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samedi 11 juillet 2020

Un petit pas pour l'homme....


Sans doute connaissez-vous la « méthode des petits pas ». Inventée par des psychologues américains à l’époque où les États-Unis s’apprêtaient à entrer en guerre contre l’extrême-droite régnant sur l’Allemagne, le Japon et l’Italie, elle avait pour but de ne pas effrayer la population américaine, volontiers isolationniste, tout en l’entrainant dans un énorme changement – passer d’une économie de paix à une économie de guerre – sans blocage rédhibitoire. Après leur victoire contre les puissances de l’Axe, les Américains utilisèrent cette méthode pour aider le Japon à se reconstruire et à muter : passer d’un régime théocratique à un régime démocratique n’allait pas de soi, l’opération aurait pu aboutir à des catastrophes. Ce ne fut pas le cas. Les Japonais, éberlués que leurs vainqueurs ne les réduisent pas en esclavage, découvrirent la méthode des petits pas et la rebaptisèrent « kaïzen », ce qui signifie littéralement : changement meilleur. Nous devons tous changer – en permanence et de nos jours plus que jamais. Comment le faire « pour le meilleur » ? Cette histoire nous le souffle : en adoptant la méthode des petits pas. Par un de ces amusants « retours à l’envoyeur » dont l’histoire a le secret, beaucoup de psychothérapeutes américains « découvrent » aujourd’hui le kaïzen japonais et s’émerveillent de son efficacité stupéfiante. 

Une personne obèse ne parvient pas à diminuer ses rations ? On lui demande de supprimer une frite par jour de son cornet. Une autre personne trop raide ne se résout pas à faire de sport ? On lui demande de regarder pendant une minute son tapis de gymnastique. Une troisième personne somatise ses angoisses par des maux de ventre ? On lui demande de respirer dix fois en se concentrant sur une partie précise de son corps. En six mois, le problème est en voie de solution : la personne obèse a commencé à maigrir, la personne trop raide à s’assouplir et la personne stressée à se relaxer. Leur point commun : avec patience, elles ont réussi à persister dans leur motivation, sans jamais prétendre changer d’un coup, donc sans en faire trop, elles ont appliqué la méthode des petits pas. « Les plus grands voyages commencent par un premier pas. » Le dicton dit vrai. Ne nous précipitons pas. Allons à l’allure qui nous convient. Mais ne perdons pas notre cap. Ni notre patience. Ni notre espoir. Après tout, un autre dicton ne dit-il pas : « Peu importe d’atteindre le but, c’est le chemin qui compte. »

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source : Nouvelles clés

lundi 24 juin 2019

Pas à Pas !


Connaissez-vous l’histoire du kaizen ? On est en 1941. Les dirigeants américains savent qu’en dépit de l’isolationnisme de leur pays, il va falloir entrer en guerre contre l’Allemagne et le Japon et que cela signifiera un chambardement fou de leur économie. Comment métamorphoser en quelques mois une industrie de paix en machine de guerre, surtout dans une démocratie ? L’un des artisans de la réussite était un ingénieur statisticien du nom d’Edwards Deming. 
Sa méthode, le TWI (training within industries), partait du principe que les plus grands voyages commencent par un premier pas. Plutôt que d’attendre de grandes décisions qui prendraient des mois, voire des années, il fallait s’y mettre illico, « à tout petits pas » et à tous les niveaux. Du directeur au dernier des balayeurs, chacun était invité à faire des suggestions, même de détail, pour modifier la production. Le TWI marcha si bien, qu’après Hiroshima, les Américains l’enseignèrent aux Japonais. Ces derniers, sidérés que les vainqueurs veuillent les aider à rebâtir leur pays, se rendirent compte de l’efficacité de la méthode et l’adoptèrent, en la rebaptisant kaizen (littéralement « amélioration continue »). 


70 ans plus tard, les psy américains découvrent... le kaizen japonais, et l’appliquent avec succès à leurs patients les plus rétifs au changement. Les exemples sont stupéfiants. Une femme trop grosse, qui ne parvient pas, depuis des années, à faire du sport, se voit prescrire trente secondes de mouvement par jour – au début quasi immobile devant sa télé ! 
Un homme qui redoute de se mettre à l’espagnol accepte d’apprendre un mot par semaine. Une femme surendettée, atteinte de « consumérite aiguë », va retirer un objet, un seul, de son caddie avant d’arriver à la caisse. Un homme trop stressé va repérer chaque soir un point douloureux de son corps et respirer dessus pendant 30 secondes. Etc. 

Les résultats sont là : en un an, les comportements de ces personnes ont radicalement changé. 

Explication : la plupart des gens désirent évoluer, changer, mais n’y arrivent pas. 
Affolés par l’idée qu’il faudrait « se jeter à l’eau pour apprendre à nager », nos structures psychiques archaïques se bloquent. Excellentes pour combattre ou fuir, ces structures veillent à notre survie, mais pas à notre évolution. 
Pour ne pas les effrayer, une seule solution : proposer de tout petits changements, faciles à atteindre ; puis, une fois un début de confiance établi, peu à peu monter en régime. 

Appliquons donc sans attendre la voie du kaizen dans nos façons de manger, de nous soigner, de nous déplacer, de nous chauffer, d’éduquer, de vivre ! L’avenir du monde en dépend.  

source : Nouvelles Clés

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