dimanche 31 mars 2013

Faire grandir l'Être intérieur avec Annick de Souzenelle (2)

C'est alors que débute le deuxième baptême...
A.DE S. : Ce baptême du feu va lui permettre d'intégrer le côté vivant de ces « animaux intérieurs », leur dimension divine. Jésus va par exemple dialoguer avec l'aveugle, descendre dans ses enfers. Il y rencontre l'énergie qui se manifeste sous la forme de la cécité, laquelle révèle ce qui n'est pas encore accompli. « Aveugle » en hébreu se trouve être le même mot que la « peau », symbole de l'inaccompli. Jésus invite son interlocuteur à nommer l'énergie qui l'aveugle et à se tourner vers le royaume à venir. Il l'incite ainsi à regarder les ressources qu'il porte en lui. Comme toujours avec les Évangiles, ces rencontres s'adressent à une partie de nous-mêmes. Quand nous lisons la rencontre de Jésus avec l'aveugle, cela évoque aussi ce que nous avons laissé dans l'obscurité, qui demande à être éclairé, en entrant en nous-mêmes.

Le Christ va alors être transfiguré...
A.DE S. : C'est une étape décisive. Il a transformé toutes ses misères humaines en élan de vie et en informations. Il est alors transfiguré et devient complètement lumière. Dès ce moment-là, l'inaccompli de l'humanité se trouve accompli, c'est fantastique ! Jésus peut s'avancer vers le baptême du crâne.

Lors de son procès, Ponce Pilate va libérer Barabas à sa place, pourquoi ?
A.DE S. : Là encore, il est bonde s'ouvrir à une lecture plus profonde. En hébreu, le nom Barabas a deux significations voisines. Il désigne à la fois celui qui est le « fils du Père », mais aussi la graine non encore germée. C'est ce mot que le Christ emploie dans les Évangiles lorsqu'il parle du grain : "Si le grain ne meurt, ne mute, il ne peut porter de fruit." Au sens large, Barabas symbolise l'ensemble des fils du Père que nous sommes tous et la semence divine bloquée en chacun de nous, comme si nous avions spirituellement les menottes aux mains et les fers aux pieds. Libérer Barabas, c'est permettre notre libération à tous. Et c'est à cette libération que fait référence le mot Pâque. « Pesar » en hébreu est le verbe « épargner », celui qui est employé lors de la dernière plaie d'Égypte, lorsque l'épée frappe les jeunes garçons Égyptiens qui n'ont pas fait croître les fils en eux, mais épargne les Hébreux qui ont commencé à muter en eux-mêmes.

Vous comparez cette libération à la semence qui germe...
A.DE S. : Pour qu'une semence germe, il faut battre le blé, afin d'enlever l'écorce qui la recouvre. De même, Jésus se fait flageller avant d'être crucifié, mis en terre et de ressusciter symboliquement en "épis de blé". Le fait d'être battus par la vie, cela existe, nous ne pouvons l'éviter. Nous passons tous par des phases de mort et de souffrance. Ces événements peuvent déboucher sur des résurrections, cela dépend de la façon de les accueillir. Parfois nous sommes mangés par la souffrance et c'est nous qui dépérissons. D'autres fois, nous entrons dans le souffle de l'événement et c'est nous qui mangeons cette souffrance en la transformant en lumière-information avec l'aide du Christ. Nous construisons l'arbre de la connaissance que nous sommes.

Que se passe-t-il en terre après sa crucifixion ?
A.DE S. : Le Christ descend dans les derniers enfers. Là, il ne rencontre pas les démons qu'il a déjà intégrés dans son baptême de feu, mais le Satan lui-même et il lui écrase la tête symbolique. Il réalise ce qui est annoncé au livre III de la Genèse quand Dieu annonce au serpent que la semence de Isha (de Marie) lui écrasera la tête. C'est ce qui s'est passé au Golgotha. Le Christ a écrasé la tête du Satan diabolique pour que nous puissions à notre tour le faire. Il vit ce que l'on appelle le baptême du crâne. La mort devient une mutation. Le Christ intègre l'ultime énergie et c'est la résurrection.


