Yvette ETIEVANT, Arnaud DESJARDINS, René BARJAVEL, Pierre SCHAEFFER nous parlent de Gurdjieff. Juste écouter le silence du début avant que l'interview ne commence...
jeudi 9 août 2012
mercredi 8 août 2012
Les invités au Festin avec Marie-Noélle Besançon
Depuis mon enfance, la spiritualité chrétienne est très présente dans ma vie. J'ai toujours cherché à donner du sens à mon existence. Un jour, ma quête spirituelle m'a amenée vers ces personnes dites « malades mentales ». *
À l'origine de cette action, il y avait un souffle, une énergie qui me dépassait, un acte de foi. Je me suis sentie appelée à créer Les Invités au Festin. Dans ces petites maisons, à dimension familiale et fraternelle, nous vivons des valeurs de citoyenneté et de fraternité. Nous considérons l'autre comme un frère humain. Je rejoins Karlfried Graf Dùrckheim, lorsqu'il dit que nous sommes à la fois humain et divin.
La spiritualité me permet de descendre dans une intériorité profonde et de dépasser le niveau de l'ego.
Les Invités au Festin est une expérience innovante à la fois très belle et difficile. C'est une voie particulière que de vivre avec des personnes en grande difficulté. Être habitée en permanence par la lumière du Divin est humainement impossible. La vie spirituelle est faite de consolation mais aussi de périodes très éprouvantes. C'est un chemin tortueux sur lequel nous avons besoin d'une boussole, d'une lampe, d'un guide.
Ma voie est celle du christianisme, avec ses textes, ses psaumes. ses prières. Je prie le matin et le soir. Chaque dimanche, et parfois dans la semaine, je participe à la messe. Je me sens très attirée par la Présence manifestée dans le Saint-Sacrement. Dans la journée, ou de manière plus intensive lors d'une retraite spirituelle, j'essaie de prendre des temps de recueillement. Je m'intériorise pour rencontrer Dieu en moi. Je lis des passages de la parole biblique ou de maîtres spirituels. Je me laisse toucher, bouleverser par cette Parole de consolation qui m'apaise et m'aide à comprendre ce que je vis dans ma vie ordinaire, dans mon couple, avec mes enfants et Les Invités au Festin.
Pendant trois années, j'ai perdu le lien avec la dimension spirituelle. Je me sentais comme Mère Teresa, qui avait perdu la relation à Jésus lorsqu'elle s'est retrouvée dans la rue. J'étais dans le fossé, envahie par une ombre. Je me demandais où était Dieu. C'était incroyable, après la puissance de foi qui m'avait engagée dans cette expérience des Invités au Festin ! Cela a été une épreuve.
Aujourd'hui, à l'âge de soixante-trois ans, je vis avec une grande intensité la dimension intérieure. Elle m'apporte beaucoup d'amour. Sans elle, je serais incapable d'aimer les personnes qui m'entourent. Je me sens traversée par cet amour de Dieu. Dieu me donne une patience, une bonté, une ouverture. Il m'offre les fruits de son amour. C'est très difficile de vivre en communauté, de porter des gens différents de nous qui ont des problèmes, et de mener ce combat au niveau de la société pour changer les mentalités et le regard sur les personnes en souffrance psychique.
Les difficultés peuvent me rendre impatiente, irritable ou négative. Mais la présence de la spiritualité donne du sens, de l'efficacité, de la fécondité à mon action. Cela change tout dans ma relation avec les gens. Cette manifestation de l'essentiel est comme un lac, une nappe souterraine qui m'anime en permanence.
Aux Invités au Festin, je suis consciente qu'il me faut décupler de forces spirituelles et d'énergie, mais j'en reçois encore plus en retour. C'est passionnant, merveilleux, un bonheur ineffable !
(revue Sources n°18)
Marie-Noélle Besançon est psychiatre. Il y a vingt ans, avec son mari Jean, entrepreneur social, elle a fondé l'association Les Invités au Festin,
et créé La Maison des Sources, un lieu de vie communautaire où des personnes dites « normales vivent aux côtés de personnes souffrant de troubles psychiques et sociaux, dans le but que celles-ci retrouvent toute leur place dans la société.
