SABINE DEWULF – Poète française, née en 1966
dimanche 5 mai 2024
Comme un rire égaré
samedi 4 mai 2024
Je suis attaché
Quand on pose la question "Pourquoi ?", alors on cherche une cause. Et la découverte de la cause peut prendre du temps. Vous me dites que l'attachement est dangereux, une corruption. Je vois votre logique, j'accepte votre logique, je vois que ce que vous dites est vrai mais au final, je suis toujours attaché !
Q : Je pense qu'il faut une sorte de crise profonde...
K : Ah, alors j'attendrai après le temps ! Mais je ne veux pas que le temps dissolve mon problème. Et le temps ne dissolvera pas mon problème.
Vous me dites que l'attachement est une corruption. Vous me l'expliquez très logiquement. Je vous écoute. Je ne demande pas : "Pourquoi je ne change pas ?" Je suis toujours attaché... Je ne demande pas : "Pourquoi je ne lâche pas prise ?" Si je demande pourquoi, je cherche une cause. Et ce qui a une cause, a une fin. Vous me direz que la cause est ceci et cela et cela... Je ne chercherai donc pas la cause.
Je sais que je suis attaché, je vous ai écouté, j'ai écouté votre logique, votre clarté, je dis oui, c'est parfaitement vrai. Mais à la fin, je suis toujours attaché — c'est tout ce que je sais.
Cela ne m'intéresse pas d'y mettre fin. Je m'accroche juste à cela : je vois que je suis attaché. Je ne demanderai pas pourquoi je suis attaché, mais simplement : "Je suis cela".
Je pense qu’il est désastreux de se demander quelle est la cause. L'univers n'a pas de cause, c'est nous qui avons des causes. Si je peux ne pas penser en termes de cause, de temps, alors : "Je suis attaché".
Cette réalité-même du "Je suis attaché" opère.
Je n'ai rien à faire !
Comprenez-vous ?
~ Jiddu Krishnamurti
(extrait d'une vidéo - Brockwood Park, 1981)
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vendredi 3 mai 2024
Le mental se sert de nous
- Le mental se sert de vous et vous vous êtes inconsciemment identifié à lui. Par conséquent, vous ne savez même pas que vous êtes son esclave.
- C’est un peu comme si vous étiez possédé sans le savoir et que vous preniez l’entité qui vous possède pour vous. La liberté commence quand vous prenez conscience que vous n’êtes pas cette entité, c’est-à-dire le penseur.
- En sachant cela, vous pouvez alors surveiller cette entité. Dès l’instant où vous vous mettez à observer le penseur, un niveau plus élevé de conscience est activé et vous comprenez petit à petit qu’il existe un immense royaume d’intelligence au-delà de la pensée et que celle-ci ne constitue qu’un infime aspect de cette intelligence.
- Vous réalisez aussi que toutes les choses vraiment importantes la beauté, l’amour, la créativité, la joie, la paix – trouvent leur source au-delà du mental. Et vous commencez alors à vous éveiller.
Eckhart Tolle
jeudi 2 mai 2024
Les formules de Swami Prajnanpad (4)
Man as man.
L’homme en tant qu’homme.
Swâmiji m’avait un jour cité cette parole du Mahabharata : « Et maintenant, je vais te dire le secret des secrets ! dans tout cet univers, il n’y a rien de plus grand que l’Homme. »
Swâmiji considérait que « l’Homme », c’était l’homme accompli, l’homme unifié, l’homme libéré des émotions, libéré du mental, libéré de l’égoïsme et non pas l’homme encore tâtonnant, encore prisonnier de ses peurs, de ses désirs, de ses lâchetés, de ses passions et de son isolement parmi les autres, conflictuel, rancunier, douloureux, emporté, incapable de s’aimer et d’aimer les autres, coupé de l’infini. Celui-ci n’est qu’un germe d’homme, une potentialité d’homme. Mais ce germe et cette potentialité sont en tout homme.
— Un grain de sagesse, chap. «Voici l’Homme ».
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mercredi 1 mai 2024
Les formules de Swami Prajnanpad (3)
Emotion is never justified.
L’émotion n’est jamais justifiée.
Cette affirmation de Swâmi Prajnânpad a prêté lieu à bien des malentendus, nombre de personnes l’ayant comprise comme « il ne faut pas avoir d’émotions » et ayant donc tenté, sur cette base fausse, de supprimer les émotions dès que celles-ci apparaissaient, aboutissant ainsi à une terrible impasse.
