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| Zao Wou Ki |
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| Zao Wou Ki |
Il y avait de
quoi être dérouté. Depuis dix ans, dans l’enseignement Gurdjieff, je m’étais donné
comme but la capacité de faire, j’étais arrivé à la conviction qu’en effet je
ne faisais pas, que tout se faisait mécaniquement à travers moi, sauf à de bien
rares moments, et maintenant on me proposait surtout de ne plus faire et de
perdre l’illusion que c’était à moi de faire, que je pouvais faire ou que
j’avais la capacité de faire. Vous voyez comme on peut être vite désorienté par
le langage si on entend des entretiens ou si on lit des livres, à moins d’être pris
en charge par un maître qui, peu à peu, comprend, je dirais presque apprend,
notre langage, le sens que nous donnons aux mots, dans quelle mesure ceux-ci
nous éclairent ou, au contraire, obscurcissent notre vision, et qui nous aide à
leur donner un sens vivant puis à les faire disparaître pour les remplacer par
des expériences et des certitudes.
Arnaud Desjardins, extrait de « Tu es cela », À la recherche du soi, tome IV
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Vous pourrez comprendre aussi ce que signifie réellement « être un avec ».
L’ego même calme, même paisible, même serein, même non égoïste ne peut jamais être parfaitement un avec. Il apporte toujours sa coloration, il se sent toujours quelqu’un en face de quelque chose d’autre. Quand vous vous sentez « quelqu’un », vous ne pouvez pas être un avec. Mais il y a en vous, ou vous êtes, une conscience qui n’est ni quelque chose ni quelqu’un (ce serait encore un objet), qui est vraiment comparable à un miroir, qui est seulement conscience, seulement lumière rigoureusement incolore. Ce n’est pas « moi » qui prends conscience de l’interrupteur ou de la poignée de porte ou du trou de serrure que j’ai là sous les yeux. Il serait peut-être juste, pour essayer d’exprimer l’inexprimable, de dire non pas : « Je vois la poignée de porte », mais simplement : « La poignée de porte est vue. » Et vous noterez, en effet, les différences de formulation entre l’école hindoue et l’école bouddhiste. Certains diront
Il n’est pas juste de dire je,
au sens le plus ultime du mot : je vois la porte. Il faut dire : la porte est
vue, c’est tout. Mais tous reconnaissent qu’il y a bien une certaine conscience
qui est là. La porte est vue et n’en disons pas plus sous peine de nourrir
l’ego dans ses illusions et ses incompréhensions. La formulation hindoue paraît
plus positive, la formulation bouddhiste paraît plus négative, mais elles
pointent vers la même direction. Les bouddhistes disent : « La rivière
disparaît dans l’océan. » Et les hindous disent : « La rivière se jette dans
l’océan. » « La rivière disparaît dans l’océan », l’ego prend peur : je vais
disparaître. Tandis que : « la rivière se jette dans l’océan », l’ego trouve ça
magnifique. « Je vais atteindre la grande Réalité suprême. » Il semble qu’une
formulation soit plus négative et effrayante pour l’ego, mais la réalisation
est exactement la même. Dans les deux cas la rivière a disparu et l’eau est
élargie à l’infini, à l’immensité de l’océan.
Arnaud Desjardins, Le vedanta et l’inconscient, À la recherche du soi, tome III
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Les phénomènes
ont existé pour vous depuis la conception ; ils ont même existé dans ce que
nous appelons les vies antérieures ; ils existeront encore ce soir, demain,
après-demain, jusqu’à votre mort – et ils existeront encore après la mort de
votre corps physique. Laissez-les exister ! Et vous, vous en serez le témoin,
le spectateur. Pour le spectateur, l’histoire est achevée. Vous, vous sentez
que vous avez une histoire, un devenir, que vous avez eu des moments heureux,
des moments malheureux, que vous avez eu l’impression de progresser, de ne plus
progresser, peut-être même de rétrograder, de descendre la pente, de la
remonter.
Cette histoire
personnelle n’existe que pour l’ego. Les phénomènes ne vous concernent pas réellement.
Mais quand je dis : « vous », faites bien attention ; tantôt « vous » désigne
l’atman, tantôt « vous » désigne l’ego. Soyez attentifs et ne confondez pas.
