dimanche 24 décembre 2023

samedi 23 décembre 2023

Solstice d'hiver...

 Texte de Sabine Dewulf

Solstice d'hiver... nous vivons, comme chaque année, en cette période, le grand seuil, désigné par René Guénon, féru de tradition, comme "la porte des dieux". 

J'aime beaucoup cette formule, liée au  mystérieux pouvoir du dieu Janus, divinité des portes, gardien des deux solstices ou portes de l'année, celle des hommes, en été, sous le signe du Cancer et de la Lune, et celle des dieux, en hiver, sous le signe du Capricorne et de Saturne, dieu des moissons, porteur de la faux tranchante, qui nous délivre du superflu, nous ramène à l 'essentiel, nous permet d'accéder à un niveau de nous-même insoupçonné. 

Le symbole est puissant. (Tout à l'heure, j'étais au rayon  d'une grande librairie, et je me disais : tiens, je ne vois ici aucun livre sur les symboles, sur la force initiatique de ces signes qui rôdent pourtant dans notre inconscient collectif... ) Ranimons un instant ce symbolisme qui tend à s'étioler...


Janus, nous le savons, nous offre deux visages. 

L'un d'eux - le visage de l'été, au moment où, paradoxalement, la graine de l'obscur est semée, où le soleil commence à décliner - se tourne vers la Terre, l'horizon toujours dérobé, où miroitent tant de nos illusions, le désir individuel, le projet d'existence, le goût de l'avenir, le pouvoir, en somme, d'incarnation dans le temps et dans l'espace - qui n'est nullement à négliger, précisons-le. C'est le visage de notre identité, indispensable, incontournable, même si nous le savons prisonnier du miroir, toujours perçu à bonne distance de nous-même et confondu avec ce que nous sommes en profondeur. C'est aussi la branche horizontale de la croix de notre destinée, l'accomplissement de l'ego. 

Son autre face est celle de l'hiver obscur, au coeur duquel renaît la lumière, toute frêle, pourtant invincible : c'est la clef qui ouvre le Ciel, la lumière étrange, secrète, presque imperceptible, constitutive de cet arrière-plan (arrière-pays, écrivait le poète Yves Bonnefoy) invisible qui nous anime tout en nous laissant croire que nous sommes les auteurs de nos actions. C'est le visage très pur (immense et transparent, disait Douglas Harding) de notre conscience, le pôle vertical, primordial parce que premier. Ce visage-là se tourne non pas vers le passé mais vers l'origine, l'essence même de notre être, jamais perdue mais toujours occultée, brouillée par notre vision à court terme, nos projections émotionnelles.  

La lettre Y est le temple de ce dieu si extraordinaire : équilibrée comme le Yin-Yang, elle ouvre ses deux branches, celle de gauche et celle de droite. C'est un arbre grand offert, une lettre double par ailleurs, mi-consonne, mi-voyelle. C'est un signe à deux voies - à deux voix. Ce  n'est pas un hasard si les Pythagoriciens lui accordaient une importance particulière. C'est une lettre hautement spirituelle, initiale du nom imprononçable de Dieu dans la Bible, de l'arbre mythique d'Yggdrasil, du Yoga sacré de l'Inde, dont les enseignements débordent tellement ce que nous croyons en connaître, en Occident. C'est également le Yod des Kabbalistes, le germe sacré par excellence. 

C'est tout simplement aussi là où nous sommes, le "y", le Lieu par excellence. Nous y allons, nous y demeurons, l'espace n'a aucune prise sur lui. Le temps non plus.

Alors, profitons de ce seuil éternel, où la lumière toujours se renouvelle. Puisons-y nos ressources, nos espérances, notre goût de l'ici-maintenant. 

Je vous souhaite de belles fêtes de fin d'année !

Source : L'Oracle alphamythique - Sabine Dewulf et Antoine Charlet. Illustration de la carte : Marie Dewulf.

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vendredi 22 décembre 2023

Etre à l'écoute

 


Aujourd’hui, je vous parle d’un point très particulier, qui n’est pas un point d’acupuncture. 

C’est un tout petit point blanc au milieu d’une immensité noire.

Ce petit point, vous le connaissez tous, il est sur ce dessin : ☯️

Il nous parle de l'incroyable évènement cosmique que nous sommes en train de vivre :

LE MOUVEMENT DANS L’IMMOBILITÉ !