L’émotion n’est jamais justifiée ne veut pas dire « vous ne devez pas avoir d’émotions ». Cela veut dire : l’émotion ne peut pas avoir de justification objective. On ne peut pas se retrancher derrière une situation, un événement, pour se donner raison d’avoir une émotion. L’émotion ne tient jamais à une cause extérieure, elle tient à nous, à notre manière de voir les choses, à notre conditionnement propre, à notre sensibilité, à notre passé personnel. La preuve en est que dans la même situation une autre personne n est pas affectée de la même manière ou peut même ne pas se sentir du tout concernée par ce qui nous touche ; ce qui paraît représenter une montagne pour l’un peut paraître insignifiant pour l’autre, ce qui abat l’un peut stimuler l’autre, etc.
En d’autres termes, nous ne pouvons pas rendre la situation extérieure ou les autres responsables de notre émotion. Elle nous appartient complètement. C’est sur cette base, et uniquement sur cette base, qu’un certain travail sur l’émotion devient possible.
mardi 30 avril 2024
Les formules de Swami Prajnanpad (2)
Emotion is an unnecessary luxury.
L’émotion est un luxe inutile.
L’émotion, notre manière subjective d’appréhender la réalité, en référence à nous, n’est pas indispensable pour vivre. Elle représente même un énorme gaspillage d’énergie, un « luxe inutile ». Certes, c’est la donnée de départ de tout être humain et Swâmi Prajnânpad, qui avait transcendé les émotions, disait de lui, en se remémorant le passé ! «The young man was only emotion », le jeune homme n’était qu’émotion. Il avait donc connu, comme chacun d’entre nous, la condition commune : le pouvoir qu’a l’existence de modifier nos états intérieurs — tant que nous n’avons pas entrepris un travail conscient et méthodique pour émerger de ce « statut d’esclave ».
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A son élève Arnaud qui s’était comporté sans conscience dans une certaine situation et avait causé du tort à quelqu’un, Swâmiji avait écrit un jour :
Carried away by your emotional blindness, you have gone down below human level.
Emporté par votre aveuglement émotionnel, vous êtes descendu en dessous du niveau humain.
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lundi 29 avril 2024
Les formules de Swami Prajnanpad (1)
What, why, what for, how ?
Quoi, pourquoi, pour quoi (dans quel but), comment ?
La vie juste est un fonctionnement conscient, délibéré. L’homme doit aller de l’avant dans le voyage de sa vie avec les yeux ouverts : quoi ? pourquoi ? dans quel but ? comment ? Sur le chemin vers le Soi, l’homme ne doit commettre aucune action sans dessein. Agir sans savoir pourquoi on le fait, quand ce n’est pas agir sans savoir même qu’on le fait, signifie qu’on fonctionne pour rien, que sa propre existence n’est rien et qu’on ne va nulle part.
Dans une vie consacrée à la vérité, aucun acte n’est possible sans que cet acte ait une raison et un but. Cette vigilance devient possible progressivement, d’abord avec effort, ensuite sans effort.
— Monde moderne et sagesse ancienne, chap. « Le chemin de l’être ».
dimanche 28 avril 2024
Routes spirituelles
samedi 27 avril 2024
Peut-on (vraiment) lâcher prise ?
par Violaine Gelly, psychopraticienne
Cliché du développement personnel, le lâcher-prise serait devenu la solution à toutes nos ruminations, toutes nos angoisses. Mais encore faut-il savoir ce que nous aimerions lâcher. Et d'ailleurs, sommes-nous si sûrs de notre prise ?
Renoncer à notre toute-puissance, une gageure ?
