vendredi 30 mars 2012
jeudi 29 mars 2012
Allo, la Terre...
Une drôle de petite histoire...qui fait matière à penser...
mercredi 28 mars 2012
Joie humaine de vivre... avec Frank Andriat
Chaque être humain est donc croyant et chacun peut, s’il le désire, entrer en contact avec son intériorité, là où vit l’Intime, où il souffle, se propage et nous imprègne. Nous pouvons choisir de le nier, de rejeter tout cela en bloc, de nous installer avec assurance dans notre finitude. Mais nous pouvons aussi nous laisser troubler par la présence des espaces infinis. C’est cette dernière expérience que je relate dans mes livres qui célèbrent la joie de vivre non plus à la périphérie mais au cœur de soi-même.
Depuis mon expérience spirituelle de 1990, l’Intime est devenu mon compagnon de route, ma lumière, mon éclaireur intérieur. Sans l’Intime avec moi, je suis dévoré par le loup qui m’habite ; avec Lui, je n’ai plus peur d’être un agneau. Mon écriture aussi est devenue une prière. Désormais, ce n’est plus moi qui écris, c’est l’Intime qui écrit en moi. Je me tiens à son écoute, je l’éprouve, le reçois en plénitude, laisse l’émotion surgir tel un tremblement de vie intérieure ; puis, je trace des lignes qui tentent d’atteindre le cœur, au risque, avec mes pauvres mots, de rétrécir son chant, de durcir la fragilité d’une goutte d’eau qui glisse sur le cil d’une rose.
Frank Andriat
Depuis mon expérience spirituelle de 1990, l’Intime est devenu mon compagnon de route, ma lumière, mon éclaireur intérieur. Sans l’Intime avec moi, je suis dévoré par le loup qui m’habite ; avec Lui, je n’ai plus peur d’être un agneau. Mon écriture aussi est devenue une prière. Désormais, ce n’est plus moi qui écris, c’est l’Intime qui écrit en moi. Je me tiens à son écoute, je l’éprouve, le reçois en plénitude, laisse l’émotion surgir tel un tremblement de vie intérieure ; puis, je trace des lignes qui tentent d’atteindre le cœur, au risque, avec mes pauvres mots, de rétrécir son chant, de durcir la fragilité d’une goutte d’eau qui glisse sur le cil d’une rose.
Frank Andriat
mardi 27 mars 2012
L'avenir des antibiotiques...
En pleine réaction épidermique, pourquoi ne pas s'interroger sur les antibiotiques...et leur devenir.
lundi 26 mars 2012
Longévité avec Denise Desjardins
dimanche 25 mars 2012
"Pince-moi, je pense !" par Michel Laurent Dioptaz
" Réveille-toi ! réveille-toi ! ce n'est qu'une pensée. "
L'identification à nos pensées est telle qu'on a oublié que cet outil à penser n'est que l'une des formes que peut prendre l'intelligence à travers nous. Et le fait que nous ne nous servions plus que de cet outil pour appréhender la réalité a littéralement démembré notre présence au monde. Les pieds de l'esprit ne se glissant plus dans les pieds du corps, nous marchons à côté de la vie.
Lorsque l'on marche en prenant appui sur ses pensées, pas un seul pied ne touche terre... la terre de l'instant. Et cela quel que soit le type de pensées, même celles qui cherchent à percevoir le présent ou croient parfaitement le concevoir.
Pour la pensée, le présent est une donnée parmi d'autres.
Pour le présent, c'est la pensée qui est une donnée parmi d'autres.
Aucune pensée ne peut se poser sur le présent. Elles peuvent se poser partout : devant nous, dans le futur... derrière nous, dans le passé... mais jamais à notre endroit, dans notre centre, notre présent. Et si une pensée arrivait à s'y poser, elle ne pourrait goûter sa "réussite", car elle aurait juste réussis à se faire disparaître, à faire disparaître le penseur.
Tout comme notre petit doigt placé devant notre oeil peut faire disparaître le paysage, juste une petite pensée placée devant le présent... et c'est l'éclipse de conscience.
Ainsi, tant que les pensées sont là, le présent est aveugle à notre endroit.
