mardi 19 mai 2015

Un regard poétique sur la maladie avec Eve Ricard (2)


"Le chaos c'est ce qui révolutionne la vie, l'esprit. Sans mouvement il n'y a pas de possibilité d'évoluer." Pour Eve Ricard la maladie lui a ouvert les portes de la compréhension, notamment vis à vis des enfants qu'elle reçoit en consultation. Il y a eu un avant et un après l'apparition de la maladie: "J'ai pu comprendre que la différence était une richesse", dit-elle.

 Partie 2 (12 min.)
 



lundi 18 mai 2015

Un regard poétique sur la maladie avec Eve Ricard (1)



Pendant près de 40 ans, Eve Ricard a été orthophoniste auprès d'enfants en grande souffrance psychologique, sociale ou familiale. Elle les a aidés à mettre des mots sur leurs maux. 
Elle leur a appris à faire ce qu'elle aimait faire: danser avec ces mots. 
Depuis 23 ans, atteinte de la maladie de Parkinson, "la dame des mots", comme l'appelaient ses petits patients, ne danse plus avec son corps, mais son esprit n'a peut-être jamais autant dansé.


Partie 1 (19 min.)
 
source : RCF



dimanche 17 mai 2015

L'évidence pour Eve Ricard

« Toute petite, je vivais à la campagne dans un monde merveilleux. Je ne quittais pas ma mère qui était peintre. Je la voyais comme une fée qui d’un geste pouvait tout transformer. Sa peinture était alors surréaliste. Sous sa main évoluait un monde étrange fait de corps humains avec des têtes d’animaux. Ma mère était tantôt fusionnelle, tantôt complètement indisponible, aussi ai-je grandi entre le trop et le pas assez d’amour.

À 7 ans, je dus commencer l’école. La perte de la protection absolue de la fée signa l’effondrement de mon monde. Heureusement, pour m’y rendre, je devais arpenter les prés et chaque jour j’étais séduite par la poésie de la nature et attentive à cette vie secrète et magique.

Mes parents étaient deux personnalités fortes, toujours en opposition. De guerre lasse, ils se sont séparés. Je n’ai jamais vraiment eu de conversation avec mon père, qui ne me prenait pas très au sérieux. Ma mère, issue d’une famille de grande indépendance spirituelle – elle était la sœur de Jacques-Yves Le Toumelin, le premier des navigateurs en solitaire –, plaçait la barre très haut.

J’AIME LES GENS QUI CHERCHENT L’AMOUR 
Quant à mon frère Matthieu (1), brillant élève, il était plutôt sauvage et déjà très ascète.
Contrairement à eux trois, je ne suis pas une intellectuelle, j’aime les gens qui cherchent l’amour et plus particulièrement les enfants qui en manquent. C’est pourquoi, dans mon métier d’orthophoniste, je me suis si longtemps occupée des enfants d’immigrés, que leurs parents, trop démunis, ne pouvaient pas aider.

J’étais une jeune femme romanesque, mais le péril de la maladie m’a imposé un autre regard, comme s’il donnait raison à ma mère qui a toujours vu en moi un corps malade. Pour comprendre ce qui avait fait de moi une candidate à la maladie de Parkinson, j’ai suivi une longue analyse. Cela m’a permis d’évacuer la colère et tous ces sentiments négatifs qui vous étouffent et vous enferment. À mon père et à ma mère, je laisse les ombres du soir et je garde l’extravagant, qui a parsemé mon histoire de magie et de beauté !

MA MÈRE EST DEVENUE UNE NONNE BOUDDHISTE 
Ma mère ne m’a jamais regardée comme une personne autonome, séparée d’elle. D’ailleurs, elle aurait bien aimé que je la suive au Népal. J’étais âgée de 18 ans lorsqu’elle est partie en Inde. Au bout de longs mois, je suis venue la chercher à l’aéroport. Je la guettais le cœur battant, angoissée parce que je ne la voyais pas quand, tout à coup, elle se planta devant moi, drapée de rouge, les pieds nus, le crâne entièrement rasé. Ma mère était devenue une nonne bouddhiste ! Alors que, stupéfaite, je m’approchais pour l’embrasser, elle recula en me disant :”On n’embrasse pas le clergé.”

Le choc fut d’autant plus brutal qu’il était inattendu. Son engagement même redéfinissait nos relations mère-fille. Ma mère avait choisi de fuir ainsi sa souffrance de femme délaissée. Elle avait alors 43 ans. Et moi, coïncidence ? C’est à 43 ans que s’est annoncée furtivement, puis de manière implacable, la maladie. Mais c’est aussi à ce moment-là que j’ai rencontré Yann avec qui je vis aujourd’hui. Grâce à lui je comprends intimement ce que l’on dit quand on parle d’un amour plus fort que la mort.