À l'origine de cette action, il y avait un souffle, une énergie qui me dépassait, un acte de foi. Je me suis sentie appelée à créer Les Invités au Festin. Dans ces petites maisons, à dimension familiale et fraternelle, nous vivons des valeurs de citoyenneté et de fraternité. Nous considérons l'autre comme un frère humain. Je rejoins Karlfried Graf Dùrckheim, lorsqu'il dit que nous sommes à la fois humain et divin.
La spiritualité me permet de descendre dans une intériorité profonde et de dépasser le niveau de l'ego.
Les Invités au Festin est une expérience innovante à la fois très belle et difficile. C'est une voie particulière que de vivre avec des personnes en grande difficulté. Être habitée en permanence par la lumière du Divin est humainement impossible. La vie spirituelle est faite de consolation mais aussi de périodes très éprouvantes. C'est un chemin tortueux sur lequel nous avons besoin d'une boussole, d'une lampe, d'un guide.
Ma voie est celle du christianisme, avec ses textes, ses psaumes. ses prières. Je prie le matin et le soir. Chaque dimanche, et parfois dans la semaine, je participe à la messe. Je me sens très attirée par la Présence manifestée dans le Saint-Sacrement. Dans la journée, ou de manière plus intensive lors d'une retraite spirituelle, j'essaie de prendre des temps de recueillement. Je m'intériorise pour rencontrer Dieu en moi. Je lis des passages de la parole biblique ou de maîtres spirituels. Je me laisse toucher, bouleverser par cette Parole de consolation qui m'apaise et m'aide à comprendre ce que je vis dans ma vie ordinaire, dans mon couple, avec mes enfants et Les Invités au Festin.
Pendant trois années, j'ai perdu le lien avec la dimension spirituelle. Je me sentais comme Mère Teresa, qui avait perdu la relation à Jésus lorsqu'elle s'est retrouvée dans la rue. J'étais dans le fossé, envahie par une ombre. Je me demandais où était Dieu. C'était incroyable, après la puissance de foi qui m'avait engagée dans cette expérience des Invités au Festin ! Cela a été une épreuve.
Aujourd'hui, à l'âge de soixante-trois ans, je vis avec une grande intensité la dimension intérieure. Elle m'apporte beaucoup d'amour. Sans elle, je serais incapable d'aimer les personnes qui m'entourent. Je me sens traversée par cet amour de Dieu. Dieu me donne une patience, une bonté, une ouverture. Il m'offre les fruits de son amour. C'est très difficile de vivre en communauté, de porter des gens différents de nous qui ont des problèmes, et de mener ce combat au niveau de la société pour changer les mentalités et le regard sur les personnes en souffrance psychique.
Les difficultés peuvent me rendre impatiente, irritable ou négative. Mais la présence de la spiritualité donne du sens, de l'efficacité, de la fécondité à mon action. Cela change tout dans ma relation avec les gens. Cette manifestation de l'essentiel est comme un lac, une nappe souterraine qui m'anime en permanence.
Aux Invités au Festin, je suis consciente qu'il me faut décupler de forces spirituelles et d'énergie, mais j'en reçois encore plus en retour. C'est passionnant, merveilleux, un bonheur ineffable !
(revue Sources n°18)
Marie-Noélle Besançon est psychiatre. Il y a vingt ans, avec son mari Jean, entrepreneur social, elle a fondé l'association Les Invités au Festin,
et créé La Maison des Sources, un lieu de vie communautaire où des personnes dites « normales vivent aux côtés de personnes souffrant de troubles psychiques et sociaux, dans le but que celles-ci retrouvent toute leur place dans la société.
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mardi 7 août 2012
Zen avec Taisen Deshimaru
Pour ceux qui "prennent" le temps de faire zazen, voici grâce à Arnaud Desjardins, la deuxième partie du film sur le zen...
Une question d'être...
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lundi 6 août 2012
Applaudissement pour nos mains...
