samedi 19 septembre 2015

Au coeur du silence...




Le silence est quelque chose qui vient de votre cœur, pas de l'extérieur. 


Silence ne signifie pas ne pas parler et de ne pas faire les choses; cela signifie que vous n'êtes pas dérangé à l'intérieur. 


Si vous êtes vraiment silencieux, alors peu importe dans quelle situation vous vous trouvez, vous pouvez apprécier le silence.




Thich Nhat Hanh



vendredi 18 septembre 2015

Fabrice Midal : "On ne peut séparer le corps et la psyché"

Selon le philosophe et fondateur de l'École occidentale de la méditation, l'hypnose et la méditation nous font percevoir l'unité de notre être.

Quel rapport y a-t-il entre hypnose et méditation ? La première est une voie thérapeutique occidentale, la seconde est une discipline spirituelle venue d'Orient. Pourtant, malgré leurs histoires très différentes, elles présentent bien des points communs.

Premier point de rencontre : la guérison n'est pas le fruit d'un effort de la volonté, mais vient lorsqu'on cesse de tout vouloir organiser, gérer et dominer. C'est pour la plupart d'entre nous une affirmation surprenante, voire irritante. Si nous ne contrôlons pas les choses, nous avons l'impression d'être passifs. Or il n'en est rien. Ne rien faire de manière vraiment « active » nous pose de façon plus juste dans notre existence. Autrement dit, il ne s'agit pas de ne « rien faire » mais de cesser d'empêcher le mouvement de la vie de se déployer. Deuxième idée forte : réfléchir à nos problèmes nous égare bien souvent. Lorsque nous avons une difficulté, nous avons le sentiment que c'est en y réfléchissant encore et encore qu'une solution va apparaître. L'hypnose comme la méditation nous apprennent à nous poser dans la simplicité de notre être et à faire confiance. Quelque chose en nous sait quoi faire et ce n'est pas notre esprit habituel et étroit. Pour lui donner droit, il faut accepter que nous ne sommes pas d'abord des êtres intellectuels, mais des vivants. Chercher à entrer en soi pour se comprendre, loin d'éclairer, ne fait qu'égarer. Et c'est la troisième idée clé : l'hypnose comme la méditation visent à mettre un terme à la quête narcissique. Dans les deux cas, l'invitation est d'entrer de manière radicale, sans parachute, en rapport avec ce qui est, exactement tel qu'il est.

Enfin, la méditation et l'hypnose sont tout à fait étrangères à l'idée de psychologie, aujourd'hui dominante et même écrasante. François Roustang, référence en matière d'hypnose, dénonce dans ses ouvrages et en particulier dans Savoir attendre (Odile Jacob) l'impasse de la psychologie. Celle-ci prétend qu'il existe quelque chose comme une psyché séparée du corps - qu'il serait possible de connaître. Une telle croyance ne fait que déchirer l'unité de notre être et participer à la cause de notre malaise. L'hypnose comme la méditation sont tout autant une expérience « corporelle » qu'une expérience de l'esprit. Elles nous montrent combien notre manière de séparer ces deux champs nous prive de l'unité de notre être. Le mieux-être s'obtient en redevenant enfin un être vivant, pleinement incarné, posé dans son être.

> À lire
Simplement être là, le cœur grand ouvert, de Fabrice Midal, Grand Est, avec un DVD inclus offert.


jeudi 17 septembre 2015

Extrait d'une interview de Guy Béart

Actualité Juive l'avait rencontré en novembre 2010... extraits :

«Pessimiste gai» : cet oxymore vous correspond-il ?


G.B. : J’ai quatre-vingts ans et aujourd’hui, je suis plutôt plein d’espérance et toujours gai. Il faut relire l’Ecclésiaste, l’un de mes livres de chevet. C’est un livre poétique qui nous montre que tout recommence interminablement. La Bible m’a appris l’amour et la foi. Mieux vaut garder l’espérance. Que recommandent les dernières pages de l’Ecclésiaste si ce n’est d’aimer la vie ?

Vous êtes né au Caire. On dit que votre nom d’origine est Béhar...

G.B. : C’est ce qui est indiqué sur Internet mais je n’en sais rien. Ma mère m’a enseigné les rituels juifs que je connais très bien. Moïse, pour moi, représente le devoir. Dans ma Bible est marqué que D’ieu dit plusieurs fois à Adam et Eve : «Croissez et multipliez». Pourquoi, me suis-je demandé, avoir utilisé deux verbes pour dire la même chose alors que la Bible cultive un style très concis ? La vraie phrase est en fait «Croissez en nombre et multipliez en sagesse», ce que m’a confirmé mon ami Raphaël Draï. Or, depuis la Mésopotamie, on a augmenté le nombre, mais on n’a pas augmenté la sagesse. Moi, j’ai peur des foules. Il y a d’ailleurs quelque part dans l’Exode : «Ne suivez pas le nombre». D’où ma chanson «Le premier qui dit la vérité...». Elle parle de «La foule sans tête», manipulée.

