mardi 30 juin 2015

Prisonnier du temps...

"Le temps fuit inexorablement pendant que nous restons prisonniers de notre quotidien dérisoire"
Virgile


« Il faut parfois passer par des drames pour s'en rendre compte. Moi, ça a été la perte, en quelques mois, de mon père et de mes grands-parents, qui m’ont élevé. Cela m'a fait brutalement réaliser le côté précieux de la vie. Depuis, tous les jours en me levant, je m'efforce de penser à cette phrase de Virgile, pour ne pas oublier que chaque heure, chaque seconde que “j’avale” est exceptionnelle. Et je vous jure que ça fonctionne : introverti et nerveux de nature, j'ai longtemps eu tendance à me plomber le moral en entretenant en moi une colère. Mais je me suis rendu compte que je pouvais, au contraire, m’aménager une journée extraordinaire en gardant cette vérité à l’esprit. L’apaisement, on le trouve en apprenant à accepter les choses exactement telles qu’elles se présentent. En apprenant à faire avec la réalité de la vie. »

Akhenaton


Virgile : Poète latin (v.70-19 av. J.-Ç.). Cette citation est extraite des Géorgiques (Éditions de l’Écluse, 2007).
Akhenaton, chanteur du groupe IAM


dimanche 28 juin 2015

Méditation et vie quotidienne avec Jacques Castermane


En 1938, au Japon depuis quelques mois, Graf Durckheim entre dans le monde du zen en pratiquant la méditation de pleine attention (zazen) et l’art du tir à l’arc (Kyudo).
Son maître, Umeji Roshi, lui pose la question : « Alors, Graf Durckheim, quand pratiquez-vous ? »
Graf Durckheim répond, non sans une certaine fierté : « Cher Maître, je pratique chaque matin une demi-heure ».

Le visage du maître exprime un désappointement qui étonne le docteur en philosophie : « Vous pratiquez une demi-heure chaque jour ! Alors vous n’avez encore rien compris à ce qu’on appelle le zen. Il faut pratiquer toute la journée ! ».
En me racontant cette anecdote Graf Durckheim ajoute : « Il est clair que si je lui avait dit : - Je pratique toute la journée -, il m’aurait aussitôt répondu que, dans ce cas, je donnais la preuve que je n’avais encore rien compris, parce qu’il faut pratiquer une demi-heure chaque jour ! »
Cette anecdote attire notre attention sur la relation entre l’exercice de la méditation (une demi-heure chaque jour !) et l’exercice de l’attitude méditative dans le quotidien (toute la journée !).

L’objectif de nos actions dans la vie quotidienne concerne notre relation au monde extérieur. Ces actions sont le plus souvent effectuées sans attention particulière à notre manière d’être, à notre attitude.
La pratique méditative dans le quotidien, sans laquelle la méditation de pleine attention exercée chaque matin n’a pas de sens, exige que nous devenions conscient de notre manière d’être - en tant que corps (Leib) - en faisant cette action. Parce que si l’action engagée a à faire avec ma vie dans le monde extérieur, ma manière d’être - en tant que corps (Leib) - a à faire avec ma vie intérieure, mon vécu intérieur.

Par exemple : chaque matin, pour rejoindre ma voiture à l’endroit où elle est parquée, il me faut marcher une centaine de mètres. Ces cent pas sont perdus si je ne donne à cette action que le but de prendre ma voiture. Par contre, ces cent pas peuvent être l’occasion de me mettre en ordre intérieurement. Comment ? En répondant aux intentions de l’être qui, chaque fois que nous marchons, à chaque pas, nous invite à exercer cette action dans la tenue corporelle juste, la forme corporelle juste et le rythme juste.