Pour l’instant, cet ego est là. Quand vous dites : « je », vous vous confondez avec les chaînes de causes et d’effets, avec les phénomènes. Vous êtes pris, identifié, sujet au désir, sujet à la peur, sujet à la souffrance ; vous vous souvenez d’avoir eu un passé par lequel vous vous sentez très concerné et qui vous donne la conviction que vous avez un futur. Pour l’atman il n’y a aucun futur. L’atman est immuable. Il ne changera pas, quoi qu’il puisse arriver ou ne pas arriver. Mais, tant que votre conscience est celle de l’ego et non celle de l’atman, vous projetez le passé sur le futur et vous vous représentez, vous, comme ayant encore une histoire devant vous, qui sera peut-être heureuse, peut-être malheureuse ; certaines perspectives vous rassurent, d’autres perspectives vous inquiètent, alors que, pour la Conscience non-dépendante, il ne peut être question ni d’être rassuré ni d’être inquiet.
Cet ego ne disparaît pas par la suppression, la répression, la négation – certainement pas. Cet ego disparaît en devenant de moins en moins contraignant, de plus en plus fin, jusqu’à ce que tout d’un coup, la rupture de niveau ait lieu, pareille à un éveil – le sommeil est de plus en plus léger et brusquement se produit l’éveil.
Arnaud Desjardins, extrait de Au-delà du moi, À la recherche du soi, tome II
Vous avez tous entendu parler de ce que l’on appelle les actes manqués en psychanalyse qui sont des actes manqués du point de vue du conscient, et qui sont des actes, au contraire, tout à fait réussis du point de vue de l’inconscient. Quand il s’agit d’un parlement, on connaît les forces en présence, on voit bien ce qui est la majorité, ce qui est l’opposition, comment certains députés de l’opposition seront parfois d’accord avec la majorité, et la situation n’est encore que relativement grave. Par exemple, vous pouvez intellectuellement prendre une décision : je vais faire de la gymnastique tous les jours pour me maintenir en bonne santé, mais votre corps lui-même et sa paresse représentent l’opposition et vous ne ferez jamais cette gymnastique que vous avez décidé de faire. Vous pouvez décider de ne plus fumer mais votre corps devient l’expression d’une émotion qui est comblée par le fait de fumer et vous ne tiendrez pas non plus cette décision. Tout cela se passe au grand jour et vous reconnaissez bien que vous êtes un parlement.
Certes, l’habileté
avec laquelle le député qui, en vous, prend la parole réussit à vous faire
oublier tous les autres, l’habileté avec laquelle une partie de vous peut vous
faire croire qu’elle parle au nom de la totalité de vous-même, est immense.
Ce qui est plus grave, c’est que non seulement vous êtes un parlement, mais c’est qu’une bonne part des forces qui agissent en vous agissent dans la clandestinité, exactement comme, dans un État, un parti politique qui n’est pas représenté au parlement parce qu’il est interdit et qui agit en cachette, se réunit en cachette, imprime les tracts en cachette, sabote les chemins de fer en cachette, fait exploser les bombes en cachette. Il y a une partie de l’être humain qu’on ne peut même plus représenter comme la cacophonie d’un parlement dont les députés ne sont pas d’accord mais comme un parti politique interdit et clandestin – ce qui est absolument censuré, réprimé, refusé, refoulé et qui, pour vous, est véritablement inconscient, non conscient, pas momentanément oublié mais réellement inconscient et inconnu.
Et ce parti
politique clandestin peut être extrêmement efficace pour vous contraindre à
agir, en se déguisant, en prenant des masques différents, en vous trompant, en
vous mentant, en vous aveuglant, en sabotant les actions qu’une partie
apparemment plus consciente de vous a décidées.
Arnaud Desjardins, extrait de Adhyatma yoga, À la recherche du soi, tome I
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Une commémoration particulière de cet événement était prévue à Hauteville et nous avions l'intention d'y associer les membres des Amis de La Bertais en les invitant à participer à un programme spécial lors de cette journée. La nouvelle dégradation des conditions sanitaires vient de contraindre Hauteville à annuler l'événement en présentiel et nous avons donc choisi de faire de même en ce qui concerne La Bertais [...]
