mardi 1 juin 2010

La quête intérieure avec Fabrice Midal (1)

"En s'appuyant sur la pensée de philosophes comme Nietzsche, en se mettant à l'écoute de grands poètes ou artistes comme Rilke, Cézanne ou Allen Ginsberg, Fabrice Midal montre comment le chemin à suivre ne consiste pas à rechercher des consolations, à s'enfermer dans l'égoïsme spirituel ou à se perdre dans le culte du bien-être : c'est une véritable aventure qui doit affronter la réalité. En restant enfermés dans une tour d'ivoire, à l'abri, croyons-nous, des souffrances et des déceptions, nous ne connaîtrons jamais la vraie joie."

Ce chemin est une aventure extraordinaire... Bonne écoute
(émission "Les racines du ciel" 2009) :


Partie 1

lundi 31 mai 2010

Dialogue entre Michel Vaujour et Arnaud Desjardins

Extrait du DVD "Ne me libérez pas, je m'en charge" :

Michel Vaujour (né le 16 janvier 1951 à Saint-Quentin-le-Petit, Ardennes1) est connu pour ses cinq évasions. En 1986, il s'évade de la prison de la Santé avec un hélicoptère piloté par son épouse. Cette évasion inspire le film "La fille de l'air" avec Béatrice Dalle. Il est repris quelques mois plus tard au cours d'un braquage. Il est alors blessé par balle à la tête. Il sort du coma hémiplégique. Il est finalement libéré en 2003, après avoir passé 27 ans en prison dont 17 à l'isolement, grâce à l'obtention d'une remise de peine record de 16 années. En 2009, il est le sujet du documentaire de Fabienne Godet intitulé "Ne me libérez pas, je m'en charge."

dimanche 30 mai 2010

La déesse mère... avec Jacques Vigne

BONNE FETE A TOUTES LES MAMANS !

Nature et déesse sont intimement liées: la terre, très concrètement, est considérée comme « les reins de la déesse ». La déesse Shri des Védas est associée au lotus, symbole à la fois de l'épanouissement de l'univers, de la fécondité et aussi de la pureté, puisqu'il reste immaculé même quand il pousse sur des eaux boueuses. On dit qu'elle change souvent de mari, ce qui évoque les saisons de fécondité de la nature, et les variations de la fortune également. Un de ses maris est Kubera, le roi des esprits végétaux. À la période classique, Shri est assimilée à Lakshmi, déesse chargée, comme son mari Vishnou, de la conservation et de la protection de l'univers. Traditionnellement, la Mère divine est associée à la fécondité - facteur essentiel dans des civilisations entièrement dépendantes de l'agriculture et dont les enfants étaient en bonne partie décimés par des maladies. Une bonne fécondité était donc fondamentale pour la survie. Dans notre civilisation moderne où l'on connaît un problème de surpopulation et où la femme a la maîtrise de sa fécondité, cette dernière devient un aspect moins inséparable de la féminité qu'auparavant. L'univers lui-même est considéré comme androgyne. L'aspect de conscience pure est assimilé au masculin (Purusha) et la nature (Prukriti) au féminin. Il est intéressant de remarquer que ceci ne signifie pas que le féminin soit réduit au manifesté et à la matière. Il y a dans la nature une partie non-manifestée, mais néanmoins dynamique et en cela différente du Purusha, qui est statique. Pour l'ermite comme pour le poète, le contact avec la nature est à la fois une rencontre de la mère et un moteur de transformation intérieure; Milosz n'écrivait-il pas: « Solitude, ma mère, redis-moi ma vie » ?