Voilà de quoi exaspérer toute personne qui s’appuie, dans sa quête d’un mieux-être intérieur, sur les produits de l’activité mentale (Mind). L’homme identifié à l’idée : « Je crois que je suis ce que je pense que je suis », ne peut pas se fondre dans cette part de lui-même, sa propre essence, qui est le domaine du calme, de la confiance, de la paix intérieure. Ces qualités d’être ont leur source dans le corps vivant (Leib).
« Le corps vivant (Leib) n’est, sur le plan de la personne, ni un organisme physique détachable du sujet ni un instrument fonctionnant plus ou moins bien au service du moi profane. Il est l’unité d’attitudes et de gestes à travers lesquels l’homme prend forme et, en tant que telle, se réalise ou ... se manque. » (K.G.Durckheim)

Jacques Castermane


jeudi 25 juin 2015

Ondes en action...


Si une relation d'interdépendance nous lie à chaque chose et à chaque être, la moindre de nos pensées, paroles ou actions aura de réelles répercussions dans l'univers entier.

Lorsque vous lancez un caillou dans une mare, sa chute produit des ondes à la surface de l'eau, et ces ondes se fondent les unes dans les autres pour en créer de nouvelles.

Tout est inextricablement lié. 
Nous en viendrons à comprendre que nous sommes responsables de chacun de nos actes, de nos paroles et de nos pensées, responsables en fait de nous-mêmes, de tous les êtres et de toutes les choses, ainsi que de l'univers entier.



~ Sogyal Rinpoché – 
extrait du chapitre 3 du Livre tibétain de la vie et de la mort


mardi 23 juin 2015

Au cœur de l'infini avec Marc Vella


L’exigence de la perfection met au pinacle des femmes et des hommes d'exception que la foule adore.
Mais pour quelques-uns encensés, combien sont ignorés, méprisés, oubliés, démolis ?
Mesurons là tout le gâchis d’humanité.
Ne cherche pas à être parfait, ne cherche pas à faire bien pour être meilleur qu’un autre.
Cherche à faire au mieux pour toi et offre humblement cela au monde.
Pour ça, sois, simplement.
Etreins, avec délicatesse, ce que tu es ; et ce que tu es est magnifique.
N’en doute pas.
Tu es un être spacieux, déjà réalisé.
Retiens ceci : tu es de l’or pur.
Quand tu fais quelque chose, mets tout ton cœur, juste cela.
En vérité, l’acte réalisé avec ta pleine présence suffit.
Tu verras alors que dans l’imperfection de ton trait, de ton geste, de ton mot, de ton verbe, il y aura tout le vibrant de la vie.
Regarde dehors, une forêt, observe les branches d’un arbre : sont-elles parfaitement courbes ou droites, sont-elles parfaitement douces et lisses ? Non, elles sont tordues et rugueuses. Regarde partout dans la nature, tout est incertain et libre et c’est cela qui est bouleversant.
Et c’est parce que tu es imparfait que tu es si bouleversant. Ton imperfection est miroir de la perfection.
Alors n’aie plus honte d’être qui tu es.
Dans l’écoute de toi-même, affine-toi,
jusqu’à comprendre que, dans ta faille, se trouve toute l’aventure de ta vie.
Vole !
N’aie pas peur de l’abîme car l’abîme, c’est Le grand rendez-vous.
Dans ta souveraineté enfin retrouvée, tranquillement, accorde-toi la totalité de la vie, souris, déploie avec douceur tes ailes et vole vers ton soleil.
Il se peut que tu n’y arrives pas tout de suite, mais ne t’inquiète pas ; tu as le temps, car l’infini habite ton cœur.