Main dans la main ou les mains en l'air, je prends la main sur ce blog chaque jour pour mettre la main à la pâte et vous offrir un coup de main sur le chemin aux mains ouvertes.
dimanche 5 août 2012
Entrons en mode Za-zen avec Jacques Castermane
« Za-zen n’est pas une mode, c’est l’accès à un mode de vie ! »
Za ! Ce kanji signifie s’asseoir. Etre assis, le dos droit, immobile, n’est pas automatiquement zazen.
S’asseoir, peut devenir zazen à condition que cet exercice soit synonyme de « rupture ». Parce que zazen n’est pas un ajout, une activité en plus, qu’il serait bien d’ajouter aux actions qui sont les nôtres tout au long d’une journée.
Zazen est une « rupture » avec notre manière d’être habituelle, notre manière de faire et de voir habituelle. C’est à l’occasion de cette « rupture » que se révèle un niveau d’être inhabituel qui s’accompagne de qualités d’être inhabituelles : le calme, la paix intérieure, la sérénité.
Ces qualités d’être ne manquent à personne.
Je ne souffre pas d’un manque ; je souffre d’ignorer ce qui ne manque pas. Par la pratique de zazen, je ne gagne rien ; je perds l’ignorance de ce niveau d’être que le zen appelle notre « vraie nature ».
Pourquoi pratiquer zazen chaque jour ? Afin de se « familiariser » avec cette manière d’être plus sereine, plus calme, plus confiante.
Jacques Castermane
août 2012
Za ! Ce kanji signifie s’asseoir. Etre assis, le dos droit, immobile, n’est pas automatiquement zazen.
S’asseoir, peut devenir zazen à condition que cet exercice soit synonyme de « rupture ». Parce que zazen n’est pas un ajout, une activité en plus, qu’il serait bien d’ajouter aux actions qui sont les nôtres tout au long d’une journée.
Zazen est une « rupture » avec notre manière d’être habituelle, notre manière de faire et de voir habituelle. C’est à l’occasion de cette « rupture » que se révèle un niveau d’être inhabituel qui s’accompagne de qualités d’être inhabituelles : le calme, la paix intérieure, la sérénité.
Ces qualités d’être ne manquent à personne.
Je ne souffre pas d’un manque ; je souffre d’ignorer ce qui ne manque pas. Par la pratique de zazen, je ne gagne rien ; je perds l’ignorance de ce niveau d’être que le zen appelle notre « vraie nature ».
Pourquoi pratiquer zazen chaque jour ? Afin de se « familiariser » avec cette manière d’être plus sereine, plus calme, plus confiante.
Jacques Castermane
août 2012
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samedi 4 août 2012
vendredi 3 août 2012
Dix minutes avec Yann Arthus Bertrand
jeudi 2 août 2012
La Fraternité avec Henry Quinson
Il y a vingt-cinq ans, Henry Quinson a rompu avec sa vie de trader pour entrer clans un monastère cistercien. Avec ses compagnons. il a fondé la Fraternité Saint-Paul, à Marseille, un lieu où l'amour de Dieu rime avec l'expérience de la fraternité universelle. Il est l'auteur du livre Moine des Cités. En 2009 et 2010, il a été le conseiller monastique du film Des hommes et des dieux, réalisé par Xavier Beauvois.
"A l'âge de vingt ans, j'étais insatisfait de ma vie de jeune consommateur occidental. Je voulais être heureux, en paix. C'est alors que j'ai découvert la prière. Cette quête de bonheur était sans doute une recherche égocentrée... Mais, dans un premier temps, elle était légitime, car il est important d'être heureux. Le fruit de cette recherche intérieure m'a conduit sept ans plus tard à quitter les salles de marché pour vivre sur un mode de relatif retrait du monde dans un monastère cistercien. Quelques années plus tard, en 1997, avec Karim de Broucker, nous avons fondé à Marseille la Fraternité Saint-Paul. Ce lieu m'a mis en contact avec des gens en difficulté et une population majoritairement musulmane.
