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samedi 13 janvier 2024

Parler aux enfants

 "Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant.


Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.

Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.

On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.

On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie. ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.

On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.

En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.

On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.

Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait."

Marguerite Yourcenar, "Les yeux ouverts."


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mercredi 31 août 2022

Elan de l'Enseignement

 

N'oubliez pas d'être un enseignant pour vous-même. Bonne rentrée !!!


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vendredi 15 octobre 2021

Partage d'un chemin

 

“Well the image is one thing, and human being is another”
Elvis Presley
REQUIEM POUR UN FOU : LA CAGE DES ENSEIGNANTS SPIRITUELS

En tant qu’enseignants spirituels, nous nous trouvons bien souvent confrontés à nombre de projections. Il n’est pas simple de s’en extraire, mais il est indispensable d’essayer, et si possible, de réussir. Bien entendu, dans un monde idéal, ce devrait être un des critères principaux d’évaluation d’un enseignant spirituel. Oui mais voilà, nous ne sommes pas dans un rêve, ni dans un monde idéal. Nous devons donc nous confronter à l’épreuve du réel.
Je ne veux pas parler ici pour d’autres, mais juste de mon expérience.
J’ai commencé à enseigner très tôt, à l’âge de 22 ans. J’avais été un enfant et un ado très vite parentifié, et j’ai toujours été, aussi loin que je m’en souvienne, l’élément stable de ma famille, et plus tard, des différents lieux où je me suis trouvé. En Ba Zi, dans mon pilier professionnel, j’ai un bois Yang dans les troncs célestes. Comme il s’agit d’un élément facile à découvrir quand il est en surface, j’ai très vite incarné ce chêne stable sous lequel tout le monde vient se protéger en cas de besoin.
J’ai donc commencé à enseigner tôt, beaucoup trop tôt. Et déjà, tant de projections sur moi. Aurais-je dû être parfait ? Peut-être, mais je ne l’étais pas. Je suis un instinctif profond, j’ai besoin d’expérimenter pour comprendre. Il m’est impossible d’élaborer ou de sentir les choses à distance. J’ai donc fait passablement d’expériences pour me trouver et pour trouver une voie qui me permette de m’épanouir tout en étant au service des autres et du plus grand que moi.
Que d’erreurs en chemin, que d’essais approximatifs, que de baffes, de réussites parfois, que de choses dont je ne suis pas fier mais que je sens en même temps aujourd’hui comme inéluctables dans une trajectoire humaine, si humaine. Mais j’emmagasinais de l’expérience, j’ai toujours voulu approfondir les choses et comprendre, bouger, sentir, essayer encore. J’ai besoin d’être au cœur des choses.
Plus tard, j’ai visé l’éveil, des stages de 12h par jour, des week-ends entiers à méditer, des retraites, des lectures. Et j’ai vécu plusieurs fois des choses que d’autres décrivent comme des états d’éveil. Je me suis toujours refusé à essayer de nommer cet état, ni à essayer de le figer. Il ne change rien, de toute façon. Les montagnes restent des montagnes.
Mais l’avoir vécu m’a guéri pour toujours de vouloir en faire un concept, qqch de figé. Et j’ai surtout compris qu’il ne nous rendait pas meilleurs, pas plus humains, pas plus matures dans certaines de nos blessures. L’éveil ? Une chimère de plus, un gros piège pour l’ego, un mirage et un miroir dans lequel tant se perdent à se contempler.
Cela n’a jamais changé depuis. Je sais où je vais, mais je veux y aller par le véhicule d’une humanité entière, totalement imparfaite, et pourtant parfaite dans sa majestueuse imperfection.
Je veux pouvoir être en colère, et en rire ensuite. Et pouvoir m’excuser. Je veux pouvoir aimer, mal ou maladroitement, ou pour un temps, mais aimer en toute imperfection. Je veux pouvoir raisonner de biais parfois, et droitement souvent. Je veux pouvoir me tromper, tomber, recommencer.
Être une merde et un diamant. En blessant le moins possible, mais en sachant que c’est inévitable parfois, et en aimant le plus possible, en sachant que ce ne sera jamais suffisant. Je veux pouvoir être sous l’eau, me noyer, remonter, et appeler à la résurrection. Je veux même bien être crucifié, mais gentiment, avec des clous de pacotille, juste pour croire que je suis courageux.
Surtout, je veux pouvoir créer, me planter, recommencer, encore et encore. Et je veux inspirer, non pas pour que quiconque me ressemble, mais pour que l’autre s’approche de lui-même ou d’elle-même et se permette la même folie d’être parfaitement imparfait.
Ceci est ma voie spirituelle, mon chemin vers le divin. Je veux l’or dans la boue, Elvis quand il faudrait aimer Dylan, le sacré dans le bordel, le divin dans Bill Gates, la 5G dans le Buddha et les nanoparticules dans le bœuf de Lao Zi.
Tout ceci est une farce, de tout façon, un grand jeu cosmique, que nos minables égos essaient de rendre lisse, beau, ataraxique, sûr, et chiant au possible. Ce n’est pas ma voie. J’emmerde le concept de la non-dualité tout autant que n’importe quel système qui semble parfait de loin. Je crois à l’interstice, au vide médian, au mouvement, à la faille d’où tout peut sortir.