Je vis en Inde auprès de Vijayananda, un Français qui a été pendant trente ans le disciple de Ma Anandamayi, jusqu'à la mort de cette dernière en 1982. Il s'agissait de la femme maître spirituel la plus connue à son époque et, pour de nombreuses personnes, elle a incarné pendant plus d'un demisiècle d'enseignement l'aspect féminin de l'être Le fait qu'elle ait été femme et mère spirituelle facilitait grandement le transfert affectif de la part de ses disciples, transfert si important pour établir une relation solide, profonde et durable. L'aspect maternel met en avant la notion d'amour et d'acceptation inconditionnels, et une qualité de relation capable de transcender les conditionnnements sociaux qui lui resteront extérieurs quoi qu'il arrive. Elle pouvait passer d'un moment à l'autre du rôle de mère à celui d'enfant, ce qui permettait à ses disciples de développer eux aussi, simultanément, les deux pôles de cet axe: enfance spirituelle et compassion maternelle envers ceux qui en ont besoin. Pour ceux qui connaissent les archétypes de l'Inde, elle pouvait entre autres évoquer Durga, la vierge guerrière créée par les pensées réunies des dieux pour tuer le démon que ceux-ci n'arrivaient pas à détruire.
Jacques Vigne

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SATSANG de Mâ Anandamayi

L'ARBRE-GURU 
De nombreuses personnes approchent Ma et lui demandent souvent : 
« Je ne sais pas comment méditer, ni ne me sens incliné à cela. J'ai peine à trouver de l'intérêt pour les choses spirituelles, mais l'agitation mondaine a aussi peu d'intérêt. Quelle est la solution ? » 
— Ce que cette petite fille vous conseille, répondit Mâtâji, est de vous asseoir sous un arbre. 
— Mais là où j'habite, il n'y a pas d'arbre, lui dit une fois une femme, et une autre : « Sous un arbre? Quel genre d'arbre ? Un pîppal ? » [figuier-banian] 
— Oui, un pippal. Par « arbre », nous voulons dire un vrai sage. Un sage est semblable à un arbre. Il n'invite ni ne repousse personne. Il donne une ombre bienfaisante à quiconque vient près de lui, qu'il soit un homme, une femme, un enfant ou un animal. Si vous vous asseyez à ses pieds, il vous protégera des intempéries, du soleil brûlant comme des trombes d'eau, et il vous donnera des fleurs et des fruits. Qu'un homme ou un oiseau les goûtent lui importe peu ; ce qu'il produit, il le donne à qui vient à lui. 
(Satsang rapporté par Âtmânanda dans Ânanda hârtâ, février 1955, vol. 2, n° 4.)

