mercredi 26 mai 2010

De Rabia à Elizabeth Sombart par Christian Bobin

Rabia al-Adawiyya (714-801) est une mystique musulmane. Rabia est peut-être la première grande voix du soufisme.

Christian Bobin nous parle de Rabia et d'Elizabeth Sombart :


Voici un extrait du magazine Sources n°9 décembre 2008
Le pouvoir mystérieux de la musique : entretien avec Elizabeth Sombart 
Remarquée dès l'enfance pour sa sensibilité musicale, la pianiste Elizabeth Sombart s'est perfectionnée dans différentes capitales auprès d'artistes majeurs, puis a suivi des études de phénoménologie musicale auprès du légendaire chef d'orchestre Sergiu Celibidache, avant de se produire dans les salles de concert les plus prestigieuses. Elle explique ici son approche spirituelle de la musique, reçue comme une grâce et comme voie d'accomplissement vers le divin, lieu d'unification de soi-même et de soi avec le reste du monde. Sous réserve, explique-t-elle, de spontanéité de l'écoute et d'obéissance à la loi tonale, donnée naturelle, humaine de la musique, pour que celle-ci conserve sa vocation d'élever l'âme. Cela, elle le partage généreusement avec sa fondation Résonnance, qui à partir de la Suisse a essaimé vers différents pays pour proposer un enseignement musical gratuit, ouvert à tous, et qui se donne aussi pour objectif d'apporter la musique classique là où elle a rarement droit de cité: les hôpitaux, les maisons de retraite et les prisons. 


Source : A l'origine de la création de la fondation Résonnance et de sa façon tout à fait particulière de concevoir l'enseignement de la musique se trouvent l'obtention d'un premier prix national et l'amertume de l'avoir gagné dans une compétition avec d'autres. Quels sont les piliers de votre école qui ont découlé de cette expérience? 
E.S. : Ce que vous évoquez est en effet le choc ancien. L'enjeu de jouer mieux que son voisin, en musique comme dans d'autres matières, m’a semblé assez lamentable. C'est pour cela que l'un des piliers de notre école est l'absence d'examen, les deux autres étant la gratuité et l'absence de limite d'âge. La musique nous enseigne que le temps est la métaphore de Dieu. Cela signifie que chacun a son temps et que le temps d'une vie varie d'une personne à l'autre. Certains sont très doués dans leur enfance, ou feront, en trente ans, ce que d'autres auront fait en deux, puis auront ce moment de grâce mais ne rentreront plus alors dans les catégories du système classique qui leur permettraient de donner ce qu'ils ont à offrir. L'apprentissage de la musique est comme une grande mosaïque mais ce qu'il faut surtout comprendre, c'est que celui-ci ne sert pas à faire carrière. La musique n'est pas un but, c'est le moyen par lequel une rencontre entre le corps et l'âme peut se faire. La musique nous enseigne que le visible, la matière, n'est qu'un moyen pour accèder à l’invisible, à la fois dans le temps physique qui se transforme en temps musical, et dans l’unification, entre soi et le reste du monde, qu’elle rend possible. […] 
Mozart : Concerto for piano et orchestre n°23 allegro assai par Elizabeth Sombart

"Je l'ai écrit un jour : "Voilà le pouvoir mystérieux de la musique, sa dimension métaphysique : nous permettre d'être ce lien entre le majeur et le mineur, le fini et l'infini, le son et le silence, le particulier et l'universel.""

4 commentaires:

sevim a dit…

De la merveille à l'effroi...je vibre à l'unisson de ce qui est là...Merci, ami.

Acouphene a dit…

Bonne journée musicale Sevim...
Il pleut enfin dans le Nord !

Anonyme a dit…

cela me donne envie de chanter,apres l'aikido...
(l'anonyme c'est moi)

a bientot Eric,(a Hauteville peut-etre)

guy bxl

jean-hugues poul a dit…

bonjour Eric,
Comment faire pour pouvoir écouter sur mon baladeur, les belle chose que tu nous donne en écoute.
Merci Bisous à vous 4.
Jean-Hugues