LA FOI M’ACCOMPAGNE, ELLE EST POUR MOI UNE ÉVIDENCE 
Si je suis atteinte par la maladie, je ne me sens pas parkinsonienne. J’ai toujours refusé que la maladie empiète sur la vie de mes enfants et de mes petits-enfants. J’aide mon corps à trouver chaque jour des ajustements. La foi m’accompagne. Elle est pour moi une évidence, je ne pourrais vivre sans elle. Mais pour faire un chemin spirituel il faut d’abord ”se nettoyer”. Ce livre (2), c’est une façon de dire que, si on ne peut pas changer les faits, notre vison du monde, elle, peut changer et que l’on peut repousser les murs de la maladie. La vraie maladie, c’est de perdre le goût du monde. »

Fille de Jean-François Revel et de Yahne Le Toumelin, Eve Ricard vient de publier "Une étoile qui danse sur le chaos" (Albin Michel), un livre dans lequel elle évoque la relation avec ses parents et son frère Matthieu, le moine bouddhiste.
(1)Le moine bouddhiste Matthieu Ricard. 
(2) Une étoile qui danse sur le chaos (Albin Michel, 2015, 128 p., 13,50 €), préfacé par Matthieu qui écrit que sa sœur a su tirer de son expérience « une mélodie émouvante et sublime ».

mercredi 13 mai 2015

lundi 11 mai 2015

Un amour de BD

Voici une BD que j'affectionne pour son humour et je vous partage quelques extraits.
C'est Pico Bogue et sa soeur Ana Ana.









dimanche 10 mai 2015

Les soins du corps avec Alexandre Jollien


Depuis que je vis à Séoul, j’ose une autre approche du corps, pour m’apercevoir une nouvelle fois qu’un art de vivre, une hygiène de vie impeccables sont le berceau de la joie, de l’amour et de la paix, ces lumineux dons de la vie dans l’esprit. La vie dans l’esprit justement commence aussi par l’attention au corps. Celui-ci détendu, l’esprit se crispe moins, ne se ratatine plus et peut enfin être grand et large. Travailler à être une femme ou un homme libre, c’est se dégager des passions tristes, se sortir de l’affaire des projections, des illusions, des désirs désordonnés, de la mauvaise humeur pour avancer main dans la main avec les autres.

Je n’ai jamais autant transpiré qu’ici, en Corée du Sud. Un ami dans le bien m’a dit un jour : « Arrête de m’envoyer des SMS avec des citations philosophiques. Va plutôt faire du sport et deviens un homme ! » Puis il a imité ma démarche et m’a promis que si je faisais quelques exercices, je pourrais marcher beaucoup mieux. Et bien soit ! Tous les jours, je fonce à la salle de gymnastique la plus proche, quitte tous mes vêtements et arbore la tenue officielle. Je me suis inscrit dans un fitness, lieu que mon esprit méprisait cordialement. Et pourtant, depuis que je m’y rends quotidiennement, les progrès, les enseignements et la liberté fleurissent. Trente minutes durant, je commence par piquer un sprint sur un tapis roulant, un casque sur les oreilles avec de la musique à plein tube. Leçon magistrale : quand j’écoute un morceau entraînant, je cours presque sans effort, mais dès qu’une rengaine assommante vient à entrer dans mes oreilles, une chape de plomb s’abat sur mes jambes et je m’époumone. On ne dira jamais assez l’importance du mental et combien nous sommes influencés par les 1 000 pensées qui traversent un esprit.

Quel air mon mental me joue chaque matin ? Est-ce une musique qui me porte à la joie, ou un brouhaha cauchemardesque qui ne m’incline qu’à la tristesse et au pessimisme ? Le mental, c’est également lui qui m’éloigne du corps et qui me fait souvent lorgner les athlètes qui s’exercent autour de moi. « Tiens, cette belle fille court trois fois plus vite que moi, je vais passer à la vitesse maximum du tapis roulant… » Et ça ne manque pas, je glisse et je finis dans le décor. Tandis que si je me concentre et fais un pas après l’autre, je peux avancer dans l’allégresse. Mais dès que mes yeux se braquent sur le compteur kilométrique, je me décourage devant son affligeante lenteur.


La vie spirituelle n’est pas coupée des sens et du physique. Précisément, elle doit faire corps avec la chair. Depuis peu, j’essaie de constituer une sorte de petit décalogue pour une vie plus saine. Par exemple : Au lit tôt, tu iras ; Avec plaisir et sobriété, tu mangeras. Peu à peu, pierre par pierre, je construis un art pour mieux habiter le temple de l’esprit.
En Corée, il y a une institution qui m’est chère, les bains publics. Après l’effort, je m’y rends avec mon fils. À chaque fois, je suis étonné de voir combien les habitués consacrent de temps à se nettoyer. Comme si le corps devait être purifié. Des pères lavent leur enfant, des fils lavent leur père. Augustin, mon fils, m’a dit un jour : « Papa, regarde les épaules des gens, il y en a peu qui sont totalement détendues. Pourtant, on va tous au même endroit ! »

Depuis, j’essaie de ralentir, de f aire exactement les mêmes choses qu’avant, mais avec détente. Le corps est un sacré don, l’idolâtrer est un vice, le négliger, un grave tort. Tandis que je me lavais nu sur un tabouret, comme c’est l’usage ici, un vieux monsieur est venu avec une éponge et m’a frotté vigoureu sement de la tête aux pieds. Soudain, un commandement de mes entrailles a fusé : de ton cœur et de ton corps, tu prendras grand soin !

source : La Vie


samedi 9 mai 2015

La crise avec Eckhart Tolle


La crise economique est-elle une bonne nouvelle? 
 Cela fait maintenant 4 ans qu'une crise financière mondiale sans précédent à de plus en plus d'impact dans notre quotidien. Comment faire pour vivre l'instant présent de façon sereine quand tout ce que nous connaissons semble être sur le point de s'écrouler ? 
Eckhart Tolle nous parle des raisons de la crise économique actuelle, il nous décrit les mécanismes de l'éveil spirituel et nous invite à réaliser qu'en fait ici et maintenant tout va pour le mieux.


Voir la vidéo





jeudi 7 mai 2015

Alexandre Jollien... Vivre sans pourquoi



Écoutez ci-dessous le prologue du CD qui accompagne le dernier livre d’Alexandre Jollien, « Vivre sans pourquoi » :