Pendant plus de quinze ans, l'accompagnement scolaire et le travail éducatif ont été les expressions de mon engagement social. Ma soif d'intériorité m'avait mené au coeur de la Cité, sans qu'il soit question bien sûr d'abandonner les retraites spirituelles et les temps de prière. À la sortie de mon livre Moine des Cités, des personnes athées m'ont écrit pour me dire qu'elles avaient mieux compris comment une quête spirituelle pouvait mener à une démarche d'engagement social, une action politique au sens large du terme.
En 2006, on m'a demandé de traduire un livre sur les moines de Tibhirine, assassinés en 1996. Ils avaient aussi allié prière, hospitalité et entraide. Ce travail m'a permis de passer à une deuxième phase, celle de la prise de parole. À,travers mes interventions, j'indiquais un chemin possible de paix civile pour des populations en conflit sur des questions que l'on juge d'abord religieuses, alors qu'elles sont aussi ancrées dans des problèmes de société, d'inégalités et de régimes politiques corrompus.
Puis, à partir de 2008, on a fait appel à moi comme ancien trader en m'interrogeant sur les causes de la crise financière. J'ai donc été obligé de clarifier mes positions sur certains sujets. J'ai même accepté de donner mon point de vue au Conseil économique du Parlement européen. Mon action ne consistait pas à participer à des débats de société pour accoucher de solutions concrètes à une échelle qui dépasse le quartier, la ville et même la nation.
Depuis le printemps dernier, je fais partie du conseil d'administration de l'association Loger Marseille Jeunes. Nous permettons à des jeunes, en situation de précarité ou engagés dans un projet professionnel, de trouver des logements à des prix abordables. Par ailleurs, cette année, dans le cadre d'un partenariat avec une fondation de bourses professionnelles, j'ai pu financer un stage et, à titre personnel, j'héberge un jeune Algérien de vingt-cinq ans, Ali Zeggaï.
Rétrospectivement, j'observe que le choix d'une vie spirituelle centrée sur la quête de mon bonheur individuel m'a permis, au fil du temps, de me décentrer de moi-même pour vivre avec les autres. Cette proximité avec mes frères humains compte beaucoup pour moi. Dans la tradition biblique, on parle d'une profonde unité entre la recherche de la transcendance et le fait d'aimer les êtres qui nous entourent. Chaque jour, je fais l'expérience de cette unité entre ces deux pôles, qui finalement n'en sont qu'un. En étant dans la situation de celui qui « donne » – pas dans l'idée de mérite, mais dans le souci de me rendre utile –, je reçois beaucoup d'amour et je découvre le monde tel qu'il est, difficile, mais justement occasion de fraternité solidaire.
Je prends conscience que, plus je pénètre dans ce que Jésus nomme le Royaume de Dieu, plus je rencontre d'autres frères et soeurs en humanité qui habitent cet univers rempli de bonheur, un bonheur qui ne peut être solitaire. C'est un bonheur de communion. Dans la rencontre de l'Esprit, cet invisible transcendant, il y a un rayonnement, un débordement. Aujourd'hui, si un grand nombre de gens disent souffrir de la solitude, je dois avouer que, dans ma trajectoire personnelle, j'aimerais bien en avoir un peu plus ! Je suis plutôt dans l'excès inverse. Je reçois énormément de demandes, de sollicitations...
Mon expérience spirituelle consiste à être de plus en plus en communion avec l'ensemble des êtres. Je me sens faire partie de l'humanité de manière tangible. Toutes ces rencontres m'enrichissent. Oser prendre le risque de l'aventure humaine vient de l'Esprit et conduit à l'Esprit. Ma vie était tournée vers Dieu. Dieu l'a tournée vers mes frères humains, pour que notre vie partagée soit plus savoureuse et riche de sens.
