Vous êtes si jeune, en quelque sorte avant tout début, et je voudrais, aussi bien que je le puis, vous prier, cher Monsieur, d'être patient à l'égard de tout ce qui dans votre cœur est encore irrėsolu, et de tenter d'aimer les questions elles-mêmes comme des pièces closes et comme des livres écrits dans une langue fort étrangère. Ne cherchez pas pour l'instant des réponses, qui ne sauraient vous être données car vous ne seriez pas en mesure de les vivre. Or il s'agit précisément de tout vivre. Vivez maintenant les questions.
mardi 1 septembre 2026
Vivre les questions
Vous êtes si jeune, en quelque sorte avant tout début, et je voudrais, aussi bien que je le puis, vous prier, cher Monsieur, d'être patient à l'égard de tout ce qui dans votre cœur est encore irrėsolu, et de tenter d'aimer les questions elles-mêmes comme des pièces closes et comme des livres écrits dans une langue fort étrangère. Ne cherchez pas pour l'instant des réponses, qui ne sauraient vous être données car vous ne seriez pas en mesure de les vivre. Or il s'agit précisément de tout vivre. Vivez maintenant les questions.
mercredi 11 mars 2026
Adulte non séparé
mardi 22 avril 2025
4 grands inévitables
Face à ces quatre grands inévitables que sont la souffrance, l’absurdité, la solitude et la mort, quelle fut l’attitude du Christ ?
Celle d’un être « capable de Dieu », c’est-à-dire de pure Présence, vivant la non-dualité et la non-violence avec tout ce qui est et tout ce qui arrive, libre de tout fatalisme, dans une plénitude de conscience et d’amour…
Y a-t-il d’autres chemins pour ne pas rajouter de la souffrance à la souffrance, de l’absurdité à l’absurdité, de la solitude à la solitude, de la mort à la mort ?
La croix n’est-elle pas cette grande patience et cette extrême lucidité face à tous ces inévitables qui nous harcèlent ?
N’est-ce pas dans cette « lumière sanglante » que nous pouvons nous approcher de la « force invincible et vulnérable de l’humble amour » qui transforme nos impasses en issues ?
Découvrir qu’à côté de nos « morts fatales », il est une « mort pascale », une joyeuse et possible résurrection ?
Le temps n’a qu’un temps. Passe ce qui ne peut que passer. La Vie est éternelle !
Jean-Yves Leloup, Avril 2025
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jeudi 18 janvier 2024
Comment embrasser un porc-épic
Résumé des points importants de « Comment embrasser un porc-épic : des moyens simples d'aimer les personnes difficiles dans votre vie »
✍️ Identifiez les « porcs-épics » dans votre vie : apprenez à reconnaître les traits et les comportements qui rendent quelqu'un difficile, en comprenant leurs « piquants » comme des mécanismes de protection.
✍️ Changez de point de vue : au lieu de juger ou de blâmer, considérez les personnes en difficulté comme des individus blessés dont les besoins et les peurs ne sont pas satisfaits.
✍️ Pratiquez l'empathie : mettez-vous à leur place pour comprendre leurs motivations et leurs points de vue, même si vous n'êtes pas d'accord avec leurs actions.
✍️ Adoptez une communication sans jugement : écoutez activement sans interrompre, utilisez des déclarations avec le « je » pour exprimer vos sentiments et évitez les propos accusateurs.
✍️ Fixez des limites saines : connaissez vos limites et communiquez-les clairement pour vous protéger de la manipulation ou des abus émotionnels.
✍️ Défiez votre propre réactivité : reconnaissez vos propres déclencheurs et apprenez à réagir avec calme et assurance, au lieu de réagir de manière impulsive.
✍️Offrez un amour inconditionnel : le véritable amour accepte les individus tels qu'ils sont, même lorsqu'ils sont difficiles. Séparez leurs actions de leur valeur.
✍️ Pratiquez la patience et la compréhension : le changement prend du temps. Soyez patient avec vous-même et avec les autres lorsque vous traversez des relations difficiles.
✍️ Abandonnez les attentes : n'essayez pas de contrôler ou de changer les gens. Concentrez-vous sur leur acceptation tels qu’ils sont et sur la définition d’attentes réalistes pour la relation.