Si vous vous sentez concerné(e) par la célébration de cet anniversaire, voici quelques suggestions :
Vous pouvez caler tout ou partie de votre journée du 10 août sur le rythme habituel soit d'Hauteville (si vous êtes familier du lieu), soit de La Bertais.
Vous pouvez consacrer un temps de votre journée pour lire ou relire un passage d'un livre d'Arnaud susceptible de vous inspirer.
Vous pouvez écouter ou visionner l'un ou l'autre des documents audio ou vidéo disponibles (sur le site d'Hauteville)
Arnaud étant décédé vers 23h, vous pouvez vous joindre à distance au temps spécifique de recueillement qui aura lieu ce jour à La Bertais comme à Hauteville à partir de 22h45.
Enfin, la meilleure façon d'honorer la mémoire d'Arnaud étant encore de mettre en pratique son enseignement, vous pouvez faire en sorte de vivre cette journée anniversaire en vous appliquant d'une façon toute particulière à prendre conscience de vos états d'âme et à transformer en acceptation les différents refus que la vie fera lever en vous...
Dans le souvenir de la présence lumineuse d'Arnaud et dans la gratitude pour tout ce que nous avons reçu de lui !
Jaï âtman !
(Victoire au Soi)
Yann et Anne-Marie Le Boucher
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« Je sors de cette retraite en silence ... apaisée ! »
Lorsque A.M. m’a dit cela je n’ai pas douté un instant de
l’authenticité de son expérience. Sa manière d’être en tant que personne, sa
manière d’être en tant que corps-vivant (IchLeib) confirmait son expérience
intérieure. Sa manière d’être et de s’exprimer, particulièrement sobre, donnait
l’impression qu’elle ne tombait pas dans le piège souvent tendu par l’ego :
l’idée que ce pourrait être définitif.
Lorsque je lui ai dit « voilà une bonne raison pour reprendre
l’exercice demain », son éclat de rire rendait compte de sa compréhension du
mot Chemin et confirmait sa détermination.
Une autre participante à cette première retraite
post-confinement, résumait son expérience par ces mots :« Au cours de ces
quelques jours, les exercices que nous avons pratiqué m’ont permis de rompre
cette urgence permanente qui gangrène mon existence quotidienne ! »
J’avais orienté la retraite en silence en invitant chacun «
à tout faire un petit peu plus lentement ». Tout ! S’habiller, marcher du
parking au Dojo, passer de la cuisine à la salle à manger, faire la vaisselle.
Briser la culture du tout faire vite, plus vite qui emmène bon nombre de nos
contemporains au burn-out ou à la dépression.
Un autre commentaire m’a particulièrement touché. « La
retraite en silence que vous animez est vraiment une réponse à ce besoin vital
de souffler, de se ressourcer. Je vous suis reconnaissant de ne pas nous
assommer de promesses surabondantes et illusoires dont la plupart des ouvrages
qui ont pour thème la méditation sont truffés. Merci de nous avoir donné
quelques clés pour trouver en soi les moyens de traverser les épreuves de la
vie ».
Se sentir apaisé ! Rompre avec ce sentiment d’urgence qui
gangrène notre existence quotidienne ! Trouver en soi les moyens de traverser
les épreuves de la vie !
Ces témoignages devraient nous interpeller ; d’autant plus
en cette période de pandémie. Ils m’invitent à concevoir qu’il est possible
d’assumer les conséquences d’une telle épreuve sans être attaché au désir du
retour à une vie extérieure qui serait comme avant. Une telle adversité peut au
contraire être l’opportunité de rompre avec les normes réclamées ou dictées par
le monde extérieur et à contrario de se centrer ou se recentrer sur
l’essentiel.
Se centrer sur l’essentiel ! Comment ?
La réponse donnée à cette question par K. Graf Dürckheim à
son retour du Japon (1947), suite à son immersion d’une dizaine d’années dans
le monde du Zen est résumée dans cette ordonnance : « Le Chemin est la
technique ; la technique est le Chemin ».