Henry Quinson
source : "Sources" n°18
"A l'âge de vingt ans, j'étais insatisfait de ma vie de jeune consommateur occidental. Je voulais être heureux, en paix. C'est alors que j'ai découvert la prière. Cette quête de bonheur était sans doute une recherche égocentrée... Mais, dans un premier temps, elle était légitime, car il est important d'être heureux. Le fruit de cette recherche intérieure m'a conduit sept ans plus tard à quitter les salles de marché pour vivre sur un mode de relatif retrait du monde dans un monastère cistercien. Quelques années plus tard, en 1997, avec Karim de Broucker, nous avons fondé à Marseille la Fraternité Saint-Paul. Ce lieu m'a mis en contact avec des gens en difficulté et une population majoritairement musulmane.
Pendant plus de quinze ans, l'accompagnement scolaire et le travail éducatif ont été les expressions de mon engagement social. Ma soif d'intériorité m'avait mené au coeur de la Cité, sans qu'il soit question bien sûr d'abandonner les retraites spirituelles et les temps de prière. À la sortie de mon livre Moine des Cités, des personnes athées m'ont écrit pour me dire qu'elles avaient mieux compris comment une quête spirituelle pouvait mener à une démarche d'engagement social, une action politique au sens large du terme.
En 2006, on m'a demandé de traduire un livre sur les moines de Tibhirine, assassinés en 1996. Ils avaient aussi allié prière, hospitalité et entraide. Ce travail m'a permis de passer à une deuxième phase, celle de la prise de parole. À,travers mes interventions, j'indiquais un chemin possible de paix civile pour des populations en conflit sur des questions que l'on juge d'abord religieuses, alors qu'elles sont aussi ancrées dans des problèmes de société, d'inégalités et de régimes politiques corrompus.
Puis, à partir de 2008, on a fait appel à moi comme ancien trader en m'interrogeant sur les causes de la crise financière. J'ai donc été obligé de clarifier mes positions sur certains sujets. J'ai même accepté de donner mon point de vue au Conseil économique du Parlement européen. Mon action ne consistait pas à participer à des débats de société pour accoucher de solutions concrètes à une échelle qui dépasse le quartier, la ville et même la nation.
Depuis le printemps dernier, je fais partie du conseil d'administration de l'association Loger Marseille Jeunes. Nous permettons à des jeunes, en situation de précarité ou engagés dans un projet professionnel, de trouver des logements à des prix abordables. Par ailleurs, cette année, dans le cadre d'un partenariat avec une fondation de bourses professionnelles, j'ai pu financer un stage et, à titre personnel, j'héberge un jeune Algérien de vingt-cinq ans, Ali Zeggaï.
Rétrospectivement, j'observe que le choix d'une vie spirituelle centrée sur la quête de mon bonheur individuel m'a permis, au fil du temps, de me décentrer de moi-même pour vivre avec les autres. Cette proximité avec mes frères humains compte beaucoup pour moi. Dans la tradition biblique, on parle d'une profonde unité entre la recherche de la transcendance et le fait d'aimer les êtres qui nous entourent. Chaque jour, je fais l'expérience de cette unité entre ces deux pôles, qui finalement n'en sont qu'un. En étant dans la situation de celui qui « donne » – pas dans l'idée de mérite, mais dans le souci de me rendre utile –, je reçois beaucoup d'amour et je découvre le monde tel qu'il est, difficile, mais justement occasion de fraternité solidaire.
Je prends conscience que, plus je pénètre dans ce que Jésus nomme le Royaume de Dieu, plus je rencontre d'autres frères et soeurs en humanité qui habitent cet univers rempli de bonheur, un bonheur qui ne peut être solitaire. C'est un bonheur de communion. Dans la rencontre de l'Esprit, cet invisible transcendant, il y a un rayonnement, un débordement. Aujourd'hui, si un grand nombre de gens disent souffrir de la solitude, je dois avouer que, dans ma trajectoire personnelle, j'aimerais bien en avoir un peu plus ! Je suis plutôt dans l'excès inverse. Je reçois énormément de demandes, de sollicitations...
Mon expérience spirituelle consiste à être de plus en plus en communion avec l'ensemble des êtres. Je me sens faire partie de l'humanité de manière tangible. Toutes ces rencontres m'enrichissent. Oser prendre le risque de l'aventure humaine vient de l'Esprit et conduit à l'Esprit. Ma vie était tournée vers Dieu. Dieu l'a tournée vers mes frères humains, pour que notre vie partagée soit plus savoureuse et riche de sens.