Quelle part de judéité avez-vous transmise à vos enfants dont la plus célèbre, Emmanuelle ?

G.B. : C'est dans mes chansons, où je pèse chaque mot, que j'exprime au mieux ma vérité. Dans «Messies, Mais si !» en 1973, je dis que l’'islam pense qu'il n'y aura pas de Messie. Le christianisme, qu'il est déjà venu, mais doit revenir. Le judaïsme, qu'il doit venir. Je pense que c'est une incitation à ce que chaque être humain se comporte en messie afin de sauver les autres. À mes enfants, j’ai parlé des rites qui, selon moi, sont ce qu’il y a de plus important. Connaissez-vous l’histoire du rabbin qui arrive dans une communauté ? Il rencontre un Juif et lui demande s’il croit en D’ieu. L’autre lui dit qu’il lui répondra une autre fois. Le lendemain, le rabbin lui pose à nouveau la question et l’homme ré- pond par la négative. «Pourquoi ne m’as-tu pas répondu hier ?» demande le rabbin. «Parce que c’était Shabbat !». J’aimerais terminer sur un Proverbe que j’aime particulièrement : «Ecoute, mon fils, les règles de ton père mais n’oublie pas la Thora de ta mère».


mercredi 16 septembre 2015

Témoignage d'Armelle Six




Savoir qu'on est rien, c'est la sagesse.
Savoir qu'on est tout, c'est l'amour.
Et entre les deux, la vie suit son cours...



mardi 15 septembre 2015

Exercice de présence à répéter...




« Nous avons oublié ce que les pierres, les plantes et les animaux savent toujours. 
Nous avons oublié comment être ; être calme, être nous-mêmes, être où la vie se trouve : 
ici et maintenant. »



lundi 14 septembre 2015

Arnaud Desjardins: "Etre situé du côté du ciel."


Quand je reçois des personnes, j'insiste souvent sur le fait de regarder les pensées qui créent des distorsions par rapport à la réalité de l'instant du corps... 
Arnaud Desjardins écrit à ce sujet. Qu'en pensez-vous ?

« Et si j'essaie de ne plus penser ? Juste d'être, mais d'une conscience absolument pure, pure, qui ne contienne rien d'étranger, absolument libre. Inévitablement la pensée vient faire son commentaire et m'accompagne : "Et voici qu'un grand silence s'établit à l'intérieur de moi..." Je me passerais bien de ce commentaire-là. "Et voici qu'un calme nouveau apparaît dans mon cœur..." Je me passerais bien de cette pensée-là. "Et voici que je suis un peu fatigué, cela gêne ma méditation." Encore un autre type de pensée !

Considérez la pensée comme une certaine manière de prendre conscience des phénomènes. La libération (état de conscience suprême), en fait, n'est pas incompatible avec les phénomènes. Vous pourriez être parfaitement, totalement libres même s'il y a encore des sensations de malaise, même s'il y a encore une pensée qui passe, même s'il y a encore tout ce qui vous fait dire que vous n'êtes pas libérés. C'est encore une pensée de constater: "Ah, ça y est, ce n'est pas pour aujourd'hui ; ça y est, je ne me sens pas bien - donc c'est contraire à la libération ! Ces pensées-là ne devraient pas venir si j'étais dans l'état suprême." C'est cela qui vous empêche d'être libérés : de penser que ces pensées ne devraient pas venir, de penser que ces sensations ne devraient pas venir, de penser que ces émotions ne devraient pas venir, de penser quoi que ce soit au sujet de la libération. Si vous pouviez vous abstenir du moindre commentaire, si vous pouviez ne plus faire de différence entre libération et non-libération, vous seriez à l'instant même libérés. Et si cette différence ne revenait jamais plus, eh bien cette libération ne serait plus jamais voilée ou recouverte.

