vendredi 25 octobre 2013

Ressentir avec Emmanuel Desjardins


Être vivant, c'est d'abord avoir un cœur vivant, un cœur capable de ressentir pleinement, avec fluidité, comme celui d'un enfant. Avant d'aspirer au cœur équanime du sage, à l'ataraxie, l'absence de trouble, cherchons déjà à avoir un cœur vivant. La plupart des écoles de psychothérapie définissent quatre ressentis de base : la peur, la tristesse, la joie, la colère. Sommes-nous capables de les ressentir tous les quatre ?Y a-t-il un interdit sur l'un d'entre eux ? Un interdit sur la colère, par exemple ? Ou bien sommes-nous figés dans l'un d'entre eux : toujours tristes, en colère ou joyeux ? Certains sont en colère toute leur vie. D'autres se sont définitivement campés dans la bonne humeur. Ce n'est pas cela, être vivant.

Être vivant, c'est oser nous laisser brasser, nous rendre vulnérable, laisser les événements nous « travailler ». Un disciple de Swâmi Prajnânpad lui demanda un jour : « Comment cela se fait-il ? Swâmi Prajnânpad a vécu certains événements une ou deux fois, et il a changé ! Moi, j'ai vécu les mêmes événements des centaines de fois, et je n'ai pas bougé ? » Swâmi Prajnânpad répondit : « Ce qui se passe, c'est que les événements vous arrivent de l'extérieur, vous vous fermez, vous ne vous laissez pas affecter. C'est pourquoi aucun changement ne se produit dans votre existence. Tandis que celui qui se laisse affecter par les événements est obligé d'y faire face, il n'a pas d'échappatoire, il perd ses illusions et se libère. »

Nous évoluons dans un contexte généralisé de maltraitance du ressenti. Nos parents, notre éducation, l'école, la société, tout nous pousse à ne pas ressentir, à réprimer. Cela va des injonctions les plus grossières (« un homme, ça ne pleure pas »), aux plus subtiles (« après des années de thérapies et de pratique, je ne devrais pas être si fragile ! »). Alors, il ne faut pas ressentir, il faut que cela ne se voie pas, ou que cela dure le moins longtemps possible.

Qui plus est, l'enfance nous a confrontés à des situations si douloureuses que nous n'avons pas pu les ressentir complètement, nous avons dû nous fermer, nous « blinder » pour survivre. Ressentir, c'est donc également retrouver des émotions enfouies, laisser s'exprimer ce qui a été réprimé. Cela signifie aussi que les demandes infantiles, les distorsions issues d'une éducation maladroite, les blessures non cicatrisées de notre psyché fragile seront entendues et prises en compte. D'où l'importance d'un travail sur l'inconscient et la mémoire refoulée...

Emmanuel Desjardins
Spiritualité: De quoi s'agit-il ?


jeudi 24 octobre 2013

Qui est José Le Roy ? Voici sa tête ! A vous de voir la votre...


Un retour à Soi après avoir vu ce que nous ne sommes pas...




J'ajoute cette vidéo car je pensais déjà l'avoir mise mais apparemment ce n'est pas le cas. Je ne vous la montre pas du doigt car vous pouvez le faire... :




mercredi 23 octobre 2013

Vivre en solidarité avec Matthieu Ricard


Je suis certain qu'il y a des effets positifs prouvés lorsque vous écoutez Matthieu Ricard... La force de la bienveillance est à ressentir.




mardi 22 octobre 2013

Un seul être avec Alain Galatis

Cette harmonie témoigne d'un lien dont nous avons l'intuition. Il n'y a plus seulement un homme qui regarde trois arbres et un écureuil sous un soleil d'automne, mais chaque phénomène déborde de son cadre; chaque phénomène émet, rayonne; chaque phénomène tend les bras; ils se rejoignent, se frôlent et se touchent.
Cela peut se produire dans d'autres lieux moins prédisposés. Inopinément, cette sensation nous tombe dessus dans le brouhaha d'un bistrot enfumé, sur notre lieu de travail ou lorsque nous regardons les murs pelés d'une arrière-cour délabrée. Nous percevons la rumeur de l'unité.

Ce sentiment d'une harmonie se manifeste quand nous nous oublions, quand l'attention portée à notre environnement se suffit à elle-même, quand cette attention nous sort de nous-mêmes. Nous devenons simple présence attentive. Nous pouvons alors goûter la paix et la sérénité : nous avons réintégré l'unité; elle nous a rattrapés. Nous n'avons plus de poids. En son sein, nous flottons dans l'impalpable.

Mais vite, nous retombons dans notre personnage. Nous reprenons notre rôle et notre histoire. Pourtant, l'unique cause de ces trop rares expériences qui nous laissent un souvenir ému et nostalgique, cette unique cause est présente dans chaque instant.