Henry Quinson
source : "Sources" n°18
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mercredi 1 août 2012
Entretien "phytospirituel" avec François Couplan (2)
« Depuis que l'homme est sur terre, il utilise les plantes qui poussent autour de lui pour se nourrir et se soigner.
Il est temps de redécouvrir ces végétaux trop longtemps oubliés, dont nous pouvons mettre à profit les multiples vertus dans notre vie quotidienne. »
François Couplan
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mardi 31 juillet 2012
Entretien "phytospirituel" avec François Couplan (1)
Parmi ses livres les plus importants, figure une "Encyclopédie des plantes sauvages comestibles de l'Europe", en trois volumes, ainsi que le "Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques". Citons aussi "Dégustez les plantes sauvages", qui présente tous les cadeaux de la nature dans nos régions, par environnement et par saison, ou "Vivre en pleine nature", pour se sentir chez soi dans les bois.
Dans "La Nature nous sauvera" que j'ai déjà présenté sur ce blog, François Couplan porte un regard nouveau sur la crise de notre civilisation, dont il expose les causes historiques et propose une approche originale pour y apporter des solutions. Les écrits de François Couplan portent également sur la botanique ("L'album des plantes et des fleurs", "Reconnaître facilement les plantes", "Dictionnaire étymologique de botanique", "Fleurs des Alpes"), le jardin ("Mangez vos soucis", "Le Jardin au naturel", "Légumes, fruits et condiments oubliés"), la nutrition ("Guide nutritionnel des plantes", "Le véritable régime crétois","Sans viande et très heureux") et les plantes médicinales ("Petit Larousse des plantes qui guérissent").
La collaboration entre François Couplan et le cuisinier étoilé Marc Veyrat a donné naissance à "L'Herbier gourmand", un plaisir pour les yeux et les papilles...
Dans "La Nature nous sauvera" que j'ai déjà présenté sur ce blog, François Couplan porte un regard nouveau sur la crise de notre civilisation, dont il expose les causes historiques et propose une approche originale pour y apporter des solutions. Les écrits de François Couplan portent également sur la botanique ("L'album des plantes et des fleurs", "Reconnaître facilement les plantes", "Dictionnaire étymologique de botanique", "Fleurs des Alpes"), le jardin ("Mangez vos soucis", "Le Jardin au naturel", "Légumes, fruits et condiments oubliés"), la nutrition ("Guide nutritionnel des plantes", "Le véritable régime crétois","Sans viande et très heureux") et les plantes médicinales ("Petit Larousse des plantes qui guérissent").
La collaboration entre François Couplan et le cuisinier étoilé Marc Veyrat a donné naissance à "L'Herbier gourmand", un plaisir pour les yeux et les papilles...
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lundi 30 juillet 2012
Aimons les arbres
Il arrive quelquefois, au promeneur fatigué, de s'appuyer sur un arbre : il pose la main sur son tronc et, reprenant son haleine, il paraît se gorger de cette calme puissance qui le soutient pour l'instant. Ce n'est qu'un préambule, il faut aller plus loin.
En fait, celui qui ne s'est jamais adossé contre un arbre, sa colonne vertébrale communiant du pilier, comme si le fût de ce hêtre, de ce chêne, de ce pin devenait sa colonne et transformait sa halte en un moment de rêve, d'intense méditation, d'abandon à la force qui se développe sous son corps et frémit sous l'écorce que sa main, lentement, caresse - celui-là ne sait pas ce qu'est vraiment un arbre...
... non, quand bien même saurait-il tout ce que les livres en disent, sa science ne serait rien devant la seule expérience de celui qui, un jour, a fait confiance à cet arbre, qui s'y est comme fondu et y a découvert un univers tout entier...
... Il faut aimer les arbres.