Zazen, technique qui consiste à ne rien faire mais à fond
(comme le disait André Comte-Sponville après avoir participé une sesshin au
Centre) est très certainement l’exercice le plus simple et accessible au plus
grand nombre. Il est vrai que le plus simple n’est pas toujours ce qu’il y a de
plus facile à réaliser. Voici ce que me disait Graf Dürckheim suite à ma toute
première expérience de cet exercice qu’est la pratique méditative sans objet :
« Vous savez, l’exercice appelé zazen sera toujours un peu difficile pour ce
qu’on appelle l’ego. Mais il faut savoir que le démantèlement du ‘’moi’’ est la
condition fondamentale de la réalisation du vrai soi-même. Il ne s’agit pas
d’anéantir le ‘’moi‘’ mais de transformer un ego uniquement centré sur lui-même
afin de nous ou ouvrir à ‘’ce plus que l’ego‘’ que nous sommes déjà au plus
profond de nous-mêmes ». (1)
L’usage du kanji ZAZEN m’oblige à réaffirmer ce qui apparaît
comme étant fondamental sur la Voie tracée par Graf Dürckheim et dans
l’enseignement qui nous est proposé depuis quelques années par le maître Zen
Hirano Katsufumi Rôshi (2) : « ZAZEN EST DIFFÉRENT DE LA MEDITATION ».
« Il y a mille et une manière de méditer ; il n’y a qu’une
manière de pratiquer zazen ».(H.R.)
« On ne pratique pas zazen avec le mental ». (H.R.)
« Laisser le corps, le corps vivant (Leib), prendre le
dessus sur le mental ». (K.G.D.)
« En pratiquant zazen, le corps (Leib) prend la forme du
calme ». (H.R.)
« Comment
fait-on pour devenir calme ? »
Question posée par Graf Dürckheim à un maître zen au début de son séjour au Japon. Avec un sourire malicieux le maître répond : « Simplement laisser sortir le calme qui est en soi ... oui, simplement laisser sortir ... »
(1) La Sagesse exercée — Jacques Castermane — Ed du Relié (2013)
(2) Lire :
ENSEIGNEMENTS — propos du maître Zen Hirano Katsufumi Rôshi
Propos recueillis
par Jocelyne Derudder www.tenchijin-zen-kai.fr
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Je me forme actuellement au Yi Jing. C'est un monde de sagesse qui peut nous emmener loin en nous...
Fabrice Jordan : "C'est la nuance et la gestion tranquille de la conscience de multiples complexités interdépendantes qui sauvera le monde. Ni le nivellement des propos, ni aucune position figée ne permettent de comprendre l'aujourd'hui, ni de tisser un demain qui respire.
La nonne bouddhiste nous offre un de ces récits de sagesse, appelés Jatakas, qui retracent les vies antérieures du Bouddha. Foisonnants d'images propres à l'Inde ancienne, ils se veulent riches d’enseignements sur l’Éveil, la réincarnation et le karma.
Des contes où il est question, comme dans tous les contes, de rois, de pouvoir, de promesses tenues ou brisées, des responsabilités de nos actes : ainsi sont racontées, dans les pays d’Asie, les vies antérieures du Bouddha, tantôt être humain, tantôt animal : daim, tortue, singe, lièvre, éléphant et plus encore.
Sous de multiples formes, il est montré comment, d’existence en existence, le futur Bouddha approfondit la moralité et la sagesse, et surtout le don sous toutes ses formes et la compassion. Ces contes, appelés « Jatakas » sont récités, chantés ou mis en scène ; ils sont connus de tous, et chacun a ses préférés. Voici l’Histoire des deux cygnes.
Il était une fois près d’un lac bleu au fond de l’Himalaya, un couple de cygnes si beaux que même les boutons de lotus palissaient à côté d’eux ; à la voix si douce, qu’elle surpassait même la musique des bracelets de chevilles des jeunes femmes. Les dieux eux-mêmes les admiraient, et petit à petit leur réputation atteignit le royaume de Varanasi.
Lorsque le roi entendit parler d’eux, il voulut absolument les posséder : il donna l’ordre de creuser un lac près de son palais, de le parer des plus belles plantes, des plus délicieux ombrages. Bercé par la brise, le pollen des lotus recouvrait les rives d’un voile doré ; l’eau en était si limpide que les pierres de son fond scintillaient comme des joyaux. La nuit, le lac devenait un immense miroir pour la lune et les étoiles brillantes.