Elle est là, maintenant, cher ami ! Partout autour de toi. Et en toi...


...Nous sommes liés, cher ami. En contact. A des dizaines ou des milliers de kilomètres. Sans lever le petit doigt. Sans bouger une oreille. Sans nous déplacer d'un millimètre. Nous sommes un seul et même être.

Alain Galatis
Deuxième photo de Jackie

lundi 21 octobre 2013

Autour du bouddhisme et du Dalaï-Lama


Voici un extrait choisi de l'émission "La marche du siècle" de 1996 dont l'invité était le Dalaï-Lama. 
Autour de lui, Arnaud Desjardins, Matthieu Ricard et Jean-Claude Carrière qui nous parlent du bouddhisme :




dimanche 20 octobre 2013

La grande famille humaine de Jean Vanier


Qu'est-ce que vous pensez de l'aide humanitaire ?

Nous faisons tous partie d'une grande famille humaine. Nous pouvons être différents de culture, de religion, de peau etc. mais nous sommes cependant de la même famille. Alors si un de nos frères a faim, si un de nos frères est en difficulté, il faut absolument faire quelque chose, surtout quand il s'agit des grandes grandes famines ou des grands grands troubles comme des tremblements de terre en Haïti, au Japon. Donc l'aide humanitaire est très importante. C'est affirmer que nous faisons partie de l'humanité.

Comment aider juste ?

Qu'est-ce qui est important ? II y a le problème financier, il y a le problème de l'organisation des secours. L'humanitaire, c'est essentiellement de rencontrer des gens et de leur révéler qu'ils ne sont pas simplement des objets de notre bonté mais ce sont aussi des gens importants. Nous aimons bien les rencontrer. Leur différence nous ouvre à des pans du monde que nous ignorions. Nous nous enrichissons réciproquement. Donc la rencontre est importante.

Aider à côté ou aider dans un pays lointain, qu'est-ce qui permet de faire un choix ?

Cette question est fondamentale. Nous pouvons être touchés par la misère au loin que nous rapportent les médias comme les enfants des rues au Cambodge ou ailleurs ; cependant il est important de penser aux S.D.F. dans nos rues, aux personnes seules âgées. II ne faut jamais oublier les gens qui sont à côté.


vendredi 18 octobre 2013

Une lumière intérieure à découvrir avec Christian Bobin

Donc, je suis aussi impuissant que vous à ne pas voir le monde. Comme vous, je peux fermer les yeux, mais c’est un acte volontaire et toujours bref. Je crois même qu’il m’est plus difficile qu’à vous, car je n’ai pas le recours de clore les paupières (j’entends les paupières physiques). Je dois accomplir, pour éteindre un instant la vue, une opération intérieure beaucoup plus brutale et plus artificielle. Je nage positivement dans la lumière et dans toutes les formes qui naissent d’elle. La lumière, c’est mon élément. J’en suis fait.

Mais vous aussi, vous les clairvoyants, vous êtes faits de lumière. Sinon, vous ne pourriez pas voir. On vous apprend le contraire, je le sais bien. On vous parle de l’intensité lumineuse de tel objet et de tel autre. On mesure ces intensités. Il y a des unités internationales pour cette mesure. On vous dit, en somme, que la lumière n’est pas en vous, mais au-dehors et qu’elle vient jusqu’à vous selon des lois qu’il faut peu à peu découvrir. On m’a appris ces choses à moi aussi. Mais, par expérience, je sais qu’elles sont fausses. Et c’est pourquoi j’ai été joyeux, même dans les moments les plus pénibles de mon existence...

Quand je dis « lumière », je ne songe pas aux objets lumineux, au tourbillon de reflets et d’oscillations qui forme l’univers visuel. Je songe à la source qui, elle, est au-dedans. La source précède le fleuve et tous les accidents de son cours, tous les objets vus. On peut tarir les objets, la source demeure. Ce courant essentiel de lumière, cette puissance de lumière qui n’attend pas, pour être, que nous nous servions d’elle, elle est canalisée pour vous, commodément, pratiquement, à travers les yeux du corps. Il en résulte un monde, le vôtre. Mais si les yeux sont fermés accidentellement, elle n’en crée pas moins un monde : le mien, le mien puisque c’est moi qui parle. Sont-ils semblables, ces deux mondes ? Oui. Je n’hésite pas à le dire, parce que, depuis plus de vingt ans, leur coïncidence m’a frappé cent fois...