✍️ Trouvez de l'humour dans la situation : Parfois, un peu de légèreté peut désamorcer les tensions et briser les barrières de communication.
✍️ Donnez la priorité aux soins personnels : les personnes difficiles peuvent drainer votre énergie émotionnelle. Assurez-vous de vous ressourcer avec des activités qui vous apportent joie et paix.
✍️ Recherchez du soutien : n'ayez pas peur de contacter vos amis, votre famille ou un thérapeute pour obtenir du soutien et des conseils dans la gestion de relations difficiles.
✍️ N'oubliez pas que vous n'êtes pas seul : tout le monde rencontre des personnes difficiles dans sa vie. Savoir que vous n’êtes pas seul peut être une source de réconfort et de force.
✍️ Célébrez les petites victoires : reconnaissez et appréciez même les plus petites améliorations en matière de communication ou de compréhension.
✍️ Concentrez-vous sur votre propre croissance : en fin de compte, la seule personne que vous pouvez réellement contrôler, c'est vous-même. Utilisez vos expériences avec des personnes difficiles pour apprendre et grandir, en développant une plus grande résilience et compassion.
Traduction d'un post de Niks Bennie par Fabrice Jordan
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lundi 6 février 2023
Espace d'accueil
Il est naturel d'éprouver du ressentiment envers une personne qui nous blesse et nous fait souffrir.
mardi 1 février 2022
Tigre d'eau
samedi 13 février 2021
Nouvel an chinois
dimanche 12 juillet 2020
lundi 16 décembre 2019
Prendre son bien en patience
L’exercice du jour est emprunté à Isabelle Filliozat. Il apparait dans son livre « l’année du bonheur ». Son thème est : la patience.
La citation qui l’illustre est la suivante :
« Aujourd’hui, je fais preuve de patience…avec moi-même, avec mes enfants, dans les transports, au guichet, avec les gens que je croise, avec mes collègues, vis-à-vis de mes projets, dans toutes mes relations avec les autres. »
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lundi 11 novembre 2019
dimanche 3 mars 2019
Hommage à nos voisins
Partie de zéro, j'ai fait des progrès dans la culture potagère : je suis née à Paris, près de la Bastille, et le géranium en pot était mon maximum de connaissance de la terre. Les autres n'en savaient guère plus, et je me souviens encore du jour où je suis arrivée chez eux avec un paquet de graines : comment est-ce que ça se plante exactement ? Rires devant nos bévues, nos maladresses, rires pleins de gentillesse, toujours, rires étonnés aussi lorsqu'ils ont pris conscience qu'eux savaient des choses que moi, qui ai fait tant d'études, je ne connaissais pas. « Vous apprenez, hein, il faut bien apprendre », nous encourageaient-ils. Nos voisins ont la générosité en partage et la patience de la terre.
Hiver comme été, nous nous retrouvons dans la cuisine, entre poêle à bois et buffet. Sur la toile cirée, il y a toujours une tasse de thé, « pfff, juste de l'eau chaude » et des petits gâteaux qu'on sort à notre arrivée. Ma voisine a une façon très habile de nous les faire accepter : si, par politesse, nous refusons, « merci, ne vous dérangez pas », elle regarde le paquet d'un air songeur, tête penchée, et conclut : « Oui, ils ne sont pas très bons ! » Que faire d'autre alors que de laisser libre cours à notre gourmandise et manger la moitié du paquet... Nos voisins ont la générosité chaleureuse et une cuisine pleine de soleil.
« Et le bois ? Pas encore rentré, ce bois ? » Nous nous confondons en (mauvaises) raisons et en promesses, oui aujourd'hui, enfin au plus tard demain, et les choux aussi, nous allons les ramasser, et les pommes de terre, et retourner la terre, et... et... Tout ce que nous essayons de repousser car trop d'e-mails, trop de courrier en retard... Notre voisin est un maître exigeant, mais il nous fait comprendre où sont les vraies urgences, à nous qui nous enfermons devant l'ordinateur : notre voisin a la générosité rugueuse et la sagesse d'un pin centenaire.