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🟡 21 décembre, solstice d’hiver : 隆冬 lóngdōng

🔹Pour l’esprit occidental : l’entrée dans l’hiver

🔹Pour l’esprit chinois : l’apogée de l’Hiver 冬 dōng

🔹Pour tout l'hémisphère Nord : la nuit la plus longue et la renaissance de la lumière

🔹Pour qui médite dessus : un truc vertigineux, une alchimie bouleversante

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🟡 Que se passe-t-il en terme de Mouvement ces jours-ci ?

Si vous avez déjà eu l’occasion d’observer l’évolution de la place du couchant à l’horizon, alors vous savez qu’aux solstices, pendant plusieurs jours, l’emplacement est quasiment le même, comme si le soleil hésitait avant de changer de sens.

Une sorte d’immobilité vigilante, à l’écoute, pour mieux gérer et suivre le nouveau mouvement naissant.

Cette hésitation, ce retournement profond, on est en plein dedans !

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J’aimerais vous donner quelques exemples de cet instant incroyable.

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🟡 Lorsque vous vous préparez à sauter 🤾, il y a tout le moment de préparation, de repli pour la prise d’élan.

C’est comme un recul à l’intérieur de vous, une condensation.

Puis vient le moment d’initier l’élan pour le saut lui-même. Une ultime flexion des genoux pour l’appui, et le mouvement s’inverse.

🔹C’est ça.

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🟡 Lorsqu’un groupe d’oiseaux 🐦 ou un banc de poissons 🐠 change de direction : on ne saurait pas dire lequel a initié le mouvement, mais on constate une accumulation, une densification et comme un ralentissement, avant de repartir fluidement.

🔹C’est ça.

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🟡 En calligraphie chinoise 🖌, pour tracer un trait droit, on trace en vérité une espèce de 8. On fait une sorte de boucle “sur place” avant de lancer le pinceau.

🔹C’est ça.

Le mouvement est déjà beau en soi, mais c’est encore plus délicieux à vivre avec le résultat visuel de l’encre, qui ne ment pas et nous montrera si c’était bien vécu donc bien exécuté.

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Comprenez-vous ce qui se joue en vous en ce moment ?

Nous sommes dans des jours d'inertie maximale.

Soyez à l’écoute, ressentez ces derniers instants d’immobilité apparente, de repli sur soi avant la poussée, toujours laborieuse au départ, qui permettra au yáng 陽 de renaître des profondeurs du yīn 陰 !

Alice Korovitch

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jeudi 21 décembre 2023

Partage de connaissance

 — Zen, Yoga, Taï-Chi-Chuan, Aïkido —

Il ne s'agit pas d'enseigner un savoir-faire ; il s'agit de partager sa connaissance.

C'est pourquoi je refuse absolument d'enseigner la voie tracée par Graf Dürckheim à distance par un réseau informatique. Pourquoi ? Parce que dans le face-à-face à distance que permettent les écrans il est impossible de se donner la main ... !

Est-ce vraiment raisonnable ? Ce qui ne serait pas raisonnable est d'imaginer ou de penser qu'à l'occasion de ce contact fictif, virtuel, que permet ce qu'on appelle le progrès dans le domaine de la communication, nous faisons l'expérience d'une rencontre réelle de personne à personne.

L’image de ces deux mains qui se donnent concrètement réanime un souvenir à la fois affligeant et stimulant.

Rütte 1969 — J'entre dans le bureau de Graf Dürckheim. Ce doit être notre troisième rencontre. Il se lève et tend la main. Nous nous donnons la main. Aussitôt ma main en contact avec la sienne, il me dit : « Jacques, ne bougez pas ! Sentez ce qu'on désigne par l'expression se donner la main. Vous sentez ? On pourrait mettre un œuf de pigeon entre votre main et la mienne. Ce qui signifie que vous manquez de contact ; vous manquez de contact humain ».

Tout en maintenant ma main dans la sienne, Graf Dürckheim m'a invité à métamorphoser ce geste, à le libérer de ce qui entravait le contact humain souhaité.

« Voilà ! Vous sentez la différence ? La main n'est pas quelque chose ; la main, c'est l'homme dans sa globalité et son unité. La main, c'est l'homme qui donne, c'est l'homme qui reçoit. Dans le travail que nous allons entreprendre et qui a pour sens l'éveil de l'homme à sa vraie nature, passer de l'idée que "l'homme A un corps, à l'expérience du corps que l'homme EST" ("Leib" dans la la langue allemande) est inéluctable ».