Lâcher prise, c’est chuter du piédestal des envies, des attentes, des espoirs dont nous estimons légitimement qu’ils devraient tout emporter sur leur passage. Cela nous renvoie illico au fait que nous sommes impuissants, soumis, contraints. Tous ces ressentis qui nous écorchent l’ego en apportant la preuve que nous ne contrôlons pas tout. Remplacez le mot « contrôle » par celui de « pouvoir », et vous admettrez qu’il n’est pas facile d’y renoncer. D’abord parce que le contrôle a d’abord été, pour chacun d’entre nous, une source de joie et de sécurité. C’est ce que la psychanalyse appelle la toute-puissance enfantine. Contrôler le monde qui nous entoure, dans la vulnérabilité absolue des premiers mois, est une épopée de chaque instant : vérifier que le parent accourt dès qu’on a peur, faim ou froid ; découvrir qu’on peut rattraper une balle qu’on nous lance ou cogner deux cubes l’un sur l’autre ; apprendre à tenir en équilibre et réussir à articuler des premiers mots… Voilà des occasions de plaisir et de fierté accentuées par les encouragements et les rires de ceux qui s’occupent de nous. Quelle formidable source de narcissisme que cette faculté d’agir sur notre environnement, et quelle difficulté à la quitter. Bien entendu, en grandissant, nous avons dû renoncer à notre toute-puissance. L’autorité, la morale, la vie en compagnie des autres ont tenté de nous remettre à notre juste place mais, en chacun de nous, sommeille ce petit-enfant pour qui le monde se pliait à ses désirs : « Si je veux, je peux. »
Il nous faudrait donc oublier ce désir – cette illusion – enfantin d’avoir prise sur soi, sur les autres et sur le monde, et admettre, définitivement, que nous n’avons pas systématiquement raison. Raison de vouloir nous accrocher, raison de ne pas lâcher, raison de résister. Certes, la combativité est souvent un moteur. Mais quand cette obstination devient pathologique, qu’elle nous contraint à rester dans des situations professionnelles sans issue, dans des relations conjugales destructrices, qu’elle nous engage à livrer des combats perdus d’avance, à tenter de réparer l’irréparable, qu’elle nous fait dédaigner le bon, le simplement bon ou même le pas mal, pour une perfection inatteignable, nous ne cessons de nous fracasser contre des murs. Bien sûr, cela nourrit de magnifiques portraits littéraires, comme celui du capitaine Achab usant les mers à la recherche de Moby Dick, mais notre vie doit-elle se résumer à courir après des baleines blanches ?
Accepter la réalité pour ce qu’elle est
Nos luttes internes s’inspirent de nos espoirs profonds, de nos attentes vitales, de nos valeurs. Souterrainement, pourtant, elles reposent aussi sur bien des injonctions imposées de l’extérieur par nos parents, nos maîtres, la société, ou générées par notre surmoi, ce gendarme intérieur fort bavard. Pour savoir reconnaître celles-ci et entrer dans ce fameux « lâcher-prise », il peut être utile de faire appel aux philosophes stoïciens. Le premier d’entre eux, Épictète, décrivait la source de cette sagesse passant par « nous occuper de ce qui dépend de nous, et user des autres choses comme elles sont1 ». C’est-à-dire agir sur ce qui dépend de nous, et renoncer à ce qui ne dépend pas de nous. Le philosophe Alexandre Jollien avoue ne pas aimer beaucoup l’expression de lâcher-prise et lui préfère l’idée de « s’abandonner à la vie ». Cet abandon, pour lui, ne s’apparente pas à de la résignation, mais à un véritable engagement dans l’existence. Il ne s’agit plus de vivre au conditionnel, dans les supputations de ce qui aurait pu être ou de ce qui pourrait être mieux, mais de braver nos peurs pour embrasser pleinement la réalité et faire avec ce qui est, même l’imparfait ou le difficile.
Dans tous ses livres, cet adepte du stoïcisme remplace l’idée de « lâcher-prise » par celle de « laisser-passer ». Gravement handicapé de naissance, il raconte : « Mon parcours m’a habitué à la lutte et je ne suis pas très enclin à apprécier avec légèreté le bonheur qui passe. Je m’agrippe, je m’accroche et tout est gâché. Alors, souvent, je me souviens de cette parole d’Épictète qui me guide : “Souviens-toi que tu dois te conduire dans la vie comme dans un festin. Un plat est-il venu jusqu’à toi ? Étendant ta main avec décence, prends-en modestement. Le retire-t-on ? Ne le retiens point. N’est-il point encore venu ? N’étends pas au loin ton désir, mais attends que le plat arrive enfin de ton côté .” » Ne pas s’accrocher, ne pas fuir pour autant, juste être là et accepter la réalité pour ce qu’elle est.