Qu'est-ce que cela change ?
A.DE S. : Le Christ a écrasé le mal dans son principe. Il ne le fait pas à notre place, nous aurons à le faire. Souvenez-vous de l'apôtre Pierre qui souhaite suivre le Christ. Jésus lui répond : « Toi aussi, tu vivras le baptême que je vais vivre, mais aujourd'hui tu n'es pas prêt. » Il faut d'abord accepter la totalité de nos mutations intérieures. Nous vivons dans le temps de la résurrection, ce qui est magnifique, mais cela n'arrive pas comme cela. Le Christ ne meurt et ne ressuscite qu'après avoir accompli tout ce travail-là.

Pour en savoir plus : prieure-saint-augustin

Faire grandir l'Être intérieur avec Annick de Souzenelle (1)

Mieux vaut être bien réveillé si vous rencontrez Annick de Souzenelle. À 90 ans, elle est pleinement présente à son interlocuteur et les réponses fusent avec une étonnante vitalité. Elle reçoit son visiteur au sein du prieuré Saint-Augustin à Angers où elle a créé l'Institut d'anthropologie spirituelle. Son itinéraire, atypique, est celui d'une femme hors du commun qui a accompli sa vocation. Après des études de mathématiques, elle est devenue infirmière anesthésiste, puis psychothérapeute d'inspiration jungienne. Née dans une famille catholique, elle a poursuivi à l'âge adulte son cheminement spirituel dans la tradition chrétienne orthodoxe. Elle anime régulièrement des stages au centre Sainte-Croix, en Dordogne. Sa recherche se fonde sur son excellente connaissance de l'hébreu qui lui permet de lire l'Ancien et le Nouveau Testaments. Grâce à elle, le lecteur redécouvre la richesse et la complexité de ces grands textes. Elle n'hésite pas à dénoncer les contresens qui demeurent présents dans certaines traductions contemporaines. Plutôt que de parler de mort et de résurrection, elle préfère évoquer le terme de "mutation" présent dans le texte en hébreu. La résurrection est un travail de chaque instant où nous luttons avec nous-mêmes pour intégrer nos forces de vie intérieures. Elle vient de publier chez Albin Michel "Va vers toi" avec, pour sous-titre, "la Vocation divine de l'homme", tout un programme. Cette grande spirituelle nous présente ce chemin de vie en cette semaine où catholiques et protestants célébrent Pâques.

Première partie de l'interview :

LA VIE : Vous avez Intitulé votre livre "Va vers toi", est-ce que nous vivons loin de nous-mêmes ?
ANNICK DE SOUZENELLE : En effet nous vivons en exil de nous-mêmes. Nous sommes orientés par une conception de Dieu qui nous laisse à l'extérieur, en nous invitant à faire le bien et à éviter le mal. Mais nous ne pouvons plus demeurer avec cette approche simpliste, héritée d'une lecture erronée de la Genèse. L'arbre de la connaissance n'est pas l'arbre du bien et du mal, comme on le lit encore, mais de ce qui est déjà accompli de nous et de ce qui reste à accomplir.

Comment accéder a cette connaissance ?
A. DE S. : Là encore, la Genèse nous montre la voie, mais à condition de demeurer au plus près de la traduction en hébreu. Il y a ce fameux passage de la Création que l'on traduit en expliquant que Dieu prendrait une côte d'Adam pour former une femme. Ce qui est un contresens. En réalité, Dieu invite Adam à se tourner vers cet autre côté de lui-même, ce féminin voilé, où réside un potentiel immense ! C'est une invitation à entrer en soi-même pour favoriser un chemin de croissance.

Entrer en soi-même, cela peut faire peur.
A. DE. S. : C'est effectivement ce que Basile de Césarée décrivait au IIIè siècle, lorsqu'il parlait de l'homme à l'intérieur duquel cela hurle, pique, déchire. Mais que préférons-nous? Demeurer paralysés par la peur et retomber dans l'infantilisme. Ou l'affronter en pénétrant dans notre monde psychique en allant a la rencontre de ce que nous percevons comme nos monstres intérieurs. La Genèse évoque ce travail lorsque Dieu invite Adam à nommer les animaux au chapitre II, ces animaux étant à prendre de façon symbolique comme des énergies présentes en nous.