samedi 29 mai 2010

Matthieu Ricard et Alexandre Jollien


Quelle est la journée type de Matthieu Ricard / Alexandre Jollien?
Matthieu Ricard : C’est très variable. Quand je suis dans mon hermitage j’étudie de 4h du matin à 10h du soir sans voir personne. Si je suis au monastère c’est une ruche permanente ; il y a plein de monde qui vient pour rencontrer des gens, pour étudier… Nous avons également réimprimé plus de 400 volumes de textes anciens et avons une quarantaine de projets humanitaires. Donc c’est du travail 7 jours sur 7, de 8 heures du matin à minuit. Quand je voyage dans le monde pour des projets humanitaires, c’est plus de 70 vols par an. En fait, il n’y a pas plus différent que d’être dans l’ermitage ou dans le reste de l’activité, donc tout dépend de la période de l’année dans laquelle je me trouve.
Finalement, c’est un mélange de vie contemplative qui est entièrement dédiée à la transformation de soi dans la solitude, le silence et la beauté de la nature, avec une activité qui essaie de se dédier au bien des autres. Si il n’y avait pas l’action au service des autres, il y a longtemps que je ne redescendrais plus des montagnes, c’est là où je me sens le plus à l’aise. Et en même temps, j’ai une grande joie dans l’action au service des autres.
Alexandre Jollien : Je me lève, je conduis les enfants à l’école, occasion pour moi de leur délivrer une petite leçon de vie chaque matin. Ensuite je médite, puis j’écris avec mon assistante Romina. L’après-midi, je me repose un moment car je suis très souvent fatigué. Je médite à nouveau et le soir, je me consacre soit aux conférences, soit à la famille. C’est très structuré finalement. 
Quel est le but de la méditation ? 
M. R. : Eliminer les toxines mentales de la haine, de l’arrogance, de la jalousie, de la confusion mentale, de l’auto-obsession, pour acquérir la liberté intérieure et pour cultiver l’altruisme, l’amour, la sérénité…Faire s’épanouir les qualités qui contribuent à un bonheur authentique. 
A. J. : Pour moi c’est retrouver le fond du fond. On est exilé de soi-même, je vis peut-être à la surface, je suis happé par les événements, par la routine, par l’anxiété, par les passions. La méditation, c’est donc retourner au fond du fond. C’est aussi s’ouvrir à la prière, car la prière peut être très rationnelle, très discursive, et grâce au Zen j’apprends à prier plus dans le silence, à être à l’écoute. 
Vous parlez de prière, or justement, ce soir je vous ai entendu pour la première fois en public affirmer clairement et à plusieurs reprises que vous êtes chrétien…
A.J. : Je vous remercie de m’en parler. J’ai toujours dit que j’avais la foi mais je ne m’annonce pas comme chrétien. Toutefois, plus j’avance dans la spiritualité et plus je ressens le besoin de jouer cartes sur tables. Ce qui me nourrit c’est la prière, c’est l’Evangile, même si sa lecture n’est pas simple pour moi, parce que ce n’est pas facile de vivre l’Evangile au quotidien. Et surtout ce qui n’est pas facile c’est qu’il y a des siècles d’interprétation qui ont rendu la chose presque mièvre à certains égards, alors que c’est d’une profondeur et d’une exigence abyssale. Bref je pratique le zen, et j’ai prié toute ma vie, et je continue. 
Matthieu Ricard, vous invitez souvent vos auditeurs et vos lecteurs à se demander ce qui  est important dans leur vie. Et vous qu’est-ce qui est important dans la votre ?
M. R. :Me transformer moi-même pour mieux me mettre au service des autres. Le double épanouissement : de notre accomplissement, et de contribuer à soulager la souffrance et essayer d’apporter un peu de bien-être autour de soi. Donc, non pas la poursuite d’un bonheur égoïste qui est voué à l’échec, mais la poursuite de l’accomplissement personnel qui naturellement s’exprime par de la compassion et de l’altruisme. Le bonheur égoïste ne marche pas car il vous rend misérable et vous rendez la vie des autres misérables en même temps. C’est une situation où tout le monde est perdant. L’égocentrisme forcené est une des causes principales de tourment intérieur. De plus, il fait agir de manière « détrimentale » envers autrui.
A.J.: Ce qui est important dans ma vie, ce sont mes trois vocations : celle de père de famille, celle de personne handicapée et celle d’écrivain. Et le plus important ce sont les amis, la famille, la rencontre. C’est tout cela qui me permet de vivre les trois vocations. J’aime la notion de vocation car elle me permet de ne pas me disperser et d’avoir une ligne de conduite. Mais le sommet de l’importance pour moi reste la rencontre avec l’autre, car on advient grâce à l’autre. Le danger en spiritualité c’est le repli narcissique, et l’autre nous ouvre au monde et à soi.
Qu’est-ce que la liberté ?
M. R : Une jeune fille me disait : Pour moi, la liberté, c’est de faire tout ce qui me passe par la tête, sans que personne y trouve à redire. Or, ce n’est pas cela la liberté. Ca, c’est être l’esclave de toutes les pensées qui vous passent par la tête. Certains pensent que la liberté pour un marin serait de ne pas toucher à la barre, de ne pas régler les voiles et de laisser le bateau dériver au gré des vents et des courants. Mais cela c’est la dérive. La liberté est synonyme de maîtrise, c’est-à-dire que vous réglez les voiles, vous prenez la barre et vous naviguez là où vous vous voulez aller. Vous êtes libre de votre destination, vous êtes maître du bateau. La liberté intérieure, c’est être maître de son esprit. Ce n’est pas le laisser partir à la dérive des pensées.
A.J. : C’est une grande question. La liberté c’est justement de ne pas être le jouet de la surface et d’agir connecté avec le fond du fond. Pour un chrétien, c’est le royaume de Dieu, pour un douddhiste c’est la Bouddhéité, et la liberté c’est agir connecté avec ce fond du fond, plutôt qu’obéir à ses caprices. D’où l’intérêt de la prière et de la méditation, parce que l’on peut sans arrêt être déconnecté.
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vendredi 28 mai 2010

Silence...

