vendredi 10 mai 2024

Les agrégats et la vacuité

 Mes chers amis,

Pour éclairer un peu le texte quelque peu énigmatique du sutra du cœur, je vous donne dans la vidéo ci-dessous quelques explications sur les agrégats et la notion de vacuité.

Avec tout mon amitié.

Philippe Fabri




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jeudi 9 mai 2024

Elévation naturelle


Ne m'oubliez pas

même si je suis parti aussi loin que

les nuages
Lorsque dans le ciel la nuit aura achevé
Son parcours nous nous reverrons

Attribué à Ariwara No Narihira Dessin Kajita Hanko










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Toute la nature est un temple déjà prêt
et disposé pour le culte.
Paul Claudel
Dessin Katsushira Hokusai, 1822


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mercredi 8 mai 2024

Terrain vague


Au pic de la nuit
Arrosée d’une lumière crue
Dardée du dedans
Je contemple
L’étendue du désastre banal
Pas grand chose à sauver
Vu depuis ce ras du réel
Sauvé, je le suis pourtant
Vieux et sauvé
Assis en posture
A même le terrain vague

Gilles Farcet

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mardi 7 mai 2024

Acceptation et méditation sont des consolations...

 Commencer par accepter avant de s'agiter n'est pas anodin: si cette forme de sagesse simple peut nous aider à éteindre le bavardage stérile, épuisant et toxique des regrets, si elle nous permet de ne garder de notre peine que l'émotion de tristesse, légitime et respectable, et de préserver nos forces pour l'action et non pour les lamentations, alors l'acceptation d'un supposé destin nous sera d'un grand bénéfice et d'un grand réconfort.



Parfois, un sentiment de sérénité émerge de la méditation : on n'a plus besoin de rien, plus de désir, plus de manque ; tout ce qu'il nous faut est là... C'est un état de plénitude non seulement agréable et soulageant, mais aussi éclairant : finalement, la paix intérieure n'est bien jamais bien loin : et la consolation de nos chagrins et de nos adversités est toujours plus proche qu'on ne l'imagine.

Christophe André - Consolations

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lundi 6 mai 2024

La séparation avec soi


Le lien à soi est aussi en souffrance, et il est, lui aussi, à restaurer. Il s’agit de la relation que Ion a avec son propre cœur, un cœur entendu au-delà même de la capacité à ressentir ou éprouver quelque chose, comme un organe spirituel qui nous relie à l’infini, à l’infiniment plus grand que soi, à ce qui est au-delà de l’espace et du temps, à l’origine de toutes choses. Mais, là encore, quelle éducation à trouver son cœur recevons-nous ? Qui nous apprend à vivre selon ce qui jaillit de ce cœur ? Quel exercice spirituel pratiqué au quotidien peut libérer dans notre existence tout entière sa source de vie, d’amour et de puissance ? Car le cœur n’est pas seulement un organe physique, sensible. Il nous relie à une profondeur à côté de laquelle la profondeur de l’univers lui-même n’est qu’une surface. Et du côté de cette profondeur, de cette origine, il y a une fontaine de miséricorde, issue d’une source mystérieuse d’où surgissent l’univers et son harmonie... Mais laquelle de nos méditations nous apprend à creuser assez profond pour libérer son jaillissement ?

Nous vivons des existences qui, hélas, sont rarement alignées entre ce plus profond intérieur et l’extérieur, où l’eau fondamentale ne s’écoule pas de nos cœurs à nos pensées jusqu’à nos actes, nos engagements, si sincères soient-ils. Nous ressentons dès lors comme une souffrance, entre ce que nous sommes et ce que nous faisons, et nous remplissons ce vide avec des consommations extérieures. Nous souffrons aussi d’une société qui ne nous donne pas l’occasion, dans notre travail, de chercher puis de libérer et d’engager la ressource de ce moi si profond, mais qui nous conditionne et nous condamne à ne vivre qu’en surface de nous-mêmes. Ainsi, nous restons si faibles, si fragiles, que nous devenons une proie toujours plus facile pour toutes les dominations, exploitations, aliénations, illusions qui prolifèrent dans le monde d’aujourd’hui.