Le présent n'est pas, comme le conçoivent les pensées, cette sorte de point microscopique coincé entre passé et futur, où il est si difficile de se tenir en équilibre. Non, vécu du dedans, c'est l'inverse, le présent est un lieu d'éternité où l'on a les deux pieds posés bien à leur place, et où l'on a enfin tout son temps. Ceci est le centre de l'Etre.
Ce que l'intellect nomme le "présent" n'est qu'un concept axial, pratique pour articuler nos latéralités passé/futur, mais sans la moindre ressemblance avec ce qui nous est donné de vivre, lorsque notre conscience se pose réellement en ce lieu.
Confondre le présent conceptuel avec le présent expérimental est source d'absurdes déductions car, si la carte n'est jamais le territoire, que dire lorsqu'il ne s'agit que de juste un point sur la carte, le lieu-dit "le présent".

Les pensées les plus fines sont encore trop épaisses pour se glisser dans l'exacte présence du présent.
Les pensées les plus vastes, trop étroites pour l'infinité du présent...
L'identification à nos pensées est telle qu'on a oublié que cet outil à penser n'est que l'une des formes que peut prendre l'intelligence à travers nous. Et le fait que nous ne nous servions plus que de cet outil pour appréhender la réalité a littéralement démembré notre présence au monde. Les pieds de l'esprit ne se glissant plus dans les pieds du corps, nous marchons à côté de la vie.
Lorsque l'on marche en prenant appui sur ses pensées, pas un seul pied ne touche terre... la terre de l'instant. Et cela quel que soit le type de pensées, même celles qui cherchent à percevoir le présent ou croient parfaitement le concevoir.
Pour la pensée, le présent est une donnée parmi d'autres.
Pour le présent, c'est la pensée qui est une donnée parmi d'autres.
Aucune pensée ne peut se poser sur le présent. Elles peuvent se poser partout : devant nous, dans le futur... derrière nous, dans le passé... mais jamais à notre endroit, dans notre centre, notre présent. Et si une pensée arrivait à s'y poser, elle ne pourrait goûter sa "réussite", car elle aurait juste réussis à se faire disparaître, à faire disparaître le penseur.
Tout comme notre petit doigt placé devant notre oeil peut faire disparaître le paysage, juste une petite pensée placée devant le présent... et c'est l'éclipse de conscience.
Ainsi, tant que les pensées sont là, le présent est aveugle à notre endroit.
Le présent n'est pas, comme le conçoivent les pensées, cette sorte de point microscopique coincé entre passé et futur, où il est si difficile de se tenir en équilibre. Non, vécu du dedans, c'est l'inverse, le présent est un lieu d'éternité où l'on a les deux pieds posés bien à leur place, et où l'on a enfin tout son temps. Ceci est le centre de l'Etre.
Ce que l'intellect nomme le "présent" n'est qu'un concept axial, pratique pour articuler nos latéralités passé/futur, mais sans la moindre ressemblance avec ce qui nous est donné de vivre, lorsque notre conscience se pose réellement en ce lieu.
Confondre le présent conceptuel avec le présent expérimental est source d'absurdes déductions car, si la carte n'est jamais le territoire, que dire lorsqu'il ne s'agit que de juste un point sur la carte, le lieu-dit "le présent".

Les pensées les plus fines sont encore trop épaisses pour se glisser dans l'exacte présence du présent.
Les pensées les plus vastes, trop étroites pour l'infinité du présent...
samedi 24 mars 2012
L'amour avec Edgar Morin
Veuf inconsolable, le sociologue Edgar Morin a écrit une déclaration d’amour émouvante à Edwige, celle qui a partagé sa vie pendant 30 ans. Rencontre touchante avec cet éternel amoureux de 90 ans.
Pourquoi avoir choisi, à votre âge, de vous mettre à nu en écrivant ce livre Edwige, l’inséparable ?