Marc Vella


(merci à Evelyne pour la découverte de ce texte.)

lundi 22 juin 2015

L'art des petits pas d'après Antoine de Saint-Exupéry

« Seigneur, apprends-moi l'art des petits pas.
Je ne demande pas de miracles ni de visions,
Mais je demande la force pour le quotidien !
Rends-moi attentif et inventif pour saisir
Au bon moment les connaissances et expériences
Qui me touchent particulièrement.
Affermis mes choix
Dans la répartition de mon temps.
Donne-moi de sentir ce qui est essentiel
Et ce qui est secondaire.
Je demande la force, la maîtrise de soi et la mesure,
Que je ne me laisse pas emporter par la vie,
Mais que j'organise avec sagesse
Le déroulement de la journée.
Aide moi à faire face aussi bien que possible
A l'immédiat et à reconnaître l'heure présente
Comme la plus importante.
Donne-moi de reconnaître avec lucidité
Que la vie s'accompagne de difficultés, d'échecs,
Qui sont occasions de croître et de mûrir.
Fais de moi un homme capable de rejoindre
Ceux qui gisent au fond.
Donne-moi non pas ce que je souhaite,
Mais ce dont j'ai besoin.
Apprends-moi l'art des petits pas ! »


dimanche 21 juin 2015

L'humilité avec Philippe Mac Leod

Descendre. Descendre encore. Toujours descendre, car c’est par le fond qu’on grandit. Non plus en se hissant, mais par le bas, en descendant toujours plus loin à l’intérieur de soi, vers le centre, vers le fond, et en se délestant, en se désappropriant à mesure que s’effectue cette descente. L’humilité nous conduit tout droit à la racine de l’être : elle est le chemin de l’intériorité, elle replace tout à la lumière de cette dimension qui nous rend à la vérité de notre être le plus profond. C’est pour cela qu’elle seule nous mène à Dieu, parce que Dieu est intérieur à l’homme, et qu’il n’envahit l’existence qu’à partir d’un point de rayonnement. La source intérieure ne pourra que déborder. Mais il nous faut d’abord la rejoindre, nous y aboucher, rétablir la jonction.

L’humilité n’advient qu’à partir du moment où je cesse d’exister par rapport à une image. L’homme spirituel peut alors se manifester, l’homme humble, l’homme vrai, tellement vrai qu’au milieu du paraître généralisé il en devient extraordinaire. L’humilité se reconnaît à cette sorte de grandeur inversée, comme une respiration secrète, l’équilibre de l’homme qui toujours reprend appui sur ce fond de lui-même où il est seul avec son Dieu, au moyeu, au centre du centre.

Dans l’exemple comme dans l’enseignement que nous laisse le Christ, il y a toujours un saut qualitatif à opérer. Ainsi, on comprendra mal l’humilité du Fils de Dieu si on ne la replace pas sur son axe véritable, qui est le plus haut vers le plus bas, le plus haut pour le plus bas, pour le relier, ou le rallier, qui est le sens véritable de la réconciliation. Et le disciple ne fera pas autrement. Il sera d’une exigence sans pareille dans sa vie spirituelle : il puisera au plus haut, au plus loin, afin de nourrir jusqu’aux plus petits d’entre ses frères – comme la source pure, qui nous vient des sommets inaccessibles pour irriguer les vastes plaines, en sachant qu’il faut travailler longtemps en amont pour transmettre peu, un peu qui doit être d’une qualité rare, la perte inévitable tenant à la transformation nécessaire d’un vécu propre en nourriture assimilable par le plus grand nombre. 
L’humilité ne se mesure pas à son point d’arrivée, mais à son point d’origine. L’humilité n’a donc pas grand-chose à voir avec la modestie, toujours un peu à l’étroit. Ample et profond à la fois, le mot lui-même déploie un équilibre si noble, si large dans sa simplicité. Toute la terre en lui se rassemble, toute l’humanité mêlée à cette terre qui la porte et qu’elle porte en elle. Humilité aux sonorités assourdies, qui collent au sol comme des marches à descendre…