Considérez la libération comme un état - ou plutôt une absence d'état, ou un état au-delà de tous les états - qui est ou n'est pas recouvert. C'est tout. Comme le ciel bleu. Aujourd'hui nous ne voyons pas le ciel bleu, les ombres ne sont pas marquées, le soleil est entièrement caché par les nuages, pourtant nous savons bien que, derrière les nuages, le ciel bleu est là. Les nuages s'écartent un instant, nous voyons le ciel ; les nuages reviennent, nous ne le voyons plus. Mais le ciel bleu est toujours là. Ce qu'on appelle communément un "état de conscience supérieur" ou même un des différents états de "samadhi" reconnus et classés par l'Inde, c'est un moment où les nuages se sont un peu dissipés et où nous avons découvert un peu de ciel bleu - et puis les nuages reviennent et le ciel bleu disparaît. Ou bien les nuages reviennent mais le ciel bleu ne disparaît plus, parce que nous sommes situés à dix mille mètres d'altitude, c'est-à-dire que les nuages sont en dessous de nous, et non plus entre nous et le ciel bleu. Voilà la libération : être situé du côté du ciel et regarder passer les nuages qui ne vous voilent plus ni le ciel, ni la lumière du soleil. Et ces nuages, ce sont uniquement des pensées. Les souffrances sont des pensées, c'est-à-dire des formes de votre conscience. Revenez toujours à ceci. Ces nuages, ce sont uniquement des pensées.

Vous n'êtes prisonniers de rien d'autre que de vos pensées. Vous n'avez à vous libérer de rien d'autre que de vos pensées. Voilà la vérité. Et vous n'avez pas d'autre problème que celui de vos pensées. Vous n'avez aucun problème, ni avec votre santé, ni avec votre métier, ni avec votre patron, ni avec vos enfants, ni avec votre femme, ni avec votre voisin, ni avec votre propriétaire, ni avec le maire de votre commune.
Vous n'avez qu'un seul problème : un problème entre vous et vos pensées... »

Arnaud Desjardins



dimanche 13 septembre 2015

Vijaya Gascon : "une énergie supérieure habite mon temple intérieur"


Rencontre avec une hindoue qui puise dans les textes sacrés (la Bhagavad-Gita) une hygiène spirituelle au quotidien. 


... Je crois en l'existence d'une énergie supérieure, sans pouvoir lui donner de visage. Il m'arrive souvent de sentir une force en moi, notamment dans les épreuves. Cette force, je l'ai trouvée lors de la mort de mon père alors que j'étais âgée de 12 ans. Ce douloureux événement m'a inculqué la certitude qu'il n'était ni vain ni dû au hasard : si cette mort advenait, c'est que quelqu'un, quelque part, était convaincu que j'aurais la force de l'affronter. C'était à moi de trouver cette source, cette énergie. Une telle attitude m'a considérablement aidée pour le restant de mon existence. Je trouve beau de penser que la mort charnelle n'est pas une fin. Tout n'est que continuité grâce à la réincarnation. Cette croyance me permet de rester positive ; de ne pas tomber dans une dépression liée à la perte de l'être cher mais de le laisser partir avec sérénité car il a joué ce qu'il avait à jouer sur cette Terre. Je ne suis pas maître de sa vie future. De même, peu importe ce en quoi je me réincarnerai puisque je ne détiens pas la vérité. Ce mystère ne m'effraie nullement, au contraire. Depuis 20 ans que je côtoie la France, je me sens encore loin de cette mentalité fataliste et cartésienne, cherchant une réponse rationnelle à toute chose. L'hindouisme nous incite à mener une vie correcte et à sans cesse nous interroger sur le rôle que nous avons à remplir. Tout l'enjeu est de donner le meilleur de soi-même chaque jour, sans attendre de résultat, sur lequel nous n'avons aucun pouvoir. Et de ne pas trop s'attacher aux choses passagères.

Si quelqu'un m'avait déroulé ma vie à l'avance, les joies, les doutes, les douleurs n'auraient sans doute pas eu la même saveur. Ce n'est pas le but qui est intéressant, mais le chemin parcouru. Aujourd'hui encore, je ne considère pas les situations douloureuses comme des échecs. Pour savourer les victoires, je pense qu'il faut toucher le fond.

Cet itinéraire affranchi des normes et guidé par ce désir de suivre ma voie, je l'ai arpenté en veillant à ne jamais blesser personne. Mes filles sont désormais indépendantes, et je sais qu'elles sont capables de mener une vie sans moi, heureuses. J'ai l'impression d'avoir accompli mes tâches : être en paix avec moi-même, ne rien regretter et sentir que ma famille et moi-même sommes respectées en Inde. Si je quitte la Terre demain, cela sera dans la sérénité intérieure.

source : La Vie

samedi 12 septembre 2015

Porte instantanée...



"A la mort de chaque instant, tu peux entrer dans l'Eternité.

