la courbe qui vous fiche le plus le blues ? Celui de la fonte des pôles et de la montée des océans ? Ou celui de la température, avec ses vagues de sécheresse saharienne jusqu'en Suède et ses prochaines coulées de glaciations jusqu'en Floride ? Ou encore celui de la généralisation des cyclones géants ? Ou plutôt celui de l’empoisonnement des terres et des mers ? La disparition des milliers d’espèces animales, petites ou grandes ? Ou serait-ce plutôt la courbe de la surpopulation, avec derrière elle, celle de l’inégalité croissante entre les humains ? Mais stop !
Nous pourrions affirmer avec un aplomb équivalent que la peur d’une fin du monde est aussi ancienne que l’humanité, et rappeler les innombrables annonces apocalyptiques égrenées tout au long de l’histoire… qui ne se sont jamais produites. Chaque fois pourtant, les hommes et les femmes des époques considérées ont cru dur comme fer que le ciel allait leur tomber sur la tête. S’ils s’en sont finalement toujours sortis, c’est que, chaque fois, a surgi une donnée qu’ils ne pouvaient pas prévoir. « L’imprévisible est notre meilleure planche de salut », dit le philosophe Edgar Morin…

Comment nous arracher aux visions tragiques et nous persuader qu’une fois de plus l’imprévisible surgira pour nous aider à traverser les épreuves qui nous menacent ? Jamais autant qu'aujourd'hui l’humanité ne s’est rendu compte que, de toutes les créatures, elle était la seule à posséder le gouvernail d’une volonté. Tous les autres êtres vivants sont intelligents et sensibles – sinon, ils ne survivraient pas –, mais nous avons le redoutable privilège d’être libres de vouloir… ou de ne pas vouloir.
Disons-le sans illusion : une grande partie de nos existences est déterminée par des forces et des pulsions que nous ne contrôlons pas. Mais une petite partie au moins peut-être dirigée par notre conscience. Telle est la porte étroite par où passe notre avenir. Nous pouvons, pour une petite part, mettre en application la fameuse phrase prononcée par tant de sages : « Si tu veux changer le monde, commence par te changer toi-même. »

Aujourd'hui, les scientifiques de pointe, notamment en neuropsychologie et en épigénétique, le démontrent : selon la façon dont nous vivons, nous comportons et nous exprimons, nous n’avons littéralement pas le même corps, ni la même descendance, ni la même influence sur les autres et sur le monde. Qu’attendons-nous pour nous mettre au diapason de la Vie ?" 

Source : Nouvelles Clés

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