Il n’y a que l’amour qui puisse s’abaisser avec tant de grâce, car l’humilité ne réside pas dans la petitesse de nos aspirations, la pâleur de nos ambitions, une médiocrité de fait à laquelle il faudrait nous accommoder par la force des choses. C’est parce que nous avons le sens de la grandeur, c’est parce que nous sommes habités par la sainteté, que nous ressentons notre petitesse. Et nous nous reconnaissons d’autant mieux petits qu’au plus profond nous sommes grands. Telle est la leçon de Bernadette à Lourdes, qui avait une idée trop haute de l’exigence évangélique pour se laisser prendre aux mirages de l’élection. Les apparitions ne lui octroient aucun privilège. Au contraire, à la lumière de leur grâce elle mesure mieux la distance qui lui reste à parcourir. Elle cheminera comme les autres, mais dans une clarté qui seule fait la sainteté.



samedi 20 juin 2015

Les bienfaits des huiles essentielles...


Des conseils pour l'utilisation d'une partie des mystères des plantes,
grâce aux huiles essentielles

vendredi 19 juin 2015

Patrice de La Tour du Pin, la figure spirituelle de Philippe Mac Leod

Patrice de La Tour du Pin n'est pas seulement un poète chrétien, et l'un des plus importants, aux côtés de Péguy et de Claudel, en ce XXe siècle si réfractaire à toute référence divine. Son appartenance au Christ restera première, faisant de la poésie un vrai ministère. Il y entre comme on entre en religion, dans une recherche inlassable dont son premier recueil portera la marque : la Quête de joie. Avec une force presque sauvage, que la maîtrise de la langue contient avec peine, le poète nous entraîne dans le lumineux sillage de son aventure intérieure, où la passion du Ciel se vit dans l'épaisseur de la chair et la fougue des passions.

La poésie seule semble capable d'unifier le visible et l'invisible. Il reçoit cette mission avec la vigueur d'une consécration. Je fais « profession de langage », dira-t-il à son ami Joseph Gelineau, son compagnon de liturgie à laquelle il consacrera les dernières années de sa vie, écrivant des hymnes, et des prières eucharistiques. Nous touchons avec lui ce dilemme : d'un côté, le désir immense, impétueux, de dire, de signifier, comme une nécessité qui ne nous laissera pas de repos ; et de l'autre, la crainte de manquer le but, de le dévoyer, de le trahir même.

J'ai découvert le poète à une époque de mon cheminement où l'écriture n'avait pas encore rejoint une vie de foi qui demandait à occuper toute la place. C'est lui qui m'a montré comment foi et poésie pouvaient se nourrir mutuellement. Je ne suis pas seulement entré dans une oeuvre prodigieuse, luxuriante, j'ai aussi découvert la grandeur d'une âme, une vraie figure spirituelle qui m'accréditait sur le chemin atypique que j'allais suivre, l'écriture devenant le lieu de l'expérience spirituelle, au même titre que le cloître pour le moine. J'ai alors fait mienne cette prière de Patrice de La Tour du Pin, qui, depuis, ne me quitte plus : « Sème en nous des mots qui Te disent. »

- Poète et mystique catholique
1911 Naissance à Paris.
1933 Premier recueil : la Quête de joie (éditions de La Tortue puis Gallimard).
1938 Les Psaumes (Gallimard). 1939 Trois ans de captivité en Allemagne pendant lesquels il écrit sans relâche.
À partir de 1964 participe à la traduction française des textes liturgiques et bibliques.
1970 Grand Prix catholique de littérature pour son oeuvre Une lutte pour la vie.
1975 Meurt à Paris.
1981-1983 Publication d'Une somme de poésie (trois volumes), Gallimard.

- À méditer
En toute vie le silence dit Dieu, Tout ce qui est tressaille d'être à lui ! Soyez la voix du silence en travail, Couvez la vie, c'est elle qui loue Dieu ! Pas un seul mot, et pourtant c'est son Nom que tout sécrète et presse de chanter ; N'avez-vous pas un monde immense en vous ? Soyez son cri et vous aurez tout dit. Il suffit d'être, et vous vous entendrez Rendre la grâce d'être et de bénir ; Vous serez pris dans l'hymne d'univers, Vous avez tout en vous pour adorer. Car vous avez l'hiver et le printemps, Vous êtes l'arbre en sommeil et en fleur ; Jouez pour Dieu des branches et du vent, Jouez pour Dieu des racines cachées. Arbres humains, jouez de vos oiseaux, Jouez pour Lui des étoiles du ciel qui sans parole expriment la clarté ; Jouez aussi des anges qui voient Dieu.