Chaque instant - voire l’instant de l’instant - est une porte ouverte vers l'éternité.

Il n'y a pas d'instant sacré, mais chaque instant est sacré."


Dialogue avec l'Ange


jeudi 10 septembre 2015

Accueil du présent...



When Love itself comes to kiss you, 
don't hold back!! 

 Rumi
  ❤ 

(Quand l'amour lui-même vient de t'embrasser, ne te retiens pas !! )


mercredi 9 septembre 2015

Voyage vers l’unité intérieure avec Jean Vanier


Si quelqu’un commence le voyage vers l’unité intérieure, le pèlerinage vers la terre promise, c’est qu’il y a eu un moment où son être profond a été touché. Il a fait une expérience fondamentale, comme si la pierre de son égoïsme avait été frappée par le bâton de Moïse et que l’eau avait jailli, ou comme si la pierre qui fermait le tombeau avait été enlevée et que l’être profond avait pu sortir. 

C’est une expérience - peut-être encore bien faible - de renaissance, de libération, de pardon, d’émerveillement; un temps de fiançailles avec l’univers, avec la lumière, avec les autres et avec Dieu. 

C’est une expérience de vie où l’on se perçoit fondamentalement un avec l’univers et avec Dieu, tout en étant totalement soi-même dans ce qu’on a de plus vivant, de plus lumineux, de plus profond. 

C’est la découverte qu’on est une source jaillissant en vie éternelle. 

 Jean Vanier, 
Communauté lieu du pardon et de la fête



mardi 8 septembre 2015

Vérité avec Douglas Harding


"Je vous suggère de ne pas vous inquiétez des pensées, mais de regarder la vérité . La vérité c'est que ce visage dans le miroir est pour les autres. Ici, vous êtes cet immense espace pour accueillir tout ce qui est. 

Les pensées concernent le monde ; les pensées sont là dehors avec votre tête, et les sentiments aussi ; il y en a partout là-dehors. Mais ce qu'il faut voir c'est ce qui est ici et qui reçoit tout cela." 

Douglas Harding


"La véritable expérience c'est de voir que nous ne sommes pas face à face, mais face à espace. J'accueille le visage de l'autre à partir du vide ici. Si ce vide n'est pas perçu, la relation est basée sur une illusion."




lundi 7 septembre 2015

Conseils d'Eric-Emmanuel Schmitt



Pratiquez l'empathie

Quand une personne vous agresse, elle parle d'elle, pas de vous. Répondre par l'empathie est une manière de se débarrasser de la violence, mais aussi d'intervenir sur cette dernière en la faisant diminuer. Immédiatement, dépassez donc la situation en vous positionnant en tant que soignant et non en tant qu'agressé. Mettez-vous à la place de l'autre et demandez-vous ce qui a pu le conduire à cet état. Questionnez-le, écoutez-le, et dites-lui bien que vous comprenez. Lorsqu'un enfant pleure ou crie, on lui demande spontanément ce qu'il a. L'adulte, qui est censé être fait, fini, complet, se trouve souvent dans une grande solitude émotionnelle, car il ne sent en face ni compassion ni intérêt.

Acceptez la souffrance

Je crois que la clé du bonheur tient dans l'acceptation de nos malheurs et tristesses. Intégrez-les dans la trame de votre existence, en y consentant lorsqu'ils surgissent. C'est grâce à Mozart que j'ai compris cette leçon de sagesse. Écouter un adagio ou un andante, c'est réaliser que l'on n'est pas seul à souffrir, mais aussi qu'il nous faut aimer cette tristesse. Lorsque je perds un être cher, je n'essaie plus de nier ma douleur, de la recouvrir pour garder la face. Je me donne entièrement à cette souffrance : d'abord parce qu'elle est une dernière façon d'aimer, et ensuite parce c'est une manière de dire oui à la vie, à ma condition d'homme.

Cultivez la joie et l'étonnement

Ne stagnons pas dans la tristesse ! Comme tout, elle passe. Cultivez la joie par un décentrement. Le moi est haïssable ; éloignez-vous de vous-même et laissez-vous émerveiller. Cette joie et cet émerveillement sont les couleurs de ma foi. Mozart a mis toute une vie à retrouver un esprit d'enfance - que nous retrouvons dans la Flûte enchantée, composée alors qu'il est au bord de la mort -, dans un cheminement de simplification et de perfection. Cet esprit d'enfance n'est en rien régressif. Il est faculté d'étonnement, première vertu philosophique chez Platon. Il a l'humilité de savoir qu'il ne sait pas... et de questionner.
(source : La Vie)