Une beauté ambiguë
Bientôt, la beauté du lac rivalisa avec celle du ciel bleu traversé de ravissants petits nuages blancs. Le roi proclama alors que tous les oiseaux pouvaient venir sans crainte, qu’ils y seraient protégés. Un beau jour d’automne, un couple de cygnes de l’Himalaya survola cette merveille, et de retour, ils en firent si bien la description que tous leurs amis voulurent s’y rendre.
Mais le roi des cygnes, et son ministre, essayèrent de les en dissuader. Ils dirent : « Les animaux, les oiseaux, expriment leurs sentiments par des chants ou des cris, mais ces créatures que l’on appelle “hommes” savent mentir avec de belles paroles. » Mais comme les autres ne changeaient pas d’avis, ils les accompagnèrent.
Des cygnes solidaires
Lorsque le roi de Varanasi apprit l’arrivée de ces oiseaux dorés, aux yeux de saphir, d’une beauté inégalée, il loua aussitôt les services d’un chasseur pour qu’il pose des pièges et attrape plusieurs de ces cygnes. Le lendemain de leur arrivée, méfiant, le roi des cygnes fit le tour du lac, et hélas ! il fut attrapé par un collet. Il poussa alors un cri pour prévenir les autres, afin qu’ils s’envolent. Tous partirent à tire d’aile, sauf le ministre, qui insista pour rester près de son roi.
Le chasseur, lorsqu’il arriva, fut surpris : l'un des cygnes était attrapé, mais l’autre, à côté de lui, était libre ! Il ne s’envolait pas et ne montrait aucune marque de peur.
Plus encore, lorsqu’il fut devant eux, le second cygne lui demanda de le prendre lui à la place et de laisser partir le roi des cygnes. Touché par cette loyauté, et au risque de sa vie en s’opposant à la volonté de son roi, le chasseur libéra le cygne prisonnier. Mais les oiseaux ne s’envolèrent pas : ils se perchèrent sur les épaules du chasseur et lui dirent de les emmener voir le roi, pour le sauver de sa colère.
Joshin Luce Bachoux
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Claude Compagnone nous explique comment l'escalade et l'effort physique lui permettent de se rapprocher de Dieu.
Escalader une paroi de montagne ou de haute montagne, c’est s’engager, encordés, à deux, dans un parcours vertical dans lequel chacun va dépendre de l’autre et va compter sur l’autre. La cordée devient un lieu de vie singulier et transitoire où l’entraide et l’attention mutuelle sont alors primordiales. Il faut s’ajuster dans l’effort commun pour mener à bien le projet d’ascension et faire face aux évènements imprévus.
Ce parcours vertical pour être accompli demande au corps et à l’intelligence de se plier à un environnement naturel que l’homme n’a pas créé et qui s’offre comme un don à recevoir et à découvrir. Cet environnement s’impose à moi de manière massive, et, en cheminant, j’en découvre la diversité et la beauté. Je ne fais que passer et il m’accepte, en transit. Je découvre humblement ma petitesse par rapport à l’immensité et à la force de la Création. L’avancée prudente, pas à pas, se fait ainsi pérégrination et contemplation.
L’implication du corps et de l’esprit y est totale. Ici, il ne m’est pas possible de faire semblant et de penser à autre chose qu’à ce que je fais. Il faut être pleinement éveillé. Le risque est constamment présent et doit être apprécié et géré. Corps et esprit se font alors intelligence et mouvement. Mes sens sont tout en éveil pour « lire » le rocher, trouver le cheminement et anticiper les problèmes.
Mon corps déploie tout entier et amplement son agilité et sa puissance musculaire pour tirer, pousser ou bloquer. Il entre dans un ballet étrange dont la chorégraphie est dite, mètre après mètre, par le rocher lui-même. Une forme d’unité se gagne ainsi entre le corps et l’esprit et entre moi et le monde. Une plénitude s’installe. Profondément en lien avec la Création, j’entre dans un lien profond et vital avec Dieu, le Créateur.
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