A quoi bon nommer ces « animaux intérieurs » ?
A. DE S. : Si nous voulons dépasser le monde animal, il faut d'abord le traverser, en se confrontant à ce qui semble des monstres intérieurs. Prenez l'exemple de la peur qui est représentée par l'un de ces animaux. La nommer, c'est déjà une façon de la prendre en main et de se donner la possibilité d'apprendre de cette peur.

Comment cette démarche introduit-elle à un chemin de croissance ?
A. DE S. : L'Homme est essentiellement un « mutant », nous enseigne la Bible. L'énergie assumée par l'Homme et travaillée par le Seigneur délivre son information. Écoutez ce que Dieu explique à Adam : «De tous tes arbres du jardin intérieur, tu pourras manger, mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, tu ne mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, parce que tu es un mutant, tu muteras. » Vous noterez que c'est bien le verbe « muter » et non « mourir » qui est utilisé dans ce passage traduit de l'hébreu. Certaines traductions commettent cette erreur accréditant l'idée que Dieu serait une sorte de père Fouettard qui menace ses enfants. Cette erreur est d'autant plus regrettable qu'elle présente la mort comme une punition, ce qui ne correspond pas à la conception chrétienne.

Si c'est le verbe muter et non mourir, pourquoi ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance ?
A. DE S. : C'est une mise en garde contre une mutation qui interviendrait trop tôt, sans s'appuyer sur une réelle transformation intérieure. Si vous mangez ce fruit avant d'être devenu vous-même ce fruit, vous muterez à l'envers, c'est-à-dire en régressant. Mais ce travail est divino-humain. Lorsque l'homme fait, le Seigneur prend l'oeuvre en main et fait sa mutation. Nous aimerions tous vivre un processus de déification sans avoir pris le temps d'effectuer un travail de croissance intérieure. C'est tout simplement impossible.

Comment cette croissance intérieure s'articule-t-elle dans la vie de Jésus ?
A. DE S. : Jésus accomplit la Loi. Il traverse trois étapes qui se manifestent sous la forme de trois baptêmes - d'eau, de feu et du crâne. À sa suite, nous sommes invités à effectuer ce chemin d'évolution. Le premier, le baptême d'eau, intervient lorsqu'il descend dans le Jourdain. Cette façon d'être plongé dans le fleuve évoque ce que l'on peut éprouver lorsque l'on avance en eau trouble. Nous sentons des forces autour de nous sans savoir bien ce qu'elles sont. Dans le Jourdain, Jésus prend conscience de tous les poissons symboliques, c'est-à-dire de toutes les énergies potentielles à accomplir en l'Homme. Prendre conscience, c'est comme sortir ces poissons de l'eau pour les mettre au sec et les regarder en face. Avec ce baptême de l'eau, Jésus avance dans la connaissance de lui-même et de l'Homme. La force qu'il acquiert et la bénédiction du Père lorsqu'il sort du Jourdain lui permettent ensuite de repousser les tentations présentées par le Satan au désert...



source : revue La Vie

samedi 30 mars 2013

Au seuil de l'Être avec Pierre Emmanuel

« J’eus (…), vers ma quarantième année, un accès horrible de manque de confiance en moi : ma vie s’était fendue d’outre en outre, je ne reposais sur rien. » 

« Il se fit en moi comme une rupture de l’évidence qu’est le fait d’être, et
 je vécus cette angoisse de choir, de déchoir, que l’on nomme très justement dépression, et dans laquelle on se découvre à soi-même que l’on ne se suffit pas, que brusquement on n’est plus sûr de soi, en sécurité en soi, mais au contraire menacé de partout et d’abord du dedans par son propre non-être. Et l’on se cherche désespérément un recours, on voudrait que quelqu’un vînt tirer de là ce moi misérable, et que celui-ci pût le reconnaître comme l’être qui tire de là. Et il arrive, dans cette abjection, par sa vertu dirais-je presque, de faire l’expérience non pas qu’un être quelconque peut sauver, mais que, quoi qu’il advienne, l’Être a déjà sauvé ; que ce qui sauve est l’identité absolue de l’Être, ce Je suis celui qui suis par quoi aucun être hormis l’Être ne peut se définir. »