Plus souvent, je vous vois, mais d’une manière très peu anatomique. Je ne vous détaille pas. Je vous attrape (je dirais aussi volontiers je vous reçois) à l’instant où vous arrêtez la lumière que je tends vers vous. Vous faites une ombre. Cette ombre se diversifie presque immédiatement, se met en forme, se colore, mais selon d’autres rythmes que ceux des yeux. Si vous ne tenez pas en place, si ma conversation vous agace, votre ombre alors se disloque : il en part des morceaux à droite, à gauche, en arrière. Si vous êtes attiré vers moi par l’amitié ou l’intérêt, votre ombre est toute proche. Elle tend à s’intégrer dans la mienne. De là des sensations si particulières que, généralement, je me tais sur elles, par discrétion, pudeur ou timidité, à votre choix.

Jacques Lusseyran
 " Le Monde commence aujourd'hui "
Jacques Lusseyran, totalement aveugle depuis l’âge de huit ans, déporté politique à Buchenwald, et aujourd’hui, professeur de littérature française dans une université des Etats Unis, a écrit « Le monde commence aujourd’hui » à la fois comme un essai et comme un roman.Le monde commence aujourd’hui demeure une somptueuse leçon de résilience et un chant d’amour à la vie, dont la quête a lieu partout, tout le temps, du vestibule de l’enfer aux immensités américaines.





Chute...libre


mercredi 16 octobre 2013

Rencontre programmée avec Denise Desjardins

« Si vous voulez quelque chose, peu importe combien de temps, combien de vies, vous mettrez à l'accomplir. 
L'important est d'essayer, d'essayer encore, jusqu'à ce que vous atteigniez votre but. » 
Denise Desjardins

L’association « Avec Vous » accueillera une nouvelle fois Denise Desjardins :
Le samedi 16 novembre 2013, de 15h à 19h (accueil à partir de 14h30)
Au Studio Atlas, 11 rue de l’Atlas 75019 Paris (métro Belleville)
Participation financière : 35 euros — Pas de réservation préalable


Après une courte introduction, Denise répondra à vos questions, dans son style chaleureux, direct et intuitif. Faisant preuve d’une profonde connaissance de l’être humain et de ses possibilités, elle témoigne ainsi, avec son itinéraire, d’une expérience unique auprès de Swami Prajnanpad qui l’a amenée à pouvoir aider et accompagner tant de personnes.
Son tout nouveau livre, Contre vents et années, édition La Table Ronde viendra juste de sortir.

Venez nombreux, les opportunités se feront de plus en plus rares de la rencontrer ! Faites le savoir autour de vous.
Amicalement, Pascal Caro et Marie-Laure Belleville,


"Ceux qui n'osent pas affronter le monde ne peuvent pas non plus affronter la réalité. "
 Swami Prajnanpad

mardi 15 octobre 2013

La dignité avec Chantal Delsol



La dignité ne peut être inaliénable que si elle est sans définition. Toute définition crée des conditions. Et nous ne voulons pas que la dignité soit conditionnelle ni conditionnée.

La dignité sans définition émane d’un mystère. L’être humain est digne parce que mystérieux. Ce qui signifie qu’il n’épuise jamais ses caractéristiques, qu’il ne peut pas être contourné par une science. Si l’on pense que la science suffit à dire l’humain, alors l’humain ne sera pas respecté. C’est là l’incohérence de la modernité tardive : nous réduisons la pensée à des neurones, le corps à de la chimie, mais nous voulons une dignité inaliénable : et les deux sont incompatibles. Il faut une spiritualité pour que la dignité s’établisse sans condition (ce qui ne veut pas dire qu’elle sera toujours respectée ! mais au moins on saura qu’il faut la respecter, et l’on se repentira de ne l’avoir pas fait).

Une culture de l’immanence peut respecter les sentiments de l’individu, ses traditions, ses croyances, mais ne peut pas le respecter en tant que tel inconditionnellement, car il lui apparaît sans mystère. Et c’est le mystère qui fait l’inconditionnel : cette part de nuit suscite la crainte de toucher à quelque chose comme du divin. Seule la part de nuit peut être sacrée au sens de l’intouchable. Les neurones ni la viande ne sont sacrés. Voilà notre paradoxe : lorsque nous disons « plus jamais ça ! », c’est du religieux que nous appelons – mais en même temps nous récusons le religieux.

Ce dont nous avons besoin, c’est de nous mettre en accord avec nous-mêmes. 

Chantal Delsol


lundi 14 octobre 2013

Faire partie des semeurs d'espoirs avec Pierre rabhi

Produire et consommer localement s’impose comme une nécessité absolue pour la sécurité des populations à l’égard de leurs besoins élémentaires et légitimes. Sans se fermer aux échanges complémentaires, les territoires deviendraient alors des berceaux autonomes valorisant et soignant leurs ressources locales. Agriculture à taille humaine, artisanat, petits commerces… devraient être réhabilités afin que le maximum de citoyens puissent redevenir acteurs de l’économie.