Pour résister à cela, pour être plus forts que ce qui nous me, nos grands liens sont des canaux. Ils nous relient à des énergies sans lesquelles nous serons, hélas !, toujours plus impuissants et deviendrons plus encore des proies pour les prédateurs de toutes les dominations, de toutes les aliénations, à commencer par les aliénations consuméristes, mais aussi les aliénations politiques. L’enjeu du spirituel, c’est-à-dire l’enjeu de la puissance des liens, est inséparablement un enjeu politique. Voilà pourquoi il est urgent et nécessaire, me semble-t-il, que nous réfléchissions ensemble, que nous méditions ensemble, à partir de la ressource la plus intérieure, à la façon dont nous allons pouvoir reconstruire des vies authentiquement humaines, retisser nos liens essentiels, nos liens de vitalité, nos liens de lucidité, nos liens de lumière, les liens qui nous engagent dans le monde de façon à la fois intelligente, généreuse et amoureuse.

Abdennour Bidar - La puissance des liens

De Ilios Kotsou, Caroline Lesire, Christophe André, Abdennour Bidar, Fabienne Brugère, Rébecca Shankland, Matthieu Ricard

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dimanche 5 mai 2024

Comme un rire égaré

 SABINE DEWULF – Poète française, née en 1966

*

Comme un rire égaré
la marée est montée
et si la mer m’envahissait
profitant d’une porte
entrebâillée
la façade défaite
seul compterait le large
l’eau que je suis déjà
*
j’habite la fracture
le sens a-t-il sombré
s’aventure une trace
que confie-t-elle aux yeux déçus
sinon que le soleil
partout rend grâce au bleu
depuis la nuit
jusqu’au vertige
(Extrait de Près du surgissement, avec des photos de Stéphane Delacroix - Editions pourquoi viens-tu si tard?, 2024)
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"paysage bleu-gris horizontal" tableau de Josef Sima (peintre français d'origine tchèque 1891-1971)
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Lasse Thoresen. As the Waves of the Sea (excerpt) compositeur norvégien né en 1949

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samedi 4 mai 2024

Je suis attaché

 


Quand on pose la question "Pourquoi ?", alors on cherche une cause. Et la découverte de la cause peut prendre du temps. Vous me dites que l'attachement est dangereux, une corruption. Je vois votre logique, j'accepte votre logique, je vois que ce que vous dites est vrai mais au final, je suis toujours attaché !

Q : Je pense qu'il faut une sorte de crise profonde...

K : Ah, alors j'attendrai après le temps ! Mais je ne veux pas que le temps dissolve mon problème. Et le temps ne dissolvera pas mon problème.

Vous me dites que l'attachement est une corruption. Vous me l'expliquez très logiquement. Je vous écoute. Je ne demande pas : "Pourquoi je ne change pas ?" Je suis toujours attaché... Je ne demande pas : "Pourquoi je ne lâche pas prise ?" Si je demande pourquoi, je cherche une cause. Et ce qui a une cause, a une fin. Vous me direz que la cause est ceci et cela et cela... Je ne chercherai donc pas la cause.

Je sais que je suis attaché, je vous ai écouté, j'ai écouté votre logique, votre clarté, je dis oui, c'est parfaitement vrai. Mais à la fin, je suis toujours attaché — c'est tout ce que je sais.

Cela ne m'intéresse pas d'y mettre fin. Je m'accroche juste à cela : je vois que je suis attaché. Je ne demanderai pas pourquoi je suis attaché, mais simplement : "Je suis cela".

Je pense qu’il est désastreux de se demander quelle est la cause. L'univers n'a pas de cause, c'est nous qui avons des causes. Si je peux ne pas penser en termes de cause, de temps, alors : "Je suis attaché".

Cette réalité-même du "Je suis attaché" opère.

Je n'ai rien à faire !

Comprenez-vous ?

~ Jiddu Krishnamurti

(extrait d'une vidéo - Brockwood Park, 1981)

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vendredi 3 mai 2024

Le mental se sert de nous

 


  • Le mental se sert de vous et vous vous êtes inconsciemment identifié à lui. Par conséquent, vous ne savez même pas que vous êtes son esclave.

  • C’est un peu comme si vous étiez possédé sans le savoir et que vous preniez l’entité qui vous possède pour vous. La liberté commence quand vous prenez conscience que vous n’êtes pas cette entité, c’est-à-dire le penseur.

  • En sachant cela, vous pouvez alors surveiller cette entité. Dès l’instant où vous vous mettez à observer le penseur, un niveau plus élevé de conscience est activé et vous comprenez petit à petit qu’il existe un immense royaume d’intelligence au-delà de la pensée et que celle-ci ne constitue qu’un infime aspect de cette intelligence.

  • Vous réalisez aussi que toutes les choses vraiment importantes la beauté, l’amour, la créativité, la joie, la paix – trouvent leur source au-delà du mental. Et vous commencez alors à vous éveiller.

Eckhart Tolle
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jeudi 2 mai 2024

Les formules de Swami Prajnanpad (4)

 Man as man.