Avoir le courage de regarder nos propres limites
Comme le disait Marc Aurèle, autre grand stoïcien : « Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre3. » Et pour cela, ce sont nos propres limites qu’il faut avoir le courage de regarder. Lâcher-prise, c’est accepter de se voir comme imparfait et ne pas s’en alarmer. Invictus, qui se finit sur ce vers : « Je suis le capitaine de mon âme », aurait été le poème préféré de Nelson Mandela. Certes, mais pas le capitaine de l’océan, pas celui de la tempête, pas celui des autres navires.
Pour rester dans la métaphore nautique, l’enseignant spirituel Arnaud Desjardins, disciple du gourou indien Swami Prajnanpad, comparait la vie avec une descente de torrent en kayak : un enfer pour celui qui lutte, un réel plaisir pour ceux qui jouent avec le torrent. Avec, et non contre. Il ne s’agit pas de lâcher une quelconque « prise », mais d’abandonner le combat et l’anticipation pour accepter la surprise et l’incertitude joyeuse. Les vivre à notre façon et dans notre singularité d’être, c’est exercer le seul contrôle que nous aurons jamais sur notre vie.
Petit Traité de l’abandon, pensées pour accueillir la vie telle qu’elle se propose d’Alexandre Jollien (Points, “Essais”, 2015).
Pensées pour soi de Marc Aurèle (Flammarion, “GF”, 2015).
Invictus, poème de William Ernest Henley.
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(source Psychologies magazine)
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vendredi 26 avril 2024
Respiration au carré
Voici une petite technique de respiration qui peut être efficace
(extrait de l'émission dédiée au sommeil) :
Prenez soin de vous ! Votre sommeil en forme olympique (France 5)
jeudi 25 avril 2024
Mes chers amis,

By Photo Dharma from Sadao, Thailand
L'impermanence conditionne toute notre vie et il est bien de ne jamais la perdre de vue.
L'impermanence est la caractéristique de tout ce que nous pouvons percevoir au travers de nos 5 sens (le vue, l'audition, le toucher, le goût et l'odorat), et de notre mental (pensées, émotions, ressentis...)
Que veut dire impermanent ? Cela caractérise ce qui a un début (et donc n'existe pas depuis toujours) et a une fin (càd qui ne durera pas toujours).
Or nous, les êtres humains ordinaires, (par opposition aux grands maîtres et les êtres réalisés) sommes très sujets à l'attachement. Ce que nous aimons bien, nous y devenons très facilement attachés et nous éprouvons du chagrin, ou de la souffrance quand nous devons nous détacher que ce soit d'objets matériels, de sensations plaisantes (visuelles, auditives, gustatives, tactiles ou olfactives) et encore bien plus quand il s'agit d'êtres vivants animaux ou humains.
Il ne s'agit pas de n'avoir aucun attachement, ce qui serait un leurre bien impossible à atteindre, mais d'être libre de ses attachements, de savoir que l'attachement est illusoire, puisque ce à quoi on s'attache est transitoire, soit cela se terminera avant moi, soit moi je partirai sans l'emporter.
Car bien sûr, moi aussi je suis impermanent, comme toutes les choses mon corps est apparu un jour il est certain qu'il disparaîtra. Mes pensées apparaissent et disparaissent.
En tant qu'être humain ordinaire je suis très identifié à mon corps/mental, ce que j'appelle moi. Qui peut vraiment affirmer qu'il ne croit nullement en l'existence d'un moi ?
Même si théoriquement, il a compris que ce moi ne peut être trouvé nulle part.
La méditation d'hier a été une réflexion sur ce sujet. Nous n'avons pas cultivé le calme mental, mais nous avons réfléchi. Nous sommes finalement revenus à cette pure présence que nous sommes, cette pure présence spacieuse, qui est là d'instant en instant, insaisissable, mais vaste et source d'amour.
Avec ma profonde amitié pour vous tous.
Philippe Fabri
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mercredi 24 avril 2024
mardi 23 avril 2024
Averse de vers
"Je veux une averse d'étoiles sur les villes sales,
des arbres qui dansent dans les pas fatigués des passants,
le tournesol d'une robe jaune sur la grisaille des tristesses,
le souffle pur d'une terre haute,
l'eau glacée d'un torrent éclatant de rire,
des étincelles de nuit faisant battre le cœur des mots pour nettoyer
celui des hommes, un petit matin clair, irrévérencieux, insolent, confiant,
où des fées en espadrilles font le ménage du jour."
Ile Eniger
peinture: Rubaldo Merello 1872-1922 / Ulivi a San Fruttuoso 1915
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