Michel Cazenave
- Arbres
En fait, celui qui ne s'est jamais adossé contre un arbre, sa colonne vertébrale communiant du pilier, comme si le fût de ce hêtre, de ce chêne, de ce pin devenait sa colonne et transformait sa halte en un moment de rêve, d'intense méditation, d'abandon à la force qui se développe sous son corps et frémit sous l'écorce que sa main, lentement, caresse - celui-là ne sait pas ce qu'est vraiment un arbre...
... non, quand bien même saurait-il tout ce que les livres en disent, sa science ne serait rien devant la seule expérience de celui qui, un jour, a fait confiance à cet arbre, qui s'y est comme fondu et y a découvert un univers tout entier...
... Il faut aimer les arbres.
Michel Cazenave
- Arbres
samedi 28 juillet 2012
Ne rien faire avec Christiane Singer
Leçon de chose
Décor : une fenêtre ouverte peut suffire - un banc de square, mieux encore : la forêt.
S’immobiliser. Stopper la toupie verbale qui entraîne notre esprit dans sa giration obsessionnelle.
Se taire passionnément. Et chaque fois qu’une association de pensées se faufile, s’immisce dans une fêlure de notre attention, la rejeter impitoyablement.
Ne rien faire, ne rien déranger.
Dériver.
Assise sur un rocher, je laisse le froid visiter l’épaisseur de mes jupes.
Me traversent le crissement et les bruits, l’odeur de la terre.
Suspension. Pointe aiguë. L’envie de crier.
Soudaineté de la perfection.
Je n’écoute pas. Les sons me recouvrent comme un lichen.
Je ne regarde pas. Les branches et leurs ombres poussent dans les yeux ouverts.
Je ne respire pas. Un souffle régulier m’habite et me scande.
Je ne flaire pas. Les odeurs m’enfouissent au ventre leurs rhizomes.
Absence et suspension.
Où allais-je chercher l’aventure. ?
Une escapade semblable permet au moins deux découvertes : en ne faisant rien, celui qui n'a rien fait a déjà fait beaucoup; et ce qu'il faut à l'homme pour aller au bout de ses rêves et de ses possibilités n'est rien d'autre que ce qu'il a déjà : son corps.
Dès lors, tout s'éclaire. Ce que la méditation a de si suspect pour l'ordre social et économique, c'est qu'elle nous apprend à nous mouvoir ailleurs, dans un univers dont les richesses innombrables échappent aux circuits monétaires et marchands.
Christiane Singer,
les âges de la vie, éditions Albin Michel, p. 25-27
Décor : une fenêtre ouverte peut suffire - un banc de square, mieux encore : la forêt.
S’immobiliser. Stopper la toupie verbale qui entraîne notre esprit dans sa giration obsessionnelle.
Se taire passionnément. Et chaque fois qu’une association de pensées se faufile, s’immisce dans une fêlure de notre attention, la rejeter impitoyablement.
Ne rien faire, ne rien déranger.
Dériver.
Assise sur un rocher, je laisse le froid visiter l’épaisseur de mes jupes.
Me traversent le crissement et les bruits, l’odeur de la terre.
Suspension. Pointe aiguë. L’envie de crier.
Soudaineté de la perfection.
Je n’écoute pas. Les sons me recouvrent comme un lichen.
Je ne regarde pas. Les branches et leurs ombres poussent dans les yeux ouverts.
Je ne respire pas. Un souffle régulier m’habite et me scande.
Je ne flaire pas. Les odeurs m’enfouissent au ventre leurs rhizomes.
Absence et suspension.
Où allais-je chercher l’aventure. ?
Une escapade semblable permet au moins deux découvertes : en ne faisant rien, celui qui n'a rien fait a déjà fait beaucoup; et ce qu'il faut à l'homme pour aller au bout de ses rêves et de ses possibilités n'est rien d'autre que ce qu'il a déjà : son corps.
Dès lors, tout s'éclaire. Ce que la méditation a de si suspect pour l'ordre social et économique, c'est qu'elle nous apprend à nous mouvoir ailleurs, dans un univers dont les richesses innombrables échappent aux circuits monétaires et marchands.
Christiane Singer,
les âges de la vie, éditions Albin Michel, p. 25-27
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