Et nous parlons : du potager, d'abord, des rats taupiers qui le grignotent, des chevreuils qui aiment les salades ; du temps : « Les sources vont se tarir », « la neige, c'est sûr, c'est pour demain », des chemins abîmés par la pluie, et de la forêt toute proche dont on revient toujours les mains pleines, de pommes de pin pour le feu, de champignons ou de myrtilles... Nous parlons de tout ce qui nous entoure, et je m'émerveille que l'amitié puisse ainsi se construire au fil des petits riens du quotidien, de ceux qui disent : « Nous vous accueillons là où nous vivons, voilà la vie que nous partageons avec vous, vous êtes bienvenues... » Nos voisins ont la générosité bienveillante et des paroles qui éclairent les jours.
Alors, puisque je ne doute pas que le journal La Vie arrive jusqu'au paradis pour y être lu assidûment, j'en profite pour vous dire, mon voisin, ce que je n'aurais pas osé de votre vivant : ma gratitude pour tout ce que vous nous avez appris, pour tout ce que vous nous avez donné. De tout cœur, merci.
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source : La Vie
mardi 2 janvier 2018
Premiers pas en 2018...
Un exercice de Deepak Chopra, afin d'établir vos objectifs principaux pour la nouvelle année et les voir se réaliser !
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lundi 20 novembre 2017
Que fais-tu grand-mère ?
Que fais-tu grand-mère ?
J'apprends la patience et l'ennui,
Le goût de l'instant, la joie de chaque jour,
J'apprends que la tristesse du cœur est nuage,
Et nuage aussi est le plaisir …
Que fais-tu grand-mère, assise-là, dehors, toute seule ?
Eh bien, vois-tu, j'apprends.
J'apprends le petit, le minuscule, l'infini,
J'apprends les os qui craquent, le regard qui se détourne.
J'apprends à être transparente.
A regarder au lieu d'être regardée.
J'apprends le goût de l'instant quand mes mains tremblent,
La précipitation du cœur qui bat trop vite.
J'apprends à marcher doucement,
A bouger dans les limites plus étroites qu'avant
Et à y trouver un espace plus vaste que le ciel.
Comment est-ce que tu apprends tout cela, grand-mère ?
J'apprends avec les arbres, et avec les oiseaux.
J'apprends avec les nuages.
J'apprends à rester en place et à vivre dans le silence.
J'apprends à regarder les yeux ouverts et à écouter le vent.
J'apprends la patience et aussi l'ennui :
J'apprends que la tristesse du cœur est un nuage,
Et nuage aussi est le plaisir :
J'apprends à passer sans laisser de traces, à perdre sans retenir
Et à recommencer sans me lasser.
J'apprends à me réjouir au début du printemps et à la fin de l'automne,
À voir un arc-en-ciel dans une goutte de pluie
Et une vie entière dans une gouttelette de soleil qui scintille sur une pierre.
J'apprends que les chemins se divisent et se perdent,
Que les regrets sont de petites pierres pointues qui blessent les mains qui les enserrent
Et qu'il est meilleur que nos mains restent ouvertes …
J'apprends mes erreurs, mes chagrins, mes oublis,
Et toutes les joies qui se faufilent, poissons d'argent dans la masse de notre vie.
Grand-mère, je ne comprends pas : pourquoi apprendre tout cela ?
Parce qu'il me faut apprendre à regarder les os de mon visage et les veines de mes mains,
A accepter la douleur de mon corps, le souffle des nuits et le goût précieux de chaque journée.
Par ce qu'avec l'élan de la vague et le long retrait des marées,
J'apprends à voir du bout des doigts et à écouter avec les yeux.
J'apprends qu'il n'est pas de temps perdu ni de temps gagné,
Mais que l'infini est là, dans chaque instant …
Cadeau trop souvent refusé dans le torrent des jours.
J'apprends qu'il faut aimer, que le bonheur des autres est notre propre bonheur,
Que leurs yeux se reflètent dans nos yeux et leurs cœurs dans nos cœurs.
J'apprends à marcher sur des sentiers étroits sans peur,
A regarder les montagnes qui se profitent au loin et que je n'atteindrai pas :
J'apprends les milliers de pas qui ont marché avant moi sur ces même sentiers.
J'apprends les vieilles traces et les jeunes nuages.
J'apprends qu'il faut se tenir prêt à partir quand le vent souffle.
Qu'on avance mieux en se donnant la main.
Que même un corps immobile danse quand le cœur est tranquille.
Que la route est sans fin, est pourtant toujours exactement là.
Et avec tout ça, pour finir, qu'apprends-tu grand-mère ?
J'apprends, dit la grand-mère à l'enfant, j'apprends tout simplement à être vieille.
Joshin Luce Bachoux
nonne bouddhiste:
samedi 26 décembre 2015
Mesure du temps avec Philippe Mac Leod
Imaginer l'avenir ne trahit pas seulement le présent, mais neutralise la venue, vole à la fleur un fruit qui s'arrondit au moule de la patience. L'imagination n'est grosse que de soi, elle enfle sous la pression de notre propre image perpétuellement projetée. Le présent n'appartient qu'à celui qui sait s'effacer, et il n'est d'attente que dans l'abandon libre, l'abandon heureux à la béance infinie que nous sommes. Le temps chrétien pourrait lui-même se résumer ainsi : patiemment mais passionnément.
Chérir l'attente ne nous est pas simple, même si chaque année la liturgie nous apprend à la creuser un peu plus largement, en nous tournant vers le secret que porte le temps en son apparente indifférence. Nous voudrions l'escamoter, quand il s'agit au contraire de le traverser en le transformant en attente, et en goûtant celle-ci en plénitude, en l'habitant, en la nourrissant de notre passion, plus que de nos pauvres et fausses patiences. C'est cela, l'espérance : vivre l'absence jusqu'à l'intensité de la présence.
Assimilation, cheminement, maturation, toujours nous sommes exaucés, mais par petites touches, au fil des avancées, de sorte que la part qui nous est dévolue ait le temps de nous transformer, afin que nous puissions recevoir davantage et surtout ne rien nous approprier. Toute la Création est placée sous le signe de la durée, de la croissance. Nous le savons, mais nous l'oublions, parce que nos désirs l'acceptent mal. Nous ne rêvons que d'immédiateté. On ne peut pas entrer dans l'éternité sans avoir bu toute l'immensité du temps, goutte à goutte, sans avoir ressenti la gigantesque poussée de son effort continu.
En nous arrachant à la rêverie, aux projections de l'esprit, l'instant présent nous rappelle aussi à l'objet présent. Des brumes de l'imaginaire il fait jaillir l'étincelle du réel. Au fond, il n'est qu'un seul présent, celui de la présence, pleine, entière, active, mue par une conscience libérée de toute préoccupation pour n'être plus qu'attention. L'instant prend toute la place, tout l'espace où nous sommes, pourvu que nous sachions l'investir.
La patience, en réalité, nous grandit quand elle n'est plus comprise comme une résignation,une sorte de crispation pour mieux tenir. La patience libère une force muette, un contrepoint à notre anxiété comme à la brutalité de certains événements. Elle signifie que le monde ne s'arrête pas aux premières évidences. Elle nous parle de cette espérance qui ne ressemble en rien à l'espoir avide, mais qui reste liée à l'intuition du coeur, à l'intelligence sans cesse en éveil, au regard qui cherche toujours plus loin. Je souffre aujourd'hui parce que je ne sais pas entendrece qui demain m'apparaîtra clairement. La patience s'appuie sur une continuité secrète, elle dit l'obscurité du présent, ou plutôt notre surdité, mais elle affirme dans le même temps notre refus de l'immédiateté sommaire des événements. Ils disent autre chose qu'eux-mêmes, ils recèlent une parole, un appel, ils sont toujours l'enfantement douloureux d'une promesse à venir, le passage obligé à un autre stade du réel qui n'apparaît pas dans sa totalité.
Il nous faut grandir, croître encore, et nul ne saurait faire l'économie de la souffrance qu'implique tout changement. Elle aussi est notre seule façon d'entendre, vraiment, c'est-à-dire avec notre chair. Non pas comme une pédagogie du châtiment, mais de l'inscription vivante, avec la lenteur inhérente à toute croissance et à un enracinement durable.
Philippe Mac Leod est écrivain et a publié plusieurs livres et recueils de poésie. Son dernier ouvrage, Poèmes pour habiter la terre est paru chez Le Passeur.
vendredi 20 mars 2015
Guide de Carême (8)
Du jeudi 19 au samedi 21 mars
Portez votre attention sur les temps d'attente, ces moments où il ne se passe apparemment rien, en attendant un bus, à la boulangerie, chez le docteur. Commencez par les identifier et notez comment vous les vivez spontanément. Êtes-vous agacés par ces pertes de temps, cherchez-vous à les remplir par exemple en pensant à ce que vous allez accomplir ensuite ? Nous vous invitons à repérer vos trucs pour les occuper. Jouez-vous sur votre iPhone, rédigez-vous des mots croisés ? Essayez de rester pleinement présents à ces périodes de faible intensité comme s'ils vous donnait une bénédiction. Remarquez comment les minutes "entre" les choses peuvent s'avérer un cadeau.
Savourez-le.
mardi 3 février 2015
Les mains dans la terre avec Belinda Cannone
« J’ai toujours été une femme pressée et, avant de m’installer dans ma maison des champs, je n’avais jamais à mettre les mains dans la terre. Et puis j'ai décidé de planter deux hortensias devant la porte et, comme par un engrenage inexorable, je suis tombée jardineuse...
Et j’ai ainsi appris la lenteur, le calme du temps étiré. On est entré un instant plus tôt dans le jardin et soudain, comme s’éveillant d’un beau songe, on ne sait plus depuis quand on jardine : deux heures, trois ?
Le temps a passé à sa manière et on avait tout oublié de la vie ordinaire. Car il a d’abord fallu regarder - oh ! comme on a envie de regarder, passionnément : où en est donc le lilas ? Les tiges des pivoines ont-elles commencé à poindre, rouges et charnues ? Les anémones du Japon n’en prennent-elles pas trop à leur aise? Il faut arracher, patiemment - oh ! cette patience ! -, les plantes fanées, choisir les emplacements des fleurs annuelles, creuser, et, si vaste soit l’emprise des mauvaises herbes sous la poussée printanière, on sait que l’on en viendra pourtant à bout, tranquillement.
Devenue jardinière, rien ne sera plus comme avant, on aura appris à s’insérer dans le grand flux du temps naturel, celui qui nous extrait de nous-mêmes - de ce petit moi si inquiet, si exigeant -, car le jardin, comme la musique, est l’occasion d’abandonner provisoirement ses oripeaux trop singuliers pour s’harmoniser à l’univers. »
Belinda Cannone est l’auteure, notamment, du Don du passeur (Stock, 2013).
dimanche 30 novembre 2014
En Avent !
L’Avent ? C’est l’un des rares moments de l’année où l’on prend le temps… d’attendre.
Du latin adventus (avènement), ces quatre semaines, ponctuées de quatre dimanches qui préparent à la venue du Christ, à la naissance du Messie, offrent une période privilégiée pour transmettre aux enfants (et aux parents !) les vertus de la patience.
C’est ce qu’imaginèrent au XIXe siècle des familles protestantes allemandes en lançant l’usage, durant l’Avent, de donner chaque matin aux enfants des images pieuses pour tempérer leur impatience. En 1908, un éditeur eut l’idée de lancer un calendrier avec des dessins sur un support en carton, bientôt s’y ajoutèrent des fenêtres à ouvrir sur une phrase d’Évangile, puis des biscuits et, en 1958, des chocolats ! Le calendrier ne cessa plus ensuite de se réinventer en forme de maison, de sapin… Et même en Père Noël.
dimanche 1 décembre 2013
1er dimanche de l'Avent
...L’arrivée d’Internet dans nos vies quotidiennes habitue nos enfants à la satisfaction instantanée de toutes leurs envies. Au point que le moindre délai devient intolérable.
Dans ce climat d’hyperconsommation et d’immédiateté, l’un des grands défis éducatifs est bien d’apprendre à nos chers petits à gérer le sentiment de frustration. Désirer, attendre, savoir différer le plaisir en acceptant la notion d’étape, voilà un atout majeur pour qu’ils soient heureux dans la vie. Avoir grandi dans une famille où l’on a cultivé le goût de l’attente est une chance. Pas facile pourtant : forfaits illimités, e-commerce, accès toujours plus précoce aux nouvelles technologies, tout joue contre les efforts des parents à transmettre la vertu de la patience qui est, pour les philosophes, non pas un but en soi, mais une voie de sagesse, un chemin spirituel.
Les quatre semaines de l’Avent sont une période privilégiée pour expérimenter en famille, sans grand discours, le plaisir d’une attente riche de la promesse qu’elle contient. Bien plus que dans le jour même du 25 décembre, le mystère de la joie de Noël n’est-il pas entièrement contenu dans le temps qui le précède ? Cette fête dont le paroxysme a lieu dans le silence d’une nuit toujours étoilée est avant tout celle de l’espérance, du latin sperare, attendre. Et c’est justement ce qui est le plus excitant : décorer, inviter, cuisiner, trouver, emballer, imaginer la joie de ceux qu’on aime, anticiper le plaisir des retrouvailles. On peut facilement mettre en valeur l’aspect positif du délai, du désir qui monte jusqu’à la nuit merveilleuse, en s’appuyant sur les nombreux rituels qui jalonnent le mois de décembre.
« Noël est une fête puissante pour les enfants, souligne pour sa part Lise Bartoli, psychologue clinicienne, auteur de l’Art d’apaiser son enfant (Payot, 2010). Ils perçoivent chez leurs parents un afflux d’émotion qui les touche beaucoup. Généralement, ce sont des émotions positives, une joie très simple qui se partage à travers les rituels familiaux de préparation. Ces objets qu’on ressort chaque année des cartons, ces odeurs de clémentine et de sapin sont des supports pour magnifier l’attente. Cette fête précède le début d’une nouvelle année et marque une naissance. Elle porte une dimension de “passage”, avec ce que cela constitue de temps fort de la vie. » C’est aussi l’avis de la psychanalyste Catherine Ternynck. « Cette ponctuation des jours par des rituels permet de retrouver une scansion du temps qui est en train de disparaître complètement avec la banalisation commerciale du dimanche. L’Avent est l’un des rares moments de l’année où l’on se prépare à quelque chose qui nous dépasse, nous ouvre à la grâce, à l’émerveillement, à la gratitude. »

Pour les adultes, s’investir dans ce partage du temps familial suppose de ralentir, de se poser pour savourer aussi cette préparation. « Si nos enfants ont un rapport problématique au temps, c’est aussi parce que courir est de rigueur aujourd’hui, rappelle Catherine Ternynck. Nous vivons dans la précipitation. » Du coup, dire à son enfant : « Pas maintenant », « Plus tard » face à une demande de portable, une demande de sortie, ou une barre chocolatée avant le dîner réclame conviction et confiance en soi. « La mission des parents est précisément de résister à la facilité d’aller au plus court. Le désir se nourrit de l’attente, encore faut-il avoir appris à la supporter et mieux encore à la goûter. »...
Chaque soir, une petite activité à réaliser avec ses enfants, et un bon moyen de s'imprégner de l'esprit de Noël.
source La Vie
mercredi 13 février 2013
jeudi 4 octobre 2012
Etre vrai avec Alexandre Jollien (4)
4 - Être patient face à son impatience
J’ai lu chez le mystique Angelus Silesius une phrase qui me parle et me touche profondément. Il écrit : « Ami, sois patient. Celui qui veut se tenir devant le Seigneur doit d’abord marcher 40 ans parmi la tentation. » 40 ans, c’est long. Je voudrais tellement tourner la page de mes blessures et de mes fragilités !
Pourtant, Angelus Silesius m’indique l’attitude à avoir. Je crois que c’est là, peut-être, la grande fécondité. L’abandon, c’est peut-être ne plus considérer ses fragilités comme des ennemies à abattre. Ne plus considérer les blessures comme l’adversaire numéro un, mais les accueillir.
Ami, sois patient ! Que celui qui veut se tenir devant le Seigneur soit dans la joie ! La prière c’est cela pour moi : être au fond du fond de nous-mêmes, là où la joie nous précède. Mais il faut d’abord marcher 40 ans parmi la tentation. J’enlèverais peut-être le « d’abord ». On peut marcher 40 ans dans la blessure et l’angoisse et être dans la joie. Ce n’est pas quand j’aurai réglé tous mes comptes avec la vie que je serai heureux.
C’est ici et maintenant, avec mes 1 000 blessures, que je suis déjà dans la joie.
