Extrait de Prière du temps présent, CNPL Extrait de Prière du temps présent, CNPL;


- À lire Patrice de La Tour du Pin, biographie spirituelle d'Isabelle Renaud-Chamska
Pour une connaissance du poète et de son oeuvre, peu facile d'accès, ce livre d'initiation fournira au lecteur encore timide quelques clés de lecture. Desclée de Brouwer, 23 EUR.

Psaumes de tous mes temps de Patrice de La Tour du Pin
Une oeuvre intime, d'un accès très direct, où le poète élève jusqu'à son Dieu des mots investis d'une puissance d'être incomparable. Cerf (collection Foi vivante), 7 EUR.

Carnets de route de Patrice de La Tour du Pin
Il disait souvent : « Je prie le crayon à la main. » Ces Carnets nous livrent son itinéraire mystique, ses questionnements, sa vision de la destinée humaine. Plon-Mame, 20,50 EUR.

La Quête de joie de Patrice de La Tour du Pin
Avant de se lancer dans le grand voyage que forment les trois volumes d'Une somme de poésie, le lecteur trouvera ici des pages inoubliables d'un style envoûtant, comme « les Anges sauvages », ou « Enfants de septembre » que Jules Supervielle avait remarqué très tôt, publiant ce texte dans la NRF. Gallimard, 11,60 EUR.

source : La Vie

jeudi 18 juin 2015

Les conseils de Philippe Mac Leod pour lire et s'ouvrir à la poésie


À l'occasion de la sortie de son recueil Poèmes pour habiter la terre, le chroniqueur des Essentiels se livre à propos de sa vie intérieure. Dans les Pyrénées, près de Lourdes, Philippe Mac Leod vit en communion avec la nature.

1. Laissez-vous dérouter
La poésie ne se donne pas dans l'immédiateté. C'est toujours une erreur de vouloir tout comprendre tout de suite. Elle nous demande l'humilité des détours, d'une approche à petits pas, comme on pénètre sans bruit dans une pièce pour ne pas déranger les objets, les meubles dans leur silence. Dans le poème, on ne dérangera pas les mots par la brusquerie de nos attentes, on se laissera gagner par leur étrangeté, les alliances nouvelles, les rencontres inattendues, la musique d'un ailleurs.

2. Ouvrez-vous à la pluralité de sens
Le poème est un monde en lui-même, autonome, avec sa respiration propre, ses rapports internes, son équilibre, son climat. D'abord tenu au-dehors, pour y entrer le lecteur y cherchera le fil conducteur, les points d'appui que lui offriront une image, un mot, le relief d'un adjectif particulièrement évocateur, qui va susciter en lui de multiples résonances. L'étrangeté deviendra familiarité. On relira le poème plusieurs fois, en le laissant retentir en soi, au besoin en fermant les yeux pour mieux entendre les accords entre les mots. Il y a aussi une musique du sens. La difficulté première tient souvent à la polysémie. Il faut renoncer à l'univocité des mots.

3. Soyez dans la gratuité
On se souviendra du langage en paraboles qui est celui de Jésus. Les choses de ce monde recèlent du sens, que la parole va libérer, laisser affleurer, en faisant jouer les correspondances, le dialogue entre l'âme et le monde, entre la matière et l'esprit. L'image poétique renoue des liens que nous avons perdus. Comme pour la prière, elle nécessite de la part du lecteur une gratuité, une disponibilité, une mise en condition. Lire de la poésie sera toujours une aventure, un exercice éminemment spirituel.