Edwige était une personne très secrète et pudique. Excepté quelques amies, les gens ne la voyaient qu’au travers des apparences. J’ai donc éprouvé le besoin de la faire reconnaître. C’était une femme qui sécrétait une poésie par sa grande capacité d’émerveillement. Elle s’émerveillait de notre chatte, de la nature, des jolies choses de la vie. Elle aimait la beauté d’une façon extraordinaire et sentait tout ce qui est poétique dans l’existence. D’ailleurs, je considère qu’un amour tient dans un couple quand l’autre est source de poésie. Si l’un des deux cesse de l’être, ça n’a plus de sens.
Aviez-vous des petits mots doux pour Edwige ?
Parfois, je l’appelais Edwigette, mais le plus souvent c’était « mon cœur ». Enfin, ça me gêne un peu d’en parler… Elle disait que nous étions deux inséparables, en se référant à ces oiseaux qui se bécotent sans arrêt. C’est vrai que nous aimions tout le temps nous embrasser. Dès que nous nous croisions à la maison, nous nous donnions des baisers. Elle nous disait inséparables, et pourtant…
Finalement, les intellectuels sont comme tout le monde : ils expriment leur amour par des métaphores ou des diminutifs un peu enfantins…
Bien sûr. Nous nous faisions des petits dessins. Nous aimions jouer ensemble, comme les enfants. Ce sont des choses normales. Montaigne disait que « chacun porte en soi l’humaine condition » : c’est le tronc commun à toute l’humanité. Le fait d’être un intellectuel et un écrivain donne la possibilité d’exprimer avec des mots ce que tout le monde vit ou ressent.
Quel est donc ce lien si particulier qui vous unissait à Edwige ?
Ce lien a commencé avec un coup de foudre, bien avant que nous nous unissions. C’était en 1961 et nous nous sommes mariés en 1978. Grâce à ce livre, Edwige, l’inséparable, j’ai compris ce qui nous liait si intimement, bien que nous soyons totalement différents. Montaigne disait de La Boétie : « C’était lui, c’était moi. » Avec Edwige, c’était elle et c’était moi.
Quelle est la singularité de votre amour filial ?
Ma mère est l’amour primordial de ma vie. Elle est morte quand j’avais 10 ans. Après son décès, elle est devenue à mes yeux une sorte de déesse. Elle s’appelait Luna (« Lune ») et, quand je vois la pleine lune, je sens sa présence. Sa perte m’a donné un grand besoin d’amour, car elle a laissé un immense vide en moi.
Quant à mon père, j’avais un ressentiment contre lui car, pensant me protéger de trop d’émotions, il m’a bêtement caché la mort de ma mère. Il m’a privé de lui dire au revoir. Je ne me suis vraiment réconcilié avec lui qu’après des années.
Finalement, Edwige et vous aviez une épine liée à vos enfances ?
Exactement. Le père d’Edwige était un médecin bohème qui ne se faisait pas payer et fréquentait les artistes. Il avait été chassé par la mère d’Edwige, elle aussi médecin, mais très bourgeoise. Edwige m’a toujours dit que son père était pour elle un étranger. Cependant, à deux ou trois occasions, j’ai constaté que quelque chose se déchirait en elle quand on l’évoquait. C’était la racine de son caractère renfermé : elle cachait cette douleur. D’autant qu’Edwige a toujours eu le sentiment que sa mère ne l’aimait pas.
(…)
Pensez-vous pouvoir aimer de nouveau ?
Oui. J’éprouve d’ailleurs actuellement un sentiment amoureux pour quelqu’un, mais ce nouvel amour n’effacera pas celui pour Edwige. J’ai découvert en chacune des femmes que j’ai aimées une souffrance d’enfant. Est-ce par télépathie ? Est-ce dans l’expression du regard qui me donne un message subliminaire qu’avec le temps je comprends ? En fait, c’est une chose mystérieuse, mais je suis un éternel amoureux. C’est à la fois ma pathologie (la perte de ma mère a créé un vide absolu) et ma santé (l’amour est la santé de l’âme). Parfois, je me dis qu’il s’agit d’une sorte de maladie. Mais, finalement, je crois que je suis un être très simple et normal. Car il faut aimer, aimer encore. Le philosophe Vladimir Jankélévitch est celui qui a le mieux exprimé ces choses-là en écrivant : « Le je-ne-sais-quoi et le presque-rien sont les choses les plus importantes dans la vie. »
■ Edgar Morin a publié un livre dédié à sa femme, Edwige, l’inséparable (Fayard, 2009).