Je vous laisse agrandir l'image pour mieux lire le texte.
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L'infirmité avec Michel Odoul

"Notre corps parle. Encore faut-il savoir l'entendre." nous dit Michel Odoul, praticien professionnel en shiatsu, psycho-énergéticien et consultant. Dans cet extrait de son livre "Dis-moi où tu as mal : Je te dirai pourquoi", il nous parle de l'infirmité :


jeudi 27 mai 2010

La transformation de soi avec Arnaud Desjardins

Arnaud Desjardins , réalisateur et producteur de télévision, diplômé des sciences politiques de Paris et titulaire d'un DEA de sociologie. En 1965, la rencontre avec un maître hindou, Swâmi Prâjnânpad, change radicalement sa vie, depuis il transmet son enseignement et témoigne dans de nombreux ouvrages de son expérience spirituelle. 
Voici en deux parties l'émission "les racines du Ciel (mai 2010) avec Arnaud Desjardins :
La transformation de soi (partie 1)

La transformation de soi (partie 2)



"Je n’ai aucun doute quant à la postérité de l’oeuvre d’Arnaud, laquelle ne se réduit pas à ses livres et à ses films, qui suffiraient pourtant à préserver sa mémoire. Le passage d’un maître spirituel authentique laisse toujours une trace longue et profonde."  Gilles farcet  

mercredi 26 mai 2010

De Rabia à Elizabeth Sombart par Christian Bobin

Rabia al-Adawiyya (714-801) est une mystique musulmane. Rabia est peut-être la première grande voix du soufisme.

Christian Bobin nous parle de Rabia et d'Elizabeth Sombart :


Voici un extrait du magazine Sources n°9 décembre 2008
Le pouvoir mystérieux de la musique : entretien avec Elizabeth Sombart 
Remarquée dès l'enfance pour sa sensibilité musicale, la pianiste Elizabeth Sombart s'est perfectionnée dans différentes capitales auprès d'artistes majeurs, puis a suivi des études de phénoménologie musicale auprès du légendaire chef d'orchestre Sergiu Celibidache, avant de se produire dans les salles de concert les plus prestigieuses. Elle explique ici son approche spirituelle de la musique, reçue comme une grâce et comme voie d'accomplissement vers le divin, lieu d'unification de soi-même et de soi avec le reste du monde. Sous réserve, explique-t-elle, de spontanéité de l'écoute et d'obéissance à la loi tonale, donnée naturelle, humaine de la musique, pour que celle-ci conserve sa vocation d'élever l'âme. Cela, elle le partage généreusement avec sa fondation Résonnance, qui à partir de la Suisse a essaimé vers différents pays pour proposer un enseignement musical gratuit, ouvert à tous, et qui se donne aussi pour objectif d'apporter la musique classique là où elle a rarement droit de cité: les hôpitaux, les maisons de retraite et les prisons. 


Source : A l'origine de la création de la fondation Résonnance et de sa façon tout à fait particulière de concevoir l'enseignement de la musique se trouvent l'obtention d'un premier prix national et l'amertume de l'avoir gagné dans une compétition avec d'autres. Quels sont les piliers de votre école qui ont découlé de cette expérience? 
E.S. : Ce que vous évoquez est en effet le choc ancien. L'enjeu de jouer mieux que son voisin, en musique comme dans d'autres matières, m’a semblé assez lamentable. C'est pour cela que l'un des piliers de notre école est l'absence d'examen, les deux autres étant la gratuité et l'absence de limite d'âge. La musique nous enseigne que le temps est la métaphore de Dieu. Cela signifie que chacun a son temps et que le temps d'une vie varie d'une personne à l'autre. Certains sont très doués dans leur enfance, ou feront, en trente ans, ce que d'autres auront fait en deux, puis auront ce moment de grâce mais ne rentreront plus alors dans les catégories du système classique qui leur permettraient de donner ce qu'ils ont à offrir. L'apprentissage de la musique est comme une grande mosaïque mais ce qu'il faut surtout comprendre, c'est que celui-ci ne sert pas à faire carrière. La musique n'est pas un but, c'est le moyen par lequel une rencontre entre le corps et l'âme peut se faire. La musique nous enseigne que le visible, la matière, n'est qu'un moyen pour accèder à l’invisible, à la fois dans le temps physique qui se transforme en temps musical, et dans l’unification, entre soi et le reste du monde, qu’elle rend possible. […] 
Mozart : Concerto for piano et orchestre n°23 allegro assai par Elizabeth Sombart

