La transformation spirituelle avec Raimon Panikkar
Raimon Panikkar est né le 3 novembre 1918 d'une mère catalane et catholique et d'un père hindou. C’est un penseur de renommée internationale. Il a quatre-vingt-dix ans cette année, a écrit plus d'une cinquantaine d'ouvrages, parle douze langues, est titulaire de trois doctorats en chimie, philosophie et théologie, et a enseigné dans les plus prestigieuses universités d'Europe, d'Inde et d'Amérique.
Le magazine « Nouvelles Clés » (n°57) l’a interviewé dans son ermitage des montagnes de Catalogne.
Nouvelles Clés : Et vous dites, dans vos derniers livres que notre civilisation est en train d'arriver face à un mur ou un ravin vertigineux qui, pour être invisible, n'en est pas moins réel. Comment ressentez-vous donc cette « fin d'un monde » qui est en train de se passer ?
Pourquoi tellement de gens ne croient-ils pas au concept d'un monde intérieur spirituel ? Car ils ne croient pas en eux-mêmes. Je vais parler maintenant comme un Indien (rire) : si l'on découvre la divinité en soi-même, c'est-à-dire la dignité personnelle univoque, on découvre la transcendance qui nous habite et nous dépasse. Mais si je ne crois pas en moi-même, je ne peux comprendre cela. Il nous faut nous transformer nous-mêmes pour transformer le monde. La transformation commence avec l'idée, déjà ancienne chez les Grecs et les hindous, que l'homme est un microcosme. Donc qu'en chacun de nous le destin de l'humanité se joue. Nous ne sommes pas seulement une monade plus ou moins séparée des autres. Tout est en relation avec tout : on ne peut pas isoler une chose du reste. Cela va évidemment à l'encontre de la science moderne qui veut toujours tout scinder et cataloguer : mais cet état d'esprit, en outrepassant son génie, nous a menés à la catastrophe. Il faut concevoir à présent une pensée holistique, qui relie tout à tout, chaque chose à chaque autre chose, car la réalité ne se laisse pas couper en morceaux. Mais pour avoir cette conception globale, il ne faut pas bêtement faire la somme de toutes les choses. Non, il faut créer une autre épistémologie, et pour réussir cela, on ne peut pas séparer la mystique de la raison….



3 commentaires:
Extraordinaire le cursus, 12 langues! Quel désir de communication! J'aime ces êtres qui prennent de la hauteur pour parler de la terre et des hommes. Il a l'air très beau intérieurement, merci de nous le faire découvrir.
Bel homme ! Dans tous les sens du terme...
Belle figure aussi pour parler de cette élévation spirituelle dont le monde a besoin !
Merci beaucoup de cette nouvelle rencontre.
Merci Acouphène, je me réjouis d'aller en lire plus.
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