Pourquoi avoir choisi, à votre âge, de vous mettre à nu en écrivant ce livre Edwige, l’inséparable ?
Edwige était une personne très secrète et pudique. Excepté quelques amies, les gens ne la voyaient qu’au travers des apparences. J’ai donc éprouvé le besoin de la faire reconnaître. C’était une femme qui sécrétait une poésie par sa grande capacité d’émerveillement. Elle s’émerveillait de notre chatte, de la nature, des jolies choses de la vie. Elle aimait la beauté d’une façon extraordinaire et sentait tout ce qui est poétique dans l’existence. D’ailleurs, je considère qu’un amour tient dans un couple quand l’autre est source de poésie. Si l’un des deux cesse de l’être, ça n’a plus de sens.
Aviez-vous des petits mots doux pour Edwige ?
Parfois, je l’appelais Edwigette, mais le plus souvent c’était « mon cœur ». Enfin, ça me gêne un peu d’en parler… Elle disait que nous étions deux inséparables, en se référant à ces oiseaux qui se bécotent sans arrêt. C’est vrai que nous aimions tout le temps nous embrasser. Dès que nous nous croisions à la maison, nous nous donnions des baisers. Elle nous disait inséparables, et pourtant…
Finalement, les intellectuels sont comme tout le monde : ils expriment leur amour par des métaphores ou des diminutifs un peu enfantins…
Bien sûr. Nous nous faisions des petits dessins. Nous aimions jouer ensemble, comme les enfants. Ce sont des choses normales. Montaigne disait que « chacun porte en soi l’humaine condition » : c’est le tronc commun à toute l’humanité. Le fait d’être un intellectuel et un écrivain donne la possibilité d’exprimer avec des mots ce que tout le monde vit ou ressent.
Quel est donc ce lien si particulier qui vous unissait à Edwige ?
Ce lien a commencé avec un coup de foudre, bien avant que nous nous unissions. C’était en 1961 et nous nous sommes mariés en 1978. Grâce à ce livre, Edwige, l’inséparable, j’ai compris ce qui nous liait si intimement, bien que nous soyons totalement différents. Montaigne disait de La Boétie : « C’était lui, c’était moi. » Avec Edwige, c’était elle et c’était moi.
Quelle est la singularité de votre amour filial ?
Ma mère est l’amour primordial de ma vie. Elle est morte quand j’avais 10 ans. Après son décès, elle est devenue à mes yeux une sorte de déesse. Elle s’appelait Luna (« Lune ») et, quand je vois la pleine lune, je sens sa présence. Sa perte m’a donné un grand besoin d’amour, car elle a laissé un immense vide en moi.
Quant à mon père, j’avais un ressentiment contre lui car, pensant me protéger de trop d’émotions, il m’a bêtement caché la mort de ma mère. Il m’a privé de lui dire au revoir. Je ne me suis vraiment réconcilié avec lui qu’après des années.
Finalement, Edwige et vous aviez une épine liée à vos enfances ?
Exactement. Le père d’Edwige était un médecin bohème qui ne se faisait pas payer et fréquentait les artistes. Il avait été chassé par la mère d’Edwige, elle aussi médecin, mais très bourgeoise. Edwige m’a toujours dit que son père était pour elle un étranger. Cependant, à deux ou trois occasions, j’ai constaté que quelque chose se déchirait en elle quand on l’évoquait. C’était la racine de son caractère renfermé : elle cachait cette douleur. D’autant qu’Edwige a toujours eu le sentiment que sa mère ne l’aimait pas.(…)
Pensez-vous pouvoir aimer de nouveau ?
