Lorsque nous contemplons une statue relevant d’une tradition sacrée, pensons-nous à cette possibilité très simple : tenter de reproduire sa posture ?
Récemment, mon collègue d’arts plastiques a emmené nos élèves de 5e au musée du Louvre-Lens, dans les Hauts-de-France. Je les accompagnais. La guide a commencé par inviter les élèves à se tenir à la manière de Gudéa, prince de l'État de Lagash, en Mésopotamie. Et elle leur a demandé ce qu’ils ressentaient dans cette posture particulièrement digne… J’ai trouvé cet exercice vraiment intéressant.
Récemment, on m’a offert une superbe réplique d’une statue assez rare, représentant un Maitreya de Corée à la tête légèrement inclinée et dont la jambe se superpose horizontalement à l’autre, posée sur le genou, les doigts de la main droite touchant le coin des lèvres. Figurez-vous que spontanément, chaque matin, je me place face à la statuette en tentant de reproduire cette posture.
Que se passe-t-il en moi ? Une détente d’ensemble. Non pas du tout un avachissement mais une douceur tranquille vis-à-vis de moi-même et de ce qui m'entoure. J’ai remarqué que mon ventre se mettait à respirer naturellement...
L’art sacré – comme l’art en général peut-être – n’est pas seulement, selon moi, à contempler. Il peut solliciter d’autres sens que la vue. Et nous inspirer concrètement dans l’incarnation qui nous a été attribuée au sein de cet étrange univers…
Sabine Dewulf
------------------