Alors, amis qui me suivez, qui détestez, adorez, feignez l’indifférence ou pire, vous positionnez sur votre montagne de parangon, je le sais : je ne suis pas parfait, et j’offre volontiers mon corps non pas à la science (pas encore), mais à toutes les étiquettes.
« Personne ne connaît personne » disait Prajnanpad. Je le rejoins. Ce que vous projetez sur moi, en positif comme en négatif vous appartient. Et je prends volontiers les deux pour ce qu’ils sont : les projections tellement humaines d’êtres en chemin prétendant qu’ils ne projettent rien. Exactement comme moi. En cela, nous sommes frères et sœurs humains, chacun jouant son propre jeu savant ou pas, et essayant avec plus ou moins de réussite de donner du sens aux mouvements du temps et de nos merveilleuses et improbables interactions.
Amie, ami, si c’est moi que tu veux rencontrer, rencontre-moi là où je suis : entièrement imparfait, paradoxal, mais au cœur de la spirale. C’est là que je veux apprendre avec toi, et là que je peux t’aider aussi. Mais seul.e toi peut enlever tes lunettes et me voir où je suis. Il paraît qu’aucune n’origine n’est belle. Que la beauté véritable est au terme des choses. Rejoins-moi au terme, pas à l’origine.
Malgré tout ça, je suis enseignant spirituel, et je n’usurpe rien. Je continuerai jusqu’à mon dernier souffle, qui très probablement, ne sera pas émis en 432Hz. Et meeeerde !
Fabrice

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dimanche 10 novembre 2019

La neuroplasticité ou l'adaptation aux changements





Vous avez pris appui sur le corps comme une réalité tangible, plus stable que les pensées et les états d’âme. En prenant conscience de la respiration, vous réalisez que le corps est vivant, animé par l’énergie qui respire en vous sans que vous ayez vous-même à respirer. Essayez de sentir le mouvement de la vie, un flux qui ne cesse de couler. Plus vous relâchez profondément, plus l’énergie revient au repos, plus vous découvrez une vie intense dans chacune de vos cellules. Le métabolisme ne cesse pas. Le corps lui-même est en changement perpétuel et, d’instant en instant, il vieillit. Vous acceptez que même le corps n’a pas de fixité, que même le corps est un flux, un mouvement, un changement incessant. Il n’a pas d’autre réalité que celle du changement, comme une rivière qui ne cesse pas de couler.

Arnaud Desjardins
Approches de la méditation


mercredi 9 juin 2010

La fin de vie avec Marie de Hennezel (2)

Marie de Hennezel est une psychologue et psychothérapeute française née à Lyon le 5 août 1946.
Elle est titulaire d'un DESS de Psychologie et d'un DEA de Psychanalyse. Elle a travaillé pendant dix ans dans la première unité de soins palliatifs de France, créée en 1987 à l'Hôpital international de la Cité universitaire de Paris. Elle anime des conférences et des séminaires de formation à l'accompagnement de la fin de vie en France et à l'étranger.


Deuxieme partie de l'interview de Marie de hennezel

lundi 15 février 2010

Des "n'importe quoi" uniques avec Albert Jacquard

J'ai entendu, le 27 février dernier, Albert Jacquard et j'ai été touché... Notre époque moderne vous permet de l'écouter à nouveau et surtout de cultiver la rencontre sur cette planète :

Albert Jacquard, né à Lyon le 23 décembre 1925, a 84 ans. C'est un scientifique et essayiste français. Il est généticien et consacre l’essentiel de son activité à la diffusion d’un discours humaniste destiné à favoriser l’évolution de la conscience collective.