Oui. J’éprouve d’ailleurs actuellement un sentiment amoureux pour quelqu’un, mais ce nouvel amour n’effacera pas celui pour Edwige. J’ai découvert en chacune des femmes que j’ai aimées une souffrance d’enfant. Est-ce par télépathie ? Est-ce dans l’expression du regard qui me donne un message subliminaire qu’avec le temps je comprends ? En fait, c’est une chose mystérieuse, mais je suis un éternel amoureux. C’est à la fois ma pathologie (la perte de ma mère a créé un vide absolu) et ma santé (l’amour est la santé de l’âme). Parfois, je me dis qu’il s’agit d’une sorte de maladie. Mais, finalement, je crois que je suis un être très simple et normal. Car il faut aimer, aimer encore. Le philosophe Vladimir Jankélévitch est celui qui a le mieux exprimé ces choses-là en écrivant : « Le je-ne-sais-quoi et le presque-rien sont les choses les plus importantes dans la vie. »
■ Edgar Morin a publié un livre dédié à sa femme, Edwige, l’inséparable (Fayard, 2009).
vendredi 23 mars 2012
Regard sur la mort
Il y a des gens qui ne voient pas venir leur mort. Il y en a d'autres qui la fréquentent longtemps. Et là, la question se pose : la mort, peut-on l'apprivoiser? Alain Crevier rencontre un spécialiste des soins palliatifs, Dr Serge Daneault, qui travaille avec les mourants depuis 20 ans. Une proximité qui l'a transformé, dit-il. Dr Daneault a publié en 2011 « Et si mourir s'apprivoisait... »
jeudi 22 mars 2012
L’histoire de la revue Reflets... et Jacques castermane
Christian Roesch est un chirurgien-dentiste qui exerce son métier avec passion, refoulant son amour de l’écriture. Un jour, un grave accident de moto le cloue au lit pour un bon moment, l’obligeant à prendre une retraite anticipée.
Le “petit démon” de l’écriture se rappelle alors à lui, le rêve devient réalité, et il crée sa revue trimestrielle Reflets. Aidé de son épouse Thérèse et d’un groupe de bénévoles, Christian Roesch s’emploie à donner une lecture de l’actualité qui s’élève au-dessus des événements pour en disséquer le sens.
Outre l’actualité, la revue Reflets traite de dossiers. Le premier numéro parlait de “l’argent fou”. Le deuxième numéro abordait “les problèmes liés au fanatisme et à la drogue”. Le troisième numéro, qui paraîtra le 15 mars, sera axé sur “la folie et la sagesse du corps”. Chaque numéro comporte, également, l’interview d’un sage d’aujourd’hui.
L’auteur a ainsi rencontré Arnaud Desjardins peu avant sa mort en août 2011. Le dernier numéro comporte une interview de Jean Vanier, fondateur de l’Arche (depuis plus de quarante-cinq ans, cet homme partage sa vie avec des personnes ayant une déficience intellectuelle).
En vente dans la plupart des kiosques, relais H, magasins de presse. Commande et abonnement possibles en écrivant à : contact@revue-reflets.org/. Renseignements au 03.80.62.89.86, à Gilly-lès-Cîteaux ; www.revue-reflets.org/.
Le “petit démon” de l’écriture se rappelle alors à lui, le rêve devient réalité, et il crée sa revue trimestrielle Reflets. Aidé de son épouse Thérèse et d’un groupe de bénévoles, Christian Roesch s’emploie à donner une lecture de l’actualité qui s’élève au-dessus des événements pour en disséquer le sens.
Outre l’actualité, la revue Reflets traite de dossiers. Le premier numéro parlait de “l’argent fou”. Le deuxième numéro abordait “les problèmes liés au fanatisme et à la drogue”. Le troisième numéro, qui paraîtra le 15 mars, sera axé sur “la folie et la sagesse du corps”. Chaque numéro comporte, également, l’interview d’un sage d’aujourd’hui.
L’auteur a ainsi rencontré Arnaud Desjardins peu avant sa mort en août 2011. Le dernier numéro comporte une interview de Jean Vanier, fondateur de l’Arche (depuis plus de quarante-cinq ans, cet homme partage sa vie avec des personnes ayant une déficience intellectuelle).
En vente dans la plupart des kiosques, relais H, magasins de presse. Commande et abonnement possibles en écrivant à : contact@revue-reflets.org/. Renseignements au 03.80.62.89.86, à Gilly-lès-Cîteaux ; www.revue-reflets.org/.