Je n'ai pas pris cette remarque — vous manquez de contact humain, — comme étant un jugement mais comme étant l'implacable diagnostic d'une manière d'être au monde qu'il est possible d'engager dans un processus de transformation.

C'est en contact avec le maître qui propose un chemin d'expérience et d'exercice que j'ai non pas compris mais fait l'expérience sensible, phénoménale du corps que l'homme EST. Leib, le corps vivant, n'est pas la somme des objets qui le composent, parmi lesquels : la main. Leib, le corps-vivant que nous sommes, est l'ensemble des gestes à travers lesquels chacun se présente, devient celui qu'il est au fond ou se manque.

Une telle expérience serait-elle possible lors d'un échange avec le maître par Face Time ou Skype ?

De l'expérience à l'exercice ; de l'exercice à l'expérience !

"Ne tirez pas, laissez cela tirer ... ".

Dans les années 1970 Graf Dürckheim m'a invité à proposer, aux personnes qui séjournaient à Rütte, les quelques exercices qui sont la base de l'Aïkido et les bases du Karaté Shotokan. Je pourrais comparer ces exercices au travail de la barre auquel se soumet tout danseur et toute danseuse dans le domaine de la danse classique. La condition que m’avait imposé Graf Dürckheim était de ne pas enseigner un savoir-faire mais de partager ma connaissance acquise grâce à des années d'entrainement dans ces voies tout à la fois artistiques, artisanales et martiales.


En parallèle, j'ai commencé la pratique du Kyudo, le tir à l'arc traditionnel. Entre les stages dirigés par le Maître Satoshi Sagino s'impose l'entrainement quotidien qui consiste à renouveler deux tirs chaque matin.

Le tir étant un rituel composé d'une séquence de huit gestes qui permettent d'encocher la flèche pour ensuite la décocher.

Lorsqu'on pratique le Kyudo, il est fréquent d'entendre ce rappel prononcé par le Maître de l'art : « Ne tirez pas, laissez cela tirer ! ». Injonction agaçante (si je ne tire pas, l'arc ne va pas le faire pour moi).

Injonction irritante, exaspérante et en même temps provoquante.

"Ne tirez pas, laissez cela tirer ... !".

Participant à un stage de Kyudo, je m'apprête à exercer un tir. Maître Sagino s'approche et prend l'arc en posant ses mains sous les miennes. Expérience inattendue : un tir à quatre mains ! C'est dans ce face-à-face - qui ressemble à celui d'un couple qui valse - que la séquence des gestes est engagée. D'une telle manière qu'il m'est difficile de dire lequel des deux partenaires conduit l'autre ou le suit ?

Etrange sensation de parfaite unité. Comment conceptualiser ce que j'éprouve ?

Le concept contact s'impose. C'est autre chose qu'un effleurement, une proximité ou un rapprochement.

C'est ce non-deux que je sens et ressens lorsque je pratique zazen et que je sens que je inspire. Non, si je conceptualise au plus près ce que je sens, il me faut écrire JEINSPIRE en un mot, parce qu'il n'y a ni distance ni écart de temps entre ce que je nomme "Je" et ce que je nomme "Inspire".

De même, à l'occasion de ce tir à quatre mains, l'action conciliée à celle du maître de la technique me libère de l'ego qui habituellement fait les choses et pense que s'il ne les fait pas, rien ne peut se faire. Et voilà qu'à mon insu ... Cela a tiré ! Maître Sagino s'est éloigné, sans rien dire, me laissant digérer ce que je venais d'avaler et qui doucement entreprenait la transformation si souvent souhaitée : un grand calme intérieur, une manière d'être en ordre inaccoutumée et en contact avec tout ce qu'il est possible d'approcher grâce aux cinq sens.

Les tirs suivants, à deux mains, me semblaient absolument différents ! L'union avec le maître devenait l'union avec la technique. Une telle expérience serait-elle possible lors d'un échange avec le maître de la technique, le maître de l'art, par Face Time ou Skype ?

Je vous suis reconnaissant de ne pas attendre de ma part un enseignement ... à distance.

Je me réjouis de bientôt avoir la chance de vous donner la main.


Jacques Castermane


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mercredi 20 décembre 2023

Décrancher

 Nous regardons des chaînes sans connaître les nôtres.