Pierre Emmanuel
La vie terrestre

Lumière céleste... enchantée

VEILLONS !

vendredi 29 mars 2013

Bonheur en marche avec Paul Auster

Il trouve extraordinaire, même dans l’ordinaire de son existence quotidienne, de sentir le sol sous ses pieds, et le mouvement de ses poumons qui s’enflent et se contractent à chaque respiration, de savoir qu’il peut, en posant un pied devant l’autre, marcher de là où il est à l’endroit où il veut aller. 

Il trouve extraordinaire que, certains matins, juste après son réveil, quand il se penche pour lacer ses chaussures, un flot de bonheur l’envahisse, un bonheur si intense, si naturellement en harmonie avec l’univers qu’il prend conscience d’être vivant dans le présent, ce présent qui l’entoure et le pénètre, qui l’envahit soudain, le submerge de la conscience d’être vivant. 

Et le bonheur qu’il découvre en lui à cet instant est extraordinaire. Et qu’il le soit ou non, il trouve ce bonheur extraordinaire.

Paul Auster
L'Invention de la solitude

jeudi 28 mars 2013

Triduum et Jeudi saint

Mot latin signifiant « un espace de trois jours » (tres : « trois » et dies : « jour »). Le Triduum pascal, qui va de la messe du soir le Jeudi saint au dimanche de Pâques inclus, est le centre de gravité de l’année liturgique. 

De la Cène à la Résurrection s’écoulent ces trois jours auxquels le Seigneur a souvent fait allusion (cf. Mt 12, 40 ; 26, 61 ; Jn 2, 19) dans l’Évangile et qui, ensemble, constituent le Mystère pascal. 



Le jeudi saint, c'est le début du triduum pascal, célébrant la Passion et la Résurrection de Jésus. Lors de la messe vespérale du Jeudi Saint a lieu une cérémonie particulière, le lavement des pieds ou Mandatum. Douze personnes ont le pied droit lavé par le prêtre lors de la messe du soir (généralement, entre le sermon et l'offertoire). Cette cérémonie rappelle ce qu'a fait le Christ lors de la Cène. D'ailleurs l'Évangile du jour est celui où le Christ lave les pieds des douze apôtres (Jean XIII, 1-15). C'est aussi la commémoration de la dernière Cène de Jésus instituant l'Eucharistie.

mercredi 27 mars 2013

Bonne Pâques avec Alexandre Jollien

A l’heure où s’apprêtent à sonner les cloches de Pâques, j’aime à me rappeler le profond message de cette fête chrétienne : les tombeaux, les blessures, les plaies ouvertes peuvent devenir des lieux de résurrection. La résurrection se vit au quotidien. 

A chaque instant, je meurs à ce que j’ai été pour advenir pleinement à qui je suis dans les profondeurs. Aussi, suis-je invité, à la veille de cette immense fête, à jeter sur ma vie un regard lumineux qui sait extraire de tout, la joie. 

Le tombeau vide est aussi une invitation à se dépouiller de tout ce qui embarrasse. Et cela commence peut-être sur le plan matériel. Tant d’objets m’entourent et m’aliènent plus qu’ils ne me libèrent. Depuis que je sais que je pars en Corée, l’exercice est devenu une joie, donner, beaucoup donner. Et la déchèterie que je visite une fois par semaine me rappelle une vérité peut-être évangélique : presque tout peut se recycler. 
Même les blessures les plus scabreuses peuvent devenir des sources vives. Tout cela me ramène au centre, au fond du fond, à l’essentiel. Et de ce centre, je peux aimer comme dit notre nouveau Pape, tout ce qui se trouve à la « périphérie de mon coeur » et que j’oublie trop facilement. 

Bonne Pâques à tous, dans la joie et la simplicité qui cohabitent tranquillement dans un coeur pur.

dimanche 24 mars 2013

Dimanche des Rameaux


La padre Jorge...