Voici un extrait de l'article consacré à Jacques Castermane dans le n°2 de cette revue :
La question suivante, peut-être qu’elle peut faire sourire mais qu’est-ce qui vous a donné le plus de joie ?
Respirer !
Oui, « Je respire » ! C’est l’expérience de la pure joie d’être.
Joie inconditionnelle. Je n’oublierai jamais cette expérience, qui se renouvelle désormais. C’est à
l’occasion de cette expérience, de cette joie, que j’ai compris … non, que j’ai perçu la vérité de
l’indication qui nous était donnée par un maître zen japonais : « Quelle est la richesse du moment présent ? C’est celle que je lui donne ! ».
Je respire ! C’est le moment d’une relation vraiment expérimentale à « l’infaisable ». Il y a tout ce que, en tant que moi conscient de moi-même et du monde, je peux faire. Faire du vélo. Faire une tarte aux cerises. Mais, « Je respire », moi ne peut pas le faire !
En Occident, nous est proposé une tradition spirituelle concernée par « l’invisible ». Dieu est invisible pour tes yeux d’être humain ; tu ne le verras pas. La transcendance est au-delà de tout.
Le zen est une tradition qui vous invite à considérer avec la plus grande attention l’expérience de « l’infaisable ». L’infaisable dans ce qui est au plus proche, au plus intime ; par exemple, l’acte de respirer.
Je respire. L’acte de respirer est une action de ma propre essence. C’est une action de l’être. Et c’est le rapport à l’essence, à notre propre essence qui change notre manière d’être et de vivre. Si nous restons identifiés au seul niveau d’être qu’est l’égo, nous ne risquons pas de changer. « Moi je suis Moi et je veux rester Moi ! ». C’est sans doute la meilleure définition de ce qu’on appelle l’ego.
Cette joie dont vous parlez en disant : je respire, c’est une révélation à un moment ?
Pour les sens, les cinq sens, il n’y a d’expérience possible qu’à l’instant, au moment présent. Je peux penser à hier, à demain mais je ne peux ni voir ni entendre ni sentir hier ou demain.
Ce que j’appelle l’expérience mystique naturelle, que Romain Rolland appelle l’expérience océanique, est une expérience physique, un vécu corporel, une expérience intuitive qui coïncide avec une expérience sensorielle.
A Dürckheim, qui lui demande ce qu’est le Satori, le philosophe et maître zen Daisetz Teitero Suzuki répond : « C’est l’expérience édénique ». L’exercice appelé zazen consiste à faire marche arrière. Retour à cette première conscience à travers laquelle l’enfant est en contact avec ce que nous, adultes, appelons la vie, le monde. Pour la psychologie occidentale une telle marche arrière est considérée comme étant une régression. Pour la tradition du zen, cette marche arrière est un retour à l’origine, un retour au commencement, à notre propre essence.
Voir l'article en entier
mercredi 21 mars 2012
« et si on essayait vraiment » avec Alain Chevillat
A la fin de chacune de ses conférences, Jean-Marie Pelt partage la dernière conversation qu'il eut avec Théodore Monod. Celui-ci était très pessimiste sur l'avenir de l'espèce humaine qui se comporte sur Terre en insensée. Seule lueur d'espoir, lui semblait-il, il y avait eu, il y a deux mille ans, un certain Jésus qui invitait les hommes à s'aimer les uns les autres. Mais, constatait Monod avec tristesse, personne n'a jamais pris ce message au sérieux. « Mais si aujourd'hui on essayait vraiment ? », dit Monod à son ami. Pour lui c'était la seule chance de survie de l'humanité.
Je m'occupe aujourd'hui d'un petit groupe de jeunes venant de tous les horizons qui suivent une formation de neuf mois à la découverte d'un art de vivre juste.