"Je l'ai écrit un jour : "Voilà le pouvoir mystérieux de la musique, sa dimension métaphysique : nous permettre d'être ce lien entre le majeur et le mineur, le fini et l'infini, le son et le silence, le particulier et l'universel.""

L'ensemble Rabi'a, groupe vocal

Les chants soufis interprétés par l'Ensemble Rabi'a sont des chants qui remontent pour certains aux premiers temps de l'islam, alors que d'autres ont été écrits plus récemment par des saints soufis des diverses voies ou confréries qui composent le soufisme.  


Rabi'a al-Adawiya est une sainte soufie médiévale (2e siecle de l'hégire) . Selon la tradition, elle introduisit dans le soufisme très ascétique de l'époque la notion de l'amour absolu envers Dieu. C'est à elle que l'on doit la fameuse parole : « Je traverse le monde une torche dans une main et un seau d'eau dans l'autre. Je veux verser de l'eau dans l'enfer et mettre le feu au paradis afin que disparaissent ces deux tentures et que les hommes ne prient plus Dieu dans la crainte de l'enfer ou dans l'espoir du paradis, mais uniquement par amour pour Lui. »  


Son nom a été opportunément repris par le groupe vocal formé.
Ci-après quelques extraits en ligne :

- piste 02 : Jawharat iqdi / Joyau de ma parure

- piste 05 : Yâ Dalil / Toi le guide

- piste 07 : Lâ janna wa lâ nâr / Ni paradis ni enfer


Ce CD est vendu sur leur site.

mardi 25 mai 2010

L'alerte aura pourtant été donnée !


Un reportage sur les apiculteurs du Loiret (24/05/2010) :

Prier ! Pratiquer !...

Prier, pratiquer, se recueillir nous effraie
car il faudrait, même quelques instants,
nous extraire du quotidien agité et vivre en paix.
Les discussions futiles, la paresse active,
la suractivité sont autant de moyens habiles
pour nous empêcher de goûter à notre pure liberté.
Nos mots sont nos maux.
Nos concepts sont malades.
Dans le sens étymologique originel,
prier c'est respirer, retrouver son souffle.
Pratiquer c'est se libérer.


Le Dalaï Lama

lundi 24 mai 2010

Le jeu de la métamorphose et Lao Tseu


"A partir de ce principe immuable, l'origine est inconnaissable, tout émerge, comme le dit Laozi, « du dao à l'Un, de l'Un au deux, du deux au trois, et du trois à l'infinité des êtres ». Cette diversité est soumise à un rythme animé et unitaire qui métamorphose tout ce qui est. Aussi le sage, en son immobilité, est l'être de la plus grande fluidité. Celui qui, ne s'attachant à rien, ne fixe rien. Il est l'être prêt à toutes les métamorphoses.
C'est en ce sens que le taoïsme a donné naissance à tant d'arts martiaux. Il ne distingue pas le corps et l'esprit, le travail corporel et celui du spirituel. Le corps n'est pas considéré comme un ensemble de mécanismes, mais comme un paysage qu'il faut apprendre à connaître pour laisser les éléments qui le composent trouver leur équilibre harmonieux. Aussi, tout le travail du taoïste consiste à s'abandonner au rythme de la métamorphose, et les arts martiaux nous l'apprennent. La force vient non d'un effort de volonté, mais d'une écoute du mouvement même de la vie qui nous traverse et qu'il faut accompagner et laisser être." Fabrice Midal