Itinéraire en photos : de Jorge Bergoglio au pape François

Christian Bobin et le pape François 1er

Christian Bobin : 
«La décision du pape de s’appeler François 1er est un acte audacieux, 
la traduction d’une grande volonté» 

... Christian Bobin, dans la simplicité de sa vie, qu'il s'évertue à protéger, aime ce qui est bon. Il ne pouvait donc pas être insensible à voir Jorge Mario Bergoglio, celui que l'on appelle l'Archevêque des pauvres, choisir de devenir François 1er, en hommage à Saint-François d'Assise. 

Deux décennies après «Le Très Bas», prix des Deux Magots en 1993, Christian Bobin a réagi pour «creusot-infos» à ce qui a été la première décision de Jorge Mario Bergoglio : son nom de 266e pape. Cela n'étonnera personne, Christian Bobin réagit avec des mots d'une grande pureté. «Je ne peux parler que de sa présence à l'image. Et cette présence m'a parlé de façon lumineuse», souffle celui qui a grandi au Creusot, juste à côté de l'église Saint-Charles. «On a pu voir que ce pape tout neuf avait quelque chose de très intériorisé. J'ai vu de la douceur, de la fermeté et de la clarté», poursuit Christian Bobin. Et d'ajouter : «Ce que je sais de sa vie antérieure, il semble être vraiment celui qui parle au nom de l'évangile, c'est-à-dire tourné vers les pauvres». 

Christian Bobin préfère la richesse des âmes à celle de l'argent. On ne s'étonnera donc pas quand il lance : «A la violence du monde marchand ne peut que répondre la violence de la douceur». Et il a dégusté ces lueurs apparues, mercredi soir, sur le visage de François 1er. Car l'enfant du Creusot le clame haut et fort : «Oui je pense que la racine humaine est invincible. L'humain ne peut pas être déraciné de ce monde, même si les attaques se font de plus en plus fortes. Les machines, l'argent, les rapports de force, attaquent sans cesse l'humain. Mais l'humain est une plante vivace qui se nourrit de soleil. Comme l'herbe folle qui finit toujours par pousser». 

Alors Christian Bobin a trouvé très belles les premières paroles de François 1er, dont il relève la douceur qu'il dégage. Il est bien évidemment interpellé par la référence pas seulement subliminale à Saint-François d'Assise. «C'est forcément étonnant d'être le premier à choisir ce prénom. Personne ne l'avait pris jusqu'alors, comme s'il était intouchable. Peut-être tout simplement parce qu'aucun pape ne s'était senti assez fort pour porter ce nom là. Et pourtant c'est la première décision, le premier geste de Jorge Mario Bergoglio. C'est pour moi un acte audacieux, comme la traduction d'une grande volonté». 

La voix de Christian Bobin, au téléphone, dégage un enthousiasme non pas éclatant, non pas mesuré, mais sincère et, peut-être, l'avenir le dira, visionnaire : «Je pense que c'est quelqu'un qui ira loin», lâche-t-il, en complétant : «François 1er dégage de l'intelligence, de la douceur et un attachement à ce que la vie a de plus fragile. Oui, le monde a besoin que l'on pense aux plus fragiles». Bien évidemment, l'écrivain a bien noté que le mot «fraternité» avait été parmi les premiers employés par le nouveau pape. Mais il a aussi considéré à leur juste valeur, ces mots simples qu'ont été : «Bonsoir, bonne nuit et reposez-vous», car, dit Christian Bobin, «c'était là des paroles d'attention à l'autre». 

Et puis, il a savouré un autre moment fort de l'intervention du nouveau pape : «C'était magnifique qu'il impose le silence à toutes les télévisions du monde, comme un coup de force, le temps de cette prière». De toute évidence, l'écrivain a été conquis par les premières paroles de François 1er : «Je me réjouis toujours de voir apparaître quelqu'un de sensible et d'intelligent. C'est tellement rare… Il y a des présences qui changent beaucoup de choses…» 

Alain BOLLERY (Photo Alain BOLLERY)
source : Creusot Infos

Communauté de Notre Dame du Rivet

Une communauté de soeurs qui suit avec ferveur l'élection du pape :