Je n'ai pas l'habitude des jeunes, mais ce qui m'a frappé avec ravissement, c'est l'amour qu'ils se portent entre eux, la solidarité dont ils témoignent, la pureté de leur coeur, la joie de vivre, l'appétit de vivre qu'ils manifestent. Je les aime beaucoup et c'est bien réciproque. Depuis deux mois j'ai sous les yeux, et je vis moi-même, une expérience d'amour au sein de ce petit groupe qui donne foi en la vie, qui donne foi en l'avenir. Certes, il faut approfondir, il faut parfois purifier. Mais la bonne direction est là, avec l'élan pour persister.
Oui, et si on essayait vraiment ? Est-ce si difficile ? Je crois que c'est, en tout premier lieu, une question d'éducation. L'amour s'éprouve, certes, mais aussi il s'apprend. Apprendre les mathématiques et l'informatique, c'est bien, mais à condition, d'abord, qu'on ait appris à aimer, qu'on ait appris qu'aimer c'est le but ultime et l'axe de la vie, et qu'on se soit mis en route. Car une fois qu'on a goûté à la saveur de l'amour, on ne peut plus s'en passer.
Sortir d'une éducation purement rationnelle et s'ouvrir à l'intelligence du coeur, « et si on essayait vraiment »
Je m'occupe aujourd'hui d'un petit groupe de jeunes venant de tous les horizons qui suivent une formation de neuf mois à la découverte d'un art de vivre juste.
Je n'ai pas l'habitude des jeunes, mais ce qui m'a frappé avec ravissement, c'est l'amour qu'ils se portent entre eux, la solidarité dont ils témoignent, la pureté de leur coeur, la joie de vivre, l'appétit de vivre qu'ils manifestent. Je les aime beaucoup et c'est bien réciproque. Depuis deux mois j'ai sous les yeux, et je vis moi-même, une expérience d'amour au sein de ce petit groupe qui donne foi en la vie, qui donne foi en l'avenir. Certes, il faut approfondir, il faut parfois purifier. Mais la bonne direction est là, avec l'élan pour persister.
Oui, et si on essayait vraiment ? Est-ce si difficile ? Je crois que c'est, en tout premier lieu, une question d'éducation. L'amour s'éprouve, certes, mais aussi il s'apprend. Apprendre les mathématiques et l'informatique, c'est bien, mais à condition, d'abord, qu'on ait appris à aimer, qu'on ait appris qu'aimer c'est le but ultime et l'axe de la vie, et qu'on se soit mis en route. Car une fois qu'on a goûté à la saveur de l'amour, on ne peut plus s'en passer.
Sortir d'une éducation purement rationnelle et s'ouvrir à l'intelligence du coeur, « et si on essayait vraiment »
Source : "Sources"
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mardi 20 mars 2012
A propos de la méditation... et de la vacuité
Trois vidéos pour remplir le vide de vos activités...
La vacuité n°1
La vacuité n°2
La vacuité n°1
La vacuité n°2
lundi 19 mars 2012
Pause café et santé...
Après le thé et ses vertus, voici le café et ses effets :
dimanche 18 mars 2012
Roche d'éternité avec Max Rouquette
Rendez-moi...
Rendez-moi les lauriers, et aussi les ormeaux ; rendez-moi l’ombre verte du matin, rendez-moi l’eau humble qui riait dans l’ombre tamisée de soleil. Rendez-moi le silence de la terre. Et le souffle invisible du printemps. L’églantier, avant qu’il ne se cache derrière ses épines. Quand il se perd dans les buissons d’avril.
Rendez-moi le silence des oiseaux et l’attente patiente du serpent. Et encore l’eau perdue dans ses miroirs, où venaient se recueillir les abeilles.
Pour le jardin secret, dans le jardin sacré, nichée muette au fil des heures. Et le miroir de cendre des pierres.
Rendez-moi les cerises du bonheur, la soif que j’avais de toute lumière
et la pureté de mon regard
avec l’innocence du cœur.Montagnes de sommeil
Il y a des monts et des monts de sommeil
avant que nous passions l’étroite combe.
Là chemine l’étranger.
Celui qui ne dort pas, celui qui veille
et qui chemine sans repos.
Et dont le pas use le temps
et qui va les yeux grands ouverts,
les yeux grands ouverts qui traversent
la roche de l’éternité.
"Le tourment de la licorne"
sud poésie
Max Rouquette
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