dimanche 9 juin 2013

L'action dans le monde avec Véronique Desjardins

...Tout dépend, bien sûr, de la position que vous occupez dans la société : on ne conçoit pas qu'un homme ou une femme politique ne soit pas très bien informé de ce qui se passe dans le monde. Mais. pour la plupart d'entre nous, c'est une perte d'énergie de nous passionner pour des problèmes de société face auxquels nous sommes totalement impuissants. Mieux vaut nous concentrer sur notre sphère d'action. les relations quotidiennes qui tissent du lien avec notre voisin de palier ou le commerçant du quartier. On peut très bien vivre avec peu d'informations, sans pour autant se sentir isolé : il y a tant de gens qui sont au courant des nouvelles que l'on finit par avoir celles dont on a vraiment besoin. Je pense qu'il est important de développer une certaine résistance au climat ambiant. Si nous ne sommes pas vigilants, nous ne nous rendons pas compte que nous vivons dans un état de distraction permanent, coupés de nous-même et des autres. Être happé par tout un tas de gadgets et de sollicitations constantes devient pernicieux pour notre vie intérieure. Il faut veiller à ce que nous ingurgitons au niveau psychique, et nous tourner vers ce qui nous nourrit vraiment, nous ouvre le cœur et nous redonne l'espérance. 

Concernant notre action dans le monde, les petits gestes que nous posons ont un retentissement dont nous ne pouvons pas toujours mesurer la portée. Un petit geste qui va dans le bon sens fait boule de neige et rayonne sur l'extérieur. Un souvenir me revient, à cet égard. Nous étions dans le centre tibétain de Karma Ling, en Savoie, avec quelques centaines de personnes qui attendaient l'arrivée du Dalaï-lama lama. Lorsqu'il est entré, il a traversé le temple en souriant, se tournant à droite et a gauche avec un bon regard pour saluer chacun d'entre nous ; en quelques instants, toute l'atmosphère du temple a été changée. Il est probable que chacun des membres de l'assistance est reparti chez lui un peu plus conscient et un peu meilleur. Même si nous ne sommes pas le Dalaï-lama, nous avons toujours la possibilité, dans l'environnement où nous nous trouvons, d'apporter une certaine harmonie, de dissoudre une tension, d’œuvrer pour ce qu'Arnaud appelait la guérison du monde. 


Dans un monde corrompu, qui a perdu le sens des valeurs élémentaires comme l'éthique, le respect, l'authenticité, nous devons agir avec intégrité et dignité. Il est important de ne pas magouiller, de ne pas accepter de tremper dans des situations douteuses. Nous pouvons être parfois tentés d'accepter certains compromis pour gagner un avantage à court terme. Mais, par expérience, je peux dire que, dans une vision à long terme, l'intégrité est toujours payante, non seulement pour nous mais aussi pour les autres, car elle fait tache d'huile. Nous avons tous un sens inné de ce qui est juste et de ce qui ne l'est pas, et nous devons nous fier à ce ressenti intime qui nous suggère d'agir tout simplement avec droiture. Si, un peu partout dans le monde, des personnes osent agir en ce sens, le monde aura une chance de guérir.


Véronique Desjardins
Revue Source n°22

3 commentaires:

philippe a dit…

Un précieux rappel.Oeuvrer pour la guérison.Hier,j'ai été tenté par le personnage du "voleur"je suis tombé ds l'ornière de ce qu'il a de pire en moi.Bien sûr j'ai ressenti après coup de la honte et une culpabilité.
Ceci dit avec sincérité.Je crois qu'il faut oser donner un vrai bonjour à mes collègues même si il peut y avoir réaction agréable ou désagréable en moi.

Eric,je vais très souvent sur ton blog,même si je ne laisse pas bcq de messages.

Merci ami du chemin de ton geste:-))

Acouphene a dit…

Merci Philippe... prendre l'existence dans son entier ... au plaisir de se revoir...

Marie Surya a dit…

Merci pour cet article Eric ,
je le partage ...