Nous pensons nous mettre au courant sans voir nos emprises.

Je vous propose quelques secondes sans que la télé commande. Une super vision silencieuse et sans écran.

Fermez les yeux et votre monde intérieur apparaît. Vous êtes enfin vraiment chez vous. 

Et si cela vous plaît, n'oubliez pas le replay !


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mardi 19 décembre 2023

On respire !!! et on soupire !

 La respiration est fondamentale : c'est le premier réflexe quand nous venons au monde, et le dernier avant de le quitter. Notre souffle nous accompagne 24 heures sur 24, et assure (entre autres) deux fonctions vitales : l'oxygénation des tissus (à l'inspiration, l'O2 vient "nourrir" chacune de nos cellules), et la détoxication de l'organisme (à l'expiration, on évacue le CO2, principal "déchet" produit par le corps). Parce qu'il est essentiel à la santé physique comme mentale, le souffle est au cœur de nombreuses pratiques ancestrales – la médecine traditionnelle chinoise, la médecine ayurvédique ou encore la médecine amérindienne. Ces approches holistiques ont développé des techniques de respiration : en voici quatre, aujourd'hui validées par la Science.

J'ai mal au dos : la respiration diaphragmatique


La lombalgie reste le mal du siècle : près de 9 Français sur 10 ont déjà eu "mal en bas du dos", une douleur favorisée par les mauvaises postures et la sédentarité.

Comment la respiration peut-elle aider ? Une étude coréenne réalisée en 2016 a montré l'intérêt de la respiration diaphragmatique en cas de douleurs lombaires chroniques. Cette respiration profonde a une double action : elle détend les muscles du tronc (lorsqu'on a mal, ils sont hyper-contractés), et les renforce (ce qui leur permet de mieux supporter le poids du corps). À raison de 45 minutes de respiration diaphragmatique 3 fois par semaine pendant 6 semaines, les 24 participants de l'étude ont vu leur douleur s'évanouir...

En pratique. Debout, jambes écartées de la largeur du bassin, une main sur le nombril et une main sur le dos (au-dessus des fesses). Prenez une grande inspiration (par le nez) en gonflant votre ventre puis expirez (par la bouche) en "vidant" votre ventre, comme si vous vouliez rapprocher votre nombril et vos lombaires. Répétez 10 fois, et recommencez plusieurs fois dans la journée.


Je suis anxieuse : la respiration alternée


L'anxiété n'est pas un "simple" stress : s'il constitue une réponse à un événement, l'anxiété s'apparente plutôt à une sensation de nervosité qui survient sans cause identifiée, mais avec des symptômes physiques marqués – le cœur s'accélère, la respiration devient saccadée...

Comment la respiration peut-elle aider ? La médecine traditionnelle indienne (ayurvéda) propose un exercice respiratoire pour réduire les signes de l'anxiété. Le Nadi Shodana (ou "respiration alternée") a été évalué par une étude indienne en 2011 : les chercheurs ont conclu qu'il suffisait de pratiquer 30 minutes par jour pendant 6 semaines pour observer une amélioration du rythme cardiaque et de la pression artérielle. Une seconde étude, réalisée en Suède, a montré une activation des zones cérébrales associées à la relaxation au bout de seulement 10 minutes d'exercice.

En pratique. En tailleur, le dos bien droit, posez l'index et le majeur de la main gauche sur le point situé entre vos yeux. Fermez les yeux, puis, avec votre pouce gauche, bloquez votre narine gauche et inspirez profondément (pendant 4 secondes) par votre narine droite. Avec votre annulaire gauche, bloquez votre narine droite et expirez profondément (pendant 4 secondes) par votre narine gauche. Répétez 10 fois, et recommencez plusieurs fois dans la journée.


J'ai mal à la tête : la respiration-clarté

Le mal de tête qui survient après une longue journée est très caractéristique : on a la tête lourde, on se sent agressée par tous les bruits, on n'arrive plus à réfléchir... Bref, on a la sensation d'avoir "le crâne dans un étau".

Comment la respiration peut-elle aider ? 


Le GyrokinesisⓇ est une nouvelle technique déjà très en vogue au Canada. À mi-chemin entre la danse et le yoga, cette approche psycho-corporelle vise à soulager les maux du quotidien avec des exercices de conscience du corps. La respiration-clarté travaille en particulier sur le psoas, un muscle situé dans le bassin : il a tendance à "se crisper" en cas de stress, et on le sait aujourd'hui, est impliqué dans les crises de migraine.