L’homme en tant qu’homme.


Swâmiji m’avait un jour cité cette parole du Mahabharata : « Et maintenant, je vais te dire le secret des secrets ! dans tout cet univers, il n’y a rien de plus grand que l’Homme. »

Swâmiji considérait que « l’Homme », c’était l’homme accompli, l’homme unifié, l’homme libéré des émotions, libéré du mental, libéré de l’égoïsme et non pas l’homme encore tâtonnant, encore prisonnier de ses peurs, de ses désirs, de ses lâchetés, de ses passions et de son isolement parmi les autres, conflictuel, rancunier, douloureux, emporté, incapable de s’aimer et d’aimer les autres, coupé de l’infini. Celui-ci n’est qu’un germe d’homme, une potentialité d’homme. Mais ce germe et cette potentialité sont en tout homme.

— Un grain de sagesse, chap. «Voici l’Homme ».

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mercredi 1 mai 2024

Les formules de Swami Prajnanpad (3)

 Emotion is never justified.

L’émotion n’est jamais justifiée.


Cette affirmation de Swâmi Prajnânpad a prêté lieu à bien des malentendus, nombre de personnes l’ayant comprise comme « il ne faut pas avoir d’émotions » et ayant donc tenté, sur cette base fausse, de supprimer les émotions dès que celles-ci apparaissaient, aboutissant ainsi à une terrible impasse.

L’émotion n’est jamais justifiée ne veut pas dire « vous ne devez pas avoir d’émotions ». Cela veut dire : l’émotion ne peut pas avoir de justification objective. On ne peut pas se retrancher derrière une situation, un événement, pour se donner raison d’avoir une émotion. L’émotion ne tient jamais à une cause extérieure, elle tient à nous, à notre manière de voir les choses, à notre conditionnement propre, à notre sensibilité, à notre passé personnel. La preuve en est que dans la même situation une autre personne n est pas affectée de la même manière ou peut même ne pas se sentir du tout concernée par ce qui nous touche ; ce qui paraît représenter une montagne pour l’un peut paraître insignifiant pour l’autre, ce qui abat l’un peut stimuler l’autre, etc.

En d’autres termes, nous ne pouvons pas rendre la situation extérieure ou les autres responsables de notre émotion. Elle nous appartient complètement. C’est sur cette base, et uniquement sur cette base, qu’un certain travail sur l’émotion devient possible.

(Arnaud Desjardins)

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mardi 30 avril 2024

Les formules de Swami Prajnanpad (2)

 Emotion is an unnecessary luxury.

L’émotion est un luxe inutile.


L’émotion, notre manière subjective d’appréhender la réalité, en référence à nous, n’est pas indispensable pour vivre. Elle représente même un énorme gaspillage d’énergie, un « luxe inutile ». Certes, c’est la donnée de départ de tout être humain et Swâmi Prajnânpad, qui avait transcendé les émotions, disait de lui, en se remémorant le passé ! «The young man was only emotion », le jeune homme n’était qu’émotion. Il avait donc connu, comme chacun d’entre nous, la condition commune : le pouvoir qu’a l’existence de modifier nos états intérieurs — tant que nous n’avons pas entrepris un travail conscient et méthodique pour émerger de ce « statut d’esclave ».

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A son élève Arnaud qui s’était comporté sans conscience dans une certaine situation et avait causé du tort à quelqu’un, Swâmiji avait écrit un jour :

Carried away by your emotional blindness, you have gone down below human level.

Emporté par votre aveuglement émotionnel, vous êtes descendu en dessous du niveau humain.

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lundi 29 avril 2024

Les formules de Swami Prajnanpad (1)

 What, why, what for, how ?

Quoi, pourquoi, pour quoi (dans quel but), comment ?


La vie juste est un fonctionnement conscient, délibéré. L’homme doit aller de l’avant dans le voyage de sa vie avec les yeux ouverts : quoi ? pourquoi ? dans quel but ? comment ? Sur le chemin vers le Soi, l’homme ne doit commettre aucune action sans dessein. Agir sans savoir pourquoi on le fait, quand ce n’est pas agir sans savoir même qu’on le fait, signifie qu’on fonctionne pour rien, que sa propre existence n’est rien et qu’on ne va nulle part. 

Dans une vie consacrée à la vérité, aucun acte n’est possible sans que cet acte ait une raison et un but. Cette vigilance devient possible progressivement, d’abord avec effort, ensuite sans effort.

— Monde moderne et sagesse ancienne, chap. « Le chemin de l’être ».

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dimanche 28 avril 2024

Routes spirituelles

En chemin vers la détente avec Jacques Castermane...


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