En pratique. Allongée sur le dos, posez vos mollets sur l'assise d'une chaise de façon à avoir vos cuisses à angle droit avec votre buste. Posez vos mains sur les plis de votre aine et fermez les yeux. Inspirez profondément par le nez pendant 3 secondes : imaginez l'air qui descend de la tête, passe par les omoplates, le milieu et le bas du dos. Expirez profondément par la bouche pendant 3 secondes : imaginez l'air qui monte depuis votre bas-ventre, passe par votre nombril, votre sternum et votre tête. Répétez cette boucle pendant 5 minutes, quotidiennement en fin de journée.


Je n'arrive pas à dormir : la respiration 4-7-8

Il existe différents types d'insomnies : l'insomnie d'endormissement est la plus fréquente, favorisée par le stress, la surexposition aux écrans et la sédentarité.


Comment la respiration peut-elle aider ? Mise au point par le Dr. Andrew Weil, un médecin américain, la méthode 4-7-8 promet un endormissement en 60 secondes chrono au bout de quelques semaines de pratique. Reconnue par plusieurs associations nationales (dont la très sérieuse Fédération Française des Diabétiques), cette technique s'inspire du yoga : l'idée, c'est de sur-oxygéner les tissus pulmonaires afin de détendre indirectement le système nerveux.

En pratique. Assise le dos droit, les pieds bien à plat, collez votre langue à votre palais, derrière les dents. Fermez la bouche et inspirez doucement par le nez en comptant jusqu'à 4. Ensuite, retenez votre respiration en comptant jusqu'à 7. Enfin, expirez par la bouche en faisant le son "woush" et en comptant jusqu'à 8. Recommencez 3 fois d'affilée, tous les soirs pendant au moins 3 semaines pour constater les premiers résultats.


Quel type de respiration avez-vous ?

Une respiration "saine", c'est-à-dire naturelle et détendue, qui remplit parfaitement son rôle d'oxygénation et de détoxication, répond à quatre critères :

Elle est ouverte. À l'inspiration, la poitrine et le ventre gonflent ; au toucher, l'abdomen et le sternum sont souples,

Elle est ample. À l'inspiration, le corps donne la sensation de "grandir" dans toutes les directions,

Elle est fluide. Il n'y a jamais de "pauses respiratoires" : le cycle inspiration-expiration n'est jamais interrompu,

Elle est détendue. La respiration n'est jamais douloureuse ; à l'inspiration, il n'y a aucun blocage musculaire.

Le soupir et le bâillement, bons pour la santé

D'après les dernières découvertes scientifiques, le bâillement et le soupir ne seraient pas inutiles, loin de là. Ces réflexes respiratoires permettraient de procéder à une "ré-initialisation" de l'organisme. Caractérisé par une inspiration profonde puis par une expiration longue, le soupir augmente d'un coup les échanges gazeux au niveau des tissus pulmonaires, ce qui entraîne une "remise à niveau" des taux sanguins d'oxygène et de dioxyde de carbone. Le bâillement, quant à lui, correspond à une grande inspiration associée à des petites contractions musculaires : ce phénomène accroît le flux de sang artériel, en particulier au niveau du cerveau, ce qui donne immédiatement une sensation d'énergie. Aucune raison, donc, de bâiller ou de soupirer en cachette !

Très accessible, ce livre propose des exercices de respiration concrets et faciles à réaliser pour se détendre, améliorer sa confiance en soi, aller à la rencontre de ses émotions... Un premier pas vers un travail sur soi !


Source : femme actuelle et "Respire... et découvre qui tu es !" de Catharina Von Bargen, éd. Eyrolles.

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lundi 18 décembre 2023

Voyage intérieur ?


 « J’ai pratiqué jusqu’à seize heures de méditation par jour. Était-ce pour autant un « voyage intérieur » ? D’une certaine façon, lorsque j’étais tout à fait honnête sur ce sujet, je reconnaissais que c’était surtout relaxant et reposant. Le mythe de cette sorte de Nirvana que j’attendais des méditations intensives a pris fin un jour. J’espérais que mon « moi » encombrant se dissoudrait propre et net dans le grand Soi, mais il n’en fut rien. J’avais pourtant des « expériences » (un mot qu’on entendait dans toutes les conversations à l’époque) qui montraient que j’étais sur la bonne voie, mais rien ne semblait se stabiliser. Les prodigieuses énergies qui se déployaient au bout de plusieurs heures de méditation, les visions, les sensations de plénitude, rien n’y faisait, j’étais toujours « moi » et même parfois au pire de ce « moi ».

Les années 1990 étaient encore tout imprégnées de la croyance qu’il fallait renoncer au monde pour atteindre l’illumination spirituelle. Certains étaient même partis dans des grottes, en France ! Tous ont vécu la même confrontation à leurs illusions. J’ai dû revenir à la case « monde », celle des femmes et des préoccupations de l’incarnation brute. Et le frottement avec cette matière a été bien plus bénéfique que mes extases intérieures. Ce n’est pas une exagération pour les besoins de ma démonstration. Le déchirement était plus fort, mais je devais être déchiré pour être enseigné. Et cela a continué sans cesse depuis ce jour. » 

–Thierry Vissac, Un Chemin de vie.

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dimanche 17 décembre 2023

« L’antidote à la fatigue est d’être dans l’engagement »

 La fatigue qui nous guette n’est pas tant physique que psychologique, mais elle s’avère vaste, complexe, profonde. Elle provoque en effet lassitude, découragement, peur de l’avenir, repli sur soi. Un cortège de maux sans doute à attribuer à notre société matérialiste, de surconsommation, de performance, qui nie notre vulnérabilité et toute transcendance. Comment retrouver notre énergie ? Fabrice Midal nous invite à puiser dans la sagesse des Anciens afin de redevenir plus vivants.

Notre fatigue n’est pas tant physique que psychologique. Comment se manifeste-t-elle ?


Cette fatigue psychologique, que je préfère nommer découragement, prend deux visages. La première forme, la plus évidente, nous rend sans tonus, sans allant. Mais la seconde, plus masquée et plus difficile à débusquer, se caractérise par une hyperactivité, qui vient d’une volonté de tout contrôler, d’être parfait, performant. Ces deux écueils – démission ou instrumentalisation de soi – sont en réalité des impasses. Dans les deux cas, ce qui nous fait défaut est le mouvement de confiance dans la vie.

En quoi la volonté de contrôle est-elle problématique, selon vous ?

Nietzsche avait alerté sur une volonté de contrôle, d’élimination de l’incertitude, au nom d’un progrès, qui entraînerait une haine de la vie et nous détruirait. « Il faut avoir du chaos en soi pour enfanter une étoile qui danse », écrit-il dans Ainsi parlait Zarathoustra. De quoi se plaignent les soignants, les enseignants, les chercheurs du CNRS qui viennent de signer une pétition contre leur nouveau système de gestion des missions ? Il y a certes un besoin de reconnaissance, d’une juste rémunération, mais ils pointent avant tout leurs conditions de travail, qui les empêchent de faire leur métier. Ils dénoncent le poids des protocoles, des procédures, de l’administratif, des cases à remplir… Notre société souffre de cette gestion devenue totalitaire qui nous déshumanise en tuant la rencontre, la créativité, la vie.

Ce phénomène est donc nouveau ?

Nous vivons actuellement un burn-out individuel et collectif. Le burn-out est une maladie nouvelle, ignorée de nos grands-parents, qui travaillaient souvent 12 h par jour ! Ils connaissaient bien la fatigue physique, l’angoisse des fins de mois, mais pas ce sentiment d’être coupé de la vie en soi. Nous sommes trop souvent prisonniers de notre image. Et pas seulement les jeunes qui s’exposent sur les réseaux sociaux ! Je rencontre aussi des grands-parents qui se comparent, qui ont peur de ne pas être assez bons, assez bien… Or si j’essaie de me conformer à une idée de moi-même, je me coupe de l’élan qui m’habite.

Ce marasme ambiant touche beaucoup les jeunes. Pourquoi eux-mêmes ont-ils perdu leur vitalité ?

Pour la première fois de l’humanité, nos jeunes ne trouvent pas leur place dans la société. Je crois qu’ils manquent de responsabilités. Jamais nous ne leur avons fait si peu confiance. Alors que le passé illustre le contraire : les généraux sous Louis XIV étaient très jeunes, par exemple. Sans doute faut-il aussi nous interroger sur l’enfance que nous leur faisons vivre. Du fait de l’insécurité, les parents préfèrent savoir leurs enfants à l’intérieur, devant un écran. Ils jouent moins. Or, pour grandir, on a besoin de l’expérience du réel : courir, se râper aux arbres, construire une cabane… Se développer harmonieusement suppose un double mouvement, la confiance secure et l’exploration, dont l’articulation permet à l’enfant d’être heureux.

Les écrans nous happent tous aujourd’hui… Notre lassitude n’est-elle pas également engendrée par notre manque de déconnexion ?


Nous recourons trop peu à notre système par défaut, dont les neurosciences ont montré qu’il joue un rôle majeur. Il s’active quand on ne fait rien, quand notre cerveau vagabonde, quand on laisse libre cours à nos pensées… Aujourd’hui, nous fuyons ces moments de vide, de silence, de rêverie, pourtant fondamentaux pour nous ressourcer. Pas étonnant que l’on soit fatigué ! Bergson appelle l’humanité à un sursaut de la dimension morale et mystique pour équilibrer les progrès matériels. Autrement, nous serions prisonniers d’un modèle mécanique, en particulier d’un rapport faussé au temps, qui nous coupe de l’expérience véritablement humaine, et par conséquent de la joie. N’est-ce pas ce que nous vivons ?

En quoi consiste cette expérience véritablement humaine ?

Cette expérience passe par la relation, qui est éminemment surprenante. Le découragement se surmonte par l’audace de redonner sa confiance. Rencontrer suppose d’être ouvert, prêt à se laisser déplacer, toucher, bouleverser… Elle impose de sortir radicalement de la gestion, de renoncer à tout contrôler. Alors la vie, qui est « surgissement de l’inattendu », pour reprendre les mots évocateurs de Bergson, peut se déployer. Elle incite à oser partir à l’aventure, à explorer, à ressentir… Voilà ce qui nous nourrit. Revenons au réel pour guérir de la fatigue. Il donne ! Il suffit de s’occuper de son jardin pour le mesurer.

Qu’est-ce qui indique que l’on a retrouvé ce mouvement de la vie ?

La joie est le signe que la vie a regagné du terrain. Quand nous sommes épuisés, nous entendons des injonctions contradictoires : « reprends-toi en main », sous-entendu « gère davantage », ou au contraire « lâche prise… ». Je propose de nous foutre la paix et de redevenir humains ! Où est-ce que je me torture ? Comme en cas de fuite d’eau, il faut commencer par identifier le problème. Notre problème se résume souvent dans cette volonté de tout contrôler, d’être performant, de tout réussir. Tout l’enjeu consiste à retrouver notre unité profonde. Cela implique de revenir au réel, qui ne se contrôle pas mais s’accompagne, voilà l’antidote au découragement. Il suppose d’accepter nos limites, notre finitude, le fait qu’on ne peut plaire à tout le monde. Notre vulnérabilité est une force puissante, qui incite à la transformation. Il ne suffit pas de se reposer, mais de s’engager dans la profondeur de sa vie. C’est elle qui ressource.

Là où la fatigue risque d’entraîner un repli sur soi, il s’agit donc au contraire de s’ouvrir ?

L’antidote à la fatigue est le repos ; l’antidote à la fatigue est d’être dans l’engagement. Nous sommes trop autocentrés. La philosophie enseigne que l’être humain est fondamentalement hétéronome et non autonome comme voudrait le faire croire notre société. Sortons donc de l’enfer de nous-même. En tant que vivants, nous avons besoin du ciel, de la terre, des autres. Acceptons de donner de la place à l’autre, de prendre le temps de nourrir la relation. Être aimé conduit à s’aimer ; découvrir l’autre permet de se découvrir soi-même. J’ai besoin du regard de l’autre pour exister et advenir à moi-même.

Interview de Fabrice Midal

Source : La Vie

samedi 16 décembre 2023

Pardonner

 

"Pardonner, c'est libérer un prisonnier, et découvrir que ce prisonnier, c'était vous"

Lewis B. Smedes


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vendredi 15 décembre 2023

L'invisible ressenti


 La pratique c’est aussi laisser être ramenés au visible tous les fils invisibles qui relient entre eux chaque partie en une inouïe harmonie chaque fois qu’on l’oublie.

Lorsque l’on lève un bras, ça n’est pas juste ce bras qui se lève, tout le corps et même l’être entier y participe, il se lève grâce à tout, même à nos orteils, même à notre rein, même à notre salive, …

Sentir ça. Sentir Ça.

Lorsque l’on est dans une salle entouré.e des autres personnes avec lesquelles on partage notre pratique, ou même lorsque l’on pratique seul.e dans sa chambre, toutes les personnes avec lesquelles nous sommes connecté.e.s d’une façon ou d’une autre pratiquent avec nous comme nous pratiquons avec elles et même si elles ne pratiquent pas du tout.

Sentir ça. Sentir Ça.

Lorsque l’on croit être qui et ce que l’on croit être, simple petit individu singulier avec son histoire chronologique, ses souvenirs, ses événements marquants, ses ceci, ses cela, tout ce qui constitue cette petite vie que l’on habite où chaque élément a pourtant tellement d’importance pour nous, nous rappeler encore et toujours à la grande vie qui nous habite, bien plus importante encore que chaque ceci-cela et sans laquelle ça n’existerait pas.

Sentir ça. Sentir Ça.

Pas de pièces détachées, isolées les unes des autres, assemblées par la force des choses, indépendamment d’un puissant désir primordial qui les veut et les crée unies.

Vaste mystère divin qui prend forme(s) à travers la chair sous laquelle toutes les rivières sacrées suivent leur chemin depuis et jusqu’à la source de notre cœur vibrant en écho avec tout le vivant.

Palpitant.

Sentir ça. Sentir Ça.

Marie Ghillebaert - prof de yoga - https://yogasesame.com/

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jeudi 14 décembre 2023

De la crise, ou de quoi méditer en ces temps de crise ...

 

Issu du grec krisis (décision), ce mot a d’abord été un terme du jargon médical, désignant un tournant décisif dans l’évolution d’une maladie ou d’une blessure. C’est de là que lui vient sa connotation angoissante actuelle. 

En chinois l’idée de « crise » s’écrit avec deux idéogrammes. 

Le premier, 危 wēi représentait à l’origine une personne se tenant au bord d’une falaise. Au cours des siècles à cause de cette image d’une situation dangereuse, il s’est amalgamé avec un mot homophone plus ancien ayant lui le sens de : malheur, difficultés ; ce qui a conduit au sens actuel de ce mot : péril, passe difficile. 

Le second, 机jī, dans sa forme ancienne (機) représentait le ressort des arbalètes. Ces armes avaient constitué un des éléments déterminants de la supériorité militaires de Qin Shi Huangdi dans sa conquête des différents Royaumes Combattants aboutissant en 220 avant à la première unification impériale de la Chine et dont les milliers de guerriers en terre cuite qui gardent son tombeau donnent un idée de la puissance. Particulièrement l’arbalétrier au « présentez-armes ». 

Aujourd’hui, cet idéogramme a toujours un sens en rapport avec son ressort d’origine puisqu’il signifie : mécanisme efficient, ressort, moyen ingénieux, stratagème, occasion imprévue, opportunité.

L’écriture chinoise de la notion de « crise », le binôme危机  wēi jī, combinant ensemble l’idée de « passe difficile » avec celle de « ressort, d’occasion », offre une perspective plus vivifiante de ce qui est pour nous une crise. Il ne s’agit plus d’une aggravation dangereuse d’une situation critique, d’une fatalité mortifère mais bien plutôt d’un moment décisif, certes difficile, mais surtout porteur d’opportunités à saisir pour orienter la situation vers une vitalité nouvelle.

Winston Churchill, qui disait « Le pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, l’optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté », connaissait-il ce distique de son compatriote le poète William Blake : 

Bénédiction lénifie

Malédiction tonifie


Cyril Javary
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mardi 12 décembre 2023

Pommes brisées


 "La vie vous brisera. Personne ne peut vous protéger de cela, et le fait d’être seul ne vous protégera pas non plus, car la solitude vous brisera aussi avec ses envies et ses aspirations.

Il faut aimer. Il faut ressentir. C’est la raison pour laquelle vous êtes ici sur terre.

Vous devez risquer votre cœur.

Vous êtes ici pour être engloutis, avalés. 

Et quand il vous arrive d’être brisé, ou trahi, ou abandonné, ou blessé, ou que la mort vous frôle de trop près, asseyez-vous près d’un pommier et écoutez les pommes tomber tout autour de vous en tas, dilapidant leur douceur.

Dites-vous que vous en avez goûté autant que vous le pouviez."

Louise Erdrich in The painted